"À" et "de" devant un infinitif (cas particuliers)
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Exactement!
C'est un cas très précis mais très présent dans la langue.
Pour le << de >>, vous avez dû déjà entendre parler d'<< indice d'infinitif >>…
Pour l' << à >>, plutôt de C.O.I….
Oh non Bâ je ne suis pas très calée en grammaire, mon terrain de prédilection c 'est la poésie !
Mais le problème que vous soulevez là est très interessant, oui !
Bâ a écrit :Oui…
<< Réussir >> est transitif direct. On réussit qqch.
Donc, on comprend mal cet << à >>…
Bonsoir,
Mais, je ne comprends pas : dans mon dictionnaire, ce verbe est également un transitif indirect :
Trans. ind. (Mil. xviie). Réussir à. (—> Aboutir, arriver, parvenir )
Bonsoir !
Si on se réfère au sens latin, la préposition à (= ad) a une signification prospective, puisqu'elle est tournée vers l'avant, vers l'avenir (Je vais à Montpellier, pour changer) et la préposition de (= de) a une signification rétrospective, puisqu'elle est tournée vers l'arrière, vers le passé (Je reviens de Montpellier). Les significations actuelles sont évidemment plus complexes, il suffit de voir le Petit Robert.
Le problème, c'est de vérifier si c'est applicable aux verbes qui sont suivis d'un infinitif complément et de voir ce qu'il en est de ceux qui sont construits sans préposition.
Voyez comme c'est délicat ! Je viens de penser au verbe prévoir ; il se construit avec de, alors qu'il est pourtant prospectif… Comme je l'ai dit à Bâ, un recensement des verbes est une nécessité. Alors seulement, on pourra en tirer une constante, si elle existe dans les faits de langue.
On peut aussi s'étonner qu'un verbe soit suivi d'un nom COD, alors que, s'il est suivi d'un infinitif, celui-ci soit précédé de à ou de de, ou soit sans préposition. Mais l'usage est-il toujours logique ?
Thèse bien intéressante, dans laquelle je n'ai pas encore trouvé un début de conviction. Mais je ne suis pas linguiste…
Ma chère Léah,
Je vous remercie des efforts que vous faites afin de ne pas laisser mourir cette discussion que j'ai tant de mal à faire vivre!
Je vois que nous avons maintenant (enfin) réussi à nous concerter efficacement quant aux cas qui sont sujets de l'étude que j'essaie de mener. C'est déjà un bon pas!
Je suis cependant toujours aussi étonné de voir qu'aucun autre membre que vous, modératrice, et Édy, qui ne laisserait pas une discussion linguistique qui peine sans l'aide de sa précieuse plume, n'est venu donner son avis, même tout simple: C.O.D. ou C.O.I., dans un premier temps!
Ah! Si! Webmestre, je suppose que votre dictionnaire doit simplifier les choses en différenciant les << réussir >> de << réussir ses devoirs >> et << réussir à faire (…) >>, ce qui, certes, fort commode, notamment pour la transitivité, me semble un peu artificiel.
Mais, afin d'éviter les ambiguïtés, prenons le verbe << continuer >>. Construit sans préposition avec un syntagme nominal, il utilise tantôt << à >>, tantôt << de >>, avec un infinitif régime…
Je me permets maintenant de copier-coller deux paragraphes de plus de notre thèse avec, surtout, le lien renvoyant à l'article rédigé par
Monsieur Ronald Lowe…
L'Analyse des prépositions << à >> et << de >> dans le cadre d'une syntaxe opérative. [Lien invalide.]
C’est ici que nous nous sommes intéressés à un article fort intéressant publié par le linguiste Monsieur Ronald Lowe, directeur de la fondation Gustave Guillaume de l’Université Laval, au Québec. Cet article s’intitulant “Analyse des prépositions “à” et “de” dans le cadre d’une syntaxe opérative” s’inscrit naturellement dans le cadre d’études de psychomécanique du langage et ne peut donc pas directement apporter de réponses à notre analyse syntaxique “traditionnelle”. Mais deux choses essentielles y sont démontrées: d’une part, les prépositions en questions sont à traiter de la même manière, sur le même plan, d’autre part, les différences entre l’une et l’autre sont d’ordre sémantique et ne dépendent ni de l’habitude ni de l’euphonie, contrairement à ce que suggère “Grevisse”. Ce que propose Monsieur Lowe, c’est d’attacher à l’”à” une nuance prospective, et au “de”, une nuance rétrospective, sachant qu’à “prospectif” peut être rattaché “positif” et qu’à “rétrospectif” peut être rattaché “négatif”. Quelques exemples rapides: On commence “à” (l’action va se dérouler), on continue “à” (l’action va se poursuivre), ou on continue “de” (on considère l’action d’un point de vue résultatif, et que c’est un fait qui va se répéter), et l’on arrête “de” (l’action s’achève, son déroulement appartient au passé). De même, on autorise “à” et on interdit “de”.
Ces renseignements sont particulièrement appréciables: ils prouvent que, syntaxiquement parlant, (les points de suspension marquent un l’infinitif régime) “aimer à…”, “continuer de…”, “réussir à…”, “apprécier de…”, et cetera, sont équivalents La valeur de la préposition dans ces phrases doit donc être universelle; il reste maintenant à la déterminer.
Ces lectures demanderont quelques efforts à ce qui e voudront bien, j'en suis conscient!
Aussi vous souhaité-je un bon courage!
Amicalement!
C'est exactement l'article que j'allais mentionner.
Je l'avais déjà lu. Donc, bon courage aux autres. 🙂
Edy a écrit :Bonsoir !
Dans l’intérêt général, je reproduis ici des extraits ce que j’ai écrit à Bâ :
Il est séduisant de considérer que À possède une valeur prospective et DE une valeur rétrospective, conformément au sémantisme de ces deux prépositions.
Encore faudrait-il que vous en fassiez le test sur la plupart des constructions avec À et avec DE et que votre thèse se vérifie invariablement.
Quel que soit l’intérêt de l’entreprise, je n’ai pas le loisir de la faire.
J’observe cependant que craindre et menacer se construisent avec DE, alors qu’il s’agit, dans les deux cas, d’une vision prospective. Évidemment, il est possible de voir une vision rétrospective, à propos de craindre, en utilisant l’infinitif passé, mais c’est alors jouer sur la valeur des temps et non plus sur le sémantisme des prépositions.
Bonsoir,
j'allais dire le suivant quand j'ai lu les dernières remarques d'Edy, qui me semblent un peu semblables.
Je suis moins convaincu qu'il y ait des raisons grammaticales ou de construction pour le choix de A ou DE devant un infinitif.
A est dérivé du latin AD = vers, ce qui implique un sens de direction en avant, hors de soi, exclusion.
DE (comme depuis) est du latin DE = venu à partir de, ce qui implique un sens de direction vers soi, inclusion.
Je n'ai rien à craindre = je n'ai pas de crainte à émettre.
Je n'ai rien à dire (idem).
Il convient de craindre Dieu. (Dieu est à l'origine de la crainte).
Je viens de construire ma maison est pt-être truqué, puisque venir + de = passé récent.
N'arriverait-il jamais à construire une phrase?
Juste une idée….. 🙂
PS avez-vous considéré les verbes transitifs et intransitifs séparément?
Bonsoir, JSC…
Vos remarques ne sont pas inintéressante…
Je pense qu'à condition de lire de façon très minutieuse le texte de Monsieur Lowe vous devriez vous plaire à cette lecture.
Pour ma part, bien entendu (puisque vous posez la question), j'ai considéré différemment les verbes transitifs directs et indirects!
Je répète encore une fois mon objet d'études: le rôle syntaxique et la valeur sémantique des prépositions << à >> et << de >> précédant un infinitif sujet (réel) ou régime d'une verbe transitif direct.
Il ne s'agit donc pas d'une étude globale sur le sens d' << à >> et de << de >>, même si l'un contribue à l'autre, et vice-versa.
Vos deux premiers exemples me plaisent assez: << ne rien avoir à craindre >> (pourquoi << à >>) et << il convient de craindre >> (pourquoi << de >>), même si le premier est un peu plus difficile et que j'y préférerais << réussir à faire >> pour illustrer le thème de ma recherches.
En résumé, JSC, je vous souhaite une agréable (même si fastidieuse elle peut être) lecture de l'article de Monsieur Lowe!
À bientôt, j'espère!
ne rien avoir à craindre
oui on dit toujours "ne rien avoir à" (faire, voir, cirer…..) et "il convient de" (faire, voir, cirer…)
N'est-ce-pas pour "convenir de" par alignement avec "venir de" ?
Bonjour!
<< Il convient de faire… >> / << Il vient de faire… >>
=> Ces deux phrases n'ont pas ma même construction.
Dans la seconde, on a un << il >> personnel sujet de venir, construit avec un régime indirect (on dit de quelque-part, et cetera), phrase que je considérerai donc sans rapport direct avec ce que j'étudie, quoi qu'il n'est jamais inintéressant que de regarder un peu autour du problème étudié pour mieux le cerner et le comprendre…
La première, en revanche, convient bien à mes recherches! Un sujet est naturellement un élément subordonné au verbe, et il n'y a pas besoin de préposition pour lier l'un à l'autre: << Pierre mange. >>, << Il lui parle, etc. >>. Alors, pourquoi << Il est convient de faire (…) >> ? Là est la question! D'autant que l'on dira plus << Faire (…) convient. >> que << *De faire (…) convient. >> (qui, du reste, ne choque pas tellement l'oreille). Alors, pourquoi pas << *Il convient faire (…) >>? C'est là toute la question!
Alors, qu'en pensez-vous? Qui a lu l'article de Monsieur Lowe? Qui a quelque-chose à ajouter?
Cher Bâ (ou Bââ?),
je devrais faire part de quelques obscurités qui m'empêche de voir clair.
- Dans un message du 26 juin de 14h56, tu as écrit "j'ai commencé……cette thèse……..Edy……notre thèse". Est-ce que cela veut dire que vous élaborez à deux une proposition?
- Comme seule oeuvre de référence sur "Linguistics" je ne dispose que du livre anglais de M. David Cristal de 1971. Sans doute ses écrits commencent à dater. Sans doute de pays en pays les analyses (je n'ose pas dire règles) et énoncés ne seront pas semblables car nos syntaxes et sémantiques sont différentes.
Quelle valeur donc donner à un point de vue canadien (ou suisse) ?
- Peut-on se fier à ses dictionnaires pour suivre le débat ou nous faudrait-il un dictionnaire de Linguistiques? Je connais l'utilité d'un dictionnaire de termes philosophiques par exemple. Je suis dérouté par "psychomécanique", "opérative", "résultatif" et "syntaxiquement", bien que le sens de ce dernier me paraisse clair.
J'ai lu maintenant l'article de Monsieur Lowe. Minutieusement!!
Parfois son propos m'est brumeux à cause de sa terminologie "représentations linguistiques", "exopsychique" , "endopsychique" (d'ailleurs pourquoi préciser les deux adjectifs? Faudrait-il peut-être éliminer le "métapsychique" de son discours par exemple?) et parfois par la complexité de son mode d'expression écrite, qui, dans la longueur et tournure des phrases, tout à fait recherchées, mais ô combien convolutuées, nous ne pourraient donner que du vertige.
Ses deux paragraphes incitent en moi encore de questions:
De quel façon agissent les parties dites transprédicatives afin de mettre en cause l'expérience du langage? Des exemples SVP?
Il présente la variation sémantique (l'étude su sens dans un langage) comme un constituant du contexte syntaxique (ordre de mots, construction grammaticale). Des exemples SVP?
{Il convient probablement d'indiquer que les anglais (et M. Lowe est me semble-t-il anglophone) ont un autre point de vue sur le terme sémantique. C'est à dire (1940) "science qui étudie la vie des signes au sein de la vie sociale" alors que pour les français elle est (1883) "la théorie visant à rendre compte des phénomènes signifiants dans le langage".}
Je suis dérouté par "fonction" et "signifié".
Est ce par "second ordre de problèmes" il veut dire la variation sémantique? Pourquoi problèmes est exprimé au pluriel? A-t-il hiérarchisé des termes pour les classer dans un ordre d'importance?
Petit Robert donne comme synonymes de "fastidieux": assommant, barbant, endormant, ennuyeux, fatigant, insipide et insupportable 😂
Donc, ne pas étant ennuyé pour autant, j'ai relu l'article de façon approfondie (mais sans aller jusqu'à lire M; Lomonosov).
Je persiste dans mon questionnement dans le but de clarté.
Puisque je n'ajoute rien en gage de réponse aux tiens, je me permets à proposer le lien
https://tel.archives-ouvertes.fr/file/index/docid/67804/filename/These_Sarda_1999.pdf
Où vous pouvez tous vous régaler pendant l'été. il s'agit d'une thèse de 1999 qui, en 248 pages, pourrait porter des réponses à ce sujet. 🙂
Bonjour SC!
Quand je dis << nous >>, je parle d'un ancien professeur de lettres classiques et ami, et de moi-même.
Le fait que Monsieur Lowe est Canadien ne pose aucun problème quant à cette thèse qu'il a rédigée… C'aurait pu, sans doutes, mais ce n'est apparemment pas le cas.
Je vous avoue qu'en tant que lycéen il m'a fallu une bonne demi-journée pour parvenir à bout de cette fastidieuse lecture… En effet, les termes employés ne sont pas dans les dictionnaires << communs >>, puisque chaque spécialiste est amené à créer des mots…
De plus, Monsieur Lowe est un spécialiste de la psychomécanique du langage, il est d'ailleurs directeur de la fondation Gustave Guillaume, du nom du père de la psychomécanique. Cette science vise à étudier la langue dans son ensemble, en ne dissociant pas syntaxe et sémantique, et, surtout, en étudiant ce qui se passe dans la pensée du locuteur au moment où il forme ses phrases. Et c'est extrêmement ambitieux! Il ne s'agit pas de découper simplement en << sujet >>, << C.O.D. >>, et cetera, mais de chercher à tout comprendre, et c'est vraiment difficile… En ce sens, la thèse n'apporte pas de réponse directe à nos recherches. Elle reste néanmoins un document précieux.
J'ai paraphrasé ce qu'il faut en retenir, quelques messages avant, mais je pense qu'il est mieux que chacun se fasse un avis personnel quant au travail de ce linguiste, avant de poursuivre…
Du reste, merci pour ce lien que vous indiquez. Cette thèse-là doit être fort intéressante… Il faudra que je la lise, un jour… Mais elle est malheureusement sans rapport direct avec ce que je cherche…
Bâ a écrit :Ma chère Léah,
Je suis cependant toujours aussi étonné de voir qu'aucun autre membre que vous, modératrice, et Édy, qui ne laisserait pas une discussion linguistique qui peine sans l'aide de sa précieuse plume, n'est venu donner son avis, même tout simple: C.O.D. ou C.O.I., dans un premier temps!
<< réussir à faire (…) >>, ce qui, certes, fort commode, notamment pour la transitivité, me semble un peu artificiel.
Mais, afin d'éviter les ambiguïtés, prenons le verbe << continuer >>. Construit sans préposition avec un syntagme nominal, il utilise tantôt << à >>, tantôt << de >>, avec un infinitif régime…
"à faire" est un but que l'on se fixe. L'ayant atteint, on est parti de soi-même pour aller vers le but. AD = à.
Pour "continuer", j'ai besoin d'exemples concrètes pour pouvoir commenter.
Pourquoi persister dans la classification quand l'expérience du langage ne met pas en cause sa pratique (comme dirait M. Lowe)?
Par ailleurs, tu t'interroges sur "il convient de". Le sens est clair. Les lois de la société ou les usages linguistiques nous influent. Donc, l'influence venant de l'extérieur de soi-même, le DE = de est clair.
"Il est séduisant de considérer….." (Edy). On est (ou serait) séduit par. La séduction vient de l'extérieur de soi-même. Le DE = de convient ici.
Tu me demandes l'explication de "rien à craindre" que j'ai crue apporter dans mon msg de 23h29 hier.
{L'écriture de ce msg-ci se croise avec la réception du tien de 12h33.}
Je suis désolé de ne pas avoir eu de réponse à mes demandes pour des exemples et à mon invitation implicite de définir les termes techniques utilisés par M Lowe et toi-même. Je ne crois pas que je vais m'acheter un dictionnaire de plus (j'en ai tellement que l'étagère en est bourrée.
Si tu veux que l'on lise M Lowe avec compréhension, il faudrait qu'en aval nous connaissions le sens de sa terminologie. Tu es dans une position de pouvoir nous élucider (avec le webmestre et peut-être Edy). Si tu veux un lectorat plus ample et des réponses qui viennent des sources plus répandues, il faudra que tu nous expliques et explicites…..
En ce qui concerne la thèse, il m'étonnerait que tu aies eu le temps même de parcourir l'introduction et la table de matières pour en conclure "elle est malheureusement sans rapport direct avec ce que je cherche…" 😐
La rigueur a une valeur au moins égale à la fastidiosité (sic!). 🙂
Bonjour Bâ,
Connaissez-vous ce document publié dans Revue d'Études Françaises ?, numéro 7 (2002).
Ici :
https://cief.elte.hu/numero-7/numero-7/linguistique
Plusieurs points abordés par l'auteur (Péter BARTA, Budapest) rejoignent votre objet d'étude.
Muriel
Bonsoir, Muriel et JSC !
Les références que vous venez de citer sont à première vue très intéressantes ; j'en ai pris copie afin de les étudier à tête reposée et de voir si elles peuvent appuyer la thèse de notre ami Bâ.
Merci beaucoup !
Bonne soirée !
Amicalement,
Edy
Bonsoir Edy, Bâ et JSC,
Alors, je rajoute ce lien (concernant "commencer à/de") :
https://pendientedemigracion.ucm.es/info/circulo/no19/verroens.htm
Bonne lecture et bonne soirée !
Muriel
Bonsoir,
Il y a aussi celui-ci, mais il n'intéressera pas directement Bâ : https://www.seinan-gu.ac.jp/~trubert/A-DE.html https://www.seinan-gu.ac.jp/~trubert/A-DE.html.
Je viens de tomber sur ce sommaire de la revue https://fdl.univ-lemans.fr/fr/liste-des-numeros/n9.htmlFaits de langues (n° 9 ; mars 1997) et je vois, entre autres choses :
Reza Mir-Samii Valeur de "de" devant l'infinitif complément de verbe
Bonne soirée !
Merci, Muriel H. et Webmestre pour ces liens qui me semblent bien intéressants!
Je recopie maintenant que certains ont lu l'article de Monsieur Lowe ce que nous avons choisi d'en retenir pour les recherches, chacun verra s'il est d'accord…
C’est ici que nous nous sommes intéressés à un article fort intéressant publié par le linguiste Monsieur Ronald Lowe, directeur de la fondation Gustave Guillaume de l’Université Laval, au Québec. Cet article s’intitulant “Analyse des prépositions “à” et “de” dans le cadre d’une syntaxe opérative” s’inscrit naturellement dans le cadre d’études de psychomécanique du langage et ne peut donc pas directement apporter de réponses à notre analyse syntaxique “traditionnelle”. Mais deux choses essentielles y sont démontrées: d’une part, les prépositions en questions sont à traiter de la même manière, sur le même plan, d’autre part, les différences entre l’une et l’autre sont d’ordre sémantique et ne dépendent ni de l’habitude ni de l’euphonie, contrairement à ce que suggère “Grevisse”. Ce que propose Monsieur Lowe, c’est d’attacher à l’”à” une nuance prospective, et au “de”, une nuance rétrospective, sachant qu’à “prospectif” peut être rattaché “positif” et qu’à “rétrospectif” peut être rattaché “négatif”. Quelques exemples rapides: On commence “à” (l’action va se dérouler), on continue “à” (l’action va se poursuivre), ou on continue “de” (on considère l’action d’un point de vue résultatif, et que c’est un fait qui va se répéter), et l’on arrête “de” (l’action s’achève, son déroulement appartient au passé). De même, on autorise “à” et on interdit “de”.
Ces renseignements sont particulièrement appréciables: ils prouvent que, syntaxiquement parlant, (les points de suspension marquent un l’infinitif régime) “aimer à…”, “continuer de…”, “réussir à…”, “apprécier de…”, et cetera, sont équivalents La valeur de la préposition dans ces phrases doit donc être universelle; il reste maintenant à la déterminer.
Étapa suivante:
En premier lieu, il ne nous a pas semblé que la préposition devait être considérée comme un “outil de subordination” qui joindrait le régime au verbe de phrase, comme dans “Je vais à Paris.” ou “Je parle à Pierre.”. En effet, nous l’avons déjà dit, le verbe “réussir” ne nécessite pas la préposition “à” par son lexème. On réussit bien “quelque-chose”. D’autre part, la pronominalisation possible par “cela” écarte la possibilité d’un complément indirect. Ensuite, le fait que le rôle de la préposition ne peut pas être de “subordonner” un syntagme au verbe est encore plus visible dans des exemples comme “Il est interdit de…”, et cetera. Enfin, il nous a paru que le groupe “préposition+infinitif” devait se comprendre de façon “globale”, dans son ensemble, formant en définitive une unité sémantique, une unité grammaticale, et - Pourquoi pas? - une unité lexicale…
Quelqu'un veut-il prendre position pour ou contre ce passage?
À bientôt!