Miracle de l’abbesse grosse

Entraide scolaire

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Bescherelle · L'essentielBac français 2027Fiches bac françaisBrevet 2027
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Bonjour,

je suis en licence de lettres et je travail actuellement sur une pièce datant du 14ème, intitulée l'Abbesse grosse et faisant partie du corpus des 40 miracles de Nostre-Dame. Je dois rendre un commentaire composé sur cette pièce et je me heurte à de nombreux doutes.

Déjà, ma problématique me semble bancale: je voulais traiter de la fonction cathartique de cette pièce en étudiant les différentes formes de catharsis présentes dans l'oeuvre: une catharsis par la distanciation, et donc le rire. Une catharsis par la pitié, et l'identification du spectateur au personnage (donc la définition aristotélicienne grosso modo), et une catharsis par le salut opposé à la punition du coupable prôné par Aristote.

Mon plan n'arrive pas inclure la question de la pitié et de l'identification du spectateur au personnage:

I. Castigat ridendo mores

a) satyre du corps ecclésiastique
b) détournement de la poésie courtoise
c) détournement de la parole, le verbe diabolique

II. Structure et didactisme

a) paroles fausses et paroles vraies: la conversion du verbe
b) dédoublement des plans diégétiques: éclatement et unification
c) Une dramaturgie au service du prêche, la notion d'exemplum

III. Un texte tourné vers l'accouchement

a) Marie et la maïeutique, accouchement du corps et de l'esprit
b) Une virginité retrouvée: l'extraction du problème posé par le texte
c) une catharsis par le salut, la religion du pardon

J'avoue que je suis un peu désespéré, n'étant pas du tout médiéviste, je m'arrache un peu les cheveux sur cette pièce. Est-ce que quelqu'un la connait ? quelqu'un aurait un conseil pour moi ? Je sens que mon plan n'est pas efficace. En fait à l'heure actuelle je doute de tout.

si un esprit plus éclairé sur le sujet pouvait me donner un petit coup de pouce, je serais infiniment reconnaissant.

Merci d'avance
Bonjour,

je suis en licence de lettres et je travail actuellement sur une pièce datant du 14ème, intitulée l'Abbesse grosse et faisant partie du corpus des 40 miracles de Nostre-Dame. Je dois rendre un commentaire composé sur cette pièce et je me heurte à de nombreux doutes.

Déjà, ma problématique me semble bancale: je voulais traiter de la fonction cathartique de cette pièce en étudiant les différentes formes de catharsis présentes dans l'oeuvre: une catharsis par la distanciation, et donc le rire. Une catharsis par la pitié, et l'identification du spectateur au personnage (donc la définition aristotélicienne grosso modo), et une catharsis par le salut opposé à la punition du coupable prôné par Aristote.

Mon plan n'arrive pas inclure la question de la pitié et de l'identification du spectateur au personnage:
Vous mettez la catharsis à toutes les sauces… Aristote l'applique à la tragédie, je vous le rappelle ; elle découle de la crainte et de la pitié à la vue des malheurs qui frappent des êtres qui ne méritent pas leur destin funeste.

I. Castigat ridendo mores

a) satyre du corps ecclésiastique
satire, s'il vous plaît ! Et la satire épargne l'évêque.

b) détournement de la poésie courtoise
Oui.

c) détournement de la parole, le verbe diabolique
Je ne comprends pas.

II. Structure et didactisme

a) paroles fausses et paroles vraies: la conversion du verbe
Où sont les paroles fausses : tout le monde dit vrai dans cette pièce.

b) dédoublement des plans diégétiques: éclatement et unification
Sans doute, mais un peu mal placé.

c) Une dramaturgie au service du prêche, la notion d'exemplum
Quel prêche ? Celui du début ?

III. Un texte tourné vers l'accouchement

a) Marie et la maïeutique, accouchement du corps et de l'esprit
L'abbesse se confesse spontanément à l'évêque, Marie ne lui a pas demandé.

b) Une virginité retrouvée: l'extraction du problème posé par le texte
Sans doute, mais l'abbesse devient "dame" à la fin.

c) une catharsis par le salut, la religion du pardon
Sans doute.

Il ne ressort pas grand chose de cette étude. Au XIVème siècle, le théâtre religieux tend à perdre de sa spiritualité ancienne. Cette pièce s'adresse à un public de mondains, c'est évident quant on remarque la noblesse d'esprit conférée à l'évêque, le sort de l'abbesse et le personnage de la Vierge qui recommande à ses clercs de lui chanter des rondels pour son voyage sur terre ! Tout finit bien, y compris pour l'enfant. C'est le théâtre "à l'eau de rose" de l'époque, grivoiserie en plus !!! Satire sociale ? A peine. Spectacle divertissant pour la guilde des orfèvres…

Il me semble que vous pourriez travailler sur le détournement du miracle au XIVème siècle
Vous mettez la catharsis à toutes les sauces… Aristote l'applique à la tragédie, je vous le rappelle ; elle découle de la crainte et de la pitié à la vue des malheurs qui frappent des êtres qui ne méritent pas leur destin funeste.
Pour la catharsis je suis d'accord avec vous je la mets un peu à toutes les sauces. Cependant Aristote n'a justement travaillé QUE sur la catharsis dans le cadre de la tragédie alors que les analystes modernes parlent de la catharsis dans le cadre du comique. (je vous réfère à une communication intitulée "la catharsis comique") il existe donc différents types de catharsis selon les travaux actuels, merci de vous renseigner…….
"Où sont les paroles fausses : tout le monde dit vrai dans cette pièce."
Hum je ne suis pas d'accord, l'abbesse ment aux bonnes sœurs à partir du moment où l'intrigue amoureuse commence.
Exemple : " mes suers, bien voy que longuement cy endroit m'avez attendu mais j'ai toute jours entendu aus besoignes de nostre hostel et tant fait puis d'un puis d'el que plus tost n'ay pu venir et s'ay si grant fain de dormir que je ne say ou me tourner" dit l'abbesse page 71 alors qu'elle ne répondait pas du tout au besoin de son église, mais qu'elle était en train de déclarer son amour au clerc. De même elle n'a pas du tout besoin de dormir: elle souhaite retrouver le clerc pour coucher avec."
Idem pour les bonnes sœurs qui mentent à l'abbesse en disant qu'elle vont voir une tante alors qu'elle se rendent auprès de l'évêque pour lui rapporter les péchés de l'abbesse.
Avez-vous au moins lu cette pièce ??
b) dédoublement des plans diégétiques: éclatement et unification
"Sans doute, mais un peu mal placé."
Très constructif, merci pour le conseil
c) Une dramaturgie au service du prêche, la notion d'exemplum
"Quel prêche ? Celui du début ?"
Oui.
III. Un texte tourné vers l'accouchement
a) Marie et la maïeutique, accouchement du corps et de l'esprit
"L'abbesse se confesse spontanément à l'évêque, Marie ne lui a pas demandé."
Certes, mais c'est assez pauvre comme réflexion. Il y a clairement un lien à faire entre l'accouchement du corps et celui de l'esprit qui arrive justement après l'intervention de Marie.
b) Une virginité retrouvée: l'extraction du problème posé par le texte
Sans doute, mais l'abbesse devient "dame" à la fin.
Et alors ? Quelle est l'utilité de cette remarque ?
c) une catharsis par le salut, la religion du pardon
Sans doute.
Merci.
Il ne ressort pas grand chose de cette étude.

Merci encore, je peux dire la même chose de vos réflexions.
Au XIVème siècle, le théâtre religieux tend à perdre de sa spiritualité ancienne. Cette pièce s'adresse à un public de mondains, c'est évident quant on remarque la noblesse d'esprit conférée à l'évêque, le sort de l'abbesse et le personnage de la Vierge qui recommande à ses clercs de lui chanter des rondels pour son voyage sur terre ! Tout finit bien, y compris pour l'enfant. C'est le théâtre "à l'eau de rose" de l'époque, grivoiserie en plus !!! Satire sociale ? A peine. Spectacle divertissant pour la guilde des orfèvres…Il me semble que vous pourriez travailler sur le détournement du miracle au XIVème siècle.
Pardon, mais qui êtes vous ?? Désolé mais je vais me permettre de ne pas trop suivre vos conseils qui ne m'inspirent guère. Je pense au contraire que cette pièce a une fonction didactique et non pas seulement divertissante. Placere et docere. "la vierge qui recommande à ses clercs de lui chanter des rondels" vous voulez dire ses anges plutôt non ? Désolé mais votre réflexion ne me plait pas trop… Peut-être suis-je totalement en tort, mais je préférerais attendre un autre avis que le vôtre, qui ne me semble pas très pertinent…. Désolé. Ou alors pourriez vous étayer votre propos un peu plus ? Car pour l'instant vos réponses sont au moins aussi fades que mon plan.

Dans l'attente de votre réponse, je vous souhaite une très bonne soirée.
Pardon, mais qui êtes vous ??
Avant qu'il ne te réponde plus en détail, je peux déjà te préciser que Jacques est un professeur de lettres expérimenté.
D'accord… pour l'instant ce qu'il me dit ne correspond pas vraiment aux maigres informations que m'a donné mon professeur (spécialiste de la littérature médiéval, même si je n'aime pas bien les arguments d'autorités)

Par ailleurs le mensonge a bien une place centrale dans le Miracle de l'abbesse grosse… Pour le coup il suffit juste de lire la pièce pour le comprendre…..

De fait, je reste mitigé sur la réponse donnée, il est difficile de faire la part du vrai et du faux….
D'accord… pour l'instant ce qu'il me dit ne correspond pas vraiment aux maigres informations que m'a données mon professeur (spécialiste de la littérature médiévale, même si je n'aime pas bien les arguments d'autorité)


Il se trouve que Jacques est lui aussi un connaisseur et un passionné de littérature médiévale… Mais bon, attendons sa réponse à ton aimable message ! 🙂
Pourriez-vous éviter de me tutoyer s'il vous plait ?

"lui aussi" ? visiblement vous ne comprenez pas le terme de "spécialiste" qui désigne en fait une personne qui a juste consacré sa vie à l'étude d'une discipline. C'est à dire qu'on est pas champion de natation quand on va a la mer le dimanche, et encore moins quand on confond les méduses avec des bouées.
@blacknote

Waouh, mais quelle agressivité. C’est une drôle de façon que vous avez de vous adresser à des personnes qui ont la gentillesse de prendre le temps et la peine de vous répondre gracieusement.
Si la réponse ne vous convient pas, pourquoi pas en effet le faire savoir, mais alors ayez au moins la courtoisie de le dire gentiment et de remercier la personne pour sa peine.
Il se trouve que je suis tout à fait incapable de vous aider, mais j’avoue que le ton de vos propos m’aurait retiré l’envie de le faire si j’en avais eu la compétence.
Ah oui, c'est un oublie de ma part, que je corrige par mes remerciements.

Pour ce qui est de l'agressivité, je pense n'en avoir fait nullement preuve. J'ai répondu sur le même ton que ce monsieur.
C'est un oubli…que vous corrigez par vos remerciements,soit.
Mais je suis d'accord avec Sofikat. Si vous ne percevez pas la différence de ton entre le message de Jehan, toujours courtois, et le vôtre, je crois que le fait d'avoir consacré votre vie à l'étude d'une discipline vous a ôté le sens des nuances.
Quelle hauteur et quelle prétention !
C'est à dire qu'on n' est pas champion de natation quand on va a la mer le dimanche, et encore moins quand on confond les méduses avec des bouées.
C'est charmant. Merci pour eux.
Mépris, agressivité (si, si…), autosuffisance… on cumule ! 😀

À qui crois-tu avoir à faire, blacknote, sur ce forum ?
Quand quelqu'un comme Jacques consacre du temps à te répondre, tu pourrais au minimum être poli, le remercier et lui faire confiance - et au besoin consulter un peu ses autres interventions pour connaître son niveau.

Après, si tu crois savoir mieux que lui, pourquoi viens-tu ici ?
Un peu d'humilité et de politesse ne peuvent nuire.

Quant au « monsieur », le nombre de ses messages, la qualité de ses interventions et son statut de modérateur auraient dû t'aiguiller… 😜
Eh bien voici notre étudiant en littérature médiévale rhabillé pour l'hiver. 😉
désolé mais l'intervention de Jacques n'a ici rien de pertinent, je me suis entretenu avec mon professeur qui m'a déconseillé de suivre ses conseils. Donc je vous remercie à tous pour l'aide précieuse (si si) que vous m'avez apporté, mais je vous laisse à vos analyses de textes et autres dissertations 🙂
l'aide précieuse (si si) que vous m'avez apportée
Merci, c'est gentil de remercier.
Bon, j'arrive après la bataille, mais en effet, je n'ai jamais prétendu être spécialiste de quoi que ce soit au sens universitaire du terme, mais simple amateur (ce en quoi je me répète).
Je persiste à penser que l'œuvre que vous étudiez n'est qu'un habile croisement du miracle et du fabliau, et qu'avant toute étude d'une œuvre médiévale, il est du plus grand intérêt de connaître les conditions de sa production et le public pour lequel elle est destinée. Maintenant, rien n'empêche de lui trouver d'autres dimensions. On peut tout à fait étudier la catharsis dans les chansons de Lady Gaga, par exemple ; moi, je ne m'aventure pas si loin, je suis un petit esprit.
Que n'avez-vous d'abord demandé de l'aide à votre professeur ???

Sur les mensonges : bien sûr que l'abbesse ne va pas d'emblée avouer sa liaison et que les sœurs ne vont pas se vanter d'aller le dire à l'évêque, mais ces mensonges (momentanés) sont nécessaires pour qu'il y ait une intrigue, donc un spectacle !!!
Vous vous contredites, je croyais qu'il n'y avait AUCUN mensonge dans cette pièce… pfff

Je vous invite justement à commenter un peu plus les chansons de lady Gaga, et moins la littérature médiévale qui ne s'en portera que mieux…. Mais bien sûr vous être libre de faire tout les contre-sens que vous voulez.

Encore merci pour votre aide, je vous souhaite à tous de très bonnes lectures.
Eh bien VOUS AUSSI.

Rédigez donc un paragraphe de votre étude, au choix, et postez-le.

Si vous êtes toujours là, on peut reprendre votre plan à tête reposée, les points de vue ne sont pas si éloignés que cela… Par contre, il me semble difficile de parler de pitié que pourrait avoir ici le spectateur ; quant à la notion de salut, elle n'est pas vraiment spiritualisée : l'abbesse va faire son salut dans l'au-delà, bien sûr, mais avant tout dans ce monde, par sa promotion sociale, et son fils aussi. Quelle dure pénitence ! D'autre part, l'intervention de la Vierge ne produit pas à mon avis une édification très grande ; elle joue plutôt le rôle de deus ex machina dans un genre devenu tout à fait convenu au quatorzième siècle, et pour un public prévenu.
Blacknote a écrit :Vous vous contredites
Ce n'est pas "Vous vous contredisez", plutôt ?
Désolé de vous contredire ! 😉
Merci Jehan, j'ai effectivement fait une faute, que je vais corriger, j'écris vite et je ne me relis que peu.
"Si vous êtes toujours là, on peut reprendre votre plan à tête reposée, les points de vue ne sont pas si éloignés que cela… Par contre, il me semble difficile de parler de pitié que pourrait avoir ici le spectateur"
Pour la pitié, je me réfère aux deux prières adressées à Marie, en début et en fin de pièce, qui sont les deux seuls passages pathétiques du Miracle. Vous ne pensez pas ? et j'ai utilisé la catharsis d'Aristote pour commenter un passage où l'on voit la psychomachie du personnage, psychomachie qui est censée illustrer le personnage ni trop bon, ni trop mauvais auquel le spectateur peut s'identifier (je vulgarise Aristote tant bien que mal) j'ai peur de forcer un peu cette analyse, mais mon prof m'a dit que cette pièce avait une visée cathartique, donc je cherche à tâton… Qu'en pensez vous ?
"quant à la notion de salut, elle n'est pas vraiment spiritualisée : l'abbesse va faire son salut dans l'au-delà, bien sûr, mais avant tout dans ce monde, par sa promotion sociale, et son fils aussi. Quelle dure pénitence ! D'autre part, l'intervention de la Vierge ne produit pas à mon avis une édification très grande ; elle joue plutôt le rôle de deus ex machina dans un genre devenu tout à fait convenu au quatorzième siècle, et pour un public prévenu."
je suis d'accord, je ne voulais effectivement pas parler du salut de l'âme, je me suis mal exprimé, mais bien de sa promotion et du pardon accordé par Marie. Par contre je ne suis pas d'accord pour l'aspect "conventionnel" de l'intervention de Marie (si j'ai bien compris ce que vous vouliez dire). Pour moi, cette intervention mariale est édifiante car elle n'arrive qu'après la repentance et la contrition de l'abbesse: la vierge intercède pour le pêcheur repenti, et non pas pour jojo le clodo qui vole, ment et tue, et qui dort sur ses deux oreilles. De plus les analystes soulignent que la Vierge veille tout particulièrement sur les membres du clergé, ce qui constitue encore un message édifiant: le clergé est placé sous l'aile protectrice de la vierge.

Je vous enverrais par mp un axe ou un sous-axe si vous voulez. Merci beaucoup pour votre message.
Je ne puis vous répondre en détails pour le moment.
Nous reprendrons cela demain.
Ni bouée, ni méduse, je suis moi.