Analysez les marques du registre tragique dans deux textes

Entraide scolaire

6 réponses

Bescherelle · L'essentielBac français 2027Fiches bac françaisBrevet 2027
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Bonjour à tous 🙂

Alors voilà, pendant les vacances j'ai un devoir de français de type bac à faire (je suis en première S) et j'ai déjà fait le sujet d'écriture, mais pour le moment, je bloque sur la question corpus. Je vous mets le sujet :

Question : Analysez les marques du registre tragique dans les deux textes.

Texte 1 : Acte II scène 8, Electre, Jean Giraudoux
CLYTEMNESTRE. Oui, je le haïssais. Oui, tu vas savoir enfin ce qu'il était, ce père admirable ! Oui, après vingt ans, je vais m'offrir la joie que s'est offerte Agathe !… Une femme est à tout le monde. Il y a tout juste au monde un homme auquel elle ne soit pas. Le seul homme auquel je n'étais pas, c'était le roi des rois, le père des pères, c'était lui ! Du jour où il est venu m'arracher à ma maison, avec sa barbe bouclée, de cette main dont il relevait toujours le petit doigt, je l'ai haï. Il le relevait pour boire, il le relevait pour conduire, le cheval s'emballât-il, et quand il tenait son sceptre, et quand il me tenait moi-même, je ne sentais sur mon dos que la pression de quatre doigts : j'en étais folle, et quand dans l'aube il livra à la mort ta sœur Iphigénie, horreur, je voyais aux deux mains le petit doigt se détacher sur le soleil ! Le roi des rois, quelle dérision ! Il était pompeux, indécis, niais. C'était le fat des fats, le crédule des crédules. Le roi des rois n'a jamais été que ce petit doigt et cette barbe que rien ne rendait lisse. Inutile, l'eau du bain, sous laquelle je plongeais sa tête, inutile la nuit de faux amour, où je la tirais et l'emmêlais, inutile cet orage de Delphes sous lequel les cheveux des danseuses n'étaient plus que des crins ; de l'eau, du lit, de l'averse, du temps, elle ressortait en or, avec ses annelages. Et il me faisait signe d'approcher, de cette main à petit doigt, et je venais en souriant. Pourquoi ?… Et il me disait de baiser cette bouche au milieu de cette toison, et j'accourais pour la baiser. Et je la baisais. Pourquoi ?… Et quand au réveil, je le trompais, comme Agathe, avec le bois de mon lit, un bois plus relevé, évidemment, plus royal, de l'amboine, et qu'il me disait de lui parler, et que je le savais vaniteux, vide aussi, banal, je lui disais qu'il était la modestie, l'étrangeté, aussi, la splendeur. Pourquoi ?… Et s'il insistait tant soit peu, bégayant, lamentable, je lui jurais qu'il était un dieu. Roi des rois, la seule excuse de ce surnom est qu'il justifie la haine de la haine. Sais-tu ce que j'ai fait, le jour de son départ, électre, son navire encore en vue ? J'ai fait immoler le bélier le plus bouclé, le plus indéfrisable, et je me suis glissée vers minuit, dans la salle du trône, toute seule, pour prendre le sceptre à pleines mains ! Maintenant tu sais tout. Tu voulais un hymne à la vérité : voilà le plus beau !
Texte 2 : Acte V scène 5, Andromaque, Racine
ORESTE
Mais quelle épaisse nuit tout à coup m'environne ?
De quel côté sortir ? D'où vient que je frissonne ?
Quelle horreur me saisit ? Grâce au Ciel, j'entrevoi…
Dieux ! Quels ruisseaux de sang coulent autour de moi !

PYLADE
Ah ! Seigneur.

ORESTE
Quoi ! Pyrrhus, je te rencontre encore ?
Trouverai-je partout un rival que j'abhorre ?
Percé de tant de coups, comment t'es-tu sauvé ?
Tiens, tiens, voilà le coup que je t'ai réservé.
Mais que vois-je ? A mes yeux Hermione l'embrasse ?
Elle vient l'arracher au coup qui le menace ?
Dieux ! Quels affreux regards elle jette sur moi !
Quels démons, quels serpents traîne-t-elle après soi ?
Hé bien ! Filles d'enfer, vos mains sont-elles prêtes ?
Pour qui sont ces serpents qui sifflent sur vos têtes ?
A qui destinez-vous l'appareil qui vous suit ?
Venez-vous m'enlever dans l'éternelle nuit ?
Venez, à vos fureurs Oreste s'abandonne.
Mais non, retirez-vous, laissez faire Hermione :
L'ingrate mieux que vous saura me déchirer ;
Et je lui porte enfin mon coeur à dévorer.

PYLADE
Il perd le sentiment. Amis, le temps nous presse :
Ménageons les moments que ce transport nous laisse.
Sauvons-le. Nos efforts deviendraient impuissants
S'il reprenait ici sa rage avec ses sens.
Mon problème, c'est de ne pas arriver à trouver ce que ces textes ont en commun. J'ai quelques idées, comme la folie passionnelle, mais je ne suis pas sûre du tout. Du coup, j'aurais aimé savoir si quelqu'un pouvait m'aider. Pas me rédiger le corpus bien entendu, mais juste me donner les deux axes principaux, pour que je puisse rédiger deux paragraphes distincts.

Merci beaucoup par avance 🙂
https://www.etudes-litteraires.com//soutien-scolaire--/aide-scolaire-francais/registre-tragique/15878
Pour le premier texte j'ai trouvé qu'on parle de la mort d' Iphigénie,les deux textes l'amour et la jalousie,la souffrance.Donc si jamais on te donne une question comme celle-ci où on te demande d'analyser dans les textes un point commun,essaye de définir au brouillon par exemple un registre en particulier et trouver les procédés utilisés.Pour ton sujet,il faut utiliser le plan synthétique 😉.
Et quels sont les procédés utilisés ? :/

EDIT : Que pensez-vous de ça (c'est une ébauche, probablement nulle je sais) :

Nous remarquons tout d'abord que le registre tragique s'exprime à travers la folie passionnelle dont semblent faire preuve les deux personnages. C'est dans ce but que les auteurs utilisent beaucoup de phrase interrogatives et exclamatives. En effet, Clytemnestre, au travers de sa tirade révélatrice, est transportée dans la folie, tant sa haine et sa rancœur pour son mari semblent grandes. La succession de phrases exclamatives « ce père admirable ! » et d'anaphores « pourquoi ? », « Oui », donnent un rythme très saccadé au texte, qui montre la vivacité avec laquelle elle avoue son crime. Son aversion viscérale pour la barbe et le petit doigt de son mari la rend folle « j'en étais folle », et montrent à quelle point Clytemnestre ne supportait plus Agamemnon ; c'était maladif, psychologiquement insupportable.
La folie d'Oreste, elle, s'exprime par l'incohérence de ses sentiments, mélange de délectation morbide et de désespoir. Elle s'exprime par une succession de phrases interrogatives et exclamatives : Mais quelle épaisse nuit tout à coup m'environne ?/De quel côté sortir ? D'où vient que frissonne/ ? Quelle horreur me saisit ? Grâce au ciel j'entrevois/Dieux ! quels ruisseaux de sang coulent autour de moi !
Cette folie passionnelle est typique du registre tragique, car sa vivacité et sa violence permettent aux spectateurs de se « purifier » ; c'est la catharsis, fonction première de la tragédie. La passion extrême que manifestent les personnages permet au spectateur de reporter ses propres émotions et de les évacuer. Cependant, la folie des protagonistes participe aussi au registre tragique de part son inéluctabilité ; ils semblent être victimes de leur destin, comme frappés par la haine divine ; c'est typique du personnage de tragédie.


Ensuite, nous pouvons également constater que le registre tragique est visible grâce à la place centrale qu'occupent l'amour et la mort dans ces pièces. En effet, Oreste se trouve dans une position terrible après avoir ordonné le meurtre de l'homme aimé par la femme qu'il aime. Il s'est fait complètement manipuler par Hermione, qui en réalité aimait un autre homme. Le suicide de celle-ci aide Oreste à s'en rendre compte et il en prend conscience. Sa souffrance est telle qu'elle le plonge dans une transe où il est victime d'hallucinations visuelles ; il revoit Hermione, et il comprend alors ses véritables sentiments : « Mais que vois-je ? A mes yeux Hermione l'embrasse ? », « Laissez faire Hermione/L'ingrate mieux que vous saura me déchirer ». Il voit également Pyrrhus à la place de son ami Pylade, et il se croit dans un combat contre son ennemi. Il sait qu'il a été manipulé, et qu'il n'y a aucune issue possible aux conséquences des ses actes, comme le montre l'omniprésence du champ lexical de la mort et du sang « Quels ruisseaux de sang » ; « enfer », « éternelle nuit »
Clytemnestre, au cours de son aveu passionné, laisse transparaître une déception, liée au manque d'affection. En effet, son mariage arrangé n'a laissé aucune chance à l'amour ; son mari ne l'a jamais aimé, et c'est d 'ailleurs une des raisons pour lesquelles elle l'a tué. Tout au long de sa vie simulé devant toute la Grèce un mariage heureux « Je venais en souriant », « Je la baisais », « Je lui disais qu'il était la modestie », mais Clytemnestre se débarrasse de cette hypocrisie et complote contre son mari. C'est alors qu'elle manipule Egisthe, son amant, pour accéder au pouvoir. Elle le convainc de l'assassiner, et se réjouit de pouvoir enfin tout contrôler « Je me suis glissé vers minuit, dans la salle du trône, toute seule, pour prendre le sceptre à pleines mains ! »
La réponse est bien rédigée mais je ne suis pas sûr qu'elle réponde toujours bien à la question.
En quoi consiste le registre tragique ?
- il met en scène des personnages hors du commun,
- il est marqué par l'inéluctabilité, le destin,
- le sacré y fait irruption,
- les dieux punissent la démesure humaine par l'aveuglement de la passion…

Essaie de retrouver ces indices dans les textes.
Par exemple le "inutile" répété dans le 1er texte, etc.
La répétition du mot "inutile" met en avant l'inéluctabilité non ?
Très juste ! Mais il faut continuer à chercher d'autres indices…