Imaginer l’incipit d’un roman qui porte sur un personnage masculin séducteur

Entraide scolaire

9 réponses

Bescherelle · L'essentielBac français 2027Fiches bac françaisBrevet 2027
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Bonjour,
J'ai un sujet d'invention et question de corpus à rendre pour demain mais je n'y arrive pas.
Pourriez-vous me lire svp et me dire si ce que j'ai fait correspond à ce qu'on me demande?

Mon sujet:Question (4 points) : les personnages du corpus relèvent-ils du même type de séducteur ?

1. Extrait de La Princesse de Clèves, de Madame de Lafayette, 1678.


2. Extrait des Égarements du cœur et de l’esprit, Crébillon fils, 1736
Le narrateur de ce roman qui se présente comme des Mémoires est monsieur de Meilcour, un aristocrate désormais âgé qui se souvient de ses dix-sept ans, quand il était en quête d’amour et de plaisir.
Il présente dans le passage ci-dessous Versac, un personnage de séducteur.

Versac, de qui j’aurai beaucoup à parler dans la suite de ces mémoires, joignait à la plus haute naissance l’esprit le plus agréable, et la figure la plus séduisante. Adoré de toutes les femmes qu’il trompait et déchirait sans cesse, vain, impérieux, étourdi : le plus audacieux petit-maître qu’on eût jamais vu et plus cher peut-être à leurs yeux par ces mêmes défauts, quelque contraires qu’ils leur soient. Quoi qu’il en puisse être, elles l’avaient mis à la mode dès l’instant qu’il était entré dans le monde, et il était depuis dix ans en possession de vaincre les plus insensibles, de fixer les plus coquettes et de déplacer les amants les plus accrédités ; ou s’il lui était arrivé de ne pas réussir, il avait toujours su tourner les choses si bien à son avantage que la dame n’en passait pas moins pour lui avoir appartenu. Il s’était fait un jargon extraordinaire qui, tout apprêté qu’il était, avait cependant l’air naturel. Plaisant de sang-froid et toujours agréable, soit par le fond des choses, soit par la tournure neuve dont il les décorait, il donnait un charme nouveau à ce qu’il rendait d’après les autres, et personne ne redisait comme lui ce dont il était l’inventeur. Il avait composé les grâces de sa personne comme celles de son esprit, et savait se donner de ces agréments singuliers qu’on ne peut ni attraper ni définir. Il y avait cependant peu de gens qui ne voulussent l’imiter, et parmi ceux-là, aucun qui n’en devînt plus désagréable. Il semblait que cette heureuse impertinence fût un don de la nature, et qu’elle n’avait pu faire qu’à lui. Personne ne pouvait lui ressembler, et moi-même, qui ai depuis marché si avantageusement sur ses traces, et qui parvins enfin à mettre la cour et Paris entre nous deux, je me suis vu longtemps au nombre de ces copies gauches et contraintes qui, sans posséder aucune de ses grâces, ne faisaient que défigurer ses défauts et les ajouter aux leurs. Vêtu superbement, il l’était toujours avec goût et avec noblesse, et il avait l’air seigneur, même lorsqu’il l’affectait le plus.
3. Extrait de la lettre IV de notre roman Liaisons dangereuses, à partir de « Dépositaire de tous les secrets de mon cœur » jusqu’à la fin de la lettre.


4. Extrait de Bel Ami, de Guy de Maupassant, 1885
Il s’agit de l’incipit du roman.



Imaginez à votre tour l’incipit in medias res d’un roman, au narrateur omniscient, qui porte sur un personnage masculin séducteur d’aujourd’hui.

Mon écriture d'invention:
Il était là, calme, paisible. Vêtu le plus simplement possible, un jean, une chemise, et une veste de costume noire assortie à ses mocassins. Ses cheveux noirs étaient immobiles malgré le léger vent qui soufflait ce matin là. Raphaël, 19 ans, observait de ses yeux bleus et de son regard profond, le monde qui l’entourait, il écoutait le silence d’une ville un dimanche matin d’été. Il marchait, sans un bruit. Lorsqu’il passait, les femmes avaient tendance à le dévisager curieusement sans même qu’il s’en aperçoive. Il lui suffisait de leur parler et de les regarder droit dans les yeux, c’était probablement son regard mystérieux qui le rendait aussi irrésistible. Cependant il n’en jouait pas, il continuait sa marche, ne cherchant rien de particulier, il se promenait simplement. Il s’assit au même endroit que tous les matins, sur un banc. Il restait là pendant trente minutes à lire un livre. Il n’attendait rien pourtant. Nous étions le 15 Août, le matin précisément. C’est d’ailleurs ce jour là, à cet instant précis, à neuf heures moins le quart qu’une jeune fille passait devant lui, elle était assez belle pour avoir captivé l’intention de Raphaël qui la suivit du regard. Il la regardait partir, impuissant. Mais il se décidait quand même à aller lui parler, non pas dans le but de lui demander une cigarette, ou son numéro de téléphone, ni même son adresse mail, à vrai dire il ne savait pas ce qu’il allait lui dire. Il ajusta sa veste noire, passait sa main dans ses cheveux, il s’avançait vers elle et constatait que sa silhouette se rapprochait de plus en plus. Devait-il faire demi tour ou bien allez là voir ? Il ne savait plus quoi faire, il regarda au loin en se demandant où pouvait-elle bien aller et vit un homme lui parler, il se dit alors qu’il s’agissait probablement de son petit ami. La jeune fille aux yeux verts ne devait pas avoir plus de 17 ans, c’était l’âge des amours après tout. Il était donc en train de faire demi tour, s’assit sur son banc. Repris son livre, et regarda fixement l’ouvrage, Les Fleurs du Mal, un livre qu’il affectionnait particulièrement sans vraiment savoir pourquoi, il réfléchissait à cette question : d’où lui venait sa fascination pour ce recueil ? Le jeune homme était en pleine réflexion, lorsqu’un cri aigu sorti de nul part le tira de sa rêverie. Instinctivement, il se dit qu’il s’agissait peut-être de la belle jeune fille qu’il avait vue toute à l’heure, qu’elle était peut-être en détresse et qu’elle avait surement besoin d’aide. Il se mit alors à courir dans la direction dans laquelle elle était allée 20 minutes plus tôt. Il regarda vers la gauche puis vers la droite, puis en face de lui essayant de la voir au loin, puis derrière lui, peut-être l’avait-il dépassée. Un nouveau cri se fit entendre. Il regarda de nouveau à gauche, toujours rien. Mais là, au moment où il allait commencer à poursuivre sa course désespérée, une main attrapa son bras droit. Surpris, il se demandait qui avait pu le saisir comme ça et le tenir aussi fort, il n’osait pas regarder, de peur que ça soit elle. Il essayait d’analyser le type de main dont il s’agissait. Une main fine qui le tenait sans trop de force, tremblante. C’était la main d’une fille. Il pouvait même sentir son parfum, et l’odeur de son shampoing qui flottait dans l’air, il entendait sa respiration qui semblait vive. Il tourna la tête. C’était elle. Son maquillage avait coulé, ce qui laissait penser qu’elle avait pleuré, elle le regardait les yeux ébahis, comme si elle était confuse. Il la regardait, et lui demanda d’une voix rassurante et calme comment elle s’appelait et si c’était elle qui avait crié. Elle ne lui répondit pas tout de suite, elle regardait sa main et remarquait qu’elle tenait toujours le bras du jeune homme. Elle le lâcha et articula un « Sarah ». Il lui demanda alors pourquoi elle avait crié, sa réponse fut surprenante. En effet le garçon auquel elle avait parlé plus tôt, n’était pas un ami, il s’agissait d’un voleur qui lui avait pris son sac à main et ainsi, son argent et ses papiers d’identité. Raphael lui demanda de l’emmener à l’endroit où il l’avait agressée, ce qu’elle fit. En arrivant, il constata la présence d’un homme avec un sac de femme en main, en train de fouiller et vidant par terre tout ce qui n’était pas susceptible de l’intéresser, tout y passait, rouge à lèvre et autre maquillage, livres. La seule chose qui gardait en main était le porte feuille de la jeune fille. Raphael, choqué devant un comportement aussi grossier, entreprit d’aller le voir bien que Sarah essayait de lui dire de ne pas y aller. Il y alla, à peine arrivé près de l’homme, il lui demanda de lui rendre le sac ainsi que tout son contenu sans exception. L’homme refusait obstinément, prétendant que ce sac n’appartenait pas à Sarah. Raphael employa alors les moyens forts et mis un coup de poing à l’homme. S’en suivit alors une bagarre entre le gentleman et le voleur. Pendant ce temps, Sarah avait eu le temps d’observer le jeune homme et s’avouait de plus en plus qu’il possédait un charme irrésistible, malgré qu’il fût en train de se battre pour elle.
Une fois le sac récupéré, il lui redonna avec un sourire et lui proposa de l’accompagner.
Ils partirent alors, tous les deux et jamais on ne sut si ils avaient eu une histoire d’amour ou non.
Bonjour,

En quelle classe es-tu ?

Plusieurs problèmes (au niveau du respect de la consigne notamment) :

- Ton récit n'est pas un incipit de roman (donc un début), mais une nouvelle (ou une histoire courte). Ta dernière phrase clôt ton récit de façon définitive, même si c'est une fin ouverte. Il faut donner l'impression qu'il y a une suite à l'histoire.

- L'histoire n'est pas très cohérente et ne correspond pas beaucoup à ce qui est demandé : il faut te concentrer sur la notion du séducteur : ton personnages sauve la jeune fille, mais en quoi voit-on que c'est un séducteur ? C'est elle qui est sous le charme, mais la séduction doit se sentir dans ses intentions à lui.
Pour la cohérence : ton histoire est dans un parc public, le voleur reste sur place pour faire l'inventaire du sac ? Pas crédible : il serait plutôt parti depuis belle lurette 🙂

- Aère ton texte : un gros bloc comme ça n'est pas agréable à lire, fais des paragraphes !

- Pourquoi parler des Fleurs du Mal ? Où est le rapport avec le séducteur ? (il faut que tu fasses sentir le rapport, sinon, ça n'a pas d'intérêt. Sais-tu de quoi parle les Fleurs du Mal ? (attention à ne pas mentionner un livre au hasard, même si c'est une bonne idée !)

- "observait de ses yeux bleus et de son regard profond" : choisis : soit il observe avec ses yeux, soit avec son regard, aha 🙂

- Utilise un peu le dialogue, pour donner du rythme à ton texte, et isoler les temps forts.

Sinon, ton expression est plutôt bonne je trouve, tu as du vocabulaire et ça se voit. Attention aux coquilles, relis-toi bien.
Bonsoir! Merci beaucoup pour vos conseils! J'ai modifié des choses… Pour les Fleurs du mal c'était en référence à Don Juan aux Enfers mais du coup j'ai fait référence à Don Juan de façon directe 🙂
Cependant je ne tenais pas à mettre de dialogue
Je suis en première L

Chapitre 1

Il était là, calme, paisible. Vêtu le plus simplement possible, un jean, une chemise, et une veste de costume noire assortie à ses mocassins. Ses cheveux noirs étaient immobiles malgré le léger vent qui soufflait ce matin là. Raphaël, 19 ans, observait de ses yeux bleus, le monde qui l’entourait, il écoutait le silence de la ville un dimanche matin d’été. Il marchait, sans un bruit. Les femmes se retournaient vers lui, le dévisageaient curieusement sans même qu’il s’en aperçoive. Il lui suffisait de leur parler et de les regarder droit dans les yeux, c’était probablement son regard mystérieux qui le rendait aussi irrésistible. Il savait pertinemment qu’il plaisait aux femmes. Cependant, il continuait sa marche, il aimait se sentir désiré. Il s’assit au même endroit que tous les matins, sur un banc. Il restait là pendant trente minutes à lire un livre, Dom Juan.
Nous étions le 15 Août, le matin précisément. C’est d’ailleurs ce jour là, à cet instant précis, à neuf heures moins le quart qu’une jeune fille passait devant lui. Cette fille il l’avait déjà vue, elle passait tous les jours devant lui et était assez belle pour avoir captivé l’intention de Raphaël qui la suivit du regard. Comme chaque jour il la regardait partir. Mais cette fois-ci il se décida à aller lui parler, non pas dans le but de lui demander une cigarette, ou son numéro de téléphone, ni même son adresse mail, à vrai dire il ne savait pas ce qu’il allait lui dire.
Il ajusta sa veste noire, passait sa main dans ses cheveux, il s’avançait vers elle. Il avait une élégance et un charisme rares de nos jours et en avait conscience, il avait donc confiance en lui mais lorsqu’il constata que la silhouette de la jeune fille aux yeux verts se rapprochait de plus en plus il se mis à douter pour la première fois de sa vie. Devait-il faire demi tour ou bien allez la voir ? Il ne savait plus quoi faire, il regarda au loin en se demandant où elle pouvait bien aller. Mais un événement inquiétant eu vite fait de le tirer de ses pensées.
Un homme était en train de s’approcher d’elle sans même qu’elle puisse le voir. Il fixait le sac de la jeune fille, on aurait dit qu’il s’apprêtait à l’agresser pour le lui prendre. De toute évidence l’homme sournois n’avait pas vu Raphael qui se dit alors qu’il n’avait plus le choix ; d’une façon ou d’une autre il devait lui parler, ne serait-ce que pour l’aider, elle ne devait pas avoir plus de 17 ans et ne saurait probablement pas se défendre face à un homme d’une trentaine d’années, contrairement à Raphael qui était fort et qui n’avait pas peur.
Il attendit le bon moment pour interpeller l’agresseur présumé. Mais il fit tombé son livre par terre, ayant entendu le bruit, l’homme se retourna et constata que le jeune homme était en pleine prêt à lui sauter dessus, c’est pourquoi il continua son chemin comme si de rien n’était. L’adolescente qui avait observé la scène regarda Raphael, ses yeux étaient pleins de stupeur et d’incompréhension, il ne pouvait plus reculer et devait se présenter ou au moins s’expliquer. Il pouvait sentir son parfum, et l’odeur de son shampoing qui flottait dans l’air, il entendait sa respiration qui semblait vive. Il était planté là, sa prestance incroyable et sa beauté semblaient impressionner la jeune fille. Elle le regardait les yeux ébahis, comme si elle était confuse. C’est là qu’il lui demanda d’une voix calme, grave et assurée : « Comment vous appelez-vous ? ». Elle ne lui répondit pas tout de suite, il lui adressa un sourire charmeur et rassurant. Attendrie par le charme naturel qu’il dégageait et sa beauté, elle articula un : « Sarah ».
Ce n'est pas un incipit, c'est une nouvelle complète.
Un incipit est censé répondre au questionnaire dit de Quintilien :
Quis, Quid, Ubi, Quibus auxiliis, Cur, Quomodo, Quando
autrement dit :
qui fait quoi, , avec quelles aides, comment, quand.

Ecrire l'incipit d'un roman que l'on n'a pas encore composé est difficile : comment glisser les indices préparant une suite… qui n'existe pas ? Servez-vous de votre texte : rédigez-en l'incipit en soignant le portrait du personnage. La jeune fille n'entrera en scène que dans la derniére phrase, une passante parmi d'autres.
Si je comprends bien, il faut que je refasse tout (ou une grosse partie) de mon devoir? 😐
Puisque votre devoir ne traite pas< votre sujet, cela s'impose !
Etoffez le portrait de votre héros, et sterminez sur :
Il restait là pendant trente minutes à lire un livre, Dom Juan.
Ce que tu as fait est une nouvelle . Ton histoire manque de vraisemblance ,et me fait rappeler beaucoup de récits d'amateurs que j'ai lus auparavant . En fait , au bout de quelques lignes , on peut facilement prédire la fin .
Vraisemblable ou non, ce n'est pas la question : une histoire complète n'est pas un incipit.
Etant donné la nature du corpus, il s'agit tout bêtement de faire un à la manière de… Bel-Ami.
Relisons Maupassant :
Une phrase d'ouverture :
Quand la caissière lui eut rendu la monnaie de sa pièce de cent sous, Georges Duroy sortit du restaurant.
décor, nom du personnage.
Comme il portait beau,…
tout le paragraphe : portrait physique.
Les femmes avaient levé la tête vers lui,
Effet produit par le personnage : le lecteur comprend qu'il attire l'attention féminine, c'est un séducteur, indice capital pour la suite du roman.
Lorsqu’il fut sur le trottoir, il demeura un instant immobile, se demandant ce qu’il allait faire…
Point de départ de l'intrigue : l'impécuniosité du personnage est un ressort important.

Refaites la même chose :
situation du personnage dans le décor, portrait physique, effet produit par lui. Votre nouvelle ne parlait que de l'effet produit sur lui ce qui n'est pas votre sujet.
Puisque vous avez prévu de lui faire poursuivre un voleur à l'arraché faites comprendre qu'il s'agit d'un sportif, con coureur et adepte des sports de combat. Attention ! L'épisode du sac volé est hors sujet, ne le rédigez pas. Servez-vous en pour camper votre héros.
J'ai décidé de changer mon texte.
Finalement, j'ai préféré faire quelque chose de moins "déjà vu" que le garçon qui sauve la jeune fille en détresse.
Alors voilà mon texte, il est nettement moins long et je pense avoir réussi à faire un incipit et non pas une nouvelle.
J'ai fait comme vous m'avez conseillé, je me suis inspirée de l'incipit de Bel ami
Il y a probablement des fautes d'orthographe, j'ai relu mais sur ordinateur je ne vois jamais toutes les fautes :/


Lorsqu’il sortit de chez son amie ce matin là, Raphael, 19 ans, n’avait qu’une idée en tête : partir. Il avait mis sur son bras sa veste qu’il avait tout juste eu le temps d’attraper avant qu’elle le mette à la porte. Il ajusta ses cheveux, sortit ses lunettes de Soleil et partit. Les femmes qui passaient le regardaient avec insistance tandis qu’il leur jetait des regards rapides et froids. Il n’accordait pas la moindre importance aux femmes. « Encore une. » se disait-il avec nonchalance à chaque regard posé sur lui. Un homme vêtu d’une chemise rose et d’un jean très serré leva la tête vers lui ce qui fit beaucoup rire Raphael, amusé de voir que même les hommes s’y mettaient. Il marchait encore, d’un pas décidé, il ne savait pas où il allait mais il avait confiance en lui et ça se voyait. Il passa devant le parc dans lequel il aimait venir jouer lorsqu’il était petit et s’assit sur un banc. Ce matin là il était vêtu d’un jean, une chemise, et une veste de costume noire assortie à ses mocassins, un jeune homme particulièrement attirant et élégant, ce qui était étonnant pour son âge. Ses cheveux bruns étaient immobiles malgré le léger vent qui soufflait ce matin là. Il était calme, paisible, observait de son regard profond et surtout sombre, le monde qui l’entourait, il écoutait le silence qui régnait en ce doux matin d’été. Il regardait les gens qui passaient, parmi ces gens il y avait des femmes qui le dévisageaient comme il en avait l’habitude, et comme à son habitude d’ailleurs il s’en moquait éperdument car pour lui toutes les femmes du 21ème siècle étaient les mêmes et aucune ne méritait qu’on lui apporte la moindre petite attention. Il lui suffisait de leur parler et de les regarder droit dans les yeux, et elles craquaient. Elles étaient trop faciles, et cela ne l’avait amusé qu’un temps. Il faut dire qu’il était, grand, fort, ténébreux et très secret, son côté mystérieux était ce qui attirait le plus les femmes car toutes voulaient savoir ce qu’il y avait derrière son apparence irrésistible, toutes voulaient le connaître et aucune n’y parvenait. Lorsqu’il souriait, il avait des fossettes, c’était une des choses qui donnait de la douceur à son visage, il avait un visage d’ange, un ange brun avec des yeux bruns et une peau légèrement bronzé, un ange particulier et sombre. Il resta là, sur ce banc, pendant trente minutes à lire les Fleurs du Mal, il en était à un poème qui s’appelait « Dom Juan aux Enfers » et à cet instant précis, à neuf heures moins le quart une jeune fille parmi toutes les autres femmes qu’il voyait passer fit tomber un livre au pied du banc. Il ouvra le livre, son nom y était inscrit. Elle s’appelait Sarah, et il devait la retrouver.