Différence entre le présent de narration et le présent d’énonciation

Langue française

76 réponses · Page 4 / 4

bonsoir,
Jacques, pour votre question, oui le deuxième extrait suit directement le premier.

Peut-on dire que "le soir" c'est un indice du moment présent, c'est à dire le moment où l’écrivain assit devant son bureau, en train d'écrire… ?
De plus, les pronoms personnels : je, me, nous… pronoms possessifs : le mien, le nôtre… adjectifs possessifs : mon, mes, ma, nos…Un certain nombre d’indices révèlent la présence de l’émetteur (écrivain) dans l’énoncé.
Donc le premier extrait correspond au moment de l’énonciation = moment de l’écriture.
Oui, tout à fait, sauf qu'il ne faut pas parler de l'écrivain, mais du narrateur. L'écrivain… écrit, le narrateur nous parle dans une situation de communication (re)construite, et cela, même si l'œuvre est "autobiographique".
Je n'ai pas assez d'éléments pour en dire plus.
Martin90, évite les copier-coller facilement reconnaissables. Reformule avec tes propres mots.
Peut-on dire que "le soir" c'est un indice du moment présent, c'est à dire le moment où l’écrivain assit devant son bureau, en train d'écrire… ?
On ne peut pas. C'est une situation dans le temps : ceci se passe le soir et non le matin ou à midi. Ce n'est nullement le temps de l'énonciation.

Méditez cette remarque de Riegel :
Ce n'est pas le verbe au présent qui situe le procès au moment de l'énonciationmais ce sont la signification de la phrase et les conditions même de l'énonciation.
Conclusion : le diagnostic ne peut être porté sur une phrase isolée…
Et que faut-il comprendre par le proces ?
Ce que les grammaires d'autre fois nommaient l'action. Vous connaissez la ritournelle : le sujet fait l'action. On s'est avisé que le terme est trompeur : dormir, par exemple, n'est pas une action. On dit désormais plus précisément : procès. Procès : processus engagé par le verbe.
https://www.etudes-litteraires.com/grammaire/verbe
Il est vrai que "faire le procès" est tellement moins trompeur !
Vois-tu, Paulang, nous mourrons moins bêtes.
A qui le dites vous ma brave dame ! je viens de regarder le lien donné par Floreale, et que vois-je ? un mot barbare inchoatif dont je ne soupçonnais même pas l'existence. C'est mon copain qui, ce soir, va être scié par l'étendue de mon vocabulaire. 😂
Surtout que c'est facile à placer dans la conversation, entre copains. 😀
Anne345 a écrit :Martin90, évite les copier-coller facilement reconnaissables. Reformule avec tes propres mots.

Merci pour votre réponse,
concernant les copier-coller, en tant que vous êtes des spécialistes je cite les choses sur lesquelles je me suis basé pour dire telle ou telle réponse et que vous me donnez une explication si vous voulez bien sûr. l'exemple que j'ai donné, c'est un exemple cité par notre professeur dans un roman que nous avons déjà évoqué. Quand je cite quelque chose c'est pour dire que je me suis basé sur cela ou ceci pour choisir la réponse.
quand je pose la question cela veut dire j'avais peine à opter entres les réponses ou bien j'avais des difficultés à saisir le sens précis.
cordialement
Laoshi a écrit :Surtout que c'est facile à placer dans la conversation, entre copains. 😀
Vous avez raison. Si j'en crois mon copain Wiki… c'est un mot dont on semble bien incapable de savoir ce qu'il recouvre, exactement comme "lexicalité" dont la discussion a tourné court. Et énonciation, narration et que sais-je encore semblent des notions tout aussi floues si je comprends quelque chose à ce fil. Décidément, on fait rien que m’embêter ! 😉
Mais si, on est capable de dire ce qu'il recouvre…
L'inchoatif est un "aspect" du verbe.
Il saisit l'action à son commencement, à son début.
Il peut s'exprimer par des locutions comme se mettre à… commencer à… suivies de l'infinitif du verbe.
Il se met à rire. Il commence à parler.

Certains verbes incluent déjà cet aspect inchoatif dans leur sens même.

entonner une chanson ( = se mettre à chanter une chanson)
entamer un gâteau ( = commencer à en prendre)
s'endormir ( = commencer à dormir )

Etc.
Paulang, là, je ne peux pas être d'accord. Que le mot "inchoatif" ne soit pas d'un emploi quotidien, je veux bien, mais il est quand même assez connu quand on s'occupe un peu de grammaire et, contrairement à "lexicalité", sa définition se trouve dans tous les dictionnaires, même les petits usuels ; c'était déjà dans le Petit Larousse illustré de mes parents !
Le mot est employé en grammaire depuis le XVIe siècle. Je m'aperçois au passage, pour la première fois, d'une mise à jour automatique de la notice étymologique du TLFi :
https://www.cnrtl.fr/etymologie/inchoatif
Lamaneur a écrit :Paulang, là, je ne peux pas être d'accord.
D'accord, j'ai poussé le bouchon un peu loin. Mais que voulez-vous, quand je constate que de la discussion "énonciation, narration" mon ciboulot n'a rien retenu hors l'évidence de Jacques (présent d'habitude à cause de le soir), je deviens comme la fosse. 😉
Mais oui, l'évidence, mais celle-ci doit être dépassée et remise en question cent fois parce que pour peu qu'on creuse un peu, cette évidence cesse d'en être une : c'est ainsi que progresse la science. Vers quoi ? On ne sait pas. Ainsi va l'Homme. S'il n'avait que des certitudes, son monde serait noir et blanc.