Montaigne, Essais - Notre monde vient d’en trouver un autre…

Entraide scolaire

8 réponses

Bescherelle · L'essentielBac français 2027Fiches bac françaisBrevet 2027
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Bonjour à tous,
Je vais vous expliquez, ce qu'il m'arrive: j'ai le bac blanc oral de français dans une semaine, et je me rends compte qu'il me manque 3 textes. Pour vous dire, je n'ai ni l'intro, ni les axes, ni la conclusion…
Autant dire que je suis mal barré!

Si vous pouvez m'aidez déjà pour ce texte, je vous en serais reconnaissant!

Un texte de Montaigne, livre III: "Des coches".
"Notre monde vient d'en trouver un autre (et qui nous répond si c'est le dernier de ses frères,
puisque les Démons, les Sibylles1, et nous, avons ignoré celui-ci jusqu'à cette heure ?) non moins grand, plein, et membru2 que lui : toutefois si nouveau et si enfant, qu'on lui apprend encore son a, b, c ; il n'y a pas cinquante ans qu'il ne savait ni lettres, ni poids, ni mesure, ni vêtements, ni blés, ni vignes. Il était encore tout nu, au giron3, et ne vivait que des moyens de sa mère nourrice4. Si nous concluons bien de notre fin5, et ce poète de la jeunesse de son siècle6, cet autre monde ne fera qu'entrer en lumière, quand le nôtre en sortira. L'univers tombera en paralysie; l'un membre sera perclus7, l'autre en vigueur.
Bien crains-je que nous aurons bien fort hâté sa déclinaison8 et sa ruine par notre contagion, et que nous lui aurons bien cher vendu nos opinions et nos arts. C'était un monde enfant ; si ne l'avons-nous pas fouetté et soumis à notre discipline par l'avantage de notre valeur et forces naturelles, ni ne l'avons pratiqué par notre justice et bonté, ni subjugué par notre magnanimité9. La plupart de leurs réponses, et des négociations faites avec eux, témoignent qu'ils ne nous devaient rien en clarté d'esprit naturelle et en pertinence. L'épouvantable magnificence des villes de Cusco et de Mexico, et, entre plusieurs choses pareilles, le jardin de ce Roi, où tous les arbres, les fruits, et toutes les herbes, selon l'ordre et grandeur qu'ils ont en un jardin, étaient excellemment formées10 en or; comme, en son cabinet11, tous les animaux qui naissaient en son état et en ses mers ; et la beauté de leurs ouvrages, en pierrerie, en plume, en coton, en la peinture, montrent qu'ils ne nous cédaient non plus en l'industrie12. Mais quant à la dévotion13, observance dès lois, bonté, libéralité14, loyauté, franchise, il nous a bien servi de n'en avoir pas tant qu'eux ; ils se sont perdus par cet avantage, et vendus, et trahis eux-mêmes.
Quant à la hardiesse et courage, quant à la fermeté, constance, résolution contre les douleurs et la faim, et la mort, je ne craindrais pas d'opposer les exemples que je trouverais parmi eux aux plus fameux exemples anciens que nous ayons aux mémoires de notre monde par-deçà15. Car, pour ceux qui les ont subjugués, qu'ils ôtent les ruses et batelages16 de quoi ils se sont servis à les piper17, et le juste étonnement qu'apportait à ces nations-là de voir arriver si inopinément18 des gens barbus, divers en langage, religion, en forme et en contenance19, d'un endroit du monde si éloigné et où ils n'avaient jamais su qu'il y eût habitation quelconque, montés sur des grands monstres inconnus, contre ceux qui n'avaient non seulement jamais vu de cheval, mais bête quelconque duite20 à porter et soutenir homme ni autre charge ; garnis d'une peau luisante et dure, et d'une arme tranchante et resplendissante, contre ceux qui, pour le miracle de la lueur d'un miroir ou d'un couteau, allaient échangeant une grande richesse en or et en perles, et qui n'avaient ni science ni matière par où tout à loisir ils sussent percer notre acier; ajoutez-y les foudres et tonnerres de nos pièces et arquebuses21, capables de troubler César22 même, qui l'en eût surpris23 autant inexpérimenté, et à cette heure24, contre des peuples nus, si ce n'est où l'invention était arrivée de quelque tissu de coton, sans autres armes pour le plus que d'arcs, pierres, bâtons et boucliers de bois; des peuples surpris, sous couleur d'amitié et de bonne foi, par la curiosité de voir des choses étrangères et inconnues: ôtez, dis-je, aux conquérants cette disparité, vous leur ôtez toute l'occasion de tant de victoires."
Voila tout 😉
Merci pour votre aide 🙂
je n'ai ni l'intro
vous la concevrez en fonction de la question qui vous sera posée, vous ne pouvez la prévoir ;
ni les axes
les axes se trouvent dans le texte : lisez-le ; plus précisément, vous relèverez les éléments pertinents pour répondre à la question qui vous sera posée ;
ni la conclusion…
la conclusion découlera de votre exposé, votre exposé qui répondra à la question posée par l'examinateur.
Je vous comprends, mais c'est que je suis à court de temps.
Je voulais juste savoir si quelqu'un l'aurait éventuellement déjà fait pour que j'y jette un coup d'oeil ^^.
C'est un bac oral. Je doute que quelqu'un qui l'a déjà passé avec ce texte puisse t'en fournir l'enregistrement vocal… 😉

De toute manière, comme le souligne Delia, tout dépendra de la question posée par l'examinateur.
Difficile donc de te donner à l'avance des réponses toutes faites.
Visiblement, tu paniques …

Peut-être pourrais-tu, pour te rassurer, regarder quelques démarches même sur un autre extrait. Tu aurais des exemples de présentation, de problématique possible (même si le champ est large) et des idées … en cherchant avec

livre III Des Coches Montaigne Essais
Hey !
J'ai aussi étudié ce texte cette année, mais je cherche justement des informations à rajouter car je trouve que ce qu'on a fait en classe est un peu maigre.. Mais je peux déjà te donner les axes de notre étude si tu le souhaites? C'est déjà mieux que rien 🙂
La question de Zerba111 concernait son bac blanc, qui a eu lieu début avril…
Là, c'est peut-être un peu tard pour lui donner des axes ! 😉
je dois exposer ce texte en classe la semaine prochaine, c'est un extrait du chapitre 6 "Des coches", livre 3 des Essais de Montaigne
toutes fois j'ai du mal à organiser ma rédaction et faire un plan de ce texte.
Notre monde vient d'en trouver un autre (et qui nous répond si c'est le dernier de ses frères, puis que les Démons, les Sibylles et nous, avons ignoré cettui-ci jusqu'asteure ?) non moins grand, plein et membru que lui, toutefois si nouveau et si enfant qu'on lui apprend encore son a b c ; il n'y a pas cinquante ans qu'il ne savait ni lettres, ni poids, ni mesure, ni vêtements, ni blés, ni vignes. Il était encore tout nu au giron, et ne vivait que des moyens de sa mère nourrice. Si nous concluons bien de notre fin, et ce poète de la jeunesse de son siècle, cet autre monde ne fera qu'entrer en lumière quand le nôtre en sortira. L'univers tombera en paralysie ; l'un membre sera perclus, l'autre en vigueur. Bien crains-je que nous aurons bien fort hâté sa déclinaison et sa ruine par notre contagion, et que nous lui aurons bien cher vendu nos opinions et nos arts. C'était un monde enfant ; si ne l'avons nous pas fouetté et soumis à notre discipline et par l'avantage de notre valeur et forces naturelles, ni ne l'avons pratiqué* (gagné) par notre justice et bonté, ni subjugué par notre magnanimité. La plupart de leurs réponses et des négociations faites avec eux témoignent qu'ils ne nous devaient rien en clarté d'esprit naturelle et en pertinence. L'épouvantable magnificence des villes de Cuzco et de Mexico, et, entre plusieurs choses pareilles, le jardin de ce Roi, où tous les arbres, les fruits et toutes les herbes, selon l'ordre et grandeur qu'ils ont en un jardin, étaient excellemment formés en or ; comme en son cabinet, tous les animaux qui naissaient en son état et en ses mers ; et la beauté de leurs ouvrages en pierreries, en plume, en coton, en la peinture, montrent qu'ils ne nous cédaient non plus en l'industrie. Mais, quant à la dévotion, observance des lois, bonté, libéralité, loyauté, franchise, il nous a bien servi de n'en avoir pas tant qu'eux ; ils se sont perdus par cet avantage, et vendus, et trahis eux mêmes. Quant à la hardiesse et courage, quant à la fermeté, constance, résolution contre les douleurs et la faim et la mort, je ne craindrais pas d'opposer les exemples que je trouverais parmi eux aux plus fameux exemples anciens que nous avons aux mémoires de notre monde par deçà. Car, pour ceux qui les ont subjugués, qu'ils ôtent les ruses et batelages de quoi ils se sont servis à les piper, et le juste étonnement qu'apportait à ces nations là de voir arriver si inopinément des gens barbus, divers en langage, religion, en forme et en contenance, d'un endroit du monde si éloigné et où ils n'avaient jamais imaginé qu'il y eut habitation quelconque, montés sur des grands monstres inconnus, contre ceux qui n'avaient non seulement jamais vu de cheval, mais bête quelconque duite à porter et soutenir homme ni autre charge ; garnis d'une peau luisante et dure et d'une arme tranchante et resplendissante, contre ceux qui, pour le miracle de la lueur d'un miroir ou d'un couteau, allaient échangeant une grande richesse en or et en perles, et qui n'avaient ni science ni matière par où tout à loisir ils sussent percer notre acier ; Ajoutez y les foudres et tonnerres de nos pièces et harquebuses, capables de troubler César même, qui l'en eut surpris autant inexpérimenté, et à cette heure, contre des peuples nus, si ce n'est où l'invention était arrivée de quelque tissu de coton, sans autres armes pour le plus que d'arcs, pierres, bâtons et boucliers de bois ; des peuples surpris, sous couleur d'amitié et de bonne foi, par la curiosité de voir des choses étrangères et inconnues : comptez, dis-je, aux conquérants cette disparité, vous leur ôtez toute l'occasion de tant de victoire.