Je suis… qui t’ai / qui t’a

Langue française

14 réponses

Bescherelle · L'essentielBac français 2027Fiches bac françaisBrevet 2027
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Bonjour à toutes et à tous,

Dans un passage de la Genèse il est écrit : « Je suis le Seigneur, qui t'ai fait sortir d'Our en Chaldée … » (15,7)

Je suis surpris par la manière dont le verbe avoir est ici conjugué. J'aurais écrit « qui t'a fait … ». Mais, généralement, les traductions officielles de l'Ancien (et Nouveau) Testament sont très respectueuses de la langue et de ses règles. C'est pourquoi je suis perplexe.

J'aimerais savoir ce qu'on en pense ici.

Merci.
La première personne du singulier est ce qui convient.
Dirais-tu : C'est nous qui "font" ? Ou "c'est nous qui faisons" ?
Bien entendu, et c'est pour cette raison que je suis surpris.

C'est le passage qui a été lu dimanche dernier à la Messe. J'ai retrouvé la même tournure dans toutes les versions de la Bible que j'ai pu consulter. Il ne s'agit donc pas d'une erreur accidentelle ni d'une vulgaire faute de frappe.

S'agirait-il d'une spécificité de certains textes sacrés ? Ou d'une ancienne règle qui persisterait dans ce genre d'écrits ?
La règle (toujours en usage) est d'accorder en personne le verbe de la relative avec son antécédent.

Ici, on pourrait certes considérer "le Seigneur" comme antécédent et écrire "qui t'a fait ".
Mais on peut aussi considérer que l'antécédent est un "moi" sous-entendu : (c'est moi) qui t'ai fait…
Je suppose que c'est, en effet, l'explication, même si cette tournure me surprend.

Merci jehan pour votre réponse
Plus grammaticalement énigmatique encore est la phrase biblique (Exode 3:14) de Dieu à Moïse : « Je suis celui qui suis. »
dans la version de Segond. Je me rappelle d'obscurs sermons là-dessus.
On trouve d'autres versions aussi :
https://www2.cegep-rdl.qc.ca/public/pr-paurue/PHILOCEGEP/philosophie1/Documents%20de%20cours/complement/docPDF/JE_SUIS.PDF
Ce n'est pas la version grecque qui pourra trancher, qui dit "je suis l'étant".
Platon utilise ce participe présent pour désigner "ce qui est", c'est à dire l'Être.
Pour moi, il conviendrait de traduire "Je suis celui qui est" pour éviter la tautologie. Peut-on être son propre attribut ?
Peut-on être son propre attribut ?
À Dieu, tout est possible !
On peut ajouter également dans la même veine, cette phrase de Jésus qui m'intriguait beaucoup quand j'étais enfant: "Avant qu'Abraham fût, moi, je suis" (Évangile de Jean 8, 51-59).
jcv, dans votre tout premier passage, il y a aussi un participe en grec.
lamaneur a écrit :Peut-on être son propre attribut ?
À Dieu, tout est possible !
Peut-il faire qu'il ne soit pas ?
Parce qu'il est ?
jcv a écrit :On peut ajouter également dans la même veine, cette phrase de Jésus qui m'intriguait beaucoup quand j'étais enfant: "Avant qu'Abraham fût, moi, je suis" (Évangile de Jean 8, 51-59).
Oui, c'est assez fort, et je suppose que ça frotte un peu plus en français que dans l'araméen ou l'hébreu parlé par Jésus que le grec de Jean est censé nous transcrire.
Rappelons qu'en hébreu, il y a des connexions très fortes entre le nom de Yahvé et le verbe "être", et que tout cela est plein de connotations qui ne peuvent pas passer en traduction. Mais donner une formule qui nous bouscule dans sa grammaticalité permet d'attirer l'attention sur ce sujet, pour l'expliquer ensuite.
jcv, dans votre tout premier passage, il y a aussi un participe en grec.


Désolé pour mon inculture, mais, hélas, je n'ai pas étudié le grec.
Vous n'avez pas à vous sentir fautif. Je voulais simplement montrer que c'était un problème de traduction. Par contre, je ne sais pas comment l'original hébreu exprime l'idée.
On vit très bien sans connaître le grec !