Miracle de l’abbesse grosse

Entraide scolaire

35 réponses · Page 2 / 2

Demain je passe en expo, donc j'aurai la correction. Je vous dirai ce qui en ressort si vous voulez.

Très bonne soirée.
En un mot :
- La catharsis s'opère au niveau des passions, or l'édification et l'enseignement sont d'ordre intellectuel et spirituel. Le mot n'a pas à être galvaudé.
- Or je me pose des questions en ce qui concerne la dimension proprement spirituelle de cette pièce. Comparez avec le miracle de Théophile, de Rutebeuf, qui est un peu le "parangon" des miracles écrits de la fin du XIIIème au XIVème siècle.
- Par "convenu", je voulais parler du genre. Nous avons conservé 40 miracles du type de celui que vous avez étudié ; je ne les ai pas tous lus, mais je peux vous dire que tous ont à peu près la même structure, les mêmes passages obligés, il est d'autre part tout à fait normal que le miracle s'opère après le repentir afin que soit mise en valeur la liberté du Chrétien, qui est un dogme fondamental.
- Je ne prétends évidemment pas avoir raison contre un médiéviste universitaire, mais cette pièce, destinée à des spectacles organisés lors des fêtes de la guilde des orfèvres, me semble dotée d'une fonction avant tout divertissante et satirique sans être subversive ; les lois du genre qu'elle emprunte en font en même temps un spectacle moralement irréprochable. Disons qu'à l'époque, c'est un genre qui "marche"… Il faudrait être sacrément naïf pour se laisser toucher par cette abbesse qui commet le péché de luxure avec un clerc nullement effarouché par la chose. Les orfèvres ne sont pas des naïfs. Ce ne sont pas des rustres non plus, à qui il faudrait faire croire que la contrition peut apporter des récompenses immédiates et tangibles.

Avez-vous lu d'autres miracles ? De toute manière, on vous demandera de faire des comparaisons (ainsi qu'avec les mystères, genre voisin, mais distinct).
Vous êtes très sympa.. je vous remercie

Non je n'ai jamais lu aucun miracle c'est la première fois que je travaille sur ce genre, et pour être honnête c'est une matière qui me gonfle. Mon esprit ne s'accroche à aucun angle du texte pour moi c'est la dégringolade. J'ai entendu tout et n'importe quoi sur les miracles, vous dites des choses, mon prof en dit d'autres et une amie à moi en master me baragouine dans l'oreille des trucs encore différents.Après ce serait mentir que de ne pas reconnaître que certains éléments se retrouvent dans vos trois discours.

J'ai essayé de tirer mon grand un vers le détournement et le divertissement, mais finalement la quasi totalité de mes analyses pousse le texte dans le sens du didactisme (en fait j'ai globalement suivi ce que disaient les critiques sur cette pièce, même si les info sont maigres) . Et mon prof m'a dit que c'était une pièce cathartique… beh franchement je la cherche encore la catharsis ! Après galvaudé… ça… la catharsis a pas besoin de moi pour être une notion galvaudée, il y a un nombre considérable d'études modernes qui en parlent en long en large et en travers de la catharsis. Elle s'est s'est faite retourner comme un gant et moi aussi au passage.
Tout le problème est là : cette méconnaissance vous amène à considérer la pièce comme un exemple privilégié pour le sujet que vous avez choisi, alors que ce n'est pas le cas selon moi.
Si vous voulez étudier la "catharsis" dans un miracle sans faire tout dire à ce mot, prenez le miracle de Théophile, ne puisez pas dans les miracles de Notre-Dame (cependant, je n'en ai lu que quelques-uns et il y a longtemps).
Dans ce miracle, Théophile, lassé du "silence" de Dieu, fait un pacte avec le diable et s'en repent amèrement…

Encore une fois, votre professeur est plus qualifié que moi pour vous guider dans vos recherches, je le dis sans ironie ; j'admets donc tout à fait que je puisse avoir tort si on me le prouve suffisamment. Cependant, il aurait dû vous conseiller de lire plusieurs miracles, théâtraux ou narratifs, avant que vous ne commenciez votre recherche.
je n'ai eu que deux semaines pour composer ce devoir, lire d'autres Miracles aurait été impossible pour moi, le temps de traduction m'a déjà pris une semaine et demi. mais j'ai vaguement parcouru quelques pages….

Personnellement je reste plutôt convaincu que cette pièce a tant un aspect divertissant, qu'un aspect édifiant. Toute la structure de la pièce se base à mon sens sur un enseignement moral à livrer au spectateur. Et je pense que si toute les structures des miracles se ressemblent vaguement c'est justement parce qu' ils doivent tous posséder ce même aspect didactique (ce que m'a dit mon prof"toutes les pièces de ce corpus correspondent à la double volonté de plaire et d'instruire")

j'avoue que pour le coup, je vais répéter bêtement ce qu'en pense mon professeur. Vrai ou faux, tant qu'il est d'accord avec moi je suis content. En revanche, si mon prof m'a fait une feinte, et que ce Miracle est le seul du corpus a ne pas être didactique, béh je serais couillé, et je reviendrais humblement vous dire que vous aviez raison sur toute la ligne.

Franchement aujourd'hui j'ai juste envie que ça finisse, ce devoir m'a pompé toutes mes ressources pour un sujet qui ne m'intéresse absolument pas.

Merci encore pour votre aide, excellente journée.
C'est dommage ; pour ce qui me concerne, j'ai pris plaisir à relire le Miracle de l'abbesse grosse.
J'ai aussi apprécié que le ton de notre discussion devienne plus serein.
Bon courage.
Moi aussi j'ai pris plaisir à discuter avec vous une fois les tentions apaisé et les charognards dispersés (désolé mais je ne sais pas m’empêcher de dire ce que je pense). Par contre, écrire mon devoir m'a littéralement bloqué le transit intestinal. Néanmoins mon prof m'a dit que mon plan était "excellent" (après avoir bien sûr passé en revu, tout les trucs nuls que j'ai écrit)

donc cette correction:

Le didactisme: oui
Le divertissement: oui, mais cette pièce n'est pas une comédie comme je le laissais entendre à demi mot par la citation castigat ridendo mores
la catharsis: oui (mais pas du tout - comme je l'ai pensé - par l'apaisement des troubles, mais par la contrition de l'abbesse)
la maïeutique: oui
le fabliau: non malheureusement, je l'ai utilisé comme ouverture, et pour mon prof ça n'est pas pertinent
Mon titre et ma problématique par contre étaient lamentables (ce n'est pas le mot qui a été utilisé mais je synthétise)

conclusion: la note devrait tourner autours de 15 (ce qui est pas si mal payé pour une matière qui me fait hésiter entre la corde et le fusil)

Mon plan définitif était:

I. « Castigat ridendo mores »1

a) Satire du corps ecclésiastique (vaguement juste, car la pièce dénonce surtout le péché, plutôt que les vices du clergé)
b) Le détournement des codes théâtraux (juste)
c) Le détournement de la poésie courtoise (juste)

II. Structure et didactisme

a) « L'itinéraire spirituel »2 du pêcheur (juste)
b) La multiplication des plans diégétiques: éclatement et unification (ça mon prof a adoré)
c) Une dramaturgie au service du prêche, la notion d'exemplum (juste)

III. Une pièce tournée vers l'accouchement

a) Marie et la maïeutique : l'accouchement du corps et de l'esprit (là aussi mon prof s'est fait pipi dessus)
b) Une virginité retrouvée: l'extraction du problème posé par le texte (juste)
c) Une catharsis par l’apaisement des troubles, la religion du pardon (très moyen, car mauvaise identification de la catharsis)
une fois les tensions apaisées et les charognards dispersés (désolé mais je ne sais pas m’empêcher de dire ce que je pense)
Traiter de charognards les personnes qui ont vivement réagi à vos premiers messages est sans doute un peu excessif.
Heureusement que vous avez su changer de ton ensuite, car votre ton initial était proprement insupportable, même s'il faut sans doute le mettre sur le compte du stress.
Moi aussi, je dis ce que je pense.
"Traiter de charognards les personnes qui ont vivement réagi à vos premiers messages"

Pas à mes premiers messages, mais à mon premier message qui ne vous était nullement adressé. Si vous n'aimez pas le terme de "charognard", peut être un peu trop imagé, je peux plutôt vous qualifier d' affamé de polémiques qui vous sont étrangères. Votre intervention était non seulement inutile, car vous n'avez fait que jeter de l'huile sur le feu, mais aussi illégitime puisque vous n'étiez pas impliqué dans ce premier échange.

Et au passage, selon moi, la première réponse que m'a adressé Jacques manifestait un sentiment très dérangeant de supériorité intellectuel qui était totalement injustifié vue les lacunes de son raisonnement (je le dis sans animosité mais il faut replacer les choses dans leurs contextes) ma réponse est certes montée en puissance mais est restée dans le même registre. Si vous voulez attribuer au seul stress ma réaction et nier la part de responsabilité de votre copain dans notre querelle, libre à vous.
On va quand même corriger un peu, cela ne peut pas nuire, surtout à quelqu'un qui s'apprête à passer une licence ou master de lettres, si j'ai bien compris.
Et au passage, selon moi, la première réponse que m'a adressée Jacques manifestait un sentiment très dérangeant de supériorité intellectuelle qui était totalement injustifié vu les lacunes de son raisonnement (je le dis sans animosité mais il faut replacer les choses dans leur contexte
PS. Sur ce forum, moi, je suis néant, comme Hwang, je suis celle qui corrige les fautes, pour rendre service , c'est tout, et parce que je ne sais faire que ça, mais sur un forum littéraire, cela a aussi sa petite utilité. Inutile de commenter.
Héhé c'est tout à fait ce que je dis, des charognards x)
Tu dis tout à fait n'importe quoi. Apparemment, inutile de commenter, tu ne sais pas ce que cela veut dire. Et le mot charognard est encore une amabilité que l'on apprécie. Heureusement que l'on a quelquefois autre chose pour se nourrir.
Veuillez tous vous en tenir au sujet s'il vous plaît.

Ce sont mes remarques lapidaires du début qui ont tout déclenché. Ce n'était pas une marque de supériorité intellectuelle (regardez ma signature), mais un manque de temps et, bien sûr, des convictions.
Si on n'est pas autorisé à corriger des fautes d'orthographe sur un forum littéraire, la moindre, oui, je suis d'accord -la moindre- des choses, alors, ce forum ne mérite pas son nom.
Je ne prends donc pas le tous pour moi.
Ecrire, et bien écrire, est-ce devenu à ce point hors-sujet ?
Je ne suis pas d'accord du tout avec ta première phrase et je ne vois pas pourquoi je me ferais, moi, remonter les bretelles, pour une chose que nous devrions tous faire, quand on en a le temps.
On brasse de grands mots en écrivant n'importe comment, et il faut laisser passer ! Je regrette. Pour moi c'est du laxisme.
On n'a pas non plus à supporter de se faire insulter sans en faire la remarque.
Bon, tout le monde s'est exprimé, point final.