Oui ! Cette dépendance est sûrement involontaire en effet, mais non pas moins juste et justifiée !Juste, dans quel sens ?
Je suis d'accord en tout cas, cette dépendance, même si elle est involontaire, se révèle être presque nécessaire, tant pour nous que pour lui… Ainsi, le poète nous est étranger mais ne peut néanmoins se considérer comme tel sans nous (le rapport aux autres, quoi). Peut-être qu'alors on devrait faire une distinction entre sa "fonction" (entendue comme son rôle) et son statut (entendu plutôt comme sa condition) ? En ce cas, la première serait bel et bien extra-humaine, et le second humain ?
Pour le mépris, j'ai perçu la même chose mais quand je relis le sujet, j'ai plus l'impression qu'il accentue sa supériorité ( si hauts devoirs ) et donc, logiquement, ce qui semble sous-jacente est l'impression qu'il dénigre les humains. Je ne sais pas si c'est fait exprès, mais dans tout les cas, on a l'impression que les humains, contrairement à lui ne pense pas à s'imposer de si haut devoirs ou alors, n'en sont pas du tout capables.En effet, l'adverbe "si" m'avait aussi marquée, d'où le sentiment de mépris que j'ai ressenti… Non seulement se hisse-t-il au-dessus des hommes, mais il les dédaigne profondément… Ça me rassure, en tout cas, de voir que tu es d'accord ! 😀
S'il avait tourné sa phrase comme ceci : Je me suis imposé de hauts devoirs, je considère que tout ce qui est humain m'est étranger - la phrase aurait paru moins méprisante, mais même là je doute.Je pense, moi aussi et à mon humble avis, que cette phrase aurait été moins méprisante… Et, en ce cas, l'absence du "si…que" atténue le tout. Il n'y a plus de lien réel entre les deux subordonnées (en tout cas, il n'est plus aussi fort qu'avant). Cela aurait permis une plus grande liberté d'interprétation, l'une d'entre elles étant le mepris du poète pour les hommes. Et d''autres comme par exemple celle de comprendre l'humanité, car il est étranger à tout ce qui est humain, il a donc un regard extérieur : les humains agissent, et lui analyse (une "expérience" - je schématise grossièrement).
Cette dernière interprétation n'aurait pu être formulée aussi aisément avec la phrase que l'on a, c'est-à-dire "Je me suis imposé de si hauts devoirs, que je considère que tout ce qui est humain m'est étranger"…
Jacques :Pour lier poète et écriture poétique, il convenait peut-être d'aborder, d'un point de vue littéraire, cette "Fonction extra-humaine" du poète : en quoi consiste au juste cette fonction ? Quel est le rôle de la Poésie ?Le sujet porte bien sur l'écriture poétique ? Vous me faites douter.C'est vrai qu'on se centre plus ici sur le poète que sur ses écrits, mais je suppose qu'on ne pouvait pas faire l'impasse dessus smile
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On peut envisager le Surréalisme de deux façons ;Tout d'abord, merci beaucoup pour votre contribution et les clarifications. 🙂
- comme un mouvement (Breton récusait le mot, évidemment) historiquement situé entre les années 20 et les années 70,
- comme l'aboutissement naturel de l'évolution poétique et artistique qui va - en gros - du Romantisme à Apollinaire, et qui n'a cessé d'exercé une influence profonde sur toute la littérature du XXème siècle, poésie et prose comprise (Gracq). Je le définirais même comme une tendance universelle de l'art (mais ça, c'est personnel).
Si vous avez fait l'impasse sur les poètes du XXème siècle, surréalistes ou non, d'ailleurs (Valéry) c'est grave.
Et attention, le Surréalisme n'est pas que l'écriture automatique !!!
Quant à l'écriture poétique, elle a été analysée par Jakobson : comme toute production mettant en œuvre le langage, elle est à envisager comme un acte de communication particulier certes, mais un acte de communication, et cette communication véhicule un énoncé.
Donc, pas de dissertation sur l'écriture poétique sans les interrogations fondamentales : qu'est-ce qu'écrit le poète, et à qui ? aux autres hommes ? à lui-même ? à personne (création démiurgique parallèle à l'aventure humaine), prophétique ? généreuse ? égoïste ?). Le problème de l'hermétisme se pose ici inévitablement.
C'était cela, le sujet, à mon humble avis.
Mais il est difficile parce que :
- la poésie n'est pas une : il existe des poésies tout au long de l'Histoire.
- Il y a une différence parfois importante entre ce que les poètes prétendent faire ou être et ce qu'ils manifestent dans leurs poèmes (Baudelaire par exemple).
Pour le Surréalisme, j'avoue que ne l'ayant pas abordé en classe, je n'en connaissais que l'écriture automatique (ainsi qu'André Breton etc.); je vais donc de ce pas diminuer au maximum cette ignorance et me renseigner sur le sujet (honte à moi…).
Les fonctions du langage telles que les a determinées Jakobson auraient pu en effet éclairer le sujet, en ce qui concerne l'écriture poétique, je n'ai malheureusement pas eu la présence d'esprit de le faire (alors que je les connaissais… Grrr, je m'en veux ! 😀 ).
Serait-ce trop vous demander de nous proposer grosso modo les grands axes que vous auriez développés SVP ? 🙂