En fait, je suis la définition donnée par Jehan.
Différence entre le présent de narration et le présent d’énonciation
76 réponses · Page 2 / 4
Qu'en penses-tu toi ?
Du fait qu’il faudrait avoir le cul entre les fesses, ou de ce que j’ai précédemment dit ? 😂
Pour la première, ça me semble très acrobatique ; pour la seconde, pour le moment je suis toujours d’accord avec moi-même, mais je reste très ouverte à des contre-propositions. 🙂
Sur présent historique vs présent de narration, il me semble que les deux sont souvent donnés comme synonymes, mais que certains font la nuance suivante (pas de références pour le moment, il faudrait que je cherche) : présent historique = utilisation exceptionnelle du présent en rupture avec les temps passés utilisés précédemment ; présent de narration = utilisation "normale" du présent tout au long du récit - un peu comme dans mon exemple de Bébert et son pote).
Pour la première, ça me semble très acrobatique ; pour la seconde, pour le moment je suis toujours d’accord avec moi-même, mais je reste très ouverte à des contre-propositions. 🙂
Sur présent historique vs présent de narration, il me semble que les deux sont souvent donnés comme synonymes, mais que certains font la nuance suivante (pas de références pour le moment, il faudrait que je cherche) : présent historique = utilisation exceptionnelle du présent en rupture avec les temps passés utilisés précédemment ; présent de narration = utilisation "normale" du présent tout au long du récit - un peu comme dans mon exemple de Bébert et son pote).
Voilà qui est plus clair. Mais comment considères-tu le texte de l'Étranger ?
Bon, je ne l’ai pas relu en entier, hein, je viens de lire les premières pages. Je dirais que c’est du présent d’énonciation. Ce que dit le personnage est ancré dans sa situation d’énonciation.
(Ce qui n’est pas le cas quand Bébert raconte à son pote son histoire au présent.)
(Ce qui n’est pas le cas quand Bébert raconte à son pote son histoire au présent.)
Mais le texte est encadré par deux passés composés : on est dans l'énoncé ancré (encré si c'est écrit, et ça l'est presque toujours). Le passage au présent est actualisé par "imagine". S'il n'y avait pas cet "imagine", le texte se poursuivrait au passé composé.
Imagine there's no heaven…
Imagine there's no heaven…
Pour l’actualisation je suis bien d’accord, c’est tout l’enjeu de l’utilisation du présent, mais ce qui est dit ne coïncide pas avec la situation d’énonciation, c'est-à-dire l’ici et le maintenant du bistro, ça appartient à un autre espace et à un autre temps, ceux du safari en Afrique, c’est en ce sens que ça n’est pas un présent d’énonciation, mais un présent de narration (plutôt qu’historique si on retient la nuance que j’ai évoquée ci-dessus).
Non sono d'accordo ! La scène existe - ou se trouve recomposée actuellement - dans l'imagination du locuteur et de son interlocuteur.
Et pour qu'il y ait présent historique, il faut qu'on ait du récit, c'est à dire un énoncé coupé de la situation d'énonciation, donc PS dominant, et non PC (je ne fais pas de politique).
Et pour qu'il y ait présent historique, il faut qu'on ait du récit, c'est à dire un énoncé coupé de la situation d'énonciation, donc PS dominant, et non PC (je ne fais pas de politique).
Non sono d'accordo !I see that ! 🙂
Ce n’est pas un bottage en touche, juste un petit retour en arrière, donc tu n’es pas d’accord avec la définition donnée par Jehan (moi je la trouve bien) ?
Relisons :
Si on ne remet pas cette phrase dans son contexte, mais si on la présente telle quelle (ce que le prof de Martin a vraisemblablement fait – l’idée étant peut-être de faire prendre conscience que le présent de narration n’équivaut pas à la fiction et le présent d’énonciation à la réalité ; mais cela est bien évidemment pures supputations), il s’agit bien à mon avis d’un présent d’énonciation.ou bien :
Cela ne prouve rien, et l'exercice est artificiel puisqu'il existe un passage d'auteur qui contient un récit au passé, donc momentanément coupé de la situation d'énonciation. Les textes, c'est sacré !et encore :
Tout ce qu'on peut dire, c'est que faute de contexte, on ne peut pas se prononcer.
En fait, je suis la définition donnée par Jehan.Le présent d'énonciation, c'est ça !
Oui, je suis d'accord, mais quid des cas sus-évoqués sur lesquels Jacques et moi divergeons ?
Les cas sus-évoqués sont tous des textes d'auteur, des textes narratifs.Tous énoncés détachés : ce n'est pas l'auteur qui parle en son propre nom, mais ses personnages. Ces personnages dans les extraits qui nous sont soumis ne dialoguent, ne monologuent pas : ils racontent. Le présent ici n'est pas un présent d'énonciation, c'est un présent de narration.
OK, j’ai l’impression que nous tendons à nous rejoindre. Sauf pour l’Étranger ; si je comprends bien, pour vous, le présent y est un présent de narration ?
En fait, il est difficile de faire entrer les textes au présent dans les deux seules catégories évoquées. Pour ce qui est des récits écrits entièrement au présent et qui ne donnent pas l'impression d'être les pages d'un journal intime (comme l'Étranger), par exemple certains romans de Duras ou des nouvelles de le Clézio, il semble qu'il faille établir une catégorie intermédiaire, pour laquelle le repère de ce temps présent n'est lié ni à la situation d'énonciation ni coupé de celle-ci, mais situé par rapport à un repère fictif construit à partir du moment d'énonciation et identifié à lui ; on rendrait mieux compte ainsi de l'impression qu'on a affaire à des événements dissociés du présent, mais constituant aussi la réactualisation de faits révolus (cf notre texte "imagine").
Euh… je ne sais pas si c'est clair.
Et évidemment, l'œuvre littéraire suppose une énonciation construite, distincte de la situation dans laquelle se trouve l'écrivain. Même en poésie, il en est ainsi…
Euh… je ne sais pas si c'est clair.
Et évidemment, l'œuvre littéraire suppose une énonciation construite, distincte de la situation dans laquelle se trouve l'écrivain. Même en poésie, il en est ainsi…
OK, j’ai l’impression que nous tendons à nous rejoindre. Sauf pour l’Étranger ; si je comprends bien, pour vous, le présent y est un présent de narration ?L'Étranger est un monologue intérieur, la formule même du Dernier jour d'un condamné (sans les laborieuses justifications de Hugo pour établir la matérialité du texte). Les présents (car il y a aussi des imparfaits et des passés simples) sont des présents d'énonciation.
Voyez plutôt l'Or de Cendrars : tous les verbes, absolument tous les verbes sont au présent. Pur présent de narration.
Euh… je ne sais pas si c'est clair.Je comprends quelque chose, mais je ne sais pas si je comprends ce qu’il faut comprendre ! 😀 (Du coup, il est tout à fait possible que ce que je vais dire, soit parfaitement à côté de la plaque 🙂)
Pour moi une situation d’énonciation peut-être sans problème fictive.
Et pour distinguer énoncés ancrés dans la situation d'énonciation et ceux qui ne le sont pas, il y a les marqueurs du type aujourd’hui / demain / hier / ici / en ce moment – qui marquent l’ancrage de l’énoncé avec la situation d’énonciation, vs le alors / lendemain / la veille / là-bas / à ce moment-là – qui marquent le désancrage de l’énoncé avec la situation d’énonciation.
Ce qui donnerait, pour garder mon exemple :
Aujourd’hui, en ce moment, je te raconte mon histoire ici au bistrot, demain je la raconterai à Gugus. / À ce moment-là, je suis là-bas, en Afrique, je fais mon safari, la veille j’étais encore en France, le lendemain je manquais me faire croquer par un lion.
Et pour revenir aux phrases de Martin, pour moi « tout à coup » et « aussitôt » sont du même ordre : ils marquent le désancrage de ces énoncés de la situation d'énonciation, du coup les présents de ces phrases ne peuvent être que des présents de narration.
Ah ! je viens de lire le commentaire de Delia. Donc finalement, pour l’Étranger nous sommes tous d'accord : il s'agit de présent d'énonciation - Cela me laisse présager que je n'ai pas tout compris aux propos de Jacques et… que j'ai répondu à côté de la plaque !!! 😀
Je ne comprends pas pourquoi tu fais de "tout à coup" et de "aussitôt" des marqueurs énonciatifs : ce sont des connecteurs temporels qui structurent l'énoncé, ils peuvent être utilisés dans le discours comme dans le récit.
Delia, il s'en faut de beaucoup que toute la narration dans l'Or soit au présent…
Delia, il s'en faut de beaucoup que toute la narration dans l'Or soit au présent…
Parce que je + présent + aussitôt / tout à coup ne me parait pas possiblement rattachable à la situation d’énonciation. On peut trouver des présents, mais ce ne sont plus des présents d’énonciation.
- Qu’est-ce que tu fais en ce moment ?
- Là, je mange (présent d’énonciation) et aussitôt après, je prends le train (présent à valeur de futur).
- Moi, tu sais quoi (présent d’énonciation), aussitôt que je vois (présent d’habitude/de vérité générale) une araignée, j’ai (idem) les poils qui se hérissent (idem) sur les bras
Avec tout à coup, je ne vois même pas comment faire un énoncé au présent rattaché à la situation d’énonciation.
- Qu’est-ce que tu fais en ce moment ?
- Là, je mange (présent d’énonciation) et aussitôt après, je prends le train (présent à valeur de futur).
- Moi, tu sais quoi (présent d’énonciation), aussitôt que je vois (présent d’habitude/de vérité générale) une araignée, j’ai (idem) les poils qui se hérissent (idem) sur les bras
Avec tout à coup, je ne vois même pas comment faire un énoncé au présent rattaché à la situation d’énonciation.
Delia, il s'en faut de beaucoup que toute la narration dans l'Or soit au présent…C'est le souvenir que j'en garde, mais je n'ai pas le texte sous les yeux ni sous la main. Une citation serait donc bienvenue…
Mais le présent à valeur de futur proche est un présent d'énonciation, il ne faut pas tout mettre sur le même plan !
"Le neutrino est une particule insaisissable. Vous le croyez ici, il est là ; tout à coup, il n'y est plus…"
"Le neutrino est une particule insaisissable. Vous le croyez ici, il est là ; tout à coup, il n'y est plus…"