Concours général de français 2016

Entraide scolaire

85 réponses · Page 3 / 5

Je vois mieux ce que tu veux dire en ce qui concerne la superstition 😉

Pour mon "plan", je comprends en d'autres termes qu'il est trop "lisse" (dans le sens où il n'y a pas un réel problème qui se pose). Mais il m'a semblé que le CG (que ce soit en composition française ou en philosophie) n'exige pas particulièrement de plan en thèse/antithèse/dépassement; du moins c'est ce que j'ai cru comprendre (je me trompe sûrement, surtout que tu es beaucoup mieux renseignée que moi sur le sujet!!).
(Je fais aussi référence aux copies lauréates que j'ai pu trouver sur le net).

Quoi qu'il en soit, je réfléchirai à une antithese + dépassement pour compléter ma pensée ! 🙂

Merci pour ton aide 😉

Bonjour,

Je me permets de faire remonter ce sujet, car les résultats du concours général ont déjà été donnés (en ce qui concerne les prix seulement, pour le moment).
Alors, des heureux élus sur le forum (toutes matières confondues)??

J'en profite Jehan pour te poser une question concernant la correction d'orthographe que tu as faite dans mon post précédent (et que je viens de remarquer) : pourrais-tu s'il-te-plaît m'expliquer pourquoi, en ce cas, l'on n'accorde pas le p.p. avec le COD ?? 🙂
De quel participe parles-tu ? Je n'ai corrigé que "donnés", je crois.
Je parle du post 41, avec le participe "pu" que j'avais conjugué au féminin pluriel (à tort, visiblement). 🙂
Je fais aussi référence aux copies lauréates que j'ai pu trouver sur le net.
Tu n'as pas pu "les copies"… Tu as pu "trouver les copies".
Le COD de "pouvoir" est toujours un infinitif (parfois sous-entendu).
Le participe "pu" ne s'accorde donc jamais en genre ou en nombre. 🙂
Merci beaucoup, Jehan ! 🙂
Bonjour !

Je viens de tomber sur ce sujet tout à fait par hasard… Je ne savais même pas qu'un concours général existait !
Est-ce dans des établissements particuliers ou est-ce que tout le monde peut s'y inscrire ?

Merci d'avance.
Tout le monde peut participer, normalement c'est sur la base du volontariat.
En général, ce sont les profs qui prennent l'initiative, mais le contraire existe aussi. 😉

Plus d'infos sur ce site : https://eduscol.education.fr/cid47150/presentation-du-concours-general-des-lycees-et-des-metiers.html
Ah d'accord, merci c'est plus clair ! 🙂
Je ne connais vraiment personne qui y aurait participé !
J'ai vu que c'était pour les élèves plutôt bons (euphémisme du mois) mais je trouve ça vraiment génial comme concept, et même si je ne gagnerai surement pas, ça pourrait être une expérience à tenter !
En effet, les chances de gagner sont extrêmement, extrêmement infimes (c'est le jour des euphémismes).
Mais l'expérience en soit est très enrichissante, ce n'est pas tous les jours que l'on est confronté à des sujets aussi complexes pour une durée de 6h (en philo ou français, par exemple) !

D'ailleurs, puisque je vois que tu t'y intéresses, j'en profite pour te demander (j'espère que tu excuseras ma brusquerie) ce que tu penses du sujet de français de cette année, qui était (au cas où tu n'aurais pas lu tous les posts précédents - ce que je comprends) :
Dans un article de 1859 consacré à Théophile Gauthier, Charles Baudelaire écrit:

« Tout amoureux de l'humanité ne manque jamais, en de certaines matières qui prêtent à la déclamation philanthropique, de citer la fameuse parole: "Homo sum; nihil humani a me alienum puto"*. Un poète aurait le droit de répondre: "Je me suis imposé de si hauts devoirs, que quidquid humani a me alienum puto**. Ma fonction est extra-humaine!" »

Dans quelle mesure cette réflexion éclaire-t-elle, selon vous, l'écriture poétique ? Vous appuierez votre propos sur des exemples précis.

* Je suis un homme: je considère que rien de ce qui est humain ne m'est étranger (Térence)
** Je considère que tout ce qui est humain m'est étranger
Et du coup, c'est ton enseignant qui t'as proposé de passer ce concours ?
Ahah, non pas de problème !

Je le trouve très très intéressant mais aussi assez compliqué (allons-y, de toute manière, au point où on en est ) et je crois que les références m'auraient posées plus que des problèmes à mon avis (…) mais bon, il faut bien utiliser ces 6 heures…

Sans avoir vraiment réfléchi, j'aurais sans doute fait une partie :

- Sur le poète en lui-même, ses missions, pourquoi justement il aurait le "droit" de répondre qu'il est étranger aux humains (car il ne l'est pas lui-même ? Parce qu'il est supérieurs à eux ? -Est-ce une critique implicite de l'humain et de l'homme et quelles sont les caractéristiques qui justement, font croire au poète qu'il est "étranger" aux humains ? Leurs bons ou leurs mauvais cotés ? Ce qui pousse à se demander si le poète est bon ou mauvais pour l'humain, en fonction de la réponse précédente.)
Fonction extra-humaine : Après la mort ? Encore plus grande que l'humanité elle-même ? Ou simplement sa fonction est-elle de placer l’être humain sur un "piedestal", comme quelqu'un d'extra-ordinaire ?

Une autre sur:

- Son écriture pour commencer à répondre à la question; en quoi l'écriture reflète l'écrivain et en quoi le différencie-t-il des autres. La poésie recherche-t-elle la perfection ?


- Une dernière sans doute sur la notion d'humain et sur le fait que par sa pluralité, personne ne peut le connaitre entièrement comme l'ignorer totalement pour nuancer les deux phrases.


Après, il y a deux mots qui semblent importants mais dont je ne sais pas trop quoi faire: Amoureux de l'humanité et déclamation philantropique.
« Tout amoureux de l'humanité ne manque jamais, en de certaines matières qui prêtent à la déclamation philanthropique, de citer la fameuse parole: "Homo sum; nihil humani a me alienum puto"*. Un poète aurait le droit de répondre: "Je me suis imposé de si hauts devoirs, que quidquid humani a me alienum puto**. Ma fonction est extra-humaine!" »
Dans quelle mesure cette réflexion éclaire-t-elle, selon vous, l'écriture poétique ? Vous appuierez votre propos sur des exemples précis.
* Je suis un homme: je considère que rien de ce qui est humain ne m'est étranger (Térence)
** Je considère que tout ce qui est humain m'est étranger
Je viens de me rendre compte que j'ai soulevé plus de questions que de réponses… Enfin 🙂
Oui, c'est mon professeur qui me l'a proposé.

Merci beaucoup, en tout cas, pour avoir posté aussi rapidement tes idées ! 🙂
Je suis d'accord avec toi, le sujet, car portant sur la poésie, m'a un peu destabilisée au départ…

Tes idées sont en tout cas très semblables à celles que j'ai développées dans ma copie (si mes souvenirs sont bons ! 😀)
J'a fait un melting-pot de tout cela, il me semble :
Sur le poète en lui-même, ses missions, pourquoi justement il aurait le "droit" de répondre qu'il est étranger aux humains (car il ne l'est pas lui-même ? Parce qu'il est supérieurs à eux ? -Est-ce une critique implicite de l'humain et de l'homme et quelles sont les caractéristiques qui justement, font croire au poète qu'il est "étranger" aux humains ?
De ce point de vue-là, j'ai également abordé une autre partie de la citation, qui était "Je me suis imposé de si hauts devoirs […]". C'était peut-être une piste pour la question "Pourquoi est-il étranger aux humains?" ou encore "Est-il superieur à eux?".
Ou simplement sa fonction est-elle de placer l’être humain sur un "piedestal", comme quelqu'un d'extra-ordinaire ?
Je t'avoue que je n'avais pas envisagé la locution "fonction extra-humaine" sous cet aspect-là, et je trouve cette interprétation très originale, j'aime beaucoup ! 😀
en quoi l'écriture reflète l'écrivain et en quoi le différencie-t-il des autres.
Quand tu dis "des autres" ici, tu parles des humains ou des autres écrivains (romanciers etc.) ?
Après, il y a deux mots qui semblent importants mais dont je ne sais pas trop quoi faire: Amoureux de l'humanité et déclamation philantropique.
Je suis d'accord, ils m'avaient également semblé importants, et en relisant les quelques brouillons que j'ai, je constate que j'en ai parlé dans une sous-partie consacrée à la "potentielle" misanthropie du poète (un peu tiré par les cheveux, je suis d'accord).
Je viens de me rendre compte que j'ai soulevé plus de questions que de réponses…
C'est la beauté du sujet, l'inverse aurait été surprenant ! 🙂
De rien écoute ! 🙂
J'espère qu'il y aura une correction, je suis très curieuse de savoir ce que les correcteurs attendaient !

Je suppose que ça ne doit pas être pire que le théâtre, en sachant que ma culture de ce coté se rapproche dangereusement de 0 voire de -1…

Je pense que le roman aurait ravi tout le monde (petite pensée à l'épreuve anticipée de français…)
J'espère que tu seras bien classée/notée dans tout les cas, je ne vois pas la raison !
De ce point de vue-là, j'ai également abordé une autre partie de la citation, qui était "Je me suis imposé de si hauts devoirs […]". C'était peut-être une piste pour la question "Pourquoi est-il étranger aux humains?" ou encore "Est-il superieur à eux?".
Oui, surement j'ai oublié cette partie là. Peut-être que contrairement à un "amoureux de l'humanité" et/ou un homme, le poète à quelque chose à prouver et à atteindre, ce qui le pousse à toujours vouloir se surpasser d'où les "hauts devoirs".
Un des devoirs des poètes étant sans doute d'éclairer les Hommes et donc revenir à cette notion de supériorité voire de Dieu. (au delà de ses écrits)

Je peux dans le même temps, enlever mon hypothèse qui prétendait que le poète ne ressemblait pas à l'humain à cause des "bons cotés" qu'il n'a pas. Avec ce petit bout de phrase, on voit bien que c'est la supériorité et non l’infériorité qui différencie le poète du reste de l'humanité. Néanmoins, le fait qu'il contredise un "amoureux de l'humanité" (pas nécessairement tous les Hommes mais quelques-uns) montre bien qu'il ne partage pas sa vision sur l'humain.
Le poète annonce-t-il donc le "mal", pessimiste dans l’âme ? Ses écrits sont-ils annonciateurs du mal à venir (qui doit forcément toujours venir) ?
Je t'avoue que je n'avais pas envisagé la locution "fonction extra-humaine" sous cet aspect-là, et je trouve cette interprétation très originale, j'aime beaucoup ! big_smile
Merci 🙂
Quand tu dis "des autres" ici, tu parles des humains ou des autres écrivains (romanciers etc.) ?
Non, je parle des Hommes en général; mais on peut y inclure les romanciers qui sont eux aussi des humains, mais ça serait plutôt égoïste je trouve ! Je pense que les romanciers se placent dans la même catégorie que celles des poètes en tant "qu'artistes"; d'ailleurs je pense que l'une des conclusions à laquelle on peut aboutir, c'est le fait que c'est parce que le poète est un artiste et que son art échappe à la logique, qu'il est justement extra-humain (dans une des hypothèses en tout cas, si "extra-humain " veut bien dire ce qu'il semble vouloir dire).
Je suis d'accord, ils m'avaient également semblé importants, et en relisant les quelques brouillons que j'ai, je constate que j'en ai parlé dans une sous-partie consacrée à la "potentielle" misanthropie du poète (un peu tiré par les cheveux, je suis d'accord).
Je trouve que c'est une bonne idée ! Pas du tout tirée par les cheveux c'est pertinent ( à mon humble avis toujours) ! Comme il n'est pas un "amoureux de l'humanité" il peut bien l'avoir en horreur, préférer une vie reculée, simple, peut-être vouloir la sauver (toujours avec les hauts-devoirs), etc.
C'est la beauté du sujet, l'inverse aurait été surprenant ! smile
En effet.

Et du coup tu as utilisé quoi exactement comme référence ? C'est le plus compliqué à mon avis !
J'espère qu'il y aura une correction, je suis très curieuse de savoir ce que les correcteurs attendaient !
Idem de mon côté, j'ai hâte de voir le rapport que le jury publiera (s'il en plublie un cette année…).
Je suppose que ça ne doit pas être pire que le théâtre, en sachant que ma culture de ce coté se rapproche dangereusement de 0 voire de -1…
Pour être tout à fait sincère, je redoutais le théâtre autant que la poésie ! Même si j'avais sûrement plus de références pour le théâtre…
Le poète annonce-t-il donc le "mal", pessimiste dans l’âme ? Ses écrits sont-ils annonciateurs du mal à venir (qui doit forcément toujours venir) ?
Une fois de plus, nos points de vue se croisent, car j'ai effectivement abordé cet aspect-là du poète, sous un angle peut-être un peu différent, mais l'idée essentielle, de base, est la même. ^^ Ici, en deux phrases, tu en dis beaucoup : d'une part, le fait que le poète (peut-être l'artiste, de manière générale) et le mal, la souffrance marchent main dans la main (idée reprise du romantisme); d'autre part, l'aspect divin ou devin que revêt le poète (d'où le mot que tu emploies "annonciateurs"). Peut-être au final tente-t-il de se désolidariser le plus tôt possible du commun des mortels en raison de ce mal qu'il prévoit ?…
Non, je parle des Hommes en général; mais on peut y inclure les romanciers qui sont eux aussi des humains, mais ça serait plutôt égoïste je trouve !
En effet, je n'y avais pas forcément songé en écrivant cela ! Mais maintenant que tu le dis… 😀
Je trouve que c'est une bonne idée ! Pas du tout tirée par les cheveux c'est pertinent ( à mon humble avis toujours) !
Merci, c'est très gentil. 🙂
Et du coup tu as utilisé quoi exactement comme référence ? C'est le plus compliqué à mon avis !
Hmm.. comment dire ? 😀 C'était, en effet, la tâche la plus complexe de toutes ! Si ma mémoire ne me joue pas des tours, j'ai cité, en ce qui concerne les vers, Baudelaire (L'Albatros, notamment), Victor Hugo, Pascal Quignard, Musset, Lemierre (un poète méconnu du XVIIIème), Francis Ponge etc.
Et pour l'aspect un peu plus "théorique" on va dire, j'ai mentionné Gracq, Eco, Kundera (pour ces trois derniers, je sais, cela peut paraître étonnant, mais j'ai eu la chance de lire certains de leurs essais et d'en extraire des allusions à la poésie ou à l'écrivain en général), mais aussi Proust (je lui dois tellement, grâce à son ouvrage Contre Sainte-Beuve).
C'est tout ce qui me vient à l'esprit pour le moment…

Et toi ? Qu'aurais-tu mentionné ? 🙂 Partageons ensemble notre magnifique culture poétique ! 😀
A qui s'adresse le discours poétique ? Que dit-il exactement ? Questions fondamentales.
J'espère que vous avez évoqué l'aventure surréaliste.
Idem de mon côté, j'ai hâte de voir le rapport que le jury publiera (s'il en plublie un cette année…).
Ce serait vraiment dommage et très très frustrant. Et puis, je ne vois pas pourquoi créer un devoir sans avoir par la suite fait une correction ou au moins un plan…
Peut-être au final tente-t-il de se désolidariser le plus tôt possible du commun des mortels en raison de ce mal qu'il prévoit ?
Oui ça peut être une idée… Mais pas du tout sous-entendue dans le sujet par contre.
*Je suis un homme: je considère que rien de ce qui est humain ne m'est étranger (Térence)
** Je considère que tout ce qui est humain m'est étranger
Une autre idée m'est venue : Si les hommes, selon l'"amoureux de l'humanité" ne lui sont pas étrangers et que le poète est justement étranger à tous ce qui est Homme, les humains et les poètes se complètent en quelque sorte. Tandis que les hommes ne connaissent que les humains, le poète les éclairent sur tout ce qui ne l'est pas et inversement. Les humains se chargent d'inculquer au poète le savoir qui lui manque sur les Hommes. On peut parler d'un rapport de dépendance.
Peut-être que le poète sous-entend aussi que malgré tout ce qu'il sait et ce qu'il à fait, les humains restent un mystère pour lui car même après toutes les connaissances qu'il a de lui, certains cotés lui reste inconnus.
L'homme ne pourra jamais se connaitre entièrement et se renouvelle sans cesse.

Et toi ? Qu'aurais-tu mentionné ? smile Partageons ensemble notre magnifique culture poétique ! big_smile
Ahah culture poétique, si seulement 😀

A vrai dire, je n'ai pas beaucoup d'idées sur le moments, je pensais aussi à l'Albatros, et sans doute différents poèmes pour répondre à la fonction du poète comme les Regrets de Du Bellay, Le Lombric de Jacques Roubaud, Le pin des Landes, Baudelaire pour la Beauté du Mal… Je cherche encore, à vrai dire 😀
Jacques :
A qui s'adresse le discours poétique ? Que dit-il exactement ?
Que voulez-vous dire par là ? 🙂 Pouvez-vous nous éclairer ? ^^
J'espère que vous avez évoqué l'aventure surréaliste.
Pas du tout ! 😀 Vous faites référence à "l'écriture automatique"??? Je vous avoue que j'ai du mal à voir/faire le lien, donc si vous pouvez nous renseigner, ce serait bien !


Fantalex :
Peut-être au final tente-t-il de se désolidariser le plus tôt possible du commun des mortels en raison de ce mal qu'il prévoit ?
Oui ça peut être une idée… Mais pas du tout sous-entendue dans le sujet par contre.
Je suis entièrement d'accord, peut-être alors que l'on aurait pu aborder cette idée-là dans l'une des dernières sous-parties, ou potentiellement en ouverture…
Une autre idée m'est venue : Si les hommes, selon l'"amoureux de l'humanité" ne lui sont pas étrangers et que le poète est justement étranger à tous ce qui est Homme, les humains et les poètes se complètent en quelque sorte. Tandis que les hommes ne connaissent que les humains, le poète les éclairent sur tout ce qui ne l'est pas et inversement. Les humains se chargent d'inculquer au poète le savoir qui lui manque sur les Hommes. On peut parler d'un rapport de dépendance.
Peut-être que le poète sous-entend aussi que malgré tout ce qu'il sait et ce qu'il à fait, les humains restent un mystère pour lui car même après toutes les connaissances qu'il a de lui, certains cotés lui reste inconnus.
L'homme ne pourra jamais se connaitre entièrement et se renouvelle sans cesse.
C'est en effet une idée très très intéressante !! Le poète dépendrait de l'homme, au final, mais cette dépendance, je pense, est et reste involontaire… Puisqu'il cherche a priori à s'arracher des serres de cette humanité, et ce en s'imposant de "hauts devoirs"…
J'ai personnellement perçu dans cette citation une sorte de mépris, de dédain du poète envers l'humanité (mais peut-être n'est-ce qu'une impression) : c'est pour ça que je dis que cette dépendance est involontaire, car sinon, pourquoi vouloir dépendre de quelque chose que l'on tient en piètre estime ? Et sachant que Baudelaire a été influencé par le romantisme…
Le sujet porte bien sur l'écriture poétique ? Vous me faites douter.
Oui, oui, c'est bien sur l'écriture poétique (et ça m'avait d'ailleurs paru ambigu : fallait-il traiter du poète ou du processus d'écriture ? J'ai finalement opté pour les deux 😀).

En revanche, en raison de mes connaissances fort limitées, j'avoue que mon cerveau n'arrive pas à faire le lien entre les surréalistes et la citation de Baudelaire : pourquoi précisément les surréalistes ?
C'est en effet une idée très très intéressante !! Le poète dépendrait de l'homme, au final, mais cette dépendance, je pense, est et reste involontaire… Puisqu'il cherche a priori à s'arracher des serres de cette humanité, et ce en s'imposant de "hauts devoirs"…
J'ai personnellement perçu dans cette citation une sorte de mépris, de dédain du poète envers l'humanité (mais peut-être n'est-ce qu'une impression) : c'est pour ça que je dis que cette dépendance est involontaire, car sinon, pourquoi vouloir dépendre de quelque chose que l'on tient en piètre estime ? Et sachant que Baudelaire a été influencé par le romantisme..
Oui ! Cette dépendance est sûrement involontaire en effet, mais non pas moins juste et justifiée !
Pour le mépris, j'ai perçu la même chose mais quand je relis le sujet, j'ai plus l'impression qu'il accentue sa supériorité ( si hauts devoirs ) et donc, logiquement, ce qui semble sous-jacente est l'impression qu'il dénigre les humains. Je ne sais pas si c'est fait exprès, mais dans tout les cas, on a l'impression que les humains, contrairement à lui ne pense pas à s'imposer de si haut devoirs ou alors, n'en sont pas du tout capables.

S'il avait tourné sa phrase comme ceci : Je me suis imposé de hauts devoirs, je considère que tout ce qui est humain m'est étranger - la phrase aurait paru moins méprisante, mais même là je doute.


Jacques :
Le sujet porte bien sur l'écriture poétique ? Vous me faites douter.
C'est vrai qu'on se centre plus ici sur le poète que sur ses écrits, mais je suppose qu'on ne pouvait pas faire l'impasse dessus 🙂
On peut envisager le Surréalisme de deux façons ;
- comme un mouvement (Breton récusait le mot, évidemment) historiquement situé entre les années 20 et les années 70,
- comme l'aboutissement naturel de l'évolution poétique et artistique qui va - en gros - du Romantisme à Apollinaire, et qui n'a cessé d'exercé une influence profonde sur toute la littérature du XXème siècle, poésie et prose comprise (Gracq). Je le définirais même comme une tendance universelle de l'art (mais ça, c'est personnel).
Si vous avez fait l'impasse sur les poètes du XXème siècle, surréalistes ou non, d'ailleurs (Valéry) c'est grave.
Et attention, le Surréalisme n'est pas que l'écriture automatique !!!

Quant à l'écriture poétique, elle a été analysée par Jakobson : comme toute production mettant en œuvre le langage, elle est à envisager comme un acte de communication particulier certes, mais un acte de communication, et cette communication véhicule un énoncé.
Donc, pas de dissertation sur l'écriture poétique sans les interrogations fondamentales : qu'est-ce qu'écrit le poète, et à qui ? aux autres hommes ? à lui-même ? à personne (création démiurgique parallèle à l'aventure humaine), prophétique ? généreuse ? égoïste ?). Le problème de l'hermétisme se pose ici inévitablement.

C'était cela, le sujet, à mon humble avis.

Mais il est difficile parce que :
- la poésie n'est pas une : il existe des poésies tout au long de l'Histoire.
- Il y a une différence parfois importante entre ce que les poètes prétendent faire ou être et ce qu'ils manifestent dans leurs poèmes (Baudelaire par exemple).