Mérimée, Les Âmes du purgatoire - Don Juan, ce fils tant désiré, et le héros de cette véridique hist

Entraide scolaire

2 réponses

Bescherelle · L'essentielBac français 2027Fiches bac françaisBrevet 2027
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Bonjour,

J'ai à faire le commentaire de l'extrait suivant:
Don Juan, ce fils tant désiré, et le héros de cette véridique histoire, fut gâté par son père et par sa mère, comme devait l’être l’unique héritier d’un grand nom et d’une grande fortune. Tout enfant, il était maître à peu près absolu de ses actions, et dans le palais de son père personne n’aurait eu la hardiesse de le contrarier. Seulement, sa mère voulait qu’il fût dévot comme elle, son père voulait que son fils fût brave comme lui. Celle-ci, à force de caresses et de friandises, obligeait l’enfant à apprendre les litanies, les rosaires, enfin toutes les prières obligatoires et non obligatoires. Elle l’endormait en lui lisant la légende. D’un autre côté, le père apprenait à son fils les romances du Cid et de Bernard del Carpio, lui contait la révolte des Morisques, et l’encourageait à s’exercer toute la journée à lancer le javelot, à tirer de l’arbalète ou même de l’arquebuse contre un mannequin vêtu en Maure qu’il avait fait fabriquer au bout de son jardin.
Il y avait dans l’oratoire de la comtesse de Maraña un tableau dans le style dur et sec de Moralès, qui représentait les tourments du purgatoire. Tous les genres de supplices dont le peintre avait pu s’aviser s’y trouvaient représentés avec tant d’exactitude, que le tortionnaire de l’inquisition n’y aurait rien trouvé à reprendre. Les âmes en purgatoire étaient dans une espèce de grande caverne au haut de laquelle on voyait un soupirail. Placé sur le bord de cette ouverture, un ange tendait la main à une âme qui sortait du séjour de douleurs, tandis qu’à côté de lui un homme âgé, tenant un chapelet dans ses mains jointes, paraissait prier avec beaucoup de ferveur. Cet homme, c’était le donataire du tableau, qui l’avait fait faire pour une église de Huesca. Dans leur révolte, les Morisques mirent le feu à la ville ; l’église fut détruite ; mais, par miracle, le tableau fut conservé. Le comte de Maraña l’avait rapporté et en avait décoré l’oratoire de sa femme. D’ordinaire, le petit Juan, toutes les fois qu’il entrait chez sa mère, demeurait longtemps immobile en contemplation devant ce tableau, qui l’effrayait et le captivait à la fois. Surtout il ne pouvait détacher ses yeux d’un homme dont un serpent paraissait ronger les entrailles pendant qu’il était suspendu au-dessus d’un brasier ardent au moyen d’hameçons de fer qui l’accrochaient par les côtes. Tournant les yeux avec anxiété du côté du soupirail, le patient semblait demander au donataire des prières qui l’arrachassent à tant de souffrances. La comtesse ne manquait jamais d’expliquer à son fils que ce malheureux subissait ce supplice parce qu’il n’avait pas bien su son catéchisme, parce qu’il s’était moqué d’un prêtre, ou qu’il avait été distrait à l’église. L’âme qui s’envolait vers le paradis, c’était l’âme d’un parent de la famille de Maraña, qui avait sans doute quelques peccadilles à se reprocher ; mais le comte de Maraña avait prié pour lui, il avait beaucoup donné au clergé pour le racheter du feu et des tourments, et il avait eu la satisfaction d’envoyer au paradis l’âme de son parent sans lui laisser le temps de beaucoup s’ennuyer en purgatoire. — Pourtant, Juanito, ajoutait la comtesse, je souffrirai peut-être un jour comme cela, et je resterai des millions d’années en purgatoire si tu ne pensais pas à faire dire des messes pour m’en tirer ! Comme il serait mal de laisser dans la peine la mère qui t’a nourri ! Alors l’enfant pleurait ; et s’il avait quelques réaux dans sa poche, il s’empressait de les donner au premier quêteur qu’il rencontrait porteur d’une tirelire pour les âmes du purgatoire.
Ceci est un extrait de l'oeuvre Les Âmes Du Purgatoire, de Mérimée, situé dans l'incipit et je peine à trouver les axes.
Pensez-vous que dire que dire qu'il y a une modalité épistémique dans cet extrait peut être pertinent ?
Je vous avoue que je suis perdu, je ne vois pas réellement d'axes à commenter.

Cordialement,
dfghjk99
Bonjour,

Cet extrait constituant le début de la nouvelle, il faut examiner en quoi il programme la suite, comment il informe le lecteur sur le récit qui commence.
Bien entendu, compte tenu du titre, le tableau de Moralès joue un rôle essentiel dans la constitution de la personnalité du futur Don Juan.
Examiner ce qui est nouveau dans la réécriture du mythe.