Bonsoir à tous,
J'ai pour sujet d'invention : Imaginez le discours de Bougainville, en réaction au discours du vieillard tahitien.
Voici mon travail. J'aurais vraiment voulu avoir vos avis et vos conseils. Merci à ceux qui prendront le temps de me lire.
https://www.petit-fichier.fr/2016/02/04/inventionbougainville/ petit fichier INVENTIONBOUGAINVILLE.docx
Et toi vieillard, n’as-tu pas honte de prononcer un tel discours ? Ce n’est ni moi, ni les membres de mon expédition que tu offenses, non. C’est une communauté entière, pourtant venue t’apporter la lumière. Si je n’avais eu de considération pour ton peuple, sois sûr que mes hommes auraient depuis longtemps réprimé les propos impertinents que tu as tenus. Cependant, je ne suis pas un animal. Tout homme digne de ce nom doit d’abord être capable de répondre par l’usage de la parole et non de la force lorsqu’il est attaqué. Mon retour est attendu en Europe, nous devons donc faire diligence et prendre le large au plus vite. Cependant, je ne peux partir sans t’avoir prouvé que ta conception de la civilisation et des mœurs européennes est erronée.
Tu évoques, tout d’abord, des fureurs que nous aurions allumées chez les Otahitiennes. Tu sembles donc ignorer que la jalousie et la rivalité peuvent être fécondes. On pourrait ingénument admettre qu’elles ne sont que sources de division au sein d’une société, mais elles permettent en réalité aux hommes de se surpasser et à la civilisation, de progresser.
En outre, tu prétends voir en nous des partisans de l’esclavagisme. Or, c’est cette doctrine-même que nous, savants et penseurs Européens, condamnons fermement. Comme le dit le philosophe Rousseau, le droit de l’esclavage est nul, non seulement parce qu’il est illégitime, mais parce qu’il est absurde et ne signifie rien. Et si tu n’entends toujours pas ce qu’apporte les Lumières, alors écoute-bien. Les Lumières sont d’abord la voie vers le savoir. On l’a vu au cours des cinquante dernières années : Papin, à qui nous devons des avancées considérables dans le domaine de la navigation, a inventé le bateau à vapeur, peu avant l’électromètre de Nollet. L’homme des Lumières est comme le navigateur en mer : il aime explorer, il aime découvrir. L’homme des Lumières ne crée pas seulement, il innove. L’homme des lumières ne cherche pas uniquement à assouvir sa propre soif de connaissance ; il souhaite, par ses travaux et inventions, offrir une vie meilleure à son peuple. D’ailleurs, nous profiterons très bientôt, j’en suis sûr, des brillantes études menées dernièrement par Lavoisier et d’ici peu, le fardier de Cugnot aura révolutionné notre société. Enfin, de l’Antiquité jusqu’à nos jours, l’étude des mathématiques, dont je suis moi-même un fervent amateur, a permis d’expliquer bon nombre de phénomènes. Sans tout cela, l’homme Européen n’aurait pu évoluer ni construire cette société qui lui permet aujourd’hui de s’épanouir. Alors, vieillard ? Préfères-tu encore l’ignorance au savoir ? Préfères-tu toujours renfermer tes idées dans le soin de te nourrir ? Ne désires-tu pas connaître le monde qui t’entoure ? Ne désires-tu pas jouir du confort ? Ne désires-tu pas goûter au progrès ?
Sans la science, l’homme serait resté à l’état primitif. C’est le cas de l’Otahitien. L’Otahitien est sauvage, l’Otahitien est animal. Notre devoir est de l’élever au rang d’homme. Il traite sa femme comme du bétail, mais les relations humaines ne sont pas les relations bestiales. Dieu l’a voulu ainsi lorsqu’il a créé Adam et Eve : une femme se doit d’être fidèle à son époux. C’est pourquoi la femme, quel que soit le peuple auquel elle appartient, ne peut faire commerce de ses charmes et encore moins entretenir des rapports libertins. Par ailleurs, tu nous reproches d’avoir imposé nos mœurs dès notre arrivée. Pourtant, les Otahitiens ont contraint nos hommes à pratiquer, comme vous l’appelez, la politesse d’Otahiti. Ainsi, le pauvre aumônier a transgressé ses principes alors même que sa religion et son état ne lui permettaient pas d’accepter vos offres. Cependant, par respect pour les Otahitiens qui l’avaient accueilli à bras ouverts, il a bravé des interdits et s’est ainsi conformé à vos traditions. Par ailleurs, outre une atteinte aux valeurs morales qu’engendre le libertinage, ne vois-tu pas là un problème d’ordre sanitaire ? Crois-tu que la perte de tes enfants ne soit que le fruit du hasard ? Regarde ! Vos pratiques libertines n’ont fait que propager des maladies à travers l’île entière. Tu vois, tes coutumes relèvent du vice et tu daignes pourtant remettre en cause les mœurs Européennes.
De plus, tu nous accuses de vouloir prendre possession de la Nouvelle-Cythère par la force. T’a-t-on oppressé toi et tes compagnons ? Nous projetons simplement d’éclairer les populations qui sont dans l’obscurité, par la connaissance et la raison. Les Européens dominent le monde, et nous vous proposons d’être des nôtres. L’Europe est depuis longtemps terre de richesses intellectuelles et matérielles ; piller vos biens est un dessein pour lequel nous ne portons donc que peu d’intérêt. Nous souhaitons simplement mettre en commun nos ressources respectives, afin d’aboutir à un partage équitable de ces dernières et ainsi que nous puissions tous en jouir.
Enfin, ton dernier grief porte atteinte à la civilisation que nous avons établie en Europe. Tu t’opposes à la culture et prônes la nature. Laisse-moi te dire que ta vision de la société est totalement utopique. ll existe en effet deux types d’Hommes : l’Homme bon et l’Homme mauvais. L’homme mauvais n’a pas été perverti par la société comme le proclament certains philosophes, il l’est naturellement. Il est donc nécessaire de discipliner l’Homme mauvais, d’organiser la société par des règles et des lois, de châtier les criminels qui nuisent au bien-être de nos peuples.
A présent, il est temps pour nous de lever les voiles. Vieillard, j’emmène avec moi l’un de tes frères. As-tu déjà vu une pareille étincelle dans les yeux d’Orou ? Il est empressé de découvrir le monde, empressé de s’instruire. Quant à moi, je quitte, avec amertume, le peuple de Nouvelle-Cythère avec lequel j’ai à tout jamais noué des liens d’amitié. O Tahitiens, je reviendrai.
Bonsoir.
Et dans ta pièce jointe, à part le texte, où est donc ton début de travail ?
Tu nous demandes de te lire, mais on ne lit que Diderot…
Bonsoir,
Le texte ci-joint est MON travail, ma réponse au discours du vieillard 🙂
Peut-être aurais-je dû vous envoyer le discours du vieillard. Le voici :
" Et toi, chef des brigands qui t'obéissent, écarte promptement ton vaisseau de notre rive : nous sommes innocents, nous sommes heureux ; et tu ne peux que nuire à notre bonheur. Nous suivons le pur instinct de la nature ; et tu as tenté d'effacer de nos âmes son caractère. Ici tout est à tous ; et tu nous as prêché je ne sais quelle distinction du tien et du mien. Nos filles et nos femmes nous sont communes ; tu as partagé ce privilège avec nous ; et tu es venu allumer en elles des fureurs inconnues. Elles sont devenues folles dans tes bras ; tu es devenu féroce entre les leurs. Elles ont commencé à se haïr ; vous vous êtes égorgés pour elles ; et elles nous sont revenues teintes de votre sang. Nous sommes libres ; et voilà que tu as enfoui dans notre terre le titre de notre futur esclavage. Tu n'es ni un dieu, ni un démon : qui es-tu donc, pour faire des esclaves ? 0rou ! toi qui entends la langue de ces hommes-là, dis-nous à tous, comme tu me l'as dit à moi-même, ce qu'ils ont écrit sur cette lame de métal : Ce pays est à nous. Ce pays est à toi ! et pourquoi ? parce que tu y as mis le pied ? Si un Tahitien débarquait un jour sur vos côtes, et qu'il gravât sur une de vos pierres ou sur l'écorce d'un de vos arbres : Ce pays est aux habitants de Tahiti, qu'en penserais-tu ? Tu es le plus fort ! Et qu'est-ce que cela fait ? Lorsqu'on t'a enlevé une des méprisables bagatelles dont ton bâtiment est rempli, tu t'es récrié, tu t'es vengé ; et dans le même instant tu as projeté au fond de ton cœur le vol de toute une contrée ! Tu n'es pas esclave : tu souffrirais plutôt la mort que de l'être, et tu veux nous asservir ! Tu crois donc que le Tahitien ne sait pas défendre sa liberté et mourir ? Celui dont tu veux t'emparer comme de la brute, le Tahitien est ton frère.
Vous êtes deux enfants de la nature ; quel droit as-tu sur lui qu'il n'ait pas sur toi ? Tu es venu ; nous sommes-nous jetés sur ta personne ? avons-nous pillé ton vaisseau ? t'avons-nous saisi et exposé aux flèches de nos ennemis ? t'avons-nous associé dans nos champs au travail de nos animaux ? Nous avons respecté notre image en toi. Laisse nous nos mœurs ; elles sont plus sages et plus honnêtes que les tiennes ; nous ne voulons point troquer ce que tu appelles notre ignorance, contre tes inutiles lumières. Tout ce qui nous est nécessaire et bon, nous le possédons.
Sommes-nous dignes de mépris, parce que nous n'avons pas su nous faire des besoins superflus ? Lorsque nous avons faim, nous avons de quoi manger ; lorsque nous avons froid, nous avons de quai nous vêtir. Tu es entré dans nos cabaties, qu'y manque-t-il, à ton avis ? Poursuis jusqu'où tu voudras ce que tu appelles commodités de la vie ; mais permets à des êtres sensés de s'arrêter, lorsqu'ils n'auraient à obtenir, de la continuité de leurs pénibles efforts, titre des biens imaginaires. Si tu nous persuades de franchir l'étroite limite du besoin, quand finirons-nous de travailler ? Quand jouirons-nous ? Nous avons rendu la somme de nos fatigues annuelles et journalières la moindre qu'il était possible, parce que rien ne nous paraît préférable au repos. Va dans ta contrée t'agiter, te tourmenter tant que tu voudras ; laisse-nous reposer : ne nous entête là de tes besoins factices, ni de tes vertus chimériques."
Jehan est un grand étourdi.
Je trouve ta réponse assez bien rédigée.
Cependant, tu réponds en philosophe raisonnable, plus raisonnable peut-être que ne l'ont été les conquérants.
Et que dire à :
Tu n'es ni un dieu, ni un démon : qui es-tu donc, pour faire des esclaves ? 0rou ! toi qui entends la langue de ces hommes-là, dis-nous à tous, comme tu me l'as dit à moi-même, ce qu'ils ont écrit sur cette lame de métal : Ce pays est à nous. Ce pays est à toi ! et pourquoi ? parce que tu y as mis le pied ? Si un Tahitien débarquait un jour sur vos côtes, et qu'il gravât sur une de vos pierres ou sur l'écorce d'un de vos arbres : Ce pays est aux habitants de Tahiti, qu'en penserais-tu ?
ou à :
..quel droit as-tu sur lui qu'il n'ait pas sur toi ? Tu es venu ; nous sommes-nous jetés sur ta personne ? avons-nous pillé ton vaisseau ? t'avons-nous saisi et exposé aux flèches de nos ennemis ? t'avons-nous associé dans nos champs au travail de nos animaux ?
Jehan est un grand étourdi.
Je trouve ta réponse assez bien rédigée.
Au temps pour moi… Toutes mes excuses !

Voià ce que c'est que d'écrire aussi bien que Diderot ! 😜
Laoshi a écrit :Jehan est un grand étourdi.
Je trouve ta réponse assez bien rédigée.
Cependant, tu réponds en philosophe raisonnable, plus raisonnable peut-être que ne l'ont été les conquérants.
Et que dire à :
Tu n'es ni un dieu, ni un démon : qui es-tu donc, pour faire des esclaves ? 0rou ! toi qui entends la langue de ces hommes-là, dis-nous à tous, comme tu me l'as dit à moi-même, ce qu'ils ont écrit sur cette lame de métal : Ce pays est à nous. Ce pays est à toi ! et pourquoi ? parce que tu y as mis le pied ? Si un Tahitien débarquait un jour sur vos côtes, et qu'il gravât sur une de vos pierres ou sur l'écorce d'un de vos arbres : Ce pays est aux habitants de Tahiti, qu'en penserais-tu ?
ou à :
..quel droit as-tu sur lui qu'il n'ait pas sur toi ? Tu es venu ; nous sommes-nous jetés sur ta personne ? avons-nous pillé ton vaisseau ? t'avons-nous saisi et exposé aux flèches de nos ennemis ? t'avons-nous associé dans nos champs au travail de nos animaux ?
Tout d'abord, merci. Ensuite, c'est vrai que mon discours paraît assez "gentil" aha ! Mais je n'ose pas trop polémiquer, puisque Bougainville s'est tout de même lié d'amitié avec les Tahitiens et je veux montrer par cette "sagesse" dont il fait part, qu'il est un homme des Lumières.
Quant à tes deux citations.. Je pense y avoir répondu par :
"Les Européens dominent le monde, et
nous vous proposons d’être des nôtres. L’Europe est depuis longtemps terre de richesses intellectuelles et matérielles ; piller vos biens est un dessein pour lequel nous ne portons donc que peu d’intérêt. Nous souhaitons
simplement mettre en commun nos ressources respectives, afin d’aboutir à un partage équitable de ces dernières et que nous puissions tous en jouir. "
Je ne sais pas si cette réponse tient la route ou si elle est un peu bateau..
Sinon, aurais-tu des pistes à me proposer
EDIT : Pour répondre à Jehan, merci je prends cela pour un compliment. 😀
Sinon petite question concernant mon travail, étant donné qu'il s'inscrit dans le cadre de l'argumentation, est-ce que j'utilise suffisamment de procédés argumentatifs selon vous ? J'ai vraiment essayé d'argumenter à l'aider d'arguments d'expérience ou d'autorité… je me suis plutôt basée sur la conviction. Que pourrais-je ajouter qui ferait appel à la persuasion ?
bonsoir a tous, excusé moi de vous dérangé mais je viens de m'apercevoir que moi aussi j'ai exactement le même sujet a rendre mais sauf que j'ai 2 questions a choisir :
"Imaginez la réponse d'un des auditeurs du vieillard. Ce peut être la réponse d'un Tahitien qui prend consciences qu'il risque d'être esclaves des européens et se demande comment il pourra leur échappé, ou la réponse d'un européen, voire de Bougainville lui-même qui cherche des contre arguments pour supposé aux tahitiens."
Voila, j'ai deux choix a faire et je voudrais savoirs si le devoirs que vous avez fait celui que nous avez montrer, répond a une des questions ? j'ai juste besoin d'un modèles s'il vous plait, Merci beaucoup 🙂 🙂