Répéter l’adverbe avant plusieurs adjectifs ?

Langue française

27 réponses · Page 2 / 2

Jehan a écrit :Je maintiens que de telles nuances de sens relèvent davantage de la stylistique que de la grammaire… D'ailleurs, n'as-tu pas toi-même mentionné l'anaphore ?
L'écrivain peut anticiper sur l'effet que produira telle ou telle figure de style, telle présence ou telle absence de mots… Je répète : c'est davantage de la stylistique que de la grammaire aux règles précises.
Je ne pense pas que vous ayez totalement raison sur ce point (sans vouloir vous vexer). 🙂

Deux exemples :

Le docteur Cohen est étonnamment compétent, réputé et apprécié.

et

Le docteur Cohen est étonnamment compétent, étonnamment réputé et étonnamment apprécié.

La première est assez ambigüe. On ne sait pas vraiment si étonnamment s'applique aux trois adjectifs. Tandis que dans la deuxième phrase, tout est clair. On sait que l'adverbe s'applique à ces trois adjectifs.

Néanmoins, il ne faut pas s'illusionner sur la précision effective qu'apporte "très".
Où mettez-vous la frontière entre une nation puissante et une nation très puissante, entre riche et très riche, influente et très influente, redoutée et très redoutée ?
Très étant un adverbe de quantité, il indique que la caractéristique dont on veut parler ( par exemple riche pour une nation riche) est supérieure par rapport cette même caractéristique sans l'adverbe très .
La première est assez ambigüe. On ne sait pas vraiment si étonnamment s'applique aux trois adjectifs. Tandis que dans la deuxième phrase, tout est clair. On sait que l'adverbe s'applique à ces trois adjectifs.
Je n'ai pas dit autre chose… Relis-moi.
Tout dépend si le scripteur veut rester dans un flou artistique, ou s'il veut souligner avec plus de force.
Très étant un adverbe de quantité, il indique que la caractéristique dont on veut parler ( par exemple riche pour une nation riche) est supérieure par rapport cette même caractéristique sans l'adverbe très .
Oui, bien sûr. On sait bien qu'une nation "très riche" est estimée plus riche par le locuteur qu'une nation simplement "riche". Mais ce n'est pas très précis, à moins d'avoir défini auparavant à partir de quel niveau précis de richesse une nation passe de la catégorie "riche" à la catégorie "très riche".

Quant à la précision apportée par "très beau" par rapport à "beau", par exemple, elle est toute relative et encore plus subjective… Une appréciation esthétique n'est pas une donnée précise et objective.
Tout dépend si le scripteur veut rester dans un flou artistique, ou s'il veut souligner avec plus de force
.

Bonjour Jéhan.

Mais qui dit que l'auteur veut être dans un flou artististique justement ? On ne connaît pas vraiment ses intentions. Ce qui peut vous paraître flou peut ne pas l'être pour l'auteur lui même.
Mais ce n'est pas très précis, à moins d'avoir défini auparavant à partir de quel niveau précis de richesse une nation passe de la catégorie "riche" à la catégorie "très riche".

Quant à la précision apportée par "très beau" par rapport à "beau", par exemple, elle est toute relative et encore plus subjective… Une appréciation esthétique n'est pas une donnée précise et objective.
Par exemple? des travaux d'économistes indiquent cette information. Ou bien la classe sociale : , homme d'affaires, avocat, acteur. Une appréciation esthétique n'est pas une donnée précise et objective, mais l'emploi de très renforce l'adjectif, objectivité ou non.
Mais qui dit que l'auteur veut être dans un flou artistique justement ? On ne connaît pas vraiment ses intentions.
Ai-je dit le contraire ?
l'emploi de très renforce l'adjectif, objectivité ou non
Ai-je dit le contraire ?
Ai-je dit le contraire ?
Bien sûr que non mais on ne peut pas savoir si l'auteur utilise un effet de style ou non.
Ai-je dit le contraire ?
Concernant l'emploi de très devant beau, le lecteur ou l'interlocuteur ne peut pas savoir si cette appréciation est subjective. Je crois qu'en fait il y a plus ou moins une part de subjectivité dans ce qu'on lit ou dans ce qu'on entend. Il est difficile de maîtriser entièrement le Logos.
on ne peut pas savoir si l'auteur utilise un effet de style ou non.
C'est ce que tu venais de dire… Et je répète que je n'ai jamais dit le contraire.
Concernant l'emploi de très devant beau, le lecteur ou l'interlocuteur ne peut pas savoir si cette appréciation est subjective.
Dans ce cas précis, c'est tout de même en soi une appréciation subjective : quel pourrait donc être le critère objectif permettant au scripteur de choisir d'écrire "très beau" plutôt que "beau" ?
D'ailleurs, le "beau" tout court est déjà en lui-même une appréciation toute subjective et personnelle.
Comme écrivait Voltaire :
Demandez à un crapaud ce que c'est que la beauté, le grand beau, le to kalon. Il vous répondra que c'est sa crapaude avec deux gros yeux ronds sortant de sa petite tête…
C'est ce que tu venais de dire… Et je répète que je n'ai jamais dit le contraire.
Je me répète sans m'en rendre compte, c'est possible. D'accord. 🙂
D'ailleurs, le "beau" tout court est déjà en lui-même une appréciation toute subjective et personnelle.
C'est vrai. Cependant lorsque c'est rapporté dans un livre par exemple, on ne peut que se fier qu'à l'auteur. N'ayant jamais vu ou imaginé la personne dont il parle, on a pas le choix que de se contenter de beau ou de très beau.