Bonjour!
Je suis une élève de 1ère, et je dois faire une anthologie d'une bonne quinzaine de texte qui ont pour thème commun: "La Muse/ L'inspiration".
Ne voulant pas simplement aller sur internet et bêtement prendre tous les poèmes qui ont pour mots-clefs "muse" ou "inspiration", j'ai d'abord feuilleté un gros recueil de poèmes avec mon père.
Ainsi, j'ai trouvé des poèmes comme "La ballade des dames du temps jadis" de François Villon, La muse Vénale de Baudelaire, Art Poétique de Verlaine ou encore Fantaisie de Gérard de Nerval . Il faut avoir des textes d'au moins 4 siècles différents.
Je fais appel à votre immense savoir et culture ( ;D ) pour vous demander si vous vouliez bien partager avec moi d'autres poèmes? Je ne cherche pas forcément des poèmes comportant les mots "Muse" ou "Inspiration, mais des poèmes qui vous ont vraiment touché, et que vous trouvez beau/triste/saisissants……
Merci de votre aide!
Bonsoir Carolina,
Ton thème me paraît donner une orientation plus précise que tes propositions finales le laissent entendre. Ton groupement ne risque-t-il pas de devenir un "fourre-tout" ?
Ou alors, s'agit-il seulement de faire un choix des poèmes préférés sans autre justification ? En ce cas, l'intitulé Muse/inspiration ne serait qu'un habillage…
Tiens, puisque je vais devoir quitter l'antenne, je te recopie un passage d'un poème hautement inspiré de Paul Claudel intitulé "Les Muses". Lis-le doucement, lis-le même si tu ne comprends pas tout, et laisse-toi peu à peu envahir par le souffle et la grâce du Verbe.
Le seul inconvénient, c'est la brièveté du passage, tu ne vas pas partir assez loin… Mais je ne peux pas te recopier 300 vers…
|…]
Je vous ai reconnu, ô conseil complet des neuf Nymphes intérieures !
Phrase mère ! engin profond du langage et peloton des femmes vivantes !
Présence créatrice ! Rien ne naîtrait si vous n'étiez neuf !
Voici soudain, quand le poëte nouveau comblé de l'explosion intelligible,
La clameur noire de toute la vie nouée par le nombril dans la commotion de la base,
S'ouvre, l'accès
Faisant sauter la clôture, le souffle de lui-même
Violentant les mâchoires coupantes,
Le frémissant Novénaire avec un cri !
Maintenant il ne peut plus se taire ! L'interrogation sortie de lui-même, comme du chanvre,
Aux femmes de journée, il l'a confié pour toujours
Au savant chœur de l'inextinguible Écho !
Jamais toutes ne dorment ensemble ! mais avant que la grande Polymnie se redresse,
Ou bien c'est, ouvrant à deux mains le compas, Uranie, à la ressemblance de Vénus,
Quand elle enseigne, lui bandant son arc, l'Amour ;
Ou la rieuse Thalie du pouce de son pied marque doucement la mesure ; ou dans le silence du silence
Mnémosyne soupire.
[…]
Paul Claudel, Cinq grandes odes, I - Les Muses, éd. Gallimard (Pléiade).
Le poète et la muse de Paul Verlaine
Extrait de Nuit de mai de Musset:
"La Muse : Il n'est de vulgaire chagrin …"
Béni soit le jour … de Pétrarque
Le Poète et sa muse de Niki de Saint-Phalle 1976
https://www.artnet.com/WebServices/images/ll00181lld0N2FFgVeECfDrCWvaHBOcOJK/niki-de-saint-phalle-le-po%C3%A8te-et-sa-muse.jpg
Merci beaucoup à vous deux pour vos suggestions.
Pour te répondre, Jacques, non, mon anthologie ne sera pas un "fourre-tout" comme tu le dis si bien 🙂
Le thème n'est pas juste une excuse. Je crois que j'ai mal formulée mes propos d'avant.
Je cherche donc des poèmes sur la Muse / l'inspiration maisen plus que vous aimez.
En fait, je ne veux pas mécaniquement sélectionner des poèmes où figurent les mots "muse" et "inspiration"…
Voilà voilà!
C'est parfait alors, bonne chance ! 🙂
L'inspiration de René-François SULLY PRUDHOMME (1839-1907)
Merci beaucoup floreale pour ces nombreux poèmes et surtout la sculpture, qui est absolument géniale et honnêtement très belle!
C'est dans la mesure où la sélection te plaira que tu seras capable d'y faire adhérer les lecteurs.
Bon courage.
Bonjour Carolina,
Merci pour votre question, les réponses suite à cette dernière m'ont été très utiles étant donné que j'ai le même devoir a faire (je suis aussi en première) 🙂
Noemi
Très chère Noemi,
Quelle coïncidence! C'est curieux, quand même! Eh bien, j’espère que cela vous a inspiré pour votre anthologie.
Bonjour,
Je cherche des poèmes sur l'inspiration il m'en faut 10 est j'en ai déjà 9
pourriez vous m'aidez c'est pour une anthologie
Peux-tu donner ta sélection ?
L'inspiration.
Ah ! lorsque débordait ainsi la poésie,
Torrent impétueux, brûlante frénésie,
Dans mon âme vibraient d'indicibles accords ;
Comme sous l'ouragan bat la vague marine,
Sous la muse mon cœur battait dans ma poitrine,
Mais ma lyre jamais n'égalait mes transports !…
Par l'inspiration je restais oppressée,
Comme la Druidesse au sommet du Dolmen ;
J'implorais, pour donner un corps à ma pensée
Ton langage éthéré, musique, écho d'Eden !
Il est des sentiments, mystérieux, intimes.
Qu'aucun mot ne peut rendre, et que toi seule exprimes ;
Ces rêves, incompris du monde où nous passons,
Ces extases d'amour, d'un cœur qui vient de naître,
Alors, j'aurais voulu, pour les foire connaître,
Moduler sous mes doigts de séraphiques sons !
J'aurais voulu, penchée à la harpe sonore,
Répandre autour de moi l'âme qui me dévore,
Dans des flots d'harmonie aux anges dérobés !
Oui, j'aurais voulu voir, quand mon âme est émue,
Tous les cœurs palpitants, d'une foule inconnue,
Sous mes accents divins demeurer absorbés !
Vains désirs ! jeune aiglon, on a coupé mes ailes,
On a ravi mon vol aux sphères éternelles,
Pour me faire marcher ici-bas en rampant !
Si la Muse, parfois, vient visiter ma route,
Mon chant meurt sans écho, personne ne l'écoute ;
Et l'hymne inachevée en larmes se répand !
Louise Colet (1810-1876)
Recueil : Fleurs du midi (1836).
La Muse malade
Ma pauvre muse, hélas ! Qu'as-tu donc ce matin ?
Tes yeux creux sont peuplés de visions nocturnes,
Et je vois tour à tour réfléchis sur ton teint
La folie et l'horreur, froides et taciturnes.
Le succube verdâtre et le rose lutin
T'ont-ils versé la peur et l'amour de leurs urnes ?
Le cauchemar, d'un poing despotique et mutin,
T'a-t-il noyée au fond d'un fabuleux Minturnes ?
Je voudrais qu'exhalant l'odeur de la santé
Ton sein de pensers forts fût toujours fréquenté,
Et que ton sang chrétien coulât à flots rythmiques
Comme les sons nombreux des syllabes antiques,
Où règnent tour à tour le père des chansons,
Phoebus, et le grand Pan, le seigneur des moissons.
Charles Baudelaire
Bonsoir.
Oui, pourrais-tu nous donner la liste des neuf poèmes que tu as déjà trouvés ?
Bon dieu de bon dieu que j’ai envie d’écrire un petit poème
Tiens en voilà justement un qui passe
Petit petit petit
viens ici que je t’enfile
sur le fil du collier de mes autres poèmes
viens ici que je t’entube
dans le comprimé de mes œuvres complètes
viens ici que je t’enpapouète
et que je t’enrime
et que je t’enrythme
et que je t’enlyre
et que je t’enpégase
et que je t’enverse
et que je t’enprose
la vache
il a foutu le camp !
(Raymond QUENEAU)
Si tu dois insérer, dans ton florilège, des illustrations, voici le tableau de Nicolas Poussin, expliqué :
L'inspiration du poète.https://www.etudes-litteraires.com//moulinhg3/ancien.regime/art.images/Louvre.corrige.2.htmlwoaw merci beaucoup a tous de m'avoir répondu si vite je n'ai plus qu'a me décider entre les deux poèmes que je n'avais pas ! et l'illustration est super merci beaucoup!
On t'encourage. Si tu as le choix, laisse tomber le poème que tu comprends mal.
Une peinture du XIX° siècle : La Muse de Gabriel de Cool (1895)
Il y a encore le tableau du Douanier Rousseau : La Muse inspirant le poète.