Écrire à la manière de Flaubert à partir d’un fait divers

Entraide scolaire

2 réponses

Bescherelle · L'essentielBac français 2027Fiches bac françaisBrevet 2027
Livres sur Amazon
Bonjour bonjour !
Je ne suis pas sûr que le post aura sa place ici –si besoin , merci de me le faire savoir !
En littérature on nous a demandé d’écrire -comme le titre l’indique- un passage à la façon de Flaubert grâce à un fait divers local. On m’a imposé une histoire où une femme s’était fait arracher le doigt par la voisine, qui l’a fait… avec ses dents.
Pour mon passage, je voulais le commencer au commissariat : deux gendarmes (là où je suis, c’est eux qui font le travail des policiers) souls rient de leur nouvelle arrivée, madame Scolasthique, qui aurait sectionné le doigt de sa voisine avec ses dents, l’un deux passe, fait tomber le compte rendu de la scène qui glisse jusqu’à la coupable. Elle lit le papier et le lecteur remonte dans les souvenirs de la dame pour voir l’agression. J’ai ma petite idée sur la fin, mais rien de réellement bien dessiné.
J’ai essayé de reprendre les asyndètes (de façon très peu marquée, je plaide coupable ^^), la satire, et les « images » dans les comparaisons. Je reprendrais le bovarysme dans le portrait de Scolasthique et la critique de la bourgeoisie dans le portrait de la victime qui portera elle aussi un prénom pour le moins singulier.
Etant donné que je dois rendre ça pour demain et que je risque de finir tard, j’aimerais savoir si ce premier passage correspond au style demandé, ou s’il y a des choses à changer et que je prendrais en compte durant le reste de mon passage.
Voila !
Au fait, je ne l'ai pas précisé, mais je suis en Afrique: j'ai tenté de reprendre la façon de parler d'ici -d'où certaines tournures un peu bizarres.

"
L’odeur à Belle-Vue était exécrable. Comme apeuré, le soleil se dissimulait souvent derrière les nuages, cachait ses rayons du brouillard de vapeurs alcoolisées suspendu sur le quartier, qui, réchauffé, aurait fait éclater la ville dans une supernova époustouflante ; un cocktail de magie céleste et de régab gabonaise. Le brouillard se dispersait par le vent, mais on apercevait néanmoins la source du poison flottant : le commissariat dit du bon travail.
Les nacos étaient rouillés par le sel de la mer, la peinture, craquelée par l’éclat du soleil ; et, au fil des jours, la main du Temps décousait le reste, en tirant sur un fil jauni et pourri par cette corruptrice odeur d’alcool -elle continuait d’affluer : la fenêtre donnait sur un bureau où s’empilaient une petite montagne de bouteilles en verres, celui du plus grand patron de gendarmes que Libreville s’était donné de connaître, Mr Maximum Vital.
Son rire soul était une lourde cloche : comme des grondements venus du ciel, il faisait trembler la terre et autant frémir les tourterelles, qui avaient fui il y a longtemps, que la Justice, abandonnée depuis toujours sous les barreaux des pouvoirs du Pateron.
-Pateron, le sang coulait bien comme cela là sur la dent de la maman, car, effectivement, elle détenait entre ses canines un morceau de chair humaine ressemblant dans toute l’évidence au doigt de l’autre bonne femme.
Avec son chef, Bonaventure continuait de rigoler. L’écho des cloches tapaient sur chaque murs –les araignées rentraient dans leurs nids de soie, et les cafards se faufilaient dans les trous des briques humides- et s’arrêtaient devant la cellule ; comme des miroirs, ils s’exhibaient ironiquement à madame Scolasthique ; et, pire que son crime, eux deux la regardaient : elle-même et sa folie.
"
Que comprends-tu de la consigne :" à la manière de Flaubert ?"