Différence entre le présent de narration et le présent d’énonciation

Langue française

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Bescherelle · L'essentielBac français 2027Fiches bac françaisBrevet 2027
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Tout à coup, mon oreille est frappée des sons que le vent m'apporte du milieu du lac. J'écoute et je distingue les accents d'une voix humaine. (présent de narration)
Je m'approche du kiosque. Armande me reconnait aussitôt et m'accueille avec un grand sourire….. (présent de narration)
Est-ce que mes réponses sont correctes ?
Et comment je peux distinguer entre les deux valeurs ?
Bonjour.

Le présent d'énonciation exprime un fait ayant lieu au moment même où l'on parle.
Par exemple, en ce moment, je te réponds. (présent d'énonciation)

Le présent de narration (comme dans tes phrases) décrit des faits passés.
On utilise le présent au lieu du passé pour rendre le récit plus "vivant".
Franchement, si la narration parait évidente pour la seconde phrase, je peine à voir une narration dans la première.
Merci infiniment.
Mais notre professeur nous a dit que dans les deux phrases, il s'agit d'un présent d'énonciation.

Pour vous Mr Jehan, vous dites que se sont des phrases de présent de narration, c'est à dire comme les réponses que j'ai déjà données ?
Ces deux phrases peuvent très bien narrer des faits passés.
D'ailleurs, vérification faite, la première phrase est un extrait d'un texte de Chateaubriand et le début de la narration est au passé simple : attendis.
Caché parmi les rochers, j’attendis quelque temps sans voir rien paraître. Tout à coup mon oreille est frappée des sons que le vent m’apporte du milieu du lac. J’écoute et je distingue les accents d’une voix humaine.
Du point de vue du personnage et de son "ici" et "maintenant", il s'agit bien en effet de présent d'énonciation.
On ne peut être certain d'avoir du présent de narration que s'il y a des passés dans l'environnement des présents, comme dans le texte de Chateaubriand posté par Jehan.
Quant au second exemple, je n'ai pu trouver le contexte exact.
Dans les exercices où il figure, il est juste indiqué "adapté de Jacques Savoie".
Merci à vous, vraiment vos réponses m'ont tellement aidé.
Alors, selon ce que vous dites, je peux dire que ma réponse était juste.
Si on ne remet pas cette phrase dans son contexte, mais si on la présente telle quelle (ce que le prof de Martin a vraisemblablement fait – l’idée étant peut-être de faire prendre conscience que le présent de narration n’équivaut pas à la fiction et le présent d’énonciation à la réalité ; mais cela est bien évidemment pures supputations), il s’agit bien à mon avis d’un présent d’énonciation.
Ou alors pour être tout à fait neutre, il faut dire que les deux interprétations (de narration et d’énonciation) sont possibles, mais indécidables faute de contexte.

Mais Martin, j’aimerais bien te poser une question : qu’est-ce qui t’a fait opter pour un présent de narration ?
Ce qui m'a aidé à choisir le présent de narration c'est que l'action était déjà en train de se dérouler et la phrase interrompt cette continuation de narration par l'expression "tout à coup" or pour revenir à ce que nous disions le présent ici est exprimé sans indication qui pourrait nous mettre au contexte de l'énonciation.
Ah oui, bien vu ! 🙂

Et pour la deuxième phrase ?
Cela ne prouve rien, et l'exercice est artificiel puisqu'il existe un passage d'auteur qui contient un récit au passé, donc momentanément coupé de la situation d'énonciation. Les textes, c'est sacré !
Tout ce qu'on peut dire, c'est que faute de contexte, on ne peut pas se prononcer.
Dans la seconde phrase, c'est exactement la même chose.
Non possumus.
Bonsoir,

Je m'approche du kiosque. Armande me reconnait aussitôt et m'accueille avec un grand sourire…..

Dans la phrase ci-dessus, on a l'utilisation du présent avec un autre temps du passé (imparfait) ce qui permet au présent de donner l'illusion que le fait passé appartient au présent, comme s'il se déroulait en ce moment. De plus, nous n'avons pas des indications qui peuvent nous démontrer l'énoncé dans un cadre ancré dans la situation d'énonciation. Tous ces indices m'ont incité à choisir le présent de narration :/
Merci Martin de m’avoir répondu 🙂.
Attention, reconnait est un présent et non un imparfait (ce serait reconnaissait).
https://conjugaison.lemonde.fr/conjugaison/troisieme-groupe/reconnaître/

Je pense néanmoins comme toi que c’est un présent de narration (et je reviens donc sur ce que j’ai dit précédemment qui était très certainement erroné), et ce qui me fait pencher pour cette solution, c’est la présence de « aussitôt ».

Jacques, je suis bien d’accord avec toi sur le côté artificiel de ce genre d’exercices décontextualisés, néanmoins, ne penses-tu pas que la présence de « tout à coup » et de « aussitôt » excluent la possibilité d’un présent d’énonciation ?
Pour la deuxième phrase s’il n’y avait pas aussitôt, ce pourrait aussi bien être du présent d’énonciation (style un reporter qui raconte en direct ses faits et gestes) qu’un présent de narration. Mais avec « aussitôt » ?
Bonjour,

oui bien noté, Merci Katioucha, je me suis trompé du temps 😐

En tout cas ce que vous dites, Katioucha, renforce notamment le choix d'un présent de narration. Au fond, nous sommes d'accord sur presque tout.
Jaques, du coté artificiel de ce genre d’exercices, si on découpe cet énoncé de ce qu'il précède, on aura un énoncé ancré dans la situation d'énonciation présente ce qui nous permettra dans ce cas de dire un présent d'énonciation, c'est à dire juger la phrase sans la situer dans son contexte, si je ne me trompe
:/
Le corrigé, sans resituer les phrases dans leur contexte évidemment…
Exercice 1
e) Tout à coup, mon oreille est frappée des sons que le vent m’apporte du milieu du lac. J’écoute et je distingue les accents d’une voix humaine. (Chateaubriand)
(…)
j) Je m’approche du kiosque. Armande me reconnaît aussitôt et m’accueille avec son grand sourire : « Alors, qu’est-ce qu’il fait ton père ? » (Adapté de Jacques Savoie)

Corrigé
e) apporte, écoute, distingue : des faits qui se déroulent au moment où l’on parle, c’est le présent actuel.
(…)
j) approche, reconnaît, accueille : des faits qui se déroulent au moment où l’on parle, c’est le présent actuel. est, fait : c’est le présent du discours direct.
https://www.ccdmd.qc.ca/media/allo_val_mode_099Allophones.pdf
Katioucha a écrit : Jacques, je suis bien d’accord avec toi sur le côté artificiel de ce genre d’exercices décontextualisés, néanmoins, ne penses-tu pas que la présence de « tout à coup » et de « aussitôt » excluent la possibilité d’un présent d’énonciation ?
Pour la deuxième phrase s’il n’y avait pas aussitôt, ce pourrait aussi bien être du présent d’énonciation (style un reporter qui raconte en direct ses faits et gestes) qu’un présent de narration. Mais avec « aussitôt » ?
Sans trop de peine, j'ai trouvé "Et, aussitôt, il se met à pleurer" dans le compte-rendu d'un entretien psychiatrique entièrement rédigé au présent, et "Puis, tout à coup il se lève brusquement et dit…" dans un roman écrit lui aussi au présent.
Attention, je considère qu'une narration ayant le présent comme temps principal relève du discours, donc, qu'elle ne contient que des présents d'énonciation (exemple célèbre : l'Étranger).
Bonjour Martin, 🙂
martin90 a écrit :En tout cas ce que vous dites, Katioucha, renforce notamment le choix d'un présent de narration.
Prends ce que je dis avec énormément de méfiance !
Au fait, comment votre prof vous a-t-il expliqué son choix ?



Bonjour Jacques, 🙂

Mais le fait que le texte soit raconté entièrement au présent ne signifie pas pour autant qu’il s’agit d’un présent d’énonciation.

Bébert et son pote Marcel sont au café :
"Ah ah ! oui, ça me rappelle le jour où j’ai failli être mangé tout cru par un lion. Alors, imagine la scène : je suis en Afrique, panoplie complète du parfait safariman, appareil photo dernier cri et tout le tralala, je marche tranquillement, admire les paysage, cherche la girafe à immortaliser, quand soudain, je vois un lion, et blablabla. Je te garantis que j’ai flippé à mort."


À part le premier et le dernier présent « rappelle / garantis » + « imagine » qui sont des présents d’énonciation, tous les autres sont des présents de narration, non ?

Avec aussitôt (= immédiatement après) et tout à coup (= de façon soudaine à ce moment-là) on ne peut que rapporter des faits ? S’ils sont associés à un présent, ce ne peut donc pas être un présent d’énonciation ?

Pour le cas du rapport psychiatrique a priori, l’énonciateur rapporte des faits – des faits passés, détachés de la situation d’énonciation ? S’il faisait « du direct », on aurait des choses du type « à présent il se met à pleurer / voilà qu’il se met à pleurer », au lieu de « aussitôt », il me semble. Qu’en penses-tu ?
Mais attention à la dénomination "présent de narration", qui peut égarer parce qu'elle confond la typologie et l'énonciation. Il me semble du reste qu'on disait autrefois "présent historique" au lieu de "présent de narration".
C'est bien le problème de la grammaire, même textuelle, toujours le c… entre deux chaises, alors qu'il faudrait l'avoir entre les deux fesses.