Quel subjonctif pour exprimer une habitude dans le passé ?

Langue française

24 réponses · Page 1 / 2

Bescherelle · L'essentielBac français 2027Fiches bac françaisBrevet 2027
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Bonjour,

en partant de l'usage courant du subjonctif, sous ses deux formes de subjonctif présent et passé, quel subjonctif utiliser pour exprimer une habitude dans le passé ? Le subjonctif présent, temps simple, peut exprimer l'habitude et en même temps la simultanéité ou la postériorité, mais non l'antériorité. Le subjonctif passé, étant temps composé n'exprime pas - habituellement - une répétition (sauf j'imagine quand il y a la limitation dans le temps de l'habitude soit clairement exprimée, comme on peut le faire p.ex. avec un passé composé), mais exprime bien l'antériorité.

Exemples :

1. complétive

a) action antérieure ponctuelle

* indicatif : Je pense qu'il a oublié l'anniversaire de son épouse.
* subjonctif : Je crains qu'il ait oublié l'anniversaire de son épouse.

b) action antérieure répétitive

* indicatif avec limitation de temps : Je pense qu'il a oublié l'anniversaire de son épouse durant les années où ils habitaient dans ce taudis.
* indicatif sans limitation de durée : Je pense qu'il oubliait (souvent) l'anniversaire de son épouse.

* subjonctif avec limitation de temps : Je crains qu'il ait oublié l'anniversaire de son épouse durant les années où ils habitaient dans ce taudis.
* subjonctif sans limitation de durée :
C'est ici que se situe ma question => peut-on utiliser un subjonctif présent avec une valeur inhabituelle d'antériorité ou faut-il à tout prix préférer le subjonctif passé en raison de sa valeur d'antériorité qui prime sur le fait qu'il n'exprime pas l'habitude?

Donc :
Je crains qu'il oublie (autrefois) l'anniversaire de son épouse. (Ça ne sonne pas bien).
Je crains qu'il ait oublié (souvent) l'anniversaire de son épouse.

Merci pour votre réponse.
Pour quoi pas :
Je crains qu'il oubliât (autrefois) l'anniversaire de son épouse.
même si ça nous fait un peu trop penser à Racine :
On craint qu'il n'essuyât les larmes de sa mère.
parce que justement dans le français usager d'aujourd'hui, ces formes sont obsolètes : l'on n'utilise plus que le subjonctif présent et passé … d'où le problème précisément
Le présent ne conviendra pas mieux, de toute façon, bien au contraire.
Je crains qu'il ait oublié l'anniversaire de son épouse. me semble suffire.
On peut toujours préciser sa pensée en ajoutant, selon la nuance souhaitée, "pour une fois, comme d'habitude, encore,…".
"pour une fois, comme d'habitude, encore,…"
oui, ok, mais toutes ces expressions de temps expriment finalement quelque chose de ponctuel.
P.ex. la phrase ci-dessous :

Je crains qu'il ait souvent / habituellement oublié l'anniversaire de son épouse.

Il me semble que c'est bien la seule possibilité ici ?
Oui, souvent convient tout à fait ici.

Mais pas habituellement.
@iétudeslittéraires

Ben, tu sais, l'anniversaire d'une épouse, c'est généralement ponctuel, une fois par an, dans le meilleur des cas !
Mais rien n'empêche de dire :
Je crains qu'il ait toujours oublié l'anniversaire de son épouse.
lamaneur a écrit : Je crains qu'il ait toujours oublié l'anniversaire de son épouse.
Y a-t-il une différence de sens entre
Je crains qu'il ait toujours oublié l'anniversaire de son épouse.
et
Je crains qu'il n'ait toujours oublié l'anniversaire de son épouse.
?
Non, pas de différence.
C'est un "ne" explétif, facultatif, d'un style un peu plus soutenu.

https://vitrinelinguistique.oqlf.gouv.qc.ca//bdl/gabarit_bdl.asp?id=4432
Un texte pourvu d'un mot explétif fait-il toujours plus classieux ?

Y a-t-il une liste de mots qui existent de façon "explétive" (je ne sais si ce mot existe) ?
Un peu dans la même veine de ma question initiale, quel subjonctif, non pas pour une habitude, mais un état dans le passé ? Toujours le subjonctif passé (on part toujours du français parlé qui ne connait que le subjonctif présent et passé).

0. Je pense que ce garçon était fou.
1. Je crains que ce garçon soit fou.
2. Je crains que ce garçon ait été fou.

1. ne peut pas marcher, car le subjonctif présent n'exprime que la simultanéité et la postériorité.
2. donc il ne reste que le subjonctif passé, mais cela sonne bizarre car ce n'est pas à vrai dire une action accomplie, mais un état dans le passé qui serait normalement un imparfait…
Le 2 ne me choque pas. Si la crainte est avérée alors il a vraiment été fou à un moment du passé.
Sinon on peut écrire avec un imparfait : il était fou, je le crains mais je ne vois pas qu'il y ait une différence temporelle par rapport à la 2.
Avis d'amateur.
Oui, mais ma question était de savoir s'il était même possible d'utiliser un subjonctif présent ici et il me semble que non…
Je ne suis pas sûr de bien comprendre. "être fou" me paraît plus un état qu'une habitude.
"Je craignais que ce garçon (ne) fût fou". Pas de problème.
Tout à fait, d'où le problème en français courant qui ne connaît que le subjonctif présent pour exprimer un état ou action inaccompli et le subjonctif passé pour exprimer une action accompli…
Le français moderne, s'il se refuse le confort du subjonctif imparfait, hésitera entre deux tournures :
Je craignais que ce garçon (ne) soit fou.
considérée aujourd'hui comme correct,
et, si sa crainte ne date que d'aujourd'hui en portant sur un fait passé,
Je crains que ce garçon était fou.
en utilisant l’indicatif, fautif mais courant dans la langue populaire.
Non seulement c'est fautif mais en plus cela fait mal aux oreilles.

On dira plus probablement, me semble-t-il Je pense que ce garçon était fou. parce que cela sonne mieux et surtout parce que ce verbe vient plus naturellement à l'esprit de qui parle.
Je crains que ce garçon était fou.
en utilisant l’indicatif, fautif mais courant dans la langue populaire.
Donc, si l'on veut éviter un langage fautif, c'est bien le subjonctif passé la seule possibilité correcte qui s'impose, même en s'agissant d'un état dans le passé et non une action accomplie?
paulang a écrit :Non seulement c'est fautif mais en plus cela fait mal aux oreilles.
On dira plus probablement, me semble-t-il Je pense que ce garçon était fou. parce que cela sonne mieux et surtout parce que ce verbe vient plus naturellement à l'esprit de qui parle.
Ce garçon était fou, je le crains.
oui, ok, mais quand on veut faire une conjonctive?