Le mot "poète" pris dans un sens péjoratif ou ironique

Langue française

9 réponses

Bescherelle · L'essentielBac français 2027Fiches bac françaisBrevet 2027
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J''ai entendu et lu souvent le mot "poète" dans un sens péjoratif ou ironique . Un personnage excentrique .Un poète pour désigner un doux rêveur, une personne dans la lune. Quelqu'un qui semble absent et ne pas comprendre des reproches qui le désignent.

Je viens de lire "Nicolo-Peccavi" (1926) d'Armand Lunel. Au paragraphe "une nuit historique" , "la fin de la nuit", le narrateur s'inquiète d'un promeneur de la nuit, qui se trouvera être son ennemi Nicolo-Peccavi :

"Flâner dans Carpentras vers une heure ou deux du matin ! Quel drôle de goût, à moins d'être poète ! Un poète à Carpentras ! Oh ! l'ami !"

Jacques Brel cite également un "poète de Carpentras" dans sa chanson "le gaz".

https://www.parolesmania.com/paroles_jacques_brel_11660/paroles_le_gaz_397431.html

Et puis chez toi ya l'plombier
Et y l'bedeauet y a l'facteur
Le docteur qui fait le café
Le notaire qui sert les liqueurs
Ya la moitié d'un artilleur
Y a un poète de Carpentras
Il y a quelques flics oui
Et puis y a même ma soeur
Et tout ça est là pour le gaz


En fait Brel chante clairement :

Et puis la main de ma sœur.

Ainsi libellé sur d'autres sites internet.

Et pourtant la ville a connu de vrais poètes au sens noble: Pétrarque, Jean-Henri Fabre…

Est-ce vraiment un compliment que de se faire désigner comme un poète ?
Pierre Seghers a bien été élève à Carpentras ?
Frydman Charles a écrit : une personne dans la lune.
Tout poète qui se respecte est un Pierrot lunaire.
floreale a écrit :Pierre Seghers a bien été élève à Carpentras ?
Oui :

https://fr.wikipedia.org/wiki/Pierre_Seghers

« Au Collège de Carpentras, Hugo, Racine (Bérénice surtout), Musset me furent des révélations, des feux d’artifices dans la nuit des études. Je devins bientôt le plus jeune assidu de la Bibliothèque Inguimbertine ».
Tout poète qui se respecte est un Pierrot lunaire
Armand Lunel a un nom prédestiné pour être lui-même un Pierrot lunaire.
Voilà une citation de Hugo que j'aime :
"Poètes, il ne suffit pas de s’élever ; il faut encore savoir ce qu’on fait là-haut, ce qu’on veut et où l’on va. II y a des esprits qui s’élèvent sans ailes visibles, c’est-à-dire sans génie réel, seulement parce qu’ils sont en eux je ne sais quoi de subtil qui les enfle et les rend légers. Coupez ce fil qui les attache à la terre et qu’on appelle le bon sens, les voila qui passent, ils montent, ils montent si haut qu’ils se perdent".
Ah ! Que j'aime Hugo !
Trop compréhensible pour moi… 😂
Juste ce qu'il me faut. 😂
Par la pensée analogique et symbolique, par l'illumination lointaine de l'image médiatrice, et par le jeu de ses correspondances, sur mille chaînes de réactions et d'associations étrangères, par la grâce enfin d'un langage où se transmet le mouvement même de l'Être, le poète s'investit d'une surréalité qui ne peut être celle de la science. Est-il chez l'homme plus saisissante dialectique et qui de l'homme engage plus ? Lorsque les philosophes eux-mêmes désertent le seuil métaphysique, il advient au poète de relever là le métaphysicien ; et c'est la poésie alors, non la philosophie, qui se révèle la vraie "fille de l'étonnement", selon l'expression du philosophe antique à qui elle fut le plus suspecte.
Saint-John Perse, Discours de Stockholm, éd. NRF Gallimard (Pléiade) p. 444.