Claudel, Le Rapport de Brodeck - Est-il possible d’oublier et de repartir à zéro pour le personnage

Entraide scolaire

2 réponses

Bescherelle · L'essentielBac français 2027Fiches bac françaisBrevet 2027
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Bonjour,

je dois répondre à la question "Est-il possible d’oublier et de repartir à zéro pour le personnage de Brodeck ?" à propose du livre "le rapport de Brodeck" de Philippe Claudel.
En ayant lu le livre, je ne comprends pas ce qu'il faut y répondre. Pouvez-vous m'éclairer?

Merci.
Bonjour,
déjà pour comprendre ce que suggère la question à laquelle vous devez répondre, il faut comprendre ce que Brodeck est sensé pouvoir ou non oublier : Brodeck est forcé par les villageois d'écrire sur la mort d'un étranger, et parallèlement il écrit ce récit secret que nous lisons et qui est le texte du roman.
Dans ce récit, nous sommes ancrés dans un cadre historique, la 2nde Guerre Mondiale, cependant cela se fait seulement par des allusions, il n'y a pas de dates et beaucoup de non-dits, pourtant on retrouve une description précise de la violence, on retrouve l'expérience concentrationnaire de Brodeck… La question se pose, peut-il oublier cette expérience même de la guerre et des camps de concentration ? Ou parle-t-on plutôt de la mort de l'étranger dit l'Anderer qu'il doit écrire ?
Il faut savoir que Philippe Claudel a cherché à présenter un personnage ordinaire et un anti-héros, Brodeck représente la figure tragique de l'exilé, son souci est d'être comme tout le monde. Il est dans l'étonnement d'avoir survécu, il est au delà du principe de vengeance car c'est un personnage qui ne veut plus s'encombrer de sentiments négatifs (fin du roman). De là vous pouvez de nouveau revenir à la question de départ, l'anti-héros peut-il oublier ? Et le fait qu'il veuille délaisser tout sentiment négatif n'est-il pas repartir à zéro ?
Pourtant dès le début du roman la réponse à votre question semble être définitivement non car il se positionne comme portant en lui une culpabilité profonde dans sa confession : " ma punition c'est ma vie " (p354)
Brodeck dépasse en fait totalement cet antagonisme du Bien et du Mal à la fin du roman et cela grâce à son amour : Poupchette représente la possibilité de transformer l'horreur (du viol) en beauté, et Brodeck peut également dépasser l'antagonisme grâce à son écriture, elle lui permet de surmonter sa culpabilité et de devenir " le gardien de la mémoire ". En fait à mesure qu'il écrit il se libère de ses peurs et s'affranchit, et cela lui permet également de confesser sa faute pour finir par quitter le village l'esprit libéré. N'est-ce pas oublier et recommencer à zéro ?

J'espère que ces éléments pourront vous éclairer suffisamment, ils ne constituent pas une réponse à la question posée mais des éléments pour vous aider à y répondre, il s'agit d'étudier la possibilité de cet oubli et de ce nouveau départ, parfois on peut penser que c'est impossible et cela pour tout homme, la mémoire reste ancrée et ne peut pas être effacée, par contre elle peut peut-être être dépassée avec un renouveau, une nouvelle vie.