Peut-on mettre du subjonctif imparfait après "Je ne pense pas que" ?

Langue française

6 réponses

Bescherelle · L'essentielBac français 2027Fiches bac françaisBrevet 2027
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Bonjour à toutes et à tous,
J'ai un souci quant au passage de l’indicatif au subjonctif, dans certains cas.

Pour ce cas, tout vas bien :
Affirmative : Je pense qu’il a mangé --- indicatif passé composé
Négative : Je ne pense pas qu’il ait mangé – subjonctif passé

Mais comment faire dans ce cas :
Affirmative : Je pense qu’il mangeait – indicatif imparfait
Négative : Je ne pense pas qu’il … Pourrait-on mettre du subjonctif imparfait : qu’il mangeât ?
Cela sonne faux non ?

Je sais que l’on peut laisser l’indicatif imparfait : je ne pense pas qu’il mangeait
Mais cela est-il justement parce que le subjonctif imparfait que l’on devrait normalement mettre n’est plus utilisé en français ?
Ou est-ce que dans ce cas, le subjonctif imparfait n’a jamais été possible ?
(J’ai toujours entendu que le subjonctif imparfait ne se mettait que lorsque le verbe principal était au passé. Ex : Je ne pensais pas qu’il fût si grand).

Je me pose la même question pour le plus-que-parfait :
Affirmative : je pense qu’elle avait déjà pris des cours de cuisine avant de commencer notre classe -- indicatif plus-que-parfait
Négative : je ne pense pas qu’elle … Pourrait-on mettre un subjonctif plus-que-parfait : eût déjà pris des cours … ? Dans ce cas cela sonne plus correct pour moi.

Merci d’avance pour votre aide,

Cordialement,

Daniel
La réponse à la question du titre est "oui", on peut, mais cela dépend naturellement du contexte et du registre de langue.
Voici quelques exemples de phrases classiques où la principale est au présent et la subordonnée au subjonctif imparfait :
Mais comment faire dans ce cas :
Affirmative : Je pense qu’il mangeait – indicatif imparfait
Négative : Je ne pense pas qu’il … Pourrait-on mettre du subjonctif imparfait : qu’il mangeât ?
Cela sonne faux non ?
Oui, comme cela, à sec, c'est bizarre. Mais en contexte, ça peut marcher :
Je ne pense pas qu'il mangeât de bon cœur, compte tenu des circonstances.
Un exemple plus philosophique avec Descartes :
Et je ne pense pas qu'il voulût soutenir qu'elle vient de moi si on l'interrogeait là-dessus
https://books.google.fr/books?id=mekTAAAAQAAJ&pg=PA426&dq=%22je+ne+pense+pas+qu%27il+voul%C3%BBt%22&hl=fr&sa=X&ved=0ahUKEwiSuc7AgY7KAhWIOxoKHa75AAUQ6AEIJTAB#v=onepage&q=%22je%20ne%20pense%20pas%20qu%27il%20voul%C3%BBt%22&f=false
Merci beaucoup,

Ainsi, selon vous, peut-on dire que :
"je pense qu'il a mangé" correspond à" je ne pense pas qu'il ait mangé"
"je pense qu'il mangeait" correspond à "je ne pense pas qu'il mangeât"

(et "je pense qu'il était présent" correspond à "je ne pense pas qu'il fut présent" ?)

Par ailleurs, que pensez-vous des phrases suivantes ?
- je n'imaginais pas que ces chevaux courussent si vite
- Tout le monde pensait que l’équipe d’Allemagne allait gagner le championnat malgré le fait que ces 3 meilleurs fussent blessés ?

Daniel
"je pense qu'il était présent" correspond à "je ne pense pas qu'il fut présent"
N'oublie pas l'accent, au subjonctif imparfait : Je ne pense pas qu'il fût présent.

Je n'imaginais pas que ces chevaux courussent si vite.
Tout le monde pensait que l’équipe d’Allemagne allait gagner le championnat, malgré le fait que ses trois meilleurs fussent blessés.

Rien à redire sur les imparfaits du subjonctif.
Mais "malgré le fait que" me semble bien lourd.
Il me semble que "bien que" aurait suffi.
Merci beaucoup !

Je pense à quelque chose.daniel750, dans le premier message avait dit: « Pour ce cas, tout vas bien : Affirmative : Je pense qu’il a mangé --- indicatif passé composé Négative : Je ne pense pas qu’il ait mangé – subjonctif passé Mais comment faire dans ce cas : Affirmative : Je pense qu’il mangeait – indicatif imparfait Négative : Je ne pense pas qu’il … Pourrait-on mettre du subjonctif imparfait : qu’il mangeât ? Cela sonne faux non ? »Je cite une phrase trouvée dans le Cours théorique et pratique de langue française de Poitevin, édition de septembre 1861, Chapitre V, Des temps du subjonctif, II Faits particuliers, page 322 : « § 368. Pour en arriver à une exacte énonciation de la pensée, il est quelquefois impossible d’établir une concordance rigoureuse entre les différents temps; aussi les écrivains emploient-ils souvent le second verbe au temps qui répond le mieux à leur pensée, abstraction faite du rapport qu’il peut avoir avec le premier verbe; il en résulte qu’en un grand nombre de phrases l’accord est plutôt sylleptique que grammatical. En voici quelques exemples:Il y a plus de quarante ans que je dis de la prose sans que j’en susse rien.(Molière.)C’est-à-dire, Et j’en disais (sans que j’en susse rien) et je n’en savais rien.Hélas ! on ne craint point qu’il venge un jour son père,On craint qu’il n’essuyât les larmes de sa mère. (Racine.)C’est-à-dire, Si on laissait le fils auprès de sa mère, il essuierait un jour ses larme; voilà ce qu’on craint.Il n’y a aucun de ses sujets qui ne craigne de le perdre et qui ne hasardât sa propre vie pour conserver celle d’un si bon roi. (Fénelon.)Cette phrase renferme deux verbes sous la même dépendance, qui cependant figurent à des temps différents; mais chacun d’eux répond à une pensée particulière qu’il était impossible de rendre par le même temps. En effet, qu’a voulu exprimer l’auteur ? d’abord cette pensée tout à fait positive.Il n’est aucun de ses sujets qui ne craigne (maintenant) de le perdre ;Puis cette autre toute conditionnelle :Il n’en n’est aucun qui ( s’il le fallait) ne hasarderait sa propre vie, etc. »Voici ce livre, mais de l’édition de novembre 1863 : https://books.google.fr/books?id=naMPAAAAQAAJ&pg=PA330#v=onepage&q&f=falseCe subjonctif imparfait est un équivalent à un imparfait de l’indicatif au sens strict du terme ou à un conditionnel présent au sens strict du terme. Sachant que l’emploi du mode prime ( vis-à-vis d’un autre (phrases qui régissent du subjonctif)). Outre sa valeur obligatoire, lors de la concordance des temps, lorsque la principale est à un temps passé, ou au conditionnel présent ou passé. Tout me porte à dire que la concordance des temps est plus difficile qu’on ne le pense. Autrefois (XIXe siècle), ces temps (imparfait et plus-que parfait du subjonctif) étaient vivants. Ce qu’on voit dans certains auteurs (par exemple Molière) n’est que de la logique. Dommage que ces temps aient disparu. Je suis bilingue français – espagnol et je ne peux que constater qu’en espagnol, ces temps (imparfait et plus-que-parfait du subjonctif) sont vivants à l’oral.