Proust, Du côté de chez Swann - Mme Verdurin était assise sur un haut siège suédois en sapin ciré…

Entraide scolaire

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Bescherelle · L'essentielBac français 2027Fiches bac françaisBrevet 2027
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Bonjour!
Passant prochainement mes premiers examens de licence en lettres modernes, je m'exerce à rédiger des plans de commentaires composés. Je réalise donc ce post afin de recueillir quelques avis. Pensez-vous que le plan que je propose soit suffisamment pertinent? De plus, je ne parviens pas à trouver de troisième sous-partie pour mon II. Est-ce véritablement obligatoire d'en trouver une, ou bien peut-on se limiter à deux sous-parties? Merci d'avance! 🙂

TEXTE
Mme Verdurin était assise sur un haut siège suédois en sapin ciré, qu’un violoniste de ce pays lui avait donné et qu’elle conservait quoiqu’il rappelât la forme d’un escabeau et jurât avec les beaux meubles anciens qu’elle avait, mais elle tenait à garder en évidence les cadeaux que les fidèles avaient l’habitude de lui faire de temps en temps, afin que les donateurs eussent le plaisir de les reconnaître quand ils venaient. Aussi tâchait-elle de persuader qu'on s'en tînt aux fleurs et aux bonbons, qui du moins se détruisent ; mais elle n'y réussissait pas et c'était chez elle une collection de chauffe-pieds, de coussins, de pendules, de paravents, de baromètres, de potiches, dans une accumulation de redites et un disparate d'étrennes. De ce poste élevé elle participait avec entrain à la conversation des fidèles et s’égayait de leurs « fumisteries », mais depuis l’accident qui était arrivé à sa mâchoire, elle avait renoncé à prendre la peine de pouffer effectivement et se livrait à la place à une mimique conventionnelle qui signifiait sans fatigue ni risques pour elle, qu’elle riait aux larmes. Au moindre mot que lâchait un habitué contre un ennuyeux ou contre un ancien habitué rejeté au camp des ennuyeux,—et pour le plus grand désespoir de M. Verdurin qui avait eu longtemps la prétention d’être aussi aimable que sa femme, mais qui riant pour de bon s’essoufflait vite et avait été distancé et vaincu par cette ruse d’une incessante et fictive hilarité—, elle poussait un petit cri, fermait entièrement ses yeux d’oiseau qu’une taie commençait à voiler, et brusquement, comme si elle n’eût eu que le temps de cacher un spectacle indécent ou de parer à un accès mortel, plongeant sa figure dans ses mains qui la recouvraient et n’en laissaient plus rien voir, elle avait l’air de s’efforcer de réprimer, d’anéantir un rire qui, si elle s’y fût abandonnée, l’eût conduite à l’évanouissement. Telle, étourdie par la gaieté des fidèles, ivre de camaraderie, de médisance et d’assentiment, Mme Verdurin, juchée sur son perchoir, pareille à un oiseau dont on eût trempé le colifichet dans du vin chaud, sanglotait d’amabilité.
Mon PLAN:

I - Le salon Verdurin: illustration d’un royaume organisé


1) Une reine dominant ses sujets

2) Le manège des vanités

3) Un spectacle au pied du trône

II - Au-delà de la superficialité, une cérémonie troublée

1) Mr Verdurin comme fauteur de trouble

2) Une reine factice


III - Des traits comiques au service d’une dénonciation du ridicule mondain

1) L’hypocrisie de Mme Verdurin

2) Un jeu d’exagérations

3) Une mise en scène de la cruauté
Il me semble que ce plan qui ne répond à aucune problématique oblige à des redites sur le personnage central.

Peut-être s'interroger sur la fonction de la description chez Proust.

Premier niveau de lecture : Un salon bourgeois
Un décor hétéroclite
La reine du salon
Des codes de comportement

Second niveau de lecture : Une mauvaise copie d'un salon aristocratique
Le mauvais goût
Le manque d'élégance
Le jeu des grimaces

Troisième niveau de lecture
Une description subjective qui présente
une évaluation sociale (rôle symbolique fort de l'escabeau)
une évaluation morale
une évaluation esthétique (le cadre, les personnages et le mauvais goût sont peints comme dans un tableau)

Un narrateur omniprésent dans la subjectivité du lexique, l'agencement du tableau et surtout par la comparaison assassine finale. Le détail qui tue. Signature d'un peintre sans complaisance pour une société qu'il connaît bien.