Se préparer efficacement à l’agrégation de lettres modernes
13 réponses
Bonjour à tous,
Actuellement étudiant en licence de lettres modernes, je m’adresse à notre vaste communauté littéraire afin que vous puissiez me fournir de précieux conseils. En effet, le but ultime de beaucoup d’étudiants étant l’agrégation de lettres modernes/classiques, je pense que ce sujet pourrait servir à plus d’un. 😜
Je me rends bien compte qu’un concours d’une telle difficulté implique un travail de longue haleine : c’est la raison pour laquelle je compte bien mettre toutes les chances de mon côté, et ce, dès maintenant.
Bien entendu, il ne s’agit pas ici de préparer le concours immédiatement mais plutôt d’acquérir des connaissances efficacement. L’idéal voudrait que l’année du concours, je dispose de nombreuses fiches de langue française, d’ancien français, d’histoire littéraire et de littérature. Cependant, j’aimerais bien savoir si vous connaissiez des ouvrages bien construits pour pouvoir agrémenter mes cours de fac ?
Certains disent qu’une méthode de travail efficace serait de se procurer un précis de grammaire spécial concours et de faire des fiches à partir du cours et du précis. Qu’en pensez-vous ? Mis à part écouter en cours, faire des fiches et lire des classiques : que pourrais-je faire ? 😂
Merci d'avoir pris la peine de lire mon roman! Je compte sur votre expérience! 😀
Je n'ai pas passé l'agreg' alors je ne peux pas vraiment être de bon conseil mais quelques trucs que j'aimais bien faire :
-Assister aux oraux du concours en auditeur libre (à condition de se faire discret et poli).
-Butiner chaque année dans le programme et se tenir au courant du contenu.
-Se faire des connaissances qui préparent l'agreg, c'est le meilleur moyen de se faire une idée et de choper des tuyaux.
-Parler avec des profs qui préparent à l'agreg ou qui corrigent/font passer les oraux.
Merci beaucoup Korax!
C'est exactement le genre de conseils que je recherche! Je verrai pour assister aux oraux du concours l'année prochaine. Sur ce, bonne soirée 🙂
Je suis agrégé de lettres classiques, mais j'enseigne à des LM à la fac. Quelques idées :
* S'avancer par rapport à tout ce qui concerne les savoirs qui reviennent immanquablement : grammaire française, ancien français (sur tous les plans : traduction, morphologie, syntaxe, lexicologie et phonétique). Pour la grammaire du FM, les grammaires de référence sont bien connues et il y a plusieurs manuels bien faits pour aborder les concours.
* Travailler sa méthode en ce qui concerne les exercices : explication de texte, dissertation, oral…
* Lire plusieurs rapports de jury avec attention.
* Tester sa capacité à apprivoiser un programme assez lourd, à maîtriser assez rapidement et efficacement un ou plusieurs ouvrages et des lectures critiques.
* Certains des livres qui paraissent à l'occasion de chaque session d'agrégation proposent des conseils utiles. Consulter un Atlande, un cours de synthèse (PUF/CNED, Publications de l'Université de Rouen et du Havre), un volume collectif d'essais (aux PUR, par exemple) sur les œuvres actuellement au programme permet de constater quelles sont les notions de base à connaître, vers où avance la recherche et la critique sur une oeuvre, quels sont les types de questions de leçon ou de dissertation possibles.
Évidemment, le programme change, mais il n'est pas idiot de s'imprégner de l'atmosphère de la préparation de l'agrégation assez tôt. Cela ne doit pas non plus détourner de l'approche universitaire "normale". Si l'on prend goût à la recherche, par exemple en allant dans un master recherche, il est certes utile de garder en tête que l'on passera l'agrégation après, mais si l'on veut poursuivre en doctorat, il est essentiel de produire le meilleur mémoire et les meilleurs travaux possibles ; attention tout de même à une fixation excessive sur l'agrégation à venir, donc.
Je vous remercie pour cette réponse de qualité, Ascagne! 🆒 Bien entendu, il serait extrêmement réducteur de se cantonner (exclusivement) à un concours quand les lettres ne finiront jamais de nous passionner! Sans vouloir être indiscret, quel a été votre parcours post-concours? Enseignez-vous dans le secondaire? 🙂
De rien, il m'a toujours semblé important et utile d'informer les étudiants.
Concernant votre question : non, j'ai obtenu un contrat doctoral avec mission d'enseignement, qui va s'achever à la fin de l'année (ce type de contrat dure trois ans). Étant donné l'incertitude en ce qui concerne les postes d'ATER (attaché temporaire d'enseignement et de recherche) à l'université, il se peut que je me retrouve à enseigner dans le secondaire, comme TZR (titulaire sur zone de remplacement). Cependant, je n'ai eu d'expérience d'enseignement qu'universitaire, en licence, et je fais partie des lauréats de l'agrégation qui sont passés par un master recherche et n'ont ni préparé spécifiquement ni passé le CAPES (en un mot, je n'ai jamais eu de formation spécifique sur les réalités de l'enseignement en collège/lycée).
Je présume que tu as fréquenté collège et lycée dans ta récente jeunesse. Tu auras au moins eu un petit aperçu de la profession.
La particularité de ce métier est qu'on peut s'en faire une idée dès sa prime enfance.
Après bien sûr, autant de postes, autant de métiers….
On peut s'en faire une idée très externe, mais beaucoup d'élèves ne s'en préoccupent guère. D'ailleurs, même les néo-étudiants sont parfois surpris de voir que le chargé de TD a une existence concrète en dehors des cours et ne sort pas d'un cercueil entreposé dans la cave de la BU ! 😂
Dans ma situation, étant passé à partir du CE1 dans de petits établissements privés, j'ai eu une éducation de privilégié. C'est seulement en prépa que j'ai (en dehors des épreuves du bac) posé le pied dans un établissement de bonne taille. Du reste, en huit-neuf ans, certaines choses ont changé ou vont changer (la réforme du collège, la hausse considérable du nombre de mentions au bac), tandis que la politique éducative globale, eh bien, hum, je modère ma langue !
Ce que je sais, c'est que je ne suis pas du tout fait pour le collège (d'ailleurs, un agrégé n'ayant pas eu une formation appropriée ne devrait pas, selon moi, pouvoir être affecté au collège sans être volontaire) et qu'être TZR s'annonce peu réjouissant : j'espère donc être en bonne voie pour être ATER tant que je n'ai pas fini ma thèse ; ensuite, je verrai bien.
Mais je ne veux pas vampiriser ce sujet, bien entendu, ni détourner de la préparation de l'agrégation. Au contraire, pour ceux qui veulent enseigner dans le secondaire et le supérieur, et qui se sentent capables, en connaissance de cause, il faut absolument la viser, étant donné qu'elle propose une situation un peu plus avantageuse que le CAPES.
Je comprends tout à fait ta façon de voir, Ascagne.
C'est d'ailleurs ce que je disais : autant de postes (et d'établissements), autant de métiers différents.
Ce n'est évidemment pas la même chose que d'enseigner en classe préparatoire et en collège.
Quant à la dégradation des conditions d'enseignement, comment les passer sous silence ?
Le métier n'a jamais été facile, il semble que les conditions d'exercice soient devenues carrément infernales selon les endroits.
Mais cela, il faut être sourd et coupé de toute actualité pour l'ignorer.
Un étudiant de 18- 20 ans ne sort pas de l'œuf quand même !
Pour autant je ne pense pas qu'on puisse dire qu'un agrégé n'ait pas sa place au collège.
Après des année passées en khâgne, tel collègue a redemandé des classes de lycée et de collège, (et spécialement des sixièmes ! Il s'y sentait plus utile) ; telle autre, normalienne et agrégée de lettres modernes, une de mes collègues de collège, a choisi d'aller enseigner à de jeunes délinquants.
Mais, je te l'accorde, tout le monde n'a pas le même tempérament, et si tu me dis que tu n'es pas fait pour le secondaire, je te crois. Tu te connais un peu j'imagine.
Je te souhaite donc de trouver un poste selon tes vœux, et de pouvoir rester dans le supérieur.
Bonne continuation !
Pour préciser mon propos par rapport au collège : le problème, c'est que les textes indiquent qu'un agrégé n'est affecté qu'exceptionnellement au collège, ce qui n'est pas du tout conforme à la réalité, sur le terrain. Évidemment, je n'ai rien contre les agrégés qui choisissent d'y aller. D'autre part, je sais bien que dans ma section, en lettres classiques, les problèmes du CAPES et la faiblesse du vivier expliquent le fait qu'un agrégé de LC peut facilement être affecté au collège. Cela ne veut pas dire cependant que j'approuve cette situation, en général ou dans mon (éventuel) cas. Il reste fort ironique de se dire qu'on peut être envoyé dans un domaine où l'on risque de se révéler totalement incompétent, sans d'ailleurs avoir aucune formation particulière pour ce genre de poste (c'est un peu moins vrai pour le lycée).
Pour revenir au sujet : bien travailler sa grammaire française ne fait pas de mal, au contraire ! Sinon, que recommander d'autre ? S'entraîner à supporter des charges de travail plus importantes, cultiver son endurance intellectuelle et sa confiance en soi, ce qui est utile dans l'absolu, bien entendu ! Bref, se dépasser.
Il reste fort ironique de se dire qu'on peut être envoyé dans un domaine où l'on risque de se révéler totalement incompétent
Je ne comprends pas pourquoi tu dis cela. Ou cela s'applique-t-il seulement à toi ?
Pour ma part, j'ai eu l'impression d'être plus compétente au collège qu'au lycée.
Cela s'applique à moi (mais d'autres ont sans doute le même avis sur eux-mêmes).
D'accord. 🙂