Bonjour à tous,
Je suis retombé sur une citation très très très connue venant du Portrait de Dorian Gray :
"Le seul moyen de se débarrasser d’une tentation est d’y céder. Essayez de lui résister, et votre âme aspire maladivement aux choses qu’elle s’est défendues."
Citation reprise allègrement partout …
Or, cette citation d'Oscar Wilde vient de la bouche de Lord Henry dans ce roman et ce personnage a une philosophie particulière que l'on pourrait dire immorale, etc. qui conduit Dorian Gray à une vie décadente et tout ce qui suit.
Ne m'y connaissant pas trop sur la vie d'Oscar Wilde : peut-on raccrocher cette citation à sa philosophie personnelle de l'auteur ou faut-il prendre cette citation comme une parole liée à un personnage particulier dans le roman ?
Merci
Il faut toujours prendre les paroles des personnages, de roman ou de théâtre, comme des parole liées aux personnages.
Bien que ne possédant ni l'expertise, ni la légitimité (à répondre) de Delia, je partage sans réserve son avis…
Cela étant, je conseille tout de même à Boétien de se renseigner sur la biographie d'Oscar Wilde.
Comme nous sommes tous préoccupés, je crois, de préservation de la langue française, je profite de ce fil pour mettre en relief la percolation du français par l'anglais, une fois encore.
Primo, underwood affirme ne pas avoir l'expertise pour se prononcer. Je lui conseille vivement d'aller consulter une bonne source (Trésor de la Langue française, par exemple) pour s'assurer du sens de ce mot.
Secundo, la citation d'Oscar Wilde est donnée en français; en d'autres termes, elle a été traduite, et fort mal: il n'est pas d'usage, en français correct, d'utiliser l'impératif pour ce genre de propos — c'est ici, purement et simplement, un anglicisme. Cette erreur gagne chaque jour du terrain, la forme française ("gallicisme") imposant d'utiliser la tournure impersonnelle, et, de manière connexe, l'adjectif possessif de la troisième personne du singulier.
Il ne s'agit pas de châtier mais d'encourager à d'autant plus de rigueur que le contexte linguistique général se dégrade, non seulement en France, mais dans de nombreux pays, Royaume-Uni en tête !
il n'est pas d'usage, en français correct, d'utiliser l'impératif pour ce genre de propos
Vraiment ?
Oignez vilain, il vous poindra,
poignez vilain, il vous oindra…
Ce ne sont pas des impératifs ?
La citation a été raccourcie dans la traduction et le sens en est modifié. L'impératif ne m'ennuie pas du tout en français.
"The only way to get rid of a temptation is to yield to it. Resist it, and your soul grows sick with longing for the things it has forbidden to itself, with desire for what its monstrous laws have made monstrous and unlawful.
BriceC a écrit :Primo, underwood affirme ne pas avoir l'expertise pour se prononcer. Je lui conseille vivement d'aller consulter une bonne source (Trésor de la Langue française, par exemple) pour s'assurer du sens de ce mot
Pan! Grand merci, je n'avais pas conscience de la gravité de cette faute. Tu me laisseras cela dit seule juge de ce que je dois consulter ou non; petit joueur, va. 😉
BriceC a écrit :Il ne s'agit pas de châtier mais d'encourager
Il s'agissait surtout, pour toi, de te pousser du col, non?…
Delia a écrit : il n'est pas d'usage, en français correct, d'utiliser l'impératif pour ce genre de propos
Vraiment ?
Oignez vilain, il vous poindra,
poignez vilain, il vous oindra…
Ce ne sont pas des impératifs ?
— DELIA : Je fais taire mon ego, j'apprends à lire: « (…) pour ce genre de propos (…)».
Or, la capacité à distinguer les cas subtiles est révélatrice de la finesse du locuteur. (Et,
ipso facto, dire «finesse» c'est du même coup évoquer son antonyme.) Nous aurions pu nous arrêter aussi sur la forme interrogative qui, dans le cadre de l'écrit, exige assurément une inversion du verbe et du sujet. Mais c'eût été (
magari !, dit-on en italien) mettre ma détractrice dans l'embarras.
«Il ne s'agit pas de châtier mais d'encourager à d'autant plus de rigueur que le contexte linguistique général se dégrade, non seulement en France, mais dans de nombreux pays, Royaume-Uni en tête !», disais-je. À voir les réactions ici, un nouveau principe se gagne le droit de cité:
La décadence est un fait social que signe l'approbation collective.
Et les sources savantes de s'effacer devant des caprices du genre: «ça ne m'ennuie pas» !
Quel est l'avenir d'un tel forum où le «moi, je…» semble régner en maître?
Enfin, pour vous, Mademoiselle Underwood, qui ignorez même l'usage des formes de politesse: quand on se trompe, on se corrige et l'on remercie celui qui signale l'erreur. Après tout, n'est-ce pas pour ça que vous êtes ici?
BriceC a écrit :Delia a écrit : il n'est pas d'usage, en français correct, d'utiliser l'impératif pour ce genre de propos
Vraiment ?
Oignez vilain, il vous poindra,
poignez vilain, il vous oindra…
Ce ne sont pas des impératifs ?
Je fais taire mon ego, j'apprends à lire: "(…) pour ce genre de propos (…)".
La capacité à distinguer les cas subtiles relève de l'esprit de finesse.
Bien que je ne sois pas l'auteur de cette assertion que je réfute, je précise que ce
genre de propos se nomme l'aphorisme et qu'il est parfaitement codifié. Aucune finesse ici : de la culture littéraire suffit.
Laoshi a écrit :les cas subtils.
Eh ! oui. On tape trop vite et l'on se relit insuffisamment.
BriceC a écrit :Enfin, pour vous, Mademoiselle Underwood, qui ignorez même l'usage des formes de politesse: quand on se trompe, on se corrige et l'on remercie celui qui signale l'erreur. Après tout, n'est-ce pas pour ça que vous êtes ici?
La politesse aurait voulu, BriceC, que tu t'adresses à moi directement, en premier lieu. Ce que tu n'as pas fait. Je t'invite à te relire et, accessoirement, à faire preuve de moins de pédanterie:
BriceC a écrit :Primo, underwood affirme ne pas avoir l'expertise pour se prononcer. Je lui conseille vivement d'aller consulter une bonne source (Trésor de la Langue française, par exemple) pour s'assurer du sens de ce mot
Tu me remercieras en retour; le savoir-vivre se perd, même sur les fora.
J'ajoute qu'en fait de "mademoiselle", tu fais, là encore, erreur. Préjugerais-tu? Mazette, quelle époque!
Pour le reste, si j'interviens ici, c'est surtout pour mon plaisir. Celui de discuter littérature, entre autres. C'est permis, non?