Bonsoir,
J'ai absolument besoin de votre aide, j'ai un corpus à faire et qui est à rendre jeudi.
La question est: "Quelles représentations de la folie émergent des extraits de votre corpus"
Les trois textes sont:
Texte 1: L'Avare de Molière:
J'ai absolument besoin de votre aide, j'ai un corpus à faire et qui est à rendre jeudi.
La question est: "Quelles représentations de la folie émergent des extraits de votre corpus"
Les trois textes sont:
Texte 1: L'Avare de Molière:
HARPAGON - Au voleur, au voleur, à l’assassin, au meurtrier. Justice, juste Ciel. Je suis perdu, je suis assassiné, on m’a coupé la gorge, on m’a dérobé mon argent. Qui peut-ce être ? qu’est-il devenu ? où est-il ? où se cache-t-il ? que ferai-je pour le trouver ? où courir ? où ne pas courir ? n’est-il point là ? n’est-il point ici ? qui est-ce ? Arrête. Rends-moi mon argent, coquin… (Il se prend lui-même le bras.) Ah, c’est moi. Mon esprit est troublé, et j’ignore où je suis, qui je suis, et ce que je fais. Hélas, mon pauvre argent, mon pauvre argent, mon cher ami, on m’a privé de toi ; et puisque tu m’es enlevé, j’ai perdu mon support, ma consolation, ma joie, tout est fini pour moi, et je n’ai plus que faire au monde. Sans toi, il m’est impossible de vivre. C’en est fait, je n’en puis plus, je me meurs, je suis mort, je suis enterré. N’y a-t-il personne qui veuille me ressusciter, en me rendant mon cher argent, ou en m’apprenant qui l’a pris ? Euh ? que dites-vous ? Ce n’est personne. Il faut, qui que ce soit qui ait fait le coup, qu’avec beaucoup de soin on ait épié l’heure ; et l’on a choisi justement le temps que je parlais à mon traître de fils. Sortons. Je veux aller quérir la justice, et faire donner la question à toute ma maison; à servantes, à valets, à fils, à fille, et à moi aussi. Que de gens assemblés ! Je ne jette mes regards sur personne, qui ne me donne des soupçons, et tout me semble mon voleur. Eh ? de quoi est-ce qu’on parle là ? de celui qui m’a dérobé ? Quel bruit fait-on là-haut ? est-ce mon voleur qui y est ? De grâce, si l’on sait des nouvelles de mon voleur, je supplie que l’on m’en dise. N’est-il point caché là parmi vous ? Ils me regardent tous, et se mettent à rire. Vous verrez qu’ils ont part, sans doute, au vol que l’on m’a fait. Allons vite, des commissaires, des archers, des prévôts, des juges, des gênes, des potences, et des bourreaux. Je veux faire pendre tout le monde ; et si je ne retrouve mon argent, je me pendrai moi-même après.Texte 2: Phèdre de Jean Racine:
PHEDRETexte 3: Rhinocéros d'Eugène Ionesco:
Mon mal vient de plus loin. A peine au fils d'Egée
Sous les lois de l'hymen je m'étais engagée,
Mon repos, mon bonheur semblait s'être affermi,
Athènes me montra mon superbe ennemi.
Je le vis, je rougis, je pâlis à sa vue ;
Un trouble s'éleva dans mon âme éperdue ;
Mes yeux ne voyaient plus, je ne pouvais parler ;
Je sentis tout mon corps et transir et brûler.
Je reconnus Vénus et ses feux redoutables,
D'un sang qu'elle poursuit tourments inévitables.
Par des voeux assidus je crus les détourner :
Je lui bâtis un temple, et pris soin de l'orner ;
De victimes moi-même à toute heure entourée,
Je cherchais dans leurs flancs ma raison égarée,
D'un incurable amour remèdes impuissants !
En vain sur les autels ma main brûlait l'encens :
Quand ma bouche implorait le nom de la Déesse,
J'adorais Hippolyte ; et le voyant sans cesse,
Même au pied des autels que je faisais fumer,
J'offrais tout à ce Dieu que je n'osais nommer.
Je l'évitais partout. O comble de misère !
Mes yeux le retrouvaient dans les traits de son père.
Contre moi-même enfin j'osai me révolter :
J'excitai mon courage à le persécuter.
Pour bannir l'ennemi dont j'étais idolâtre,
J'affectai les chagrins d'une injuste marâtre ;
Je pressai son exil, et mes cris éternels
L'arrachèrent du sein et des bras paternels.
Je respirais OEnone, et depuis son absence,
Mes jours moins agités coulaient dans l'innocence.
Soumise à mon époux, et cachant mes ennuis,
De son fatal hymen je cultivais les fruits.
Vaine précautions ! Cruelle destinée !
Par mon époux lui-même à Trézène amenée,
J'ai revu l'ennemi que j'avais éloigné :
Ma blessure trop vive a aussitôt saigné,
Ce n'est plus une ardeur dans mes veines cachée :
C'est Vénus tout entière à sa proie attachée.
J'ai conçu pour mon crime une juste terreur ;
J'ai pris la vie en haine, et ma flamme en horreur.
Je voulais en mourant prendre soin de ma gloire;
Et dérober au jour une flamme si noire :
Je n'ai pu soutenir tes larmes, tes combats ;
Je t'ai tout avoué ; je ne m'en repens pas,
Pourvu que de ma mort respectant les approches,
Tu ne m'affliges plus par d'injustes reproches,
Et que tes vains secours cessent de rappeler
Un reste de chaleur tout prêt à s'exhaler.
C’est moi, c’est moi. (Lorsqu’il accroche les tableaux, on s’aperçoit queMerci d'avance pour votre aide pour ce corpus
ceux-ci représentent un vieillard, une grosse femme, un autre homme. La laideur de
ces portraits contraste avec les têtes des rhinocéros qui sont devenues très belles.
Bérenger s’écarte pour contempler les tableaux.) Je ne suis pas beau, je ne suis pas
beau. (Il décroche les tableaux, les jette par terre avec fureur, il va vers la glace.) Ce
sont eux qui sont beaux. J’ai eu tort ! Oh ! comme je voudrais être comme eux. Je
n’ai pas de corne, hélas ! Que c’est laid, un front plat. Il m’en faudrait une ou deux,
pour rehausser mes traits tombants. Ça viendra peut-être, et je n’aurai plus honte, je
pourrai aller tous les retrouver. Mais ça ne pousse pas ! (Il regarde les paumes de
ses mains.) Mes mains sont moites. Deviendront-elles rugueuses ? (Il enlève son
veston, défait sa chemise, contemple sa poitrine dans la glace.) J’ai la peau flasque.
Ah, ce corps trop blanc, et poilu ! Comme je voudrais avoir une peau dure et cette
magnifique couleur d’un vert sombre, une nudité décente, sans poils, comme la leur !
(Il écoute les barrissements.) Leurs chants ont du charme, un peu âpre, mais un
charme certain ! Si je pouvais faire comme eux. (Il essaye de les imiter.) Ahh, ahh,
brr ! Non, ça n’est pas ça ! Essayons encore, plus fort ! Ahh, ahh, brr ! non, non, ce
n’est pas ça, que c’est faible, comme cela manque de vigueur ! Je n’arrive pas à
barrir. Je hurle seulement Ahh, ahh, brr ! Les hurlements ne sont pas des
barrissements ! Comme j’ai mauvaise conscience, j’aurais dû les suivre à temps.
Trop tard maintenant ! Hélas, je suis un monstre, je suis un monstre. Hélas, jamais je
ne deviendrai rhinocéros, jamais, jamais ! Je ne peux plus changer. Je voudrais bien,
je voudrais tellement, mais je ne peux pas. Je ne peux plus me voir. J’ai trop honte !
(Il tourne le dos à la glace.) Comme je suis laid ! Malheur à celui qui veut conserver son originalité ! (Il a un brusque sursaut.) Eh bien tant pis ! Je me défendrai contre
tout le monde ! Ma carabine, ma carabine ! (Il se retourne face au mur du fond où
sont fixées les têtes des rhinocéros, tout en criant🙂 Contre tout le monde, je me
défendrai ! Je suis le dernier homme, je le resterai jusqu’au bout ! Je ne capitule
pas !



