Analyse monématique : monème amalgamé

Langue française

106 réponses · Page 3 / 6

Est-ce toujours le cas pour le "au" et "aux" ??
Oui, bien sûr, puisque au = à le et aux = à les.
Quels sont les cas qui te font douter ? As-tu des exemples ?
Intéressant!
Est-ce que ''d' '' dans ''billet d'avion'' est aussi un monème amalgamé?
@gerardmontreal
Est-ce que ''d' '' dans ''billet d'avion'' est aussi un monème amalgamé?
C'est une bonne question mais je doute de la réponse , cela semble un monème amalgamé , genre "le billet de le avion" mais comme le mot commence par une voyelle ,on contracte automatiquement le "de" , mais ce "de" est-ce que c'est une préposition ??


Quelle est la différence avec l'exemple de la "tasse de café" ?

Le café est ici le contenu du contenant , mais on aurait pu dire la "tasse d'un café noir …" ?

Si je n'arrive pas à comprendre cela ,je ne pourrais jamais réaliser correctement l'analyse morphologique d'une phrase .

@Jehan , J'ai bien saisi pour le "au" et "aux" 🆒 .En tout cas , le "à" ne pose pas de soucis au moins : c'est une préposition tout court .
Toutes les possibilités de combination avec '' à , de'' et ''le, la, les'',
au du
à la de la
aux des

''À la, de la'' ne te font pas problème, je pense. '' Au, aux'' sont des déterminants contractés, alors probablement monèmes amalgamés. Ce sont '' du , des'' qui causeraient des difficultés, puisqu'ils peuvent être déterminants contractés ou déterminants partitifs.

Dans des constructions comme billet d'avion, lit de malade, veste à boutons noirs, y a-t-il qqch entre les prépositions et leur complément, qui est invisible?
Dans des constructions comme une tasse de café, beaucoup de gens y voient un ''du'', déterminant partitif, supprimé par la préposition, une tasse de (du) café, alors ''de'' y est probablement un monème amalgamé.
@gerardmontreal Désolé mais ton explication ne m'avance pas beaucoup , je m'embrouille encore plus . Pour le "du" , c'est simple ex : "Je veux du pain " , le "du" est ici partitif .

Que pensez-vous de ma proposition d'avant ?

J'ai lu ce lien https://www.francaisfacile.com/exercices/exercice-francais-2/exercice-francais-10855.php


Connaissez-vous des exercices sur l'analyse morphologique pour clore le sujet ?
À mon avis, monème amalgamé représente une sorte de fusion entre les prépositions (à et de) et certains déterminants (définis et partitifs).

ALors, ''du'' dans ''les paroles du président'' est un monème amalgamé, celui dans ''je mange du pain'' est un déterminant partitif.

''Des'' dans 'le rassemblement des élèves'' est un monème amalgamé, celui dans''Je mange des pommes'' est un déterminant partitif ou un déterminant indéfini.

Pour ''au, aux'', tu comprends déjà.

Pour ''de'' dans une tasse de café, je pense que tu l'a déjà compris.
Ok pour le reste !

Mais cette partie est assez floue pour moi , car certaines erreurs faites dans le cours m'ont totalement embrouillé !
À mon avis, monème amalgamé représente une sorte de fusion entre les prépositions (à et de) et certains déterminants (définis et partitifs).
Peux-tu l'expliciter par un exemple ?

Désolé pour la curiosité , mais es-tu professeur de français (et spécialisé en morphosyntaxe) ??
Je ne suis pas prof. de français.

Je pense que certain linguiste donne un terme abstrait (monème amalgamé) à des phénomènes que l'on connaît déjà---- les déterminants contractés dans (''les paroles du président'' ,'le rassemblement des élèves'', je vais au parc, il parle aux élèves.), et l'omission de l'article dans ''une tasse de café''.
Le monème, lui, n'est pas obligatoirement un segment distinct de l'énoncé, mais il correspond, dans l'énoncé, à une différence formelle. Ex: en français, dans l'expression au moulin (/o mulɛ̃/), on ne peut pas délimiter dans /o/ deux segments distincts, l'un correspondant à l'article défini, l'autre au monème à ;
en latin, on ne peut pas découper arbitrairement une forme comme rosarum en segments ros- (« rose »), -ar- (génitif) et -um (pluriel) : -arum réalise à la fois le génitif et le pluriel, mais il ne s'agit plus alors d'unité minimale.


Martinet utilise le terme d'« amalgame » pour de tels cas, en précisant que ce terme ne s'applique pas à des unités comme « jument » (qui comporte les traits sémantiques cheval + femelle, sans qu'on puisse les isoler formellement), ni dans le cas de combinaisons de monèmes conjoints (synthèmes), comme ânesse ou fillette.
Alors, la notion ''monème amalgamé'' de Martinet est plus compliquée. Il faut t'en tenir à la définition de ton prof. et comprendre ses exemples.
Euphoriane a écrit :Oui , c'est le monème amalgamé "de + les" (article indéfini) dans notre corrigé .

Mais pour le reste , je n'ai que des bribes de réponses et j'ai peur pour l'examen , ce serait dommage de passer à coté du raisonnement du professeur juste pour un tout petit monème (morphème) 😐 .

Quand est-ce que le "de" est simplement un article partitif ou bien une préposition ??
Hmmm, es-tu sûre que ton corrigé mentionne "de + les "? Ce ne serait pas plutôt "de + des "?

Bon, quoi qu'il en soit, je te propose une description des différents « DE » et « DES », en espérant ne pas dire de bêtises (mais pour ça, je compte bien sur la sagacité des autres intervenants) et ne pas t’embrouiller, sachant que d’une part je suis loin de maîtriser le sujet et que d’autre part certaines notions ne font pas l’unanimité.
Je te signale ces cas « polémiques » par un « ! Attention ! »


DE peut être:


1) une préposition simple (avec article zéro)

Une maison de campagne


2) une préposition avec effacement de l’article - voir le « ! Attention ! » ci-dessous


3) un déterminant

a) un article indéfinicontracté : préposition de + article indéfini pluriel > de + des = DE

Exemple avec « avoir besoin », c’est une locution transitive indirecte, qui se construit avec la préposition « de » > avoir besoin DE quelque chose.

Au singulier :
un médicament, il en a besoin > il a besoin d’un médicament
(la préposition « de » et l’article « un » sont tous les deux présents et conservés en l’état (l’élision du « e » de la préposition exceptée))

Au pluriel :
des médicaments, il en a besoin > Il a besoin de médicaments
(la préposition « de » et l’article « des » ont fusionné pour donner « de »)


b) un article partitif contracté : préposition de + article partitif > de + de la / de + du / de + des = DE

Du café, il en a besoin > il a besoin de café
Il boit du café tous les matins > il boit beaucoup de café tous les matins
Il met de la confiture sur ses tartines > il met un peu de confiture sur ses tartines


! Attention ! Pour ces deux cas a) et b), il est possible que plutôt que de présenter ces formes comme des articles contractés ton prof les présente comme la préposition « de » avec effacement / chute des articles. Néanmoins, le fait que tu aies dit que le « de » de la phrase avec « de montagnes » était un monème amalgamé pourrait laisser supposer que ton prof retient cette notion d’article partitif contracté.


c) un article indéfini singulier ou pluriel ou partitif réduits :

-- devant un adjectif dans la langue courante / soutenue (concerne uniquement l’article indéfini pluriel)

Des enfants gentils = De gentils enfants


-- à la forme négative (concerne les articles définis singulier et pluriel et le partitif)

Il a un / des enfant-s = Il n’a pas d’enfant-s

Il boit du café = Il ne boit pas de café



DES peut être:


1) un article indéfini

Des feuilles jonchaient le sol = plusieurs feuilles non déterminées.


2) un article définicontracté (préposition de + article défini pluriel > de + les)

Il a fait un tas des (de + les) feuilles qui jonchaient le sol, puis les a jetées dans le container

Si tu mets une autre préposition, tu retrouves l’article défini sous sa forme « normale »

Il a fait un tas avec LES feuilles qui jonchaient le sol


3) un article partitif

Il a brûlé des feuilles du container = Il a brûlé une partie des feuilles qui étaient dans le container > les feuilles ne sont plus considérées comme des entités discrètes et comptables (comme dans le premier exemple), mais comme une masse non comptable

! Attention ! tous les linguistes-grammairiens ne s’accordent pas sur l’existence d’un partitif pluriel. Auquel cas l’article ci-dessus est considéré comme un article indéfini.



Si je t’ai embrouillée, j’en suis sincèrement navrée, oublie tout et concentre-toi sur tes notes de cours ! 😜
Si je ne t’ai pas complètement embrouillée, mais que des choses ne sont pas claires, n’hésite pas à me les signaler. 🙂
Analyser le pronom relatif ''qui'' comme que +un pronom, j'ai entendu parlé de ça dans un cours de syntaxe. C'est un truc de généralisation pour certains linguistes.
Des exemples que tu as donnés, je comprends que ton prof. considère les cas suivants comme monèmes amalgamés,

1. ''aux'' dans '' elle alla aux informations''
2. ''des'' dans '' auprès du lit des blessés'' et ''Des exemples que ta as donnés, je…''
3. ''au'' dans ''la veille au soir''
4. ''du'' dans ''le coucher du soleil'' et ''Du haut de la montagne, il vit son village…''
5. ''de'' dans ''versants de montagnes'' , ''une tasse de café'' ,'' j'ai besoin d'aide.'', '' Il manque de patience''

Dans les cas 1 à 4, ce sont des déterminants contractés. Il te faut connaître la différence entre les déterminants contractés ''des'' et ''du'', et le déterminant indéfini ''des , le déterminant partitif du

Dans le 5e cas, ''de'' a effacé les déterminants ''des, du, de l' et de la''.

Est-ce que tu as d'autres exemples? On a besoin d'un corpus pour une analyse plus sérieuse. 😀
Merci pour toutes vos interventions 🙂

Voici un exemple :
""Il avait plu dès la fin de septembre , et on avait creusé , dans toutes les rues , de grandes tranchées . """
Ici , je pense que le "de" est un article indéfini contracté (préposition de + article indéfini pluriel > de + des = DE) , mais en cours lors de l'identification monématique, on disait que c'était un monème amalgamé "de + les " .


Qu'en pensez-vous ?

Katioucha a écrit : Si je t’ai embrouillée, j’en suis sincèrement navrée, oublie tout et concentre-toi sur tes notes de cours !
Si je ne t’ai pas complètement embrouillée, mais que des choses ne sont pas claires, n’hésite pas à me les signaler.
En effet , c'est important de suivre le raisonnement du professeur !
Il avait plu dès la fin de septembre, et on avait creusé, dans toutes les rues, de grandes tranchées.
Ici , je pense que le "de" est un article indéfini contracté (préposition de + article indéfini pluriel > de + des = DE) , mais en cours lors de l'identification monématique, on disait que c'était un monème amalgamé "de + les " .

Qu'en pensez-vous ?
Je me demande si l'on peut vraiment considérer l'article indéfini de (variante de l'article indéfini des avant un adjectif) comme une contraction de "de des". Un COD n'est pas introduit par une préposition. Et c'est encore moins une contraction de "de les", puisque c'est un article indéfini.
Euphoriane a écrit :En effet , c'est important de suivre le raisonnement du professeur !
Aaaargh, je t'ai donc embrouillée, j'en suis fort marrie 😜 , et je m'en excuse sincèrement !


Sinon, pour répondre à ta question, pour moi il s'agit ici de la forme réduite de l'article indéfini "des"

on avait creusé, dans toutes la rue, UNE grande tranchée.

on avait creusé, dans toutes les rues, DES tranchées immenses.

on avait creusé, dans toutes les rues, D'immenses tranchées


"amalgamé" ou "contracté", ça me parait pour le moins étrange.
Pendant l'examen , je savais que le "de" était en fait un "des" si on emploie la logique mais reste à savoir quels sont les critères du monème selon Martinet …


Donc , ici le "de" n'est pas une préposition , n'est-ce pas ?


Je n'aurais jamais pensé que l'identification monématique était aussi dure !
Donc , ici le "de" n'est pas une préposition , n'est-ce pas ?
Non, je te l'ai expliqué tout à l'heure.
D'accord ! Cela me soulage , je n'ai pas mis cette réponse (car dans ma classe , j'entendais beaucoup de personnes parlait de préposition mais bon c'est fort possible qu'ils se soient trompés ) .

Est-ce qu'un COD n'est jamais introduit par une préposition ? As-tu un petit exemple en tête ?
D (Direct) dans COD signifie justement que le complément d'objet n'est pas introduit par une préposition. Alors que le I (indirect) de COI signifie que le complément est introduit par une préposition.
Quelles études fais-tu ? Quel niveau ? Parce qu'il te manque visiblement des notions de base. Je t'avais suggéré de revoir un cours sur les articles, cela t'aurait été très utile…
Je te rassure , je sais c'est quoi un COD et COI quand même 😀 . Mais dans certains cas , le COD peut sembler comme un COI alors qu'il ne l'est pas .

Je suis en 1ère année de sciences du langage !Certains professeurs attentionnés nous font des rappels , mais d'autres non !

Par rapport à Martinet (fonctionnalisme) , c'est un cours de morpho-syntaxe , et cela s'avère plus difficile que prévu …
Anne345 a écrit :D (Direct) dans COD signifie justement que le complément d'objet n'est pas introduit par une préposition.
Mais Anne, que se passe-t-il si on analyse le partitif comme un composé de la préposition "de" et de l'article défini ?

Dans "Manger de la soupe", "de la soupe" n'est-ce pas un COD introduit par la préposition "de" ?
Bonsoir,

"1ère année de sciences du langage"… ?

C'est une spécialité en 1ère année de licence de français ?