Bonjour,
J'aurais voulu savoir si quelqu'un comprenait cette construction de phrase, dans Notre-Dame de Paris de Victor Hugo svp, j'ai beau relire la phrase je ne la comprends pas.
"Là, plus que jamais plongé dans ses chers livres, qu’il ne quittait que pour courir une heure au fief du Moulin, ce mélange de savoir et d’austérité, si rare à son âge, l’avait rendu promptement le respect et l’admiration du cloître."
C'est la première fois que je rencontre la construction : "rendre quelqu'un + un nom".
Merci d'avance
Bonsoir.
C'est vrai qu'on attendrait plutôt : … lui avait rendu promptement le respect et l’admiration du cloître.
Attends d'autres avis…
Bonjour Jehan,
Merci de ta réponse.
Je suis d'accord avec toi, c'est effectivement "lui" que j'aurais vu également.
A suivre…
Non Gabiana, outre le fait qu'il y aurait théoriquement un verbe au pluriel (avaient rendu) puisqu'il y auraient théoriquement deux sujets (le respect et l'admiration), ta proposition de construction laisse tomber un membre de phrase :" ce mélange de savoir et d'austérité".
Or, c'est précisément là qu'est le sujet : ce mélange de savoir et d'austérité l'avait rendu (le = COD antéposé représentant le prêtre) + attribut du COD, selon la construction notée dans le TLF :
III. − Rendre qqn/qqc. + attribut du compl.Faire devenir.
A. − [Le compl. désigne un animé, gén. une pers.] Le malheur extrême rend l'homme barbare en concentrant tout son intérêt sur lui-même (Sénac de Meilhan,Émigré,1797,p. 1609).Le fouet d'un ignorantin vous rend un enfant plus docile et plus aimable (Janin, Âne mort, 1829, p. 41).Dieu accorde à Anne d'autres enfants pour remplacer Samuel, et Dieu rendit Anne mère de trois fils et de deux filles (Théol. cath.t. 4, 11920, p. 970).
Autrement dit, ce prêtre était devenu le respect et l'admiration du cloître, grâce à ce mélange de savoir et d'austérité.
Ce mélange de savoir et d'austérité l'avait fait devenir le respect et l'admiration du cloître.
La mauvaise interprétation de "postpile" est due au fait qu'il fallait voir ici que "le respect et l'admiration" étaient personnifiés, incarnés dans la personne du prêtre, et n'étaient pas des qualités extérieures attribuées au prêtre, auquel cas une autre construction aurait été souhaitable comme :
"ce mélange de savoir et d'austérité, si rare à son âge, lui avait valu (plutôt que rendu) promptement le respect et l'admiration du cloître."Oui, vous avez raison, j'ai lu et répondu trop vite, et j'ai fait un beau contresens.
Désolée de ma négligence.
Merci pour les réponses.
Je n'avais pas pensé à la personnification du respect et de l'admiration, maintenant je comprends mieux la phrase, merci lamaneur.
Il faut dire qu'il est tout de même assez rare de personnifier ces noms-là…
C'est justement comme cela que la littérature progresse. Les grands auteurs font leur cuisine eux-mêmes, ils ne mangent pas à la cantine.
Certes, mais là, c'est à mon sens moins limpide que le "Ils partaient de soi" d'Annie Ernaux, n'en déplaise à Totor… 😉
Jehan, tu es l'honneur de ce forum. Accepte d'en devenir aussi le respect et l'admiration !