Différence entre "frustré" et "déçu"

Langue française

18 réponses

Bescherelle · L'essentielBac français 2027Fiches bac françaisBrevet 2027
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B.jour tout le monde.

J'arrive pas à faire la différence entre:

- une personne frustrée et une personne déçue.(avec exemple svp).

Merci d'avance
Bonjour,

Pour moi,
La déception : Ce qu'on a n'est pas à la hauteur de ce à quoi on s'attendait/ce qu'on désirait.
Frustration : sentiment de déception + colère.

Je dirais que la déception est plus passive que la frustration. Dans la frustration, il y a un sentiment très particulier d'énergie qu'on souhaitait placer quelque part et qu'on doit finalement garder pour soi, qui se transforme en colère.

Ce n'est que mon interprétation.
Je dirais pour ma part que "frustré" exprime une situation de privation de quelque chose , tandis que "déçu" n'exprime que le sentiment qui en résulte.
On est frustré de ne pouvoir faire quelque chose à l'avenir :
"Je suis frustré de ne pouvoir aller au Maroc."

Mais on est déçu par une action/situation passée ou présente :
"Je suis déçu par mon voyage au Maroc." 😉
On est frustré de ne pouvoir faire quelque chose à l'avenir.
Non, pas forcément.
On peut être frustré d'une chose qu'on n'a pas obtenue auparavant :
Frustré de ne pas avoir été grand dignitaire à la proclamation de l'Empire, Talleyrand n'a cessé d'œuvrer en ce sens. (D. de Villepin)
Quelles sont tes sources ?
Talleyrand œuvre pour être grand dignitaire à l'avenir. 😉
Et ne pas avoir été dignitaire, c'est un verbe au futur ?
Il est frustré de ne pas avoir été dignitaire, il n'est pas frustré de ne pouvoir l'être à l'avenir.
Il me semble évident que l'on est frustré de ne pouvoir obtenir ou faire quelque chose à l'avenir, même si le point de départ est passé. Talleyrand espérait devenir grand dignitaire à l'avenir. Il a été frustré de ne pas le devenir.

Par contre, la déception semble impliquer une vue rétrospective sur le passé, même si le point de départ est futur. On pourrait imaginer par exemple : "Talleyrand sera déçu par les avantages qu'il espérait obtenir avec son titre de grand dignitaire." 😉
Il me semble que la différence tient moins au moment où l'on éprouve le sentiment qu'à sa nature.

Il me semble que dans frustré, s'ajoute le sentiment d'une injustice qui n'est pas forcément présent dans déçu.
On peut être déçu par la note à un devoir, le résultat d'un concours, tout en reconnaissant que l'échec est justifié. Il y a une tristesse dans la déception que je ne reconnais pas dans la frustration.
Je vois plutôt dans le fait d'être frustré, en plus du regret de n'avoir pu obtenu le but recherché une forme de ressentiment, une certaine aigreur.
Je précise quand même que c'est un avis tout personnel et que je ne suis pas allée chercher des références dans un dictionnaire.
Spalding a écrit :Il me semble évident que l'on est frustré de ne pouvoir obtenir ou faire quelque chose à l'avenir, même si le point de départ est passé.
Talleyrand espérait devenir grand dignitaire à l'avenir. Il a été frustré de ne pas le devenir.
Talleyrand n'envisageait pas un avenir perçu d'emblée comme frustrant (comme c'est le cas pour ton futur voyage irrémédiablement impossible au Maroc), il travaillait à combler une frustration passée et ne partait pas battu d'avance. D'ailleurs, il a été grand dignitaire plus tard !
La différence est de taille.
Gabiana a raison, la nuance entre "déçu" et "frustré" ne tient pas au moment (passé ou futur).
Je répète la phrase en question : "Frustré de ne pas avoir été grand dignitaire à la proclamation de l'Empire, Talleyrand n'a cessé d'œuvrer en ce sens."

Lors de la proclamation de l'Empire, Talleyrand a été frustré de ne pouvoir être grand dignitaire dans un avenir proche (juste après). Bien sûr, il fera ensuite tout pour obtenir ce titre et l'obtiendra finalement (j'extrapole) !

Mais il sera déçu par les avantages passés obtenus avec ce titre de grand dignitaire.


Moi, je suis allé au Maroc, dans une famille marocaine même ! Mais monsieur Untel est par contre frustré de ne pouvoir aller au Maroc à l'avenir, du moins le pense-t-il.

Il ira quand même au Maroc, mais sera déçu par son voyage (effectué dans le passé). 😉
Lors de la proclamation de l'Empire, Talleyrand a été frustré de ne pouvoir être grand dignitaire dans un avenir proche (juste après)
On peut voir les choses autrement : lors de la proclamation de l'Empire, Talleyrand a été frustré de n'être pas nommé grand dignitaire (juste à ce moment du passé où la nomination lui passe sous le nez).
Il ira quand même au Maroc, mais sera déçu par son voyage (effectué dans le passé).
Et s'il se trouvait que le monsieur n'ait pu vraiment pas y aller ?
Après, il serait simplement déçu de ne pas avoir pu, et il cesserait d' être frustré ?

On n'est pas seulement frustré de ce qu'on n'a pas encore…
On peut très bien l'être aussi de ce qu'on n'a pas pu avoir.
Cette nomination n'intéresserait vraisemblablement pas Talleyrand si elle n'était suivie d'aucun effet ou avantage ! Sinon, il ne serait pas frustré.

Et ces avantages ne peuvent se produire immédiatement, seulement à l'avenir, même si cet avenir commence dès sa nomination !

Ton interprétation est sinon défendable. Mais ce n'est pas ainsi qu'on voit spontanément les choses dans la phrase en question : "Frustré de ne pas avoir été grand dignitaire à la proclamation de l'Empire, Talleyrand n'a cessé d'œuvrer en ce sens." En effet, la frustration de Talleyrand apparait en premier (présent dans le passé), ensuite sa situation de grand dignitaire (avenir proche escompté), enfin les efforts qu'il fera pour obtenir ce titre (avenir plus lointain). Nous voyons alors bien que la frustration de Talleyrand est liée à la situation de grand dignitaire qu'il espérait à l'avenir, même si cet avenir aurait commencé dès sa nomination (lors de la proclamation de l'Empire). D'ailleurs, la nomination elle-même n'est pas envisagée dans cette phrase, seulement la situation consécutive : "été grand dignitaire".


Prenons une autre phrase : "Monsieur Untel est frustré de ne pouvoir aller au Maroc." On pourrait bien sûr dire qu'il est frustré par l'annonce (passée) qu'il ne pourra aller au Maroc.

Mais comme pour la phrase avec Talleyrand, l'ordre des mots met en relation la frustration avec le voyage envisagé à l'avenir. Et il n'est pas fait allusion à cette annonce qu'il ne pourra y aller, seulement au voyage lui-même : "aller au Maroc". Ce voyage n'aurait bien sûr pu avoir lieu qu'à l'avenir ! 😉
Jehan a écrit :
Spalding a écrit :Il ira quand même au Maroc, mais sera déçu par son voyage (effectué dans le passé).
Et s'il se trouvait que le monsieur n'ait pu vraiment pas y aller ?
Après, il serait simplement déçu de ne pas avoir pu, et il cesserait d' être frustré ?

On n'est pas seulement frustré de ce qu'on n'a pas encore…
On peut très bien l'être aussi de ce qu'on n'a pas pu avoir.
Monsieur X est frustré / déçu de n'avoir pu aller au Maroc.
Dans leurs expériences de laboratoire, les chimistes et physiciens essaient de réduire les interférences perturbatrices. En grammaire, cela équivaudrait à n'envisager que des phrases avec une seule proposition principale, entre autres.

Les phrases analysées jusqu'à présent ne comportaient qu'une seule proposition principale. Elles faisaient bien apparaitre un lien entre la déception et le passé achevé, la frustration et l'avenir escompté.

En suivant Jehan dans son dernier message, j'ai imaginé la phrase suivante : "Son voyage au Maroc a déçu monsieur Untel, et il n'est donc pas frustré de ne pouvoir y retourner." Ici, la frustration apparait tiraillée entre le passé (voyage effectué) et l'avenir (voyage éventuel). Cela dit, nous avons affaire à deux propositions principales, qui pourraient constituer deux phrases séparées. En plus, le verbe "frustrer" est ici négatif, ce qui ne le met pas vraiment en valeur. Bref, nous ne réalisons pas les conditions d'une expérience en laboratoire. Il se produit des interférences !


Voyons maintenant l'exemple de Jehan : "Monsieur Untel est frustré/déçu de n'avoir pu aller au Maroc." On conçoit bien qu'il soit déçu de n'avoir pu le faire, en relation avec le passé. Si je suis mon Larousse, "décevoir" implique "ne pas répondre à l'attente, aux espoirs de quelqu'un". Dans l'exemple du Larousse "Il nous a déçus en refusant", la déception est liée au refus (passé).

Toujours dans l'exemple de Jehan, le verbe "frustrer" est de nature psychologique. En suivant encore mon Larousse, je lis : "Frustrer est mettre quelqu'un dans un état de frustration." / "Frustration : tension psychologique engendrée par un obstacle qui empêche le sujet d'atteindre un but ou de réaliser un désir." On voit bien alors que la frustration est liée au but inaccessible, lequel but implique bien sûr l'avenir.

Dans la phrase "Monsieur Untel est frustré/déçu de n'avoir pu aller au Maroc", le verbe "décevoir" me parait donc beaucoup plus adéquat que "frustrer", puisque le voyage aurait eu lieu dans le passé. Mais s'il s'agit de l'avenir projeté, le verbe "frustrer" est tout indiqué : "Monsieur Untel est frustré de ne pouvoir aller au Maroc."
Spalding a écrit : En suivant encore mon Larousse, je lis : "Frustrer est mettre quelqu'un dans un état de frustration." / "Frustration : tension psychologique engendrée par un obstacle qui empêche le sujet d'atteindre un but ou de réaliser un désir." On voit bien alors que la frustration est liée au but inaccessible, lequel but implique bien sûr l'avenir.
Soit, l'avenir par rapport à un premier point, mais cet avenir peut appartenir aujourd'hui au passé.
Spalding a écrit : Si je suis mon Larousse, "décevoir" implique "ne pas répondre à l'attente, aux espoirs de quelqu'un". Dans l'exemple du Larousse "Il nous a déçus en refusant", la déception est liée au refus (passé).
Mais non. Puisqu'il avait attente, cela concernait aussi l'avenir par rapport à un premier point. Et cet avenir est aujourd'hui dans le passé.
Sur le plan temporel, c'est exactement la même chose que pour "frustrer".
En revanche, il y a bien sûr d'autres nuances.
Tout à fait d'accord sur le fait qu'il peut s'agir d'un avenir dans le passé ! Pour la phrase sur Talleyrand (message 13), j'avais parlé du présent dans le passé pour le premier verbe. Cette phrase n'implique d'ailleurs que le passé.

Simplement, dans ce passé, la frustration précède le but inaccessible au moins provisoirement (futur dans le passé). Elle implique par conséquent l'avenir dans le passé.

Toujours dans le passé, la cause précède la déception (futur dans le passé). La déception est donc liée à une cause la précédant. Elle implique ici le passé dans le passé !

C'est la succession ou l'enchainement qu'il faut considérer, pas si cela se produit dans le passé ou le futur ! 😉
Simplement, dans ce passé, la frustration précède le but inaccessible au moins provisoirement (futur dans le passé).
Non, pas du tout. D'abord, je ne pense pas que le but soit connu à l'avance comme inaccessible. Il y a un but, un événement, et celui-ci sera ou ne sera pas atteint, celui-là aura ou n'aura pas lieu à la date espérée. La frustration suit, comme la déception, la date du but manqué ou de l'événement qui ne s'est pas produit contrairement aux attentes. D'ailleurs, on se demande comment la frustration pourrait précéder le temps prévu pour l'événement, avant de savoir s'il aura lieu ou non.