Que désire-t-on ?

Entraide scolaire

3 réponses

Bescherelle · L'essentielBac français 2027Fiches bac françaisBrevet 2027
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Bonjour, je suis étudiante au lycée en terminale L et j'ai une dissertation à rendre pour la semaine prochaine, seulement j'ai un peu de mal, c'est la première que j'ai à faire je ne sais pas comment m'y prendre. Le sujet est "Que désire-t-on?" je ne sais pas comment le problématiser… J'ai fais quelques recherches de méthodes sur internet mais aucune ne m'a vraiment aidé pur problémtiser 😐
Est-ce que quelqu'un pourrait m'aider ou me donner quelques pistes?
Merci beaucoup
Quelques pistes peut-être…

Le désir comme ce qui nous pousse en tant qu'homme à être, à grandir, et à persévérer ("Tout les hommes ont un désir naturel de savoir" Aristote, "ce bien idéal que tout être désire" Lamartine dans "l'Isolement") --> et donc désir à encourager

Le désir comme vouloir ce que nous n'avons pas, ce que nous convoitons chez notre prochain, ce qui est inaccessible (Cet obscur objet du désir de Buñuel, thème présent aussi dans La Peau de chagrin de Balzac). Car si l'objet de notre désir pouvait être immédiatement accessible, il serait alors plaisir et non désir (distinction conceptuelle à faire et à exploiter) --> et donc désir à réprimer

Une question à se poser aussi : le beau est-il désirable? Par exemple, pour Sartre dans L'imaginaire, le beau n'est pas l'objet, le réel, c'est la partie irréelle de l'oeuvre d'art, et, par son irréalité, une personne belle devient "intouchable". La beauté d'une personne tue le désir qu'on a d'elle :"Pour la désirer, il faudra oublier qu'elle est belle" nous dit-il. Pour d'autres, l'art joue justement avec les désirs, car il donne à voir sans donner à goûter réellement (c'est bien ce que souligne Daniel Arasse à propos de la Vénus d'Urbin ou de l'Olympia de Manet).
On désire ce qu'on n'a pas.

Je te propose de lire ce texte :

" Malheur à qui n'a plus rien à désirer ! Il perd pour ainsi dire tout ce qu'il possède. On jouit moins de ce qu'on obtient que de ce qu'on espère et l'on n'est heureux qu'avant d'être heureux. En effet, l'homme, avide et borné, fait pour tout vouloir et peu obtenir, a reçu du ciel une force consolante qui rapproche de lui tout ce qu'il désire, qui le soumet à son imagination, qui le lui rend présent et sensible, qui le lui livre en quelque sorte, et, pour lui rendre cette imaginaire propriété plus douce, le modifie au gré de sa passion. Mais tout ce prestige disparaît devant l'objet lui-même ; rien n'embellit plus cet objet aux yeux de son possesseur, on ne se figure point ce qu'on voit ; l'imagination ne pare plus rien de ce qu'on possède, l'illusion cesse où commence la jouissance. Le pays des chimères est en ce monde le seul digne d'être habité, et tel est le néant des choses humaines, qu'hors l'Etre existant par lui-même il n'y a rien de beau que ce qui n'est pas".


Rousseau : Julie ou La Nouvelle Héloïse. (1761) VI° Partie, LettreVIII.