Bonjour,
J'aurai besoin d'aide sur un sujet de dissertation, il faut que j'établisse un plan détaillé correspondant au sujet suivant pour ensuite rédiger sur table en 1h le I ou le II. Il faut donc que je fasse un plan avec deux grandes parties et trois sous-parties puis noter mes arguments de réponse dans chaque sous-parties et j'aurais besoin d'idées puisque c'est la première fois que je fais ça.
Le sujet est : "Pour susciter l'adhésion du lecteur, faut-il nécessairement que le personnage de roman réussisse ?"
Merci d'avance, Laura
Bonjour.
Ce sujet de dissertation vient sans doute après l'étude de quelques textes, dans lesquels tu pourrais trouver des arguments… Quels textes as-tu étudiés ?
Depuis le début de l'année, j'ai étudié :
- L'étranger, Albert Camus
- La Chartreuse de Parme, Stendhal
- Les Trois Mousquetaires, Alexandre Dumas
- Bel-Ami, Maupassant
- Madame Bovary, Flaubert
- Un Barrage contre le Pacifique, Marguerite Duras
- Candide, Voltaire
- Essais, Montaigne
- Pierre et Jean, Maupassant
- La Princesse de Clèves, Mme de La Fayette
Et je ne sais pas quel sujet choisir, thématique ou concessif…
Comment ça "quel sujet" ? le sujet est donné, tu ne le choisis pas. Quant au plan, vu qu'il s'agit d'une question fermée (oui ou non) tu dois suivre un plan dialectique : thèse/antithèse. Est-ce que dans ces romans tu n'as rencontré que des personnages qui réussissent ? Est-ce que cela a empêché ces romans de devenir célèbres et de séduire de nombreux lecteurs ?
Bonsoir.
Le sujet de dissertation est intéressant. Il invite l'élève à réfléchir sur les conditions de 'séduction' du lecteur. L'élève doit être en mesure de relier l'enjeu de la réussite du personnage à la question de l'adhésion du lecteur.
Votre corpus est très étendu : il s'étend du XVI[sup]e[/sup] au XX[sup]e[/sup] siècle. Ce qui suppose que le personnage de roman s'inscrit dans une historicité : Fabrice ne ressemble pas à l'Arabe ; l'Arabe ne ressemble pas à Duroy ; Duroy ne ressemble pas à Boulanger !
La réussite du personnage est une question qui trouble le théoricien. Cherchez à interroger ce qui peut amener l'écrivain et le lecteur à souhaiter la réussite du personnage.
G. de Maupassant nous rappelle dans la préface de Pierre et Jean que le genre romanesque est bel et bien indéfinissable : probablement comme ses personnages ! Le début du 19[sup]e[/sup] siècle marque le début d'une ère littéraire du trouble, de la question, du désir de savoir. Savoir le personnage : pousser le personnage de roman dans ses retranchements, proposer une interprétation du réel ― ce que rappelle bien Champfleury en parlant du réalisme : le réel humain retranscrit à l'écrit ne peut être qu'une interprétation de ce même réel et non pas une copie, une reproduction de celui-ci ―.
La fin de ce siècle et le 20[sup]e[/sup] siècle marquent, vous l'aurez compris, une crise du langage et du personnage. 'A quoi bon ?' pourrait être le mot d'ordre d'un siècle de profondes mutations sociales et culturelles, d'un siècle qui, à partir de 1870, se souviendra des empreintes de la violence de la guerre. Le personnage doit-il finalement réussir ? le personnage doit-il finalement gagner ?
L'adhésion du lecteur ne se réalise-t-elle pas dans une prise de conscience ? une conscience du réel ? L'effet du réel chez Barthes. La décadence du monde annoncée par l'inexistence du Vrai au travers de l'extraordinaire Monde de Schopenhauer, introduit l'idée que le monde n'est qu'une perception du réel. Alors à quoi bon que le personnage de roman réussisse ? que pourra la réussite en face de la violence ? de l'absurdité camusienne ? de la finitude ? Que peut le personnage de roman ?
N'oubliez pas dans votre dissertation de proposer à votre correcteur une réflexion non seulement d'ordre littéraire mais encore plus largement esthétique. La réussite dans l'art : séduction, réussite et personnage. L'esthétique doit accompagner une réflexion d'ordre également philosophique.
J'espère vous avoir donné quelques pistes.
Bien cordialement,
A. de Malestroit
Pour un élève de seconde ou de première, le sujet appelle, il me semble, une réflexion sur l'intérêt que suscite un personnage de roman.
"Adhérer aux valeurs et au comportement d'un personnage ou adhérer au projet du romancier de nous intéresser au personnage ?"
Cela renvoie aux différents types de héros : admirables, détestables, médiocres autrement dit aux héros positifs, négatifs, anti-héros. Ne pas oublier cependant de dépasser la classification. Le romancier est démiurge, il crée des personnages auxquels nous pourrions nous identifier mais aussi des personnages dont le parcours même contestable, même voué à l'échec, n'est pas dépourvu d'intérêt. Il n'en est pour preuve, ces personnages que chaque lecteur n'oubliera jamais et ces êtres de papier, admirables ou pas, en réussite ou en échec, deviennent des compagnons, des références.
Bonjour,
Merci de votre aide