Le texte théâtral est-il suffisant pour monter un spectacle ?

Entraide scolaire

75 réponses · Page 3 / 4

Que serait un professeur de Lettres Classiques s'il n'avait pas de culture ?
Et s'il ne transmettait pas cette culture ?
Vous vouliez un regard critique sur votre travail. Je vous ai indiqué tous les points qui pêchaient, à mon avis : les erreurs venues de ce que vous citez des textes que vous ne connaissez pas, ce qui est toujours dangereux, le défaut de construction qui vous fait jeter vos remarques en désordre, comme elles vous viennent, au lieu de les enchainer logiquement.
Ce qui est bon est bon, c'est ce que je n'ai pas autrement relevé. Partez du bon pour améliorer le mauvais, et votre note grimpera.
Merci des conseils en tout cas, j'en ai trop fait de peur de ne pas en faire assez…
Je vais enlever l'allusion à Beckett, et corriger ce que vous avez signalé. Je ne suis qu'en première, et je pense que rester dans le cadre de mes connaissances ne serait pas mal.
Je ferai attention aussi à citer mes sources. Mais je ne sais pas trop, étant donné que c'est ma première dissert, si c'est bien d'avoir cherché des informations concrètes comme les différentes mises en scène de Tartuffe et de l'Avare, qu'en pensez-vous? D'un autre coté, si je ne l'avais pas, je n'aurais eu aucun argument!
C'est toujours bon de se renseigner.
Cependant, et cela n'engage que moi, vous n'avez pas su tirer parti de ces renseignements, qui viennent en appui de la thèse le texte ne suffit pas.
Quant à Beckett, il est en plein dans notre sujet, comme auteur qui décide que son texte suffira à toutes les représentations postérieures à sa mort : son texte est une partition qu'il faut jouer sans en varier le tempo. C'est un exemple pour nourrir la première partie.
Un point me gêne, à deux reprises vous avez pensé à un copier/coller, alors que ce n'était pas le cas… Je fais quoi? Je le laisse au risque d'être accusé de copier/coller ou je reformule?…
Votre professeur vous connait mieux que moi : j'ai été surprise du mélange dans votre texte de phrases naturelles et de phrases ampoulées. Il m'a donc semblé que les phrases ampoulées n'étaient pas de vous.
A Dieu ne plaise que je reproche à un élève de trop bien rédiger !
Donc, unifiez votre texte : tout naturel, ou tout travaillé. La solution tout travaillé me semble meilleure. Votre professeur sera heureux de lire un devoir correct et élégant.
Voilà… J'ai repris toutes les erreurs ou maladresses que vous aviez repérées, j'espère que mon travail sera plus satisfaisant cette fois… Quoiqu'il en soit, avant que vous relisiez ma dissert ( si vous le voulez bien bien sûr! ) j'aimerais vous remercier pour le temps et l'importance que vous accordez à mon travail!

Le théâtre est un genre à part dans le domaine de la littérature.
Bien qu’étant un texte, son étymologie grecque « theatron », qui signifie « lieu où l’on regarde » suppose que ce texte doit être joué par des comédiens. Aristote définit le théâtre par la mimésis, l’imitation des actions, qu’il oppose à la diégésis, le récit. En outre, le terme « spectacle » trouve son étymologie dans le latin « spectare », qui signifie « voir ». Le spectacle doit donc offrir quelque chose à voir à son public.
Cependant, si l’on s’en tient à cette définition du théâtre, on pourrait affirmer comme Diderot dans Les Entretiens sur le fils naturel : « la représentation de celle-ci vous a plu, il ne m’en faut pas davantage ». Et si l’on approfondit cet avis, on pourrait affirmer que ce genre littéraire n’aurait de valeur que dans sa représentation, et que le texte en lui-même serait dérisoire.
On peut alors se demander quelle est la valeur du texte théâtral. Est-il suffisant en lui-même pour assurer un spectacle ?
Il convient donc d’étudier les deux opinions qui s’opposent sur ce sujet afin d’établir une conclusion sur la place du texte dans la représentation d’une pièce de théâtre.

Si l’on s’imagine la difficulté de jouer une pièce où le respect de chaque mot et de chaque vers demande un travail de mémorisation colossale, il faut aussi s’imaginer celle de jouer une pièce sans aucun texte.
C’était le cas de la Commedia Dell’arte. Il s’agit d’un spectacle de rue qui connut un succès remarquable jusqu’au 18e siècle. Tout le travail des acteurs reposait sur une improvisation totale, des calembours grotesques et des mimiques : les lazzis.
Cet art de l’improvisation prouve que le spectacle est possible et réalisable en l’absence de texte. Mais il mettait aussi en avant la qualité d’acteur du comédien, car on n’allait pas voir la Commedia Dell ’ arte pour écouter des rimes touchantes ou satiriques, mais pour rire d’une situation cocasse.
De plus, les pièces comiques mettent en scène des quiproquos ou des espionnages. Ces situations, souvent accompagnées de stichomythies, sont difficilement adaptables à la lecture. En effet, les changements rapides de personnages sont difficiles à imaginer pour le lecteur.
On peut penser à une scène difficilement visualisable dans Le Barbier de Séville de Beaumarchais.
Rosine est la pupille du vieux Bartholo qui projette de l’épouser. Seulement, le Comte Almaviva, épris de la jeune fille, se déguise en l’élève de Don Bazile, un complice de Bartholo, afin de contacter Rosine. Mais Don Bazile arrive à ce moment précis, et chacun craint pour son secret.
S’ensuit alors une succession de stichomythies très difficile à suivre pour le lecteur, alors que le spectateur comprendrait très bien la situation en la voyant jouée.
Mais cette affirmation est aussi confirmable dans Dom Juan de Molière quand le libertin est entouré de Charlotte et Mathurine. Il y a alors un jeu de messes basses difficile à suivre pour le lecteur, alors que la scène est assurément comique lorsqu’elle est jouée.
La rapidité et la vivacité de la scène peut donc être difficile à interpréter pour le lecteur.
De plus, la lecture peut conduire à une erreur de compréhension du texte ou à un mélange dans les personnages, voire même un contre-sens de lecture qui peut amener le lecteur à mal interpréter la scène.
Car l’interprétation a en effet une place importante dans la représentation d’une pièce. Si l’on se contente de lire les répliques comme une lecture à l’italienne, ce n’est pas un spectacle, car le théâtre se joue, se vit. Et si le comédien n’interprétait pas le texte qu’il a dut mémoriser, il n’y aurait aucun intérêt à aller au théâtre.
De plus, si l’on n’interprétait pas le texte, toutes les représentations seraient identiques, et l’on se lasserait de la pièce.
Enfin, l’interprétation accorde une intemporalité à la pièce, puisqu’elle permet d’actualiser le thème évoqué. C’est donc une donnée importante que l’interprétation car le théâtre doit parler à un public quelle que soit son époque.
On peut penser aux différentes interprétations de Tartuffe, qui témoignent de cette grande capacité d’adaptation du théâtre à travers le temps. Alors qu’au 18e siècle, Augé poussait le rôle de Tartuffe à la limite de l’obscénité, Louis Jouvet préfère, en 1950, incarner un Tartuffe réellement pieux et torturé par sa tentation, alors que Roger Planchon, en 1973, propose un Argan homosexuel, éprouvant une inconsciente attirance pour Tartuffe, tandis qu’Antoine Vitez, en 1978, présente une Elmire attirée par Tartuffe.
Le texte doit donc être actualisé pour être compris, et cela peut passer par l’interprétation.
Comme l’indique son étymologie, le spectacle doit montrer quelque chose au public, il faut donc y ajouter quelque chose afin que le spectateur puisse avoir quelque chose à regarder. Le texte ne peut donc pas assurer tous les critères requis dans un spectacle.

Cependant, d’autres pensent que le texte contient toutes les informations nécessaires à l’interprétation de la pièce et de ses personnages.
Les didascalies, bien que très rares dans le théâtre classique, proposent en effet des informations de mises en scène. On peut penser à Lorenzaccio d’Alfred de Musset, quand à l’acte II scène 6, l’auteur nous informe que le Duc est à demi nu, que Tebaldeo fait son portrait et que Giomo joue de la guitare. Cependant, les didascalies peuvent aussi indiquer des déplacements, comme dans Le mariage de Figaro de Beaumarchais, à l’Acte III scène 19, quand la Comtesse « court prendre Bartholo à bras le corps ».
D’autres auteurs, quant à eux, ont préféré sublimer leurs alexandrins plutôt que de parfaire la mise en scène.
Ce fut le cas de Racine, qui souhaita que la parole fût la part la plus importante et la plus représentative du théâtre. Ses textes insistent sur la musicalité de l’alexandrin plutôt que sur la représentation de l’action. Certains ont même poussé l’audace jusqu’à créer des pièces n’étant pas destinées à la scène. Un spectacle qui se lit.
C’est Alfred de Musset qui écrira Spectacle dans un fauteuil, recueil de trois textes (La Coupe et les Lèvres, A quoi rêvent les jeunes filles et Namouna) aux nombreuses didascalies permettant au lecteur d’imaginer la scène. Victor Hugo aussi créera le Théâtre en liberté et adoptera la même attitude en préférant confier au texte ce qu’il appelait « ce théâtre idéal que tout homme a dans l’esprit ».
C’est car la poésie se distingue de l’action qu’elle se prête mieux à la lecture. Elle peut même devenir une difficulté pour la mise en scène en raison de la longueur des tirades qui conduit à un spectacle parfois statique et mal adapté aux attentes du public. La parole poétique suscite le rêve qui ne peut se heurter à la réalité de la scène ou au jeu de l’acteur.
En outre, on a pu observer une autre attitude, notamment au 20e siècle avec le dramaturge Samuel Becket. II voulait que ses œuvres soient représentées exactement comme il l’avait précisément expliqué dans ses didascalies, ce qui limitait l’interprétation de ses pièces.

Il faut donc considérer le texte théâtral comme une base, cependant l’interprétation de ce texte et le jeu des acteurs seront déterminant quant à la réussite du spectacle, car chaque mise en scène ouvre une lecture possible d’une vérité partielle que le texte contient. En effet, un texte peut avoir plusieurs interprétations. Il ne faut donc pas se limiter à la lecture du texte.
C’est ce que Maurice Descot précise dans Les grands rôles du théâtre de Molière quand il parle de L’Avare, ne sachant s’il fallait jouer l’Avare de Leloir ou celui de Coquelin, qui étaient respectivement des interprétations drôles ou effrayantes. En effet, Leloir montrait un avare dont les menaces faisaient trembler alors que Coquelin proposait une interprétation qui devait susciter le rire sans réserve.

On peut donc conclure en affirmant que le texte est essentiel à l’œuvre, il est la source de toutes les représentations possibles. Mais seul, le texte n’exprimera pas les idées de son auteur convenablement, il faut qu’il soit vécut par l’acteur afin qu’il tende vers un idéal de perfection.
Il ne faut pas réduire les œuvres théâtrales à des œuvres uniquement lues, pour lesquelles la représentation ne serait qu’un surcroît. Car la représentation d’une pièce est sa finalité, car l’œuvre est faite pour être représentée. C’est un achèvement, le moment où enfin l’œuvre est pleinement elle-même.
Antoine Lebailly a écrit :Car la représentation d’une pièce est sa finalité, car l’œuvre est faite pour être représentée.
Où est la proposition principale ?
Répétition expressive de deux coordonnées, sans doute.
Et une proposition introduite par car n'est pas une subordonnée. Elle n'a pas besoin de principale… Une coordonnée peut être séparée d'une autre proposition par un point.
Je sais bien qu'une proposition introduite par car n'est pas une subordonnée. J'aurais peut-être dû parler de première proposition.

J'ai mis les deux conjonctions de coordination car en gras parce qu'elles embrouillent un peu la lecture. Il s'agit d'une même idée, sauf qu'elle est reformulée dans le deuxième cas.

Il vaudrait donc mieux supprimer l'une des deux coordonnées. Pour savoir laquelle convient le mieux, il faudrait se référer à la première proposition, d'où ma question.
Rhooo… Oui, c'est de l'expression poétique c'est pour ça U_U'! Non je plaisante, ça n'avait pas choqué ni mes parents ni Delia donc j'avais laissé ça. J'aime pas les phrases type "sujet+verbe+complément"…

Haaa! A moins que nous n'y voyons pas le même sens! Il faudrait remplacer la virgule par un point virgule, je pense que ça serait mieux non?

Et sinon ne faites pas d'arrêt cardiaque Delia, j'ai bien changé le "Becket" en "Beckett"! ^^'
Eurêka !
J'ai enfin compris d'où vient mon malaise à la lecture de votre devoir, pourtant agréablement écrit. Il me donnait une impression d'inachevé et mon attente était constamment déçue.
C'est que vous ne traitez pas le sujet : le texte théâtral est-il suffisant pour monter une représentation, mais un autre sujet, bien connu car il navigue de forum en forutém depuis plusieurs années : le théâtre est-il fait pour être lu ou pour être représenté ?
Votre devoir répond fort bien à cette question, mais ce n'est pas cette question que l'on vous pose !
Votre sujet concerne la mise en scène : le metteur en scène doit-il s'en tenir fidèlement aux indications du texte, ou peut-il faire acte de création personnelle ? J'ai eu sur ce point une discussion passionnante avec un collègue, professeur de Lettres Classiques ET comédien et metteur en scène. Je lui parlais de fidélité aux intentions de l'auteur, lui me répondait contrainte insupportable. L'exigence de Beckett lui était un insupportable empiètement, un frein à sa créativité.

C'est cette piste que vous devez suivre, et j'ai le regret de vous dire que très peu de passages de votre devoir sont réutilisables : le passage sur les différentes interprétation de Tartuffe (qui, soit dit en passant, est aux prises avec ARGAN), la conclusion.
Le reste est intéressant mais inutile.

Reprenez selon le plan que je vous ai inlassablement indiqué :
thèse : oui le texte contient assez d'indications pour guider le travail de scénographie ;
antithèse : certains textes n'ont pratiquement aucune didascalie, ce qui contrait le metteur en scène à y mettre du sien ;
synthèse : de toutes façons il arrive de plus en plus souvent que le metteur en scène ne tienne aucun compte des didascalies, c'est sa part de liberté créative.
Conclusion : pour parler le langage mathématique, le texte est nécessaire, mais n'est pas suffisant.
Mon Dieu… Vous me découragez complètement là… Je dois aller en cours, je reviens ce soir…
Delia a écrit : Votre sujet concerne la mise en scène : le metteur en scène doit-il s'en tenir fidèlement aux indications du texte, ou peut-il faire acte de création personnelle ?
synthèse : de toutes façons il arrive de plus en plus souvent que le metteur en scène ne tienne aucun compte des didascalies, c'est sa part de liberté créative.
Effectivement le sujet concerne les rapports entre auteurs dramatiques et metteurs en scène : qui doit être au service de l'autre ?
Pour ma part, je serais très critique à l'égard des libertés, voire des contresens, que se permettent les metteurs en scène dans lesquels Cocteau, qui assumait les deux exercices, voyait des accoucheurs qui se prennent pour le père.
Hé oui !
C'est toute la question et c'est bien ce qui m'oppose à mon collègue, au demeurant charmant.
Alors! J'ai lu votre message, et effectivement, mon inexpérience et maintenant certaine…
Cependant, je trouve que la Commedia Dell'arte, l'interprétation, les didascalies et sont des parties qui peuvent être exploitées!

I
1) La Commedia Dell'arte prouve que le spectacle est possible en l'absence de texte.
2) L'interprétation montre qu'il manque quelque chose au texte en lui-même afin qu'il soit spectaculaire.
3) Toutes les pièces de théâtres ne disposent pas de didascalies, en effet, elles n’apparaissent qu'au 17e siècle et restent très rares ( c'est bien ça? ).

II
1) Cependant, d'autres pensent que les texte détient toutes les informations nécessaires au spectacle: les didascalies.

III
Le texte est donc la base du spectacle, mais celui-ci ne sera réussi qu'avec quelques ajouts.



Bon, du coup je manque d'arguments pour la 2e partie. Mais je pense inverser la I et la II, étant donné que mon I 3) correspond à un argument réponse au II 1).

Autre petit problème, notre prof nous a parlé d théâtre de fauteuil en cours, juste après nous avoir donné le sujet de dissertation pratiquement… C'était peut-être un coup de pouce…?

Je me sens nul et honteux…
Vous n'êtes pas nul, vous débutez, et vous n'avez pas de honte à avoir de ne pas avoir compris le sujet, cela arrive à tout le monde. Mais je vous reprocherais de persévérer à suivre cette fausse piste…
1) La Commedia Dell'arte prouve que le spectacle est possible en l'absence de texte.
Indubitablement, si l'on restreint le sens de texte aux seules répliques. La Commedia dell'Arte part d'un canevas, c'est-à-dire d'un scénario précis et détaillé, donc d'un texte. De toutes façons, ce-n'est-pas-votre-sujet.
2) L'interprétation montre qu'il manque quelque chose au texte en lui-même afin qu'il soit spectaculaire.
Très juste, mais ce-n'est-pas-votre-sujet.
3) Toutes les pièces de théâtres ne disposent pas de didascalies, en effet, elles n’apparaissent qu'au 17e siècle et restent très rares ( c'est bien ça? ).

Ce point concerne votre sujet, c'en est le coeur.
Les didascalies ont toujours existé, mais elles sont rarissimes jusqu'au 17e siècle compris.
C'est avec Voltaire, qui tenait au grand spectacle, Diderot et son drame bourgeois, Sedaine et bien entendu Beaumarchais qu'elles deviennent précises et détaillées.
Auparavant, le didascalies sont dans le texte :
Prends un siège, Cinna : nécessite qu'il y ait des sièges sur la scène.
J'embrasse vos sacrés genoux : indication de mise en scène.
Seigneur, vous changez de visage : direction d'acteur.
II
1) Cependant, d'autres pensent que les texte détient toutes les informations nécessaires au spectacle: les didascalies.
Oui, quand il y en a ! Voir plus haut.
III
Le texte est donc la base du spectacle, mais celui-ci ne sera réussi qu'avec quelques ajouts.
Ce n'est pas une question de réussite, c'est une question de compréhension profonde de l'oeuvre. Jean-Luc vous a cité le mot de Cocteau sur les metteurs en scène, ces accoucheurs qui se prennent pour des pères.
Autre exemple : Tchékov et Stanislavski.
Tchékov composait des pièces comiques, mais il en a confié la mise en scène à Stanislavski ,qui les a jugées sombres et les a jouées comme des drames bourgeois. Tchekov était un homme doux et timide, il n'a pas été de taille à s'imposer à Stanislavski, dont la conception fait encore actuellement foi.
Dans ses mémoires, Cher moi, le comédien et dramaturge Peter Ustinov est très sévère pour Stanislavski et lui reproche ce contre-sens.

Telle est la question que vous avez à résoudre : doit-on jouer la partition à la note près et selon le tempo voulu par le compositeur, peut-on s'en écarter ?
L'exemple de Racine est un élément de réponse : si Racine tenait tant à dicter les intonations à ses interprètes, c'est qu'il ne voulait pas abandonner ce soin au chef de troupe, il se voulait seul maitre à bord de la représentation. Pour lui, le texte suffisait.

Il est très difficile de faire abstraction d'un précédent travail, mais vous devez faire cet effort pour éviter le hors-sujet.

Cependant un doute s'insinue dans mon esprit : c'est bien le texte suffit-il que vous devez traiter, au moins ? Ce n'est pas le théâtre est-il fait pour être vu ou être lu ?
Avez-vous correctement recopié votre sujet ?
Le sujet précis est: "Le texte théâtral est-il suffisant en lui-même pour monter un spectacle?".
Cependant… Si je puis me permettre, je ne suis qu'en 1ere et vous êtes professeur de Lettres Classiques, mais je trouve votre reformulation du sujet très restrictive… L'emploi de "suffisant" suppose bien que si la réponse est "non" il faut ajouter quelque chose au texte afin que l'ensemble soit enfin suffisant?
Pourquoi le texte théâtral ne serait-il pas suffisant pour permettre la représentation ?
Le travail du metteur en scène est de faire vivre ce texte. Certains dramaturges le servent humblement ; d'autres se servent de lui. Entre les deux, toute une gamme d'interprétations de la plus fidèle à la plus grotesque…
Je peux témoigner de la trahison de textes superbes quand on leur ajoute un effeuillage en scène, ou qu'on chausse un Monsieur Jourdain de patins à roulettes et qu'on transpose son intérieur dans un Liban en guerre…
Et que dire de la transformation de la gaieté jubilatoire moliéresque en sombres drames ?
Quand j'emmène mes petits-enfants voir les Fourberies de Scapin, ils communient immédiatement avec ce texte "hénaurme". La virtuosité de Molière est restée intacte pour les coeurs purs.
Guitry, à qui l'on demandait : "Quoi de neuf aujourd'hui ?", répondait invariablement : "Molière". Sacha reconnaissait que son prestigieux devancier, directeur de théâtre et grand maître de la vis comica, avait mis dans son texte tout ce qui est nécessaire à sa représentation.
Restrictive, ma reformulation ?
le metteur en scène doit-il s'en tenir fidèlement aux indications du texte, ou peut-il faire acte de création personnelle ?
Il me semble au contraire que je développe une indication elliptique. Jean-Luc comprend comme moi ce terme suffisant, qui signifie suffisamment directif.

Mais plus j'y réfléchis, et plus je me demande si l'auteur de ce sujet a jamais mis les pieds dans un théâtre. Manifestement, il n'y connait rien ou du moins pas grand-chose…
Je ne vise pas votre professeur : ce sujet court de forum en forum depuis plusieurs années…
On en arrive à un point où je ne sais même plus quoi répondre… Vous êtes très gentils tous les deux, vraiment, mais ce sujet a été créé pour aider les élèves dans leurs travaux, et là vous m'embrouillez plus qu'autre chose!
Vos débats sont très intéressants Jean-Luc et Delia, mais n'ont pas leur place ici!
Quant à mon professeur, je n'ai aucune raison de douter de sa compétence qui a, à plusieurs reprises, prouvé sa valeur.