Choix de l’article : il est (le / un) fondateur d’agences immobilières.

Langue française

107 réponses · Page 2 / 6

Je peux bien dire : "Raymond Loucheur est l'auteur de symphonies, de mélodies et de pièces de musique de chambre" sans sous-entendre quoi que ce soit d'autre, vu qu'en disant cela, je fais à peu près le tour de sa production musicale…
leurs destinataires rajoutent bien sûr des sous-entendus,
Tu es dans la tête des destinataires ?
Tout le monde n'a pas ton cerveau…
Jacques a écrit :Je peux bien dire : "Raymond Loucheur est l'auteur de symphonies, de mélodies et de pièces de musique de chambre" sans sous-entendre quoi que ce soit d'autre, vu qu'en disant cela, je fais à peu près le tour de sa production musicale…
Tout dépend à nouveau du contexte ! Il est peu vraisemblable que Raymond Loucheur soit le seul auteur des réalisations en question. Il faut alors rajouter un sous-entendu selon le contexte en cause. Ce sous-entendu sera par exemple "parmi les personnes que nous connaissons ou dont nous parlons".

En fait, je ne comprends pas pourquoi mon interprétation suscite de telles oppositions ! Comme déjà dit, les sous-entendus sont monnaie courante en français : "Elle dort [dans un lit]", "Elle mange [de la nourriture]", "Elle nage [dans l'eau]", "Le film [que nous voyons] est passionnant", etc. Rien de plus banal dans notre subtile langue ! 🙄
Oui, les sous-entendus, les ellipses, merci, on sait ce que c'est…
Mais le sous-entendu que tu rajoutes à la phrase de Jacques n'est nullement nécessaire pour justifier l'article défini ici.
Les compléments précisent de quelles sortes de productions Loucheur est l'auteur, c'est tout.
Tout le monde rajoute inconsciemment un sous-entendu à la phrase en question. Sinon, il faudrait supposer avec l'article défini "le" que Raymond Loucheur est le seul auteur des réalisations en question. Même une personne peu cultivée ne prendrait pas le risque de l'affirmer. Par contre, si le sous-entendu est par exemple "parmi les personnes que nous connaissons ou dont nous parlons" (selon le contexte), le risque est moindre !

De même, quand on entend "Elle mange", tout le monde rajoute inconsciemment "de la nourriture". Inutile de préciser que ce n'est pas de l'acier ! 😜
Je maintiens que dans ma phrase, il n'y a pas de sous-entendu. Je peux dire aussi bien : "R. Loucheur est un auteur de symphonies, de mélodies, etc…". C'est ici un choix stylistique. Je préfère du reste la phrase avec les articles définis.
C'est très vilain, Jacques, de persister à utiliser comme ça, sans sous-entendu, un "article défini sémantiquement pas crédible" ! 😜
@ Jacques

Si vous utilisez l'article indéfini (un), vous insistez alors sur le fait que ce n'est qu'un auteur parmi d'autres (ensemble).

L'article défini (le) implique par contre une idée de spécificité, celle-ci ne pouvant exister que dans un ensemble réduit. Avec l'article défini, Raymond Loucheur ne peut donc être l'auteur de symphonies ou de mélodies que dans un sous-ensemble de l'ensemble des auteurs. Personne ne peut en effet supposer que c'est le seul auteur de symphonies ou de mélodies !

Dans une conversation, ce sera par exemple le sous-ensemble formé par les auteurs que nous connaissons ou dont nous avons entendu parler. Cela est sous-entendu, n'est même pas conscient chez le locuteur ou son destinataire. Il est inutile de le préciser, de même que personne ne précisera que c'est de la nourriture que mange untel ou untel ! 😉
Tu as vraiment une vue trop rigide, trop stricte, du sens de l'article défini…
Son emploi ici ne sous-entend pas vraiment ce que tu persistes à soutenir.
Autre exemple : "Un film est passionnant." Avec l'article indéfini, c'est un film parmi tous les films (ensemble).

Par contre, "Le film est passionnant" implique un sous-ensemble de l'ensemble des films. Ce sous-ensemble comprend ici le film vu : "Le film [que nous voyons] est passionnant." Bien sûr, "que nous voyons" est sous-entendu et n'a aucun besoin d'être précisé ! 😉
Ici, tu retombes sur la distinction générale défini/indéfini, que nous connaissons tous. Mais celle-ci n'est pas nécessairement valable dans tout contexte. C'est ce qui fait la richesse d'une langue.
La différence que je vois entre "R. Loucheur est l'auteur…" et "R. Loucheur est un auteur…", c'est que dans le second cas, je marque davantage le choix que je fais de parler de cet auteur, au début d'un exposé, par exemple ; je ne l'envisage pas par référence à d'autres compositeurs.
Tiens, par contre, je ne peux pas dire : *"R. Loucheur est le compositeur de symphonies et de mélodies." ; ici, il me faudrait un complément : "…peut-être le moins connu…"
Comme quoi ce n'est qu'une affaire d'usage.
Et on ne peut pas dire non plus : *"Barjavel est l'auteur de science-fiction".
Jacques a écrit :La différence que je vois entre "R. Loucheur est l'auteur…" et "R. Loucheur est un auteur…", c'est que dans le second cas, je marque davantage le choix que je fais de parler de cet auteur, au début d'un exposé, par exemple ; je ne l'envisage pas par référence à d'autres compositeurs.
Vous apportez de l'eau à mon moulin ! Avec l'article indéfini "un", Loucheur est un auteur parmi tous les auteurs. Quand vous choisissez de parler de cet auteur plutôt qu'un autre, vous envisagez forcément l'ensemble des auteurs, pas seulement un sous-ensemble plus restreint et défini (message 28).

Jacques a écrit :Tiens, par contre, je ne peux pas dire : *"R. Loucheur est le compositeur de symphonies et de mélodies." ; ici, il me faudrait un complément : "… peut-être le moins connu…" Comme quoi ce n'est qu'une affaire d'usage. Et on ne peut pas dire non plus : *"Barjavel est l'auteur de science-fiction."
Ces deux phrases sont correctes grammaticalement, mais supposent qu’il n’existe pas d’autres compositeurs ou d’autres auteurs dans les domaines considérés. Si vous m'avez bien lu (messages 8 et suivants), il existe alors des sous-entendus qui restreignent le champ considéré, forment des sous-ensembles. Le sous-entendu "peut-être le moins connu" n’est pas vraisemblable. Il ne peut que s’énoncer explicitement. Par contre, on pourrait ajouter "bien connu", "très apprécié" ou "dont nous avons parlé" comme sous-entendu. Idem pour "Barjavel est l'auteur de science-fiction". Le sous-entendu précis dépend du contexte général ! 😉
Si l'on ne peut pas dire "Barjavel est l'auteur de science-fiction", c'est sans doute parce que le complément ne désigne pas directement un objet créé. En revanche, on peut dire - je pense que Jacques sera d'accord - "Barjavel est l'auteur de romans de science-fiction" ou "Untel est l'auteur de films de science-fiction".
Cela ne me parait pas vraiment incorrect. Imaginons par exemple la question : "Qui est l'auteur de science-fiction ?"

La réponse serait alors : "Barjavel est l'auteur de science-fiction." 😉
La réponse serait plutôt : L'auteur de science-fiction est Barjavel.

Et pour la question De quoi Barjavel est-il l'auteur ?
la réponse serait : Barjavel est l'auteur de romans de science-fiction.
Si l'on peut dire "L'auteur de science-fiction est Barjavel", l'inverse ne me semble pas incorrect.

Cela me fait penser à "La capitale de la France est Paris", que l'on peut aussi inverser. 😉
Rebonjour et un grand merci pour vos échanges qui m'ont apporté des éléments de réflexion que je n'avais pas envisagés. La question des articles est vraiment très complexe. Merci encore.
Dis seulement que je suis le meilleur, Sacados.
Cela flattera mon égo ! 😜
Est-ce que le mieux ne serait pas l'ennemi du bien ? 😀
Un peu d'humour est toujours bienvenu après ces échanges d'une aridité suffocante ! 😉