Pour les grands fans de Colette
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Voila, je m'adresse ici à tous ceux qui connaissent Colette sur le bout des doigts.
Je voudrais savoir si pour écrire la série des Claudines et plus particulièrement Claudine à l'école, Colette s'est-elle inspirée de sa propre période scolaire ? Claudine=Colette sur beaucoup de points ou pas tant que ça ?
Sinon, ayant lu La Maison de Claudine, Sido et Les Vrilles de la Vigne je voudrais savoir l'oeuvre que vous préférez dans le genre autobiographies de Colette ? Que pensez vous de La Naissance du Jour par exemple ?
Enfin, que pensez vous de Le pur et l'Impur ? Ou encore de La Vagabonde ou Chéri (censé être son plus grand chef-d'oeuvre…)
Bref, vous avez compris, je souhaite parler des oeuvres de Colette et recevoir des conseils.
Merci d'avance. N'hésitez pas à me donner un max' d'infos ! 😀
Colette a écrit les Claudine à la demande de son premier mari Willy qui écrivant lui-même a eu cette idée, de lui faire raconter sa jeunesse. C'est à la fois fictif et autobiographique. Willy a eu l'indélicatesse de faire paraître cette série sous son nom, et Colette a eu beaucoup de mal à s'en faire reconnaître comme l'auteur
Le plus beau dans l'histoire de sa vie c'est La naissance du jour (selon moi)
Chéri est aussi inspiré par sa vie puisqu'elle avait eu une liaison avec son jeune beau-fils
Bonjour,
Je commence tout juste le livre de Colette : Claudine en ménage et je voudrais savoir s'il est possible de rapprocher l'homme avec qui Claudine vit, se nommant Renaud à Willy (l'homme que Colette a vraiment aimé à cette période de sa vie, au moment de l'écriture du livre) ?
Un autre personnage me pose problème : Hélène avec qui elle va avoir une liaison pour "préserver" Renaud : est ce en vérité Georgie (la maitresse de Willy) ? Je pense que oui, mais alors pourquoi ce personnage réapparaît-il dans ses oeuvres plus directement autobiographiques et je pense ici à La Naissance Du Jour ?
Merci. A bientot
Renaud réapparaît dans La retraite sentimentale où Claudine est sa veuve. Cette retraite est le dernier volume de la série des Claudine
Willy avait acheté Les Tillerayes Colette et lui y passaient leurs vacances. C'est le “Casamène” de la Retraite
Je ne crois pas qu'il faille voir en Renaud le seul Willy, qu'elle ne portait plus alors dans son cœur… mais un personnage idéalisé, inspiré de Willy cependant (Willy n'était pas mort quand elle a écrit ce roman)
Hélène, c'est peut-être Missy ?
Je voudrais simplement savoir si il y a un ordre de lecture quant à la série des Claudines ? Si oui (ce que je pense), est-ce bien le suivant : Claudine à l'école - Claudine à Paris - Claudine en ménage - Claudine s'en va. ?
Merci d'avance, et précisez lequel des quatre est votre préféré 🙂
Les quatre sont bien dans l'ordre. Et les quatre sont mes préférés, avec un petit faible pour le premier
Bonne lecture !
voici une petite intrusion: je viens de clôturer ma première année de master, que j'ai consacrée à Colette et plus particulièrement au thème de la gourmandise et de la sorcellerie dans son oeuvre. Ce fut un sujet passionnant, qui m'a amenée bien loin de la traditionnelle image d'une Colette-gourmande, parfois engluée dans l'image de cuisine traditionnelle, ancrée dans le terroir. Au contraire, les folies sont nombreuses, et si tu lis la série des Claudines, tu remarqueras peut être certaines anomalies dans le comportement alimentaire de Claudine et de ses amies d'enfance…
Qu'entends-tu par "certaines anomalies dans le comportement alimentaire" ? Peux-tu préciser stp, merci d'avance 🙂
dans Claudine à l'école, claudine et ses amies dévorent des crayons Conté, des bourgeons de tilleul, du papier buvard… autant de manières d'afficher un comportement transgressif par rapport aux normes alimentaires, comportement que l'on retrouve tout au long de la série, quand Claudine dévore posément une tonne de sandwiches au homard lors d'une réunion entre amis. les exemples sont nombreux… si jamais tu as besoin d'autres renseignements sur le sujet, tu sais où me trouver!
D'accord, merci 🙂
Peut-on donc dire que Colette, au travers de son comportement "anticonformiste" envers la nourriture veut nous montrer justement une personne "anticonformiste" ? Etait-ce pour cette image qu'elle se montre si transgressive avec la nourriture ?
Sinon je voulais savoir s'il y eut beaucoup de preuves démontrant la véracité de quelques-uns de ses propos au sein de la série de Claudine ? Colette a-t-elle affirmé, elle-même, plus tard peut-être, que les histoires développées dans la série des Claudines avaient un rapport, un lien direct avec ses propres histoires vécues ?! Ainsi, est-ce un abus de dire que Renaud=Willy ou même que Claudine=Colette ?! Est-ce prouvé ?!
Tu aimes le personnage de Colette, ses livres ? J'aimerais avoir conseil quant à ses romans, lequel as-tu préféré ? Suite à cette série de Claudine qui m'a émerveillée je voudrais me lancer dans La Chatte : si tu l'as lu, peux-tu me dire si ce roman, tout comme les Claudines (qui sont bien des romans ?! ), introduit des anecdotes autobiographiques ?
Merci pour tout.
D'ailleurs, dans quel contexte avez-vous étudié Colette ?
Et la cire à cacheter donc !
Lyop, Claudine est Colette et n'est pas Colette ; par exemple Claudine est orpheline de mère, alors que tout le monde connaît l'inoubliable Sido…
Renaud est un Willy idéalisé. Elle a romancé, à la demande d'ailleuirs de Willy (qui s'est attribué sans scrupules la paternité de la série des Claudine), ses souvenirs d'école et de jeunesse, en mêlant fiction et réalité.
J'aimerai vous posez moi aussi une question sur Colette.
Selon vous son livre intitulé Sido est-il la biographie de sa mère ou une autobiographie qui s'attarde aussi sur la vie de sa mère?
L'as-tu lu ?
Ti-sam
Je pense que si tu as lu Sido, et bien tu ne t'attarderais pas à te poser cette question. Ce livre est un hommage, et fait partie, il me semble -arrêtez moi si je me trompe - d'une trilogie, vouée à sa mère. Autobiographique ou biographique .. je ne pense pas que là soit la question, mais si tu te penches un peu, tu sens que la mère est vue à travers Colette. J'entends par là que l'écrivain ne s'est pas posée ici la question de la retranscription de la vie de sa mère. Dans Sido -que je viens de finir hier ! elle conte aussi ses souvenirs, elle évoque ses frères, et même son père, et ce, sans passer obligatoirement par sa mère .. Enfin ce n'est qu'un avis, je n'ai pas vraiment réfléchi.
Je viens aussi de finir Les Vrilles de la vigne .. Le premier livre livre que j'aie lu de Colette .. Et bien j'ai été touchée, je ne m'attendais pas du tout à cela.
J'en avais parlé avec mon professeur de français, et lui aussi m'avait avoué n'avoir lu Colette qu'assez tard -en fac- et être tombé des nues. On ne s'attendait pas du tout à cela, ni lui, ni moi. On ne s'attendait pas à tant de grâce, de beauté .. Qui touche, qui touche, mais qui est tout sauf niaise et 'cliché' ..
Je suis déjà engagée dans d'autres lectures, mais je ne pense pas attendre de trop avant de me replonger dans un Colette ..
évidemment que je l'ai lu, je me rappelle seulement d'une question posé à l'épreuve anticipé de français le 12 juin qui était sur l'autobiographie et justement il y avait un texte extrait de Sido. En réfléchissant bien je pense que les deux genres s'entremêlent ( autobio et bio) un peu comme dans La place de Annie Ernaux qui parle de son père et d'elle-même.
Sido, c'est à la fois sa bio et celle de sa mère. Mais je préfère, bien plus éclairant sur leurs relations, La naissance du jour
avant tout, le personnage Colette est complexe, pétri d'ambiguïtés et son rapport à la nourriture traduit cette complexité. tantôt elle prône l'aliment au naturel (cf. le champignon qu'elle mange cru, assise sur un talus, qui sent encore la terre), tantôt elle le pare d'artifices (Cf. les fruits poudrés ou les goûters entre amants, qui ne sont qu'une mise en scène théâtralisée de la rencontre charnelle entre deux êtres.) ces deux thèmes montrent la sphère civilisatrice, voire artificielle dans laquelle Colette immerge la nourriture. on peut donc dire qu'elle se refuse à toute "étiquette", dans la nourriture comme dans les autres sujets. tu peux aussi puiser la note transgressive de Colette dans ce refus de figer l'aliment dans une "branche culinaire". elle conçoit avant tout l'aliment comme un matière à exploiter, une ressource inépuisable pour l'inspiration…
sinon, en ce qui concerne la série des Claudines, je ne pense pas qu'on puisse parler de genre autobiographique. on peut par contre évoquer le mode du fragment: elle parsème en effet des souvenirs (cf. toujours au niveau de la nourriture: la tasse de chocolat, qui symbolise par métonymie Sido, est une référence qu'elle puise dans son enfance), des personnages (parfois idéalisés), des épisodes… sans que la structure puisse toutefois faire penser à une véritable autobiographie
L'école de Colette, dont elle s'est inspirée pour Claudine
https://www.colette.org/coletteado.htm
Merci pour tous ces messages. Je voudrais me lancer dans la lecture de La Retraite Sentimentale, mais ne sachant pas vraiment à quoi m'attendre, j'aimerais avoir votre avis sur ce livre ?!
A quelle catégorie appartient-il ? Tient-il de l'autobiographie ou du roman ?
Merci d'avance.