Balzac, Le Chef-d’œuvre inconnu - Entrez, entrez, leur dit le vieillard rayonnant de bonheur…

Entraide scolaire

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Bescherelle · L'essentielBac français 2027Fiches bac françaisBrevet 2027
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Bonjour à tous 😀
Je suis actuellement en 2ème année de Licence de Lettres et cette année en littérature je travaille sur plusieurs livres dont le Chef d'Oeuvre Inconnu. Il faut impérativement rendre un commentaire composé pour ma note de contrôle continu, j'ai donc choisi de le rendre sur l'excipit de ce livre-là car c'est celui qui m'a le plus plu, et que j'aime beaucoup cette réflexion sur l'art. L'ennui c'est que la date butoir est le 4 février, il faut donc que je commence à réfléchir sur le texte alors que je n'ai pas encore eu de cours sur le livre :/ Globalement j'estime m'en sortir plutôt bien en commentaire, cependant je mets souvent très longtemps à trouver un plan valable et vu le délai je ne peux pas me permettre de tergiverser, je fais donc appel à ce forum sur lequel je viens souvent glâner quelques réponses en tant qu'invité 🙄

Voici l'extrait que je dois travailler :
- Entrez, entrez, leur dit le vieillard rayonnant de bonheur. Mon œuvre est parfaite, et maintenant je puis la montrer avec orgueil. Jamais peintre, pinceaux, couleurs, toile et lumière ne feront une rivale à Catherine Lescault, la belle courtisane.
En proie à une vive curiosité, Porbus et Poussin coururent au milieu d'un vaste atelier couvert de poussière, où tout était en désordre, où ils virent çà et là des tableaux accrochés aux murs. Ils s'arrêtèrent tout d'abord devant une figure de femme de grandeur naturelle, demi-nue, et pour laquelle ils furent saisis d'admiration.
- Oh! ne vous occupez pas de cela, dit Frenhofer, c'est une toile que j'ai barbouillée pour étudier une pose, ce tableau ne vaut rien. Voilà mes erreurs, reprit-il en leur montrant de ravissantes compositions suspendues aux murs, autour d'eux.
A ces mots, Porbus et Poussin, stupéfaits de ce dédain pour de telles œuvres, cherchèrent le portrait annoncé, sans réussir à l'apercevoir.
- Eh! bien, le voilà! leur dit le vieillard dont les cheveux étaient en désordre, dont le visage était enflammé par une exaltation surnaturelle, dont les yeux pétillaient, et qui haletait comme un jeune homme ivre d'amour. Ah! ah! s'écria-t-il, vous ne vous attendiez pas à tant de perfection! Vous êtes devant une femme et vous cherchez un tableau. Il y a tant de profondeur sur cette toile, l'air y est si vrai, que vous ne pouvez plus le distinguer de l'air qui nous environne. Où est l'art? perdu, disparu! Voilà les formes mêmes d'une jeune fille. N'ai-je pas bien saisi la couleur, le vif de la ligne qui paraît terminer le corps? N'est-ce pas le même phénomène que nous présentent les objets qui sont dans l'atmosphère comme les poissons dans l'eau? Admirez comme les contours se détachent du fond? Ne semble-t-il pas que vous puissiez passer la main sur ce dos? Aussi, pendant sept années, ai-je étudié les effets de l'accouplement du jour et des objets. Et ces cheveux, la lumière ne les inonde-t-elle pas?.. Mais elle a respiré, je crois!… Ce sein, voyez? Ah! qui ne voudrait l'adorer à genoux? Les chairs palpitent. Elle va se lever, attendez.
- Apercevez-vous quelque chose? demanda Poussin à Porbus.
- Non. Et vous?
- Rien.
Les deux peintres laissèrent le vieillard à son extase, regardèrent si la lumière, en tombant d'aplomb sur la toile qu'il leur montrait, n'en neutralisait pas tous les effets. Ils examinèrent alors la peinture en se mettant à droite, à gauche, de face, en se baissant et se levant tour à tour.
- Oui, oui, c'est bien une toile, leur disait Frenhofer en se méprenant sur le but de cet examen scrupuleux. Tenez, voilà le châssis, le chevalet, enfin voici mes couleurs, mes pinceaux.
Et il s'empara d'une brosse qu'il leur présenta par un mouvement naïf.
- Le vieux lansquenet se joue de nous, dit Poussin en revenant devant le prétendu tableau. Je ne vois là que des couleurs confusément amassées et contenues par une multitude de lignes bizarres qui forment une muraille de peinture.
- Nous nous trompons, voyez?… reprit Porbus.
En s'approchant, ils aperçurent dans un coin de la toile le bout d'un pied nu qui sortait de ce chaos de couleurs, de tons, de nuances indécises, espèce de brouillard sans forme; mais un pied délicieux, un pied vivant! Ils restèrent pétrifiés d'admiration devant ce fragment échappé à une incroyable, à une lente et progressive destruction. Ce pied apparaissait là comme un torse de quelque Vénus en marbre de Paros qui surgirait parmi les décombres d'une ville incendiée.
- Il y a une femme là-dessous, s'écria Porbus en faisant remarquer à Poussin les couches de couleurs que le vieux peintre avait successivement superposées en croyant perfectionner sa peinture.
(Oui, il est assez long, ahah)

En tous les cas j'ai déjà commencé à réfléchir - je ne me permettrais pas de venir poster ici avant d'avoir épuisé les ressources de mon cerveau pour ce soir 😀 - et j'ai réussi à définir une ébauche de plan, que voici :
  • I) Une œuvre soignée et travaillée
    a. Un peintre en proie à l’excitation
    (la Peinture rapprochée de l’amour, la vision méliorative par Frenhofer, champ lexical de l’excitation, exclamations, tirade expressive… etc)
    b. Une étude théorique très conséquente
    (Frenhofer à la recherche de la perfection, de retranscription parfaite de la réalité, éléments qui traduisent le temps passé à étudier…)
    c. Une œuvre qui semble animée aux yeux de Frenhofer
    (éléments surnaturels, peinture vivante → personnage qui frôle la folie ?)
  • II) ?
  • III) Mais un travail excessif qui s’avère être un échec
    a. La vision de Porbus et Poussin qui s’oppose à celle de Frenhofer
    (des tableaux qualifiés « d’erreurs » par F. qui paraissent admirables aux deux autres peintres, puis la description péjorative du tableau de Catherine Lescault)
    b. Un bouleversement brutal dans l’intrigue
    (la rupture marquée par le « Apercevez-vous quelque chose ? – Non »)
    c. La disparition de l’art
    (Phrases qui sous-entendent que l’art a disparu, Frenhofer qui va trop loin dans sa réflexion « lente et progressive destruction »)
Comme vous pouvez le voir je n'ai pas de II), et ma prof a bien précisé qu'un plan avec trois parties et trois sous-parties est fortement conseillé… J'ai l'habitude de ne faire que deux sous-parties, d'où mon problème. Après étude du texte je ne vois pas quoi ajouter, ni quoi mettre comme problématique. (Je pensais à "en quoi ce texte constitue-t'il un retournement de situation ?" mais je l'ai finalement intégré dans le plan…) J'ai l'impression d'avoir peut-être mal agencé mon plan ? En tous les cas je me retrouve bloquée, et j'aurai besoin d'aide pour y voir plus clair, SVP 😀

Merci à tous ceux qui voudront bien m'aider ~


P.S : Ma prof a pas mal insisté sur la présentation du texte, l'ennui c'est que tous les étudiants n'étudient pas le même passage alors je ne suis pas sûre d'avoir des éléments notables dans mon passage ^^' Tout ce que j'ai c'est le nom "Catherine Lescault" en italique, est-ce présent dans toutes les éditions ou juste dans la mienne ?
Mais ce n'est tout à fait la fin que tu proposes.

Ce que tu places en III pourrait devenir le deuxième axe.
En III, je te suggère d'élever le propos et montrer que Balzac utilise ce passage pour montrer sa conception non seulement de la peinture mais de la création artistique en général.
Frenhofer est le personnage central, la figure de l'artiste habité par sa création mais proche aussi de l'être surnaturel et son art à la fin le rapproche de la folie.
Je sais oui, ma prof ne donne jamais tout à fait la fin.
J'ai dis excipit parce qu'il n'y a que deux pages avant la fin et que ça allait plus vite de le dire comme ça ^^" D'ailleurs je suis quand même censée parler de la suite immédiate dans ma conclu 😜

Je dois quand même éditer ?
EDIT : au temps pour moi vous l'avez déjà fait visiblement 🙄



D'accord, je vois. Au final l'agencement actuel ne vous paraît pas mauvais ?
Mais le fait d'élever le propos en III ne me ferait-il pas m'écarter trop du texte ? On me répète à longueur de journée qu'on ne peut rien avancer sans avoir de citation directe du texte :/
mais tu vas t'appuyer sur le texte pour montrer le rapport du peintre avec sa création et sa folie et ce pied, comme une façon d'approcher mais seulement approcher la perfection.
Mais je pensais montrer ce rapport et cette folie dans le I) c) et le fait d'approcher la perfection dans le I) b) 😞 A ce moment-là je me retrouve avec très peu de choses dans ces deux-parties et seulement 2 sous-parties dans mon III) :/
III) Une vision torturée de l’artiste
a. Un peintre touché par la folie
b. Une impossibilité d’atteindre la perfection

Rebonjour par ici ! Je me permets de remonter un peu le sujet car j'ai relu le livre et un peu avancé dans ma réflexion, et je voudrais avoir d'autres avis/conseils/idées sur ce que j'ai fait et ce qu'il me manque. J'aimerais beaucoup avoir le point de vue de plusieurs personnes, si possible 😀

J'ai donc pensé à la problématique suivante :
en quoi ce texte constitue-t’il une mise en garde contre une trop grande réflexion artistique ?
J'aimerais savoir si cette problématique est judicieuse, si elle n'est pas trop large, ne donne pas toute la clé de compréhension du texte trop vite, etc ?

De même, si vous pouviez également me donner votre avis sur mon plan, ça m'aiderait beaucoup, il est donc devenu le suivant :
  • I) Une œuvre soignée et travaillée
    a) Un peintre en proie à l’excitation
    b) Une étude théorique très conséquente
    c) Une œuvre qui semble animée aux yeux de Frenhofer
  • II) Mais un travail excessif qui s’avère être un échec
    a) La vision de Porbus et Poussin qui s’oppose à celle de Frenhofer
    b) Un bouleversement brutal dans l’intrigue
    c) La disparition de l’art
  • III) Une vision de l’art et de l’artiste torturé à travers le personnage de Frenhofer
    a) Un peintre touché par la folie
    b) Une impossibilité d'atteindre la perfection
Je le trouve toujours bancal au niveau du III) :/ Et j'ai peur de me répéter et de n'avoir rien à citer le texte dans le petit b) 😞 En fait j'ai peur de tomber dans la dissertation, sur la fin :/