Jehan a écrit :Donc, pour éviter tous les hiatus de mauvais goût dans ce poème, il faudrait aussi prononcer :
Et mes_amis_et ma gaîté
Et pourtant_elle est_éternelle
Je suis sceptique…
Je crois que Katioucha a mis le doigt sur la raison qui fait qu'il n'y a pas d'hiatus graphique, facilité dont sembleraient s'être contentés les poètes : il y a une consonne écrite non prononcée, respectivement "s" et "t", qui empêche graphiquement l'hiatus. Même chose dans :
Ici-bas ont tout ignoré.
Ouf, nous ne serons donc pas obligés de faire ces horribles liaisons ! Et louiss58 pourra garder la tête haute vis-à-vis de son ami plein de morgue !
J'ajoute que la liaison paraît d'autant moins requise qu'elle irait à l'encontre de la toute petite pause qu'on peut faire dans tous ces endroits à la récitation.
J'en étais là de mes réflexions et prêt à envoyer ce billet quand, à la relecture, la premier paragraphe m'apparaît absurde : il voudrait dire qu'on peut ne jamais faire les liaisons puisqu'il n'y a pas de hiatus graphique ! On pourrait prononcer "les amis" comme "lè-a-mi" ! En fait, on tourne en rond, et ce qu'il faut savoir, c'est si nous sommes dans un cas de liaison obligatoire (comme dans "les amis") ou non.
Voici, dans
La Prononciation française de Maurice Grammont, comment il note la prononciation récitée de
Jésus va chez Lazare, de Hugo :
[lien invalide]438231Capture.png][lien invalide]/438231Capture.png[/img][/url]
Eh oui, on lit bien :
aux anges z est pareil, sans puits z et sans z hôtellerie.
Je ne doute donc pas qu'il prononcerait bien les liaisons dans
Et mes_amis z et ma gaîté
Et pourtant t elle est_éternelle.
et je ne serais pas surpris d'entendre aussi, dans ce style soutenu à l'ancienne :
Ici-bas z ont tout ignoré.
Il faudrait demander à des acteurs de la Comédie-Française, à qui l'on a enseigné la prononciation classique, comment ils diraient.
Ce qui paraît sûr, c'est que ces prononciations avec toutes les liaisons, si tant est qu'elles soient valides, paraissent aujourd'hui désuètes. Mais elles sont peut-être nécessaire pour la poésie ancienne, si l'on veut respecter l'usage classique.