Bonjour à tous et à toutes !
Voilà j'ai un commentaire stylistique à faire pour la Fac et je bloque sur deux interprétations de figures de style… C'est un commentaire sur l'article CONFESSION du Dictionnaire Philosophique de Voltaire. J'ai trouvé pas mal de choses, jusque là je m'en sors bien, mais j'ai recensé trois figures parmi tout un tas d'autres pour lesquelles je n'arrive pas à donner d'interprétation alors que je sens qu'il y a quelque chose. Si quelqu'un pouvais me guider ce serait top !!
Voici les trois figures :
- dans le morceau “Les prêtres guelfes refusaient l'absolution aux gibelins, et les prêtres gibelins se gardaient bien d'absoudre les guelfes.” : “l'absolution” (nom) puis “absoudre” (vb inf.) → dérivation.
- dans le morceau “rebelles et sanguinaires en conscience” : hypallage (consciemment rebelles et sanguinaires).
- dans le morceau “[…] une bulle du pape Grégoire XV émanée de Sa Sainteté le 30 août” : antonomase pour “Sa Sainteté”, mais pourquoi il reprécise alors qu'on sait qu'il parle déjà de Grégoire XV ?
Donc voilà si quelqu'un pouvais m'aider, ou me transmettre ses intuitions, ce serait super gentil !
Merci beaucoup d'avance en tout cas ! 😀
dans le morceau “rebelles et sanguinaires en conscience” : hypallage (consciemment rebelles et sanguinaires).
Aucune figure de syle, ici, sauf l'ironie :
en conscience signifie avec bonne conscience, avec le sentiment de bien faire.
- dans le morceau “[…] une bulle du pape Grégoire XV émanée de Sa Sainteté le 30 août” : antonomase pour “Sa Sainteté”, mais pourquoi il reprécise alors qu'on sait qu'il parle déjà de Grégoire XV ?
*
Pour plus de clarté. Sans doute cite-t-il l'en tête de la bulle, c'est à vérifier.
Bonsoir,
1 - pas d'autre intérêt que d'éviter la répétition à mon avis, mais la reprise du mot "absoudre" souligne l'infidélité des prêtres à leur sacerdoce ainsi que leur intolérance et leur collusion avec le pouvoir temporel.
2 - “rebelles et sanguinaires en conscience” n'est pas un attelage. L'expression signifie seulement que les personnes n'ont pas commis d'actes répréhensibles mais qu'elles soutiennent ces déviances. Référence au confiteor : "péché en pensée, en parole, par action et par omission…"
3 - Reprise ironique car dans l'esprit de Voltaire le pape ne se conduit pas saintement. L'expression renforce l'étonnement.
Ah merci à vous deux, je n'avais pas vu les choses de cet oeil, je prend note !
Mais j'ai une autre question rapport à la phrase à propos de la bulle.
Pour info, je vous la donne : "Si on pouvait être étonné de quelque chose, on le serait d’une bulle du pape Grégoire XV, émanée de Sa Sainteté le 30 août 1622, par laquelle il ordonne de révéler les confessions en certain cas."
→ Je viens de lire à l'instant un article justement à propos de cette bulle du Pape Grégoire XV, qui en réalité n'ordonne pas de révéler la confession comme Voltaire le laisse entendre, mais incite seulement clairement les fidèles à dénoncer les prêtres qui leur refuseraient l'absolution (d'ailleurs c'est une bulle non publiée et donc non acceptée en France).
→ Est-ce que cette espèce de mauvaise foi de Voltaire a quelque chose à faire dans un commentaire stylistique ou est-ce que je la laisse de côté (d'après moi c'est un style d'argumentation, mais je ne suis pas sûr) ? Surtout qu'il ne précise pas du tout, il esquive avec un "en certains cas" très flou.
EDIT : En fait, j'ai lu une vingtaine de pages d'un livre écrit par un défenseur du christianisme qui rage un peu contre l'article de Voltaire, et en fait carrément la totalité de Confession est d'une mauvaise foi abusée ! Est-ce que l'explication de ce fait et des preuves (sans entrer à fond dans les détails) devient nécessaire à cette étude ?
Voltaire est souvent de mauvaise foi.
Si l'analyse porte sur la stylistique, ce point mérite d'être relevé secondairement pour montrer combien Voltaire manipule brillamment le registre polémique : allégations, approximations, interprétations, détournement de l'argument d'autorité, accumulations, exagérations, ironie…
D'accord, c'est intéressant !
Bah écoutez merci beaucoup, je note tout cela, je vais en parler dans une sous-partie. 😀
Excusez-moi d'insister, mais je maintiens que
en conscience n'est pas l'équivalent de
en pensée.
comme le dit le wiktionnaire :
en conscience \ɑ̃ kɔ̃.sjɑ̃s\
En vérité, franchement, selon les règles de la conscience.
Je vous le dis en conscience.
Ce marchand vend en conscience, il ne surfait point.
Vous êtes obligé en conscience à cela, de faire cela.
J’ai fait ce travail en conscience, je l’ai fait tel qu’il doit être fait.
Synonymes
en bonne conscience
Voltaire écrit :
Le mal est d’avoir quelquefois, dans les troubles des Etats, forcé les pénitents à être rebelles et sanguinaires en conscience.
Non non, pas de souci au contraire ! Votre idée est très intéressante ! Mais je ne suis pas sûr de comprendre finalement l'idée précise que vous voulez développer. Le terme "en conscience" est clairement, d'après votre définition, en conflit avec "forcé", vous l'avez d'ailleurs mis en gras pour cela j'imagine. Mais quelle conclusion en tirez vous ? J'avoue que je ne vois pas clairement.
Voltaire, en utilisant "en conscience", dénonce la déviance morale de ceux qui sont par le sacrement de pénitence (confession) des "directeurs de conscience". Leurs conseils et leurs instructions sont viciés par la perte du sens moral.
Dans l'expression "Le mal est d’avoir quelquefois, dans les troubles des États, forcé les pénitents à être rebelles et sanguinaires en conscience", Voltaire stigmatise l'abus d'autorité, le fanatisme, la volonté de pousser les fidèles à l'acte violent.
Là encore, il faut apprécier les déclarations généralisatrices du philosophe.
cinefilhd77 a écrit :Non non, pas de souci au contraire ! Votre idée est très intéressante ! Mais je ne suis pas sûr de comprendre finalement l'idée précise que vous voulez développer. Le terme "en conscience" est clairement, d'après votre définition, en conflit avec "forcé", vous l'avez d'ailleurs mis en gras pour cela j'imagine. Mais quelle conclusion en tirez vous ? J'avoue que je ne vois pas clairement.
Ce n'est pas une idée c'est le sens exact de l'expression : faire une chose en conscience, c'est la faire avec le sentiment de bien agir, de ne pas charger sa conscience (exemple contemporains : poser une bombe dans un aéroport, assassiner des enfants juifs).
J'ai souligné forcé qui semblait vous avoir échappé.
D'accord, oui en effet maintenant tout est clair, il était tard j'avais du mal à cerner le sens de "en conscience". Et bien merci à vous, je continue mon devoir, je reviens ici si j'ai un autre souci (mais ça devrait aller) ! 😀