De l’utilité des devoirs en hypokhâgne

La filière littéraire

10 réponses

Bescherelle · L'essentielBac français 2027Fiches bac françaisBrevet 2027
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Bonjour,

Je suis en hypokhâgne et depuis la rentrée je m'interroge sur le bien-fondé de faire les devoirs. En effet, à la suite du concours blanc, notre professeur de géographie nous a signifié que notre passage en khâgne se jouerait quasi exclusivement sur les résultats du concours blanc du second semestre. Depuis, je me demande pourquoi me donner à fond, si je puis dire, dans la préparation d'une khôlle ou dans un devoir qui ne ressemble pas à une des épreuves écrites de concours (explication de texte philosophique, commentaire de texte géographique ou géopolitique, commentaire de document historique, ou même un travail bien loin de toute forme d'épreuve…), d'autant que j'entends faire une bonne performance au concours, ne me faisant guère d'illusions quant à l'ENS, et pourquoi assister à certains cours : les cours de philo consistent en des explications de texte qui aboutissent loin, comme au lien entre souffle et vie rien que pour l'emploi du mot《 âme 》par Platon, alors que la thématique du semestre est la justice, une synthèse d'un extrait d'un critique caligineuse, qui me fait penser merci mais je sais lire, après une brillante leçon sur la mort du héros à travers les œuvres étudiées…

J'ai eu des résultats plutôt mauvais, voire catastrophiques dans certaines matières, au premier concours blanc, ou tout du moins très irréguliers et très loin de ce dont mes professeurs m'estimaient capable. Peu avant, je m'épuisais pour des khôlles et des devoirs à rendre et je ne me portais pas bien psychologiquement à ce moment-là à cause de problèmes familiaux, psychologiques et "pratiques" dont je ne peux faire part à la prépa, ni à personne d'ailleurs. Est-ce que je devrais donc me concentrer uniquement sur le second concours blanc ?

Merci de votre attention.
SuperV, ce n'est pas loin du tout des formes de l'épreuve : ce sont les épreuves des spécialistes. Donc tu n'en feras qu'une seule de celles-ci, mais il est utile que la classe les fasse pour que la classe soit initiée à ces épreuves avant de choisir l'option pour le concours.

Je pense que malheureusement, la voie la plus courte n'est pas la meilleure pour l'hypokhâgne : tu dois te former à tout ce qu'on te propose. La question sera un peu différente en khâgne, puisque tu auras un programme bien défini et une pression sur la fin. Pour le moment, ça n'est pas le cas.

Bon courage !
Je suis en hypokhâgne et depuis la rentrée je m'interroge sur le bien-fondé de faire les devoirs…je me demande pourquoi me donner à fond, si je puis dire, dans la préparation d'une khôlle ou dans un devoir qui ne ressemble pas à une des épreuves écrites de concours
Cela s'appelle de l'entraînement. C'est un peu mieux que du bachotage.
Oui, les devoirs sont très fastidieux (vingt ans après, je frémis d'y seulement repenser) mais c'est en les faisant qu'on apprend à maîtriser les exercices. Courage! Il n'y a pas de formation (ni de profession) qui soit entièrement épanouissante, excitante, etc. Même les grands pianistes jouent plus de gammes que de concertos.
Cela dit, tu peux (et tout le monde le fait) doser tes efforts selon l'importance stratégique des différentes échéances. (J'avoue que je ne faisais pas toujours rigoureusement mes préparations de latin, qu'il m'est arrivé plus d'une fois de partir avant la fin d'un D.S., et même d'avoir dans ma poche un mini-dictionnaire lors de mes colles d'anglais…)
Je pense de plus en plus aux classes prépa comme à un monde hostile…
Ceci n'engage que moi.
Oui, c'est vraiment l'impression que l'on a lorsqu'on lit certains échanges, certains appels d'élèves angoissés qui se demandent s'il vaut mieux ou s'il ne vaut mieux pas…
Pour ma part, j'y ai atterri un peu par hasard, car j'en ignorais l'existence, et j'ai présenté mon dossier à la dernière minute, y voyant l'opportunité de devenir professeur en étant payée pour faire des études. Génial, non ?
J'étais naïve à faire peur.
Je ne savais pas que les concours de l'ENS étaient si difficiles et qu'il y avait si peu d'élus. Dès l'arrivée en hypokhâgne, j'ai vite compris.
Néanmoins, je ne regrette pas ces années.
Je suis allée quelques fois à la fac par la suite, pour mon mémoire et quelques cours. Je n'ai pas aimé. J'ai trouvé que c'était un monde encore plus hostile.
Merci à tous de vos réponses. Quelquefois l'on pose des questions que l'on n'aurait jamais posées auparavant parce que l'on est en quête d'explications. Et particulièrement merci à Jean-Luc Picard, ça fait du bien de lire en quelque sorte le témoignage d'ex-khâgneux qui a réussi le concours et qui se trouve de l'autre côté du bureau.

La prépa est exténuante et oppressante, peut-être capricieuse, certes, mais à côté du secondaire, c'est une thérapie par le travail.
Bonjour,

En tant qu'ancien khâgneux, je pense sincèrement que le professeur y est pour beaucoup. Je vais prendre un exemple tout bête : nous avons eu deux professeurs de philosophie, un en hypokhâgne et l'autre en khâgne.
Le premier était génial, il nous faisait un cours vivant, dynamique, toujours en relation avec quelque chose de concret, et chaque lecture d'extrait prenait place dans une problématique qui faisait sens. On n'analysait pas pour analyser, on était d'abord confronté à un questionnement sous forme de débat (dans la classe, oui oui, avec cinquante élèves, il arrivait à gérer cela parfaitement bien) et chaque philosophe convoqué à notre débat venait nous apporter de la matière pour élaborer une réflexion complète.
En revanche, notre second professeur était une véritable catastrophe. Au-delà du programme lui-même qui était horripilant, elle se bornait à lire ses notes d'une voix monotone trois heures durant. Imaginez l'effet soporifique.

C'est vrai qu'on se disperse beaucoup en classe prépa. On a même des lacunes : une fois arrivé en fac de lettres, j'ai découvert que j'étais totalement largué en stylistique, en linguistique, et je ne parle même pas de l'ancien français que je ne découvre que maintenant avec les concours de l'enseignement.
Cela dit, la culture G apportée et surtout l'entraînement aux devoirs est un énorme plus. La plupart de mes camarades stressent à mort pour chaque devoir de deux heures, paniquent pour un de quatre heures, et pensent ne jamais réussir à en faire un de six. En comparaison, à force d'effectuer un devoir de six heures par semaine pendant deux ans, j'en ai littéralement rien à carrer. Et ça, mine de rien, c'est une vraie force ! 🙂
@Jacques : Allons, passez à autre chose. 🙂
@ Tertium: d'accord avec toi. Le plus dur en prépa, c'est de sortir la tête du guidon et de prendre de la distance avec ce que l'on fait, avec le savoir qu'on engrange (je ne sais pas si c'est vraiment possible; du moins pour ma part, je crois n'avoir pas vraiment réussi).

Ceci dit, une fois qu'on a une bonne méthode pour la philo, je pense que l'enseignant devient accessoire (je suis un poil provocateur sur ce point).


Reprends ta méthode: dans une optique de concours, l'année d'hypokhâgne doit servir à cela (demande les meilleures copies et analyse les, ça marche plutôt bien) et ne perds pas courage. À part pour la géo, je pense que les épreuves que tu subis cette année doivent être à peu près les mêmes que celles du concours (ou alors tes professeurs se sont lancés dans une exploitation coopérative de mariejeanne)