Bonjour à tous,
je prépare en ce moment un commentaire d'un extrait du Rouge et le Noir que voici :
Voici les axes que j'aimerais développer (après une lecture naïve, sans beaucoup de lectures critiques particulières) :
I) La représentation comique d'une expérience sociale
1/ La situation : deux êtres qui ne communiquent pas, intériorité et extériorité
2/ Un marquis ridicule
3/ L'animation littéraire qui provient de la narration
II) Comprendre Mathilde en première personne
1/ Une femme intelligente et fière
2/ Une femme qui s'ennuie (et qui n'a pas peur de le montrer) et en quête d'action
3/ Une femme folle ? (discussion de l'interprétation de ses contemporains)
III) Un passage programmatique
1/ La naissance de l'amour
2/ Le mariage (c'est par exemple elle-même que Julien épousera, pour la fortune)
3/ La condamnation à mort
(ce plan changera très certainement, rien n'est creusé, le III surtout mais je propose déjà une ébauche et je compte lire quelques passages critiques).
Je ne demande pas de plan mais des avis sur le moyen de proposer une étude littéraire pas trop rhétorique… Éventuellement des aspects que j'aurais complètement oubliés ? J'aimerais vraiment l'étudier linéairement, mais bon ^^
Merci par avance et bonne soirée !
Nicétas
je prépare en ce moment un commentaire d'un extrait du Rouge et le Noir que voici :
Mathilde s'ennuyait en espoir. Le marquis de Croisenois parvint à l'approcher, et lui parla, mais elle rêvait sans l'écouter. Le bruit de ses paroles se confondait pour elle avec le bourdonnement du bal. Elle suivait machinalement de l'œil Julien, qui s'était éloigné d'un air respectueux, mais fier et mécontent. Elle aperçut dans un coin, loin de la foule circulante, le comte Altamira, condamné à mort dans son pays, que le lecteur connaît déjà. Sous Louis XIV, une de ses parentes avait épousé un prince de Conti ; ce souvenir le protégeait un peu contre la police de la congrégation.Je dois présenter, de préférence, un commentaire composé, en 30 minutes. Plutôt partisan du linéaire (ou du linéaire-composé), j'avoue avoir du mal à dissocier les choses de façon pas trop rhétorique.
Je ne vois que la condamnation à mort qui distingue un homme, pensa Mathilde : c'est la seule chose qui ne s'achète pas.
Ah ! c'est un bon mot que je viens de me dire ! quel dommage qu'il ne soit pas venu de façon à m'en faire honneur ! Mathilde avait trop de goût pour amener dans la conversation un bon mot fait d'avance ; mais elle avait aussi trop de vanité pour ne pas être enchantée d'elle-même. Un air de bonheur remplaça dans ses traits l'apparence de l'ennui. Le marquis de Croisenois, qui parlait toujours, crut entrevoir le succès, et redoubla de faconde.
Qu'est-ce qu'un méchant pourrait objecter à mon bon mot ! se dit Mathilde. Je répondrais au critique : Un titre de baron, de vicomte, cela s'achète ; une croix, cela se donne ; mon frère vient de l'avoir, qu'a-t-il fait ? un grade, cela s'obtient. Dix ans de garnison, ou un parent ministre de la guerre, et l'on est chef d'escadron comme Norbert. Une grande fortune !… c'est encore ce qu'il y de plus difficile et par conséquent de plus méritoire. Voilà qui est drôle ! c'est le contraire de tout ce que disent les livres… Eh bien ! pour la fortune, on épouse la fille de M. Rotchschild.
Réellement mon mot a de la profondeur. La condamnation à mort est encore la seule chose que l'on ne se soit pas avisé de solliciter.
— Connaissez-vous le comte Altamira ? dit-elle à M. de Croisenois.
Elle avait l'air de revenir de si loin, et cette question avait si peu de rapport avec tout ce que le pauvre marquis lui disait depuis cinq minutes, que son amabilité en fut déconcertée. C'était pourtant un homme d'esprit et fort renommé comme tel.
Mathilde a de la singularité, pensa-t-il ; c’est un inconvénient, mais elle donne une si belle position sociale à son mari ! Je ne sais comment fait ce Marquis de La Mole ; il est lié avec ce qu’il y a de mieux dans tous les partis ; c’est un homme qui ne peut sombrer. Et d’ailleurs, cette singularité de Mathilde peut passer pour du génie. Avec une haute naissance et beaucoup de fortune, le génie n’est point un ridicule, et alors quelle distinction ! Elle a si bien d’ailleurs, quand elle veut, ce mélange d’esprit, de caractère et d’à-propos, qui fait l’amabilité parfaite… Comme il est difficile de faire bien deux choses à la fois, le marquis répondait à Mathilde d’un air vide, et comme récitant une leçon :
— Qui ne connaît ce pauvre Altamira ? Et il lui faisait l’histoire de sa conspiration manquée, ridicule, absurde.
— Très absurde ! dit Mathilde, comme se parlant à elle-même, mais il a agi. Je veux voir un homme ; amenez-le-moi, dit-elle au marquis très choqué.
Voici les axes que j'aimerais développer (après une lecture naïve, sans beaucoup de lectures critiques particulières) :
I) La représentation comique d'une expérience sociale
1/ La situation : deux êtres qui ne communiquent pas, intériorité et extériorité
2/ Un marquis ridicule
3/ L'animation littéraire qui provient de la narration
II) Comprendre Mathilde en première personne
1/ Une femme intelligente et fière
2/ Une femme qui s'ennuie (et qui n'a pas peur de le montrer) et en quête d'action
3/ Une femme folle ? (discussion de l'interprétation de ses contemporains)
III) Un passage programmatique
1/ La naissance de l'amour
2/ Le mariage (c'est par exemple elle-même que Julien épousera, pour la fortune)
3/ La condamnation à mort
(ce plan changera très certainement, rien n'est creusé, le III surtout mais je propose déjà une ébauche et je compte lire quelques passages critiques).
Je ne demande pas de plan mais des avis sur le moyen de proposer une étude littéraire pas trop rhétorique… Éventuellement des aspects que j'aurais complètement oubliés ? J'aimerais vraiment l'étudier linéairement, mais bon ^^
Merci par avance et bonne soirée !
Nicétas



