Autoriser à ce que / autoriser que

Langue française

9 réponses

Bescherelle · L'essentielBac français 2027Fiches bac françaisBrevet 2027
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Bonjour à tous,

concernant le verbe "autoriser", selon le dictionnaire, on a les constructions telles que "autoriser qqn à + inf" ou "autoriser qqch.", alors j'ai lu dans des articles des phrases contenant "autoriser à ce que ", pourquoi c'est " à ce que" au lieu de "que" ( autoriser que…), est-ce qu'on peut dire directement "autoriser que…"

ou bien ici c'est pareil au cas des verbes comme "s'opposer", on a "s'opposer à qqch" et "s'opposer à ce que", on peut dire "autoriser (qqn) à qqch", "autoriser (qqn) à ce que…"?


Merci d'avance?
", alors j'ai lu dans des articles des phrases contenant "autoriser à ce que ", pourquoi c'est " à ce que" au lieu de "que" ( autoriser que…), est-ce qu'on peut dire directement "autoriser que…"
Non seulement on peut, mais on doit.
Autoriser se construit directement :
autoriser une chose,
autoriser une personne à faire une chose,
autoriser qu'une chose se fasse.
Mais il faut bien reconnaître, à ma grande surprise, qu'on trouve effectivement "autoriser à ce que" sous diverses plumes, pas forcément celles de jeunes non scolarisés.
Par exemple, dans ces Cahiers pédagogiques :
Ce serait s’autoriser à ce que les textes, étudiés par ailleurs véritablement pour eux-mêmes en séance de lecture, deviennent de temps à autre en séances de langue effectivement - et sans culpabilité !- des prétextes, de simples supports pour travailler une grammaire ou une orthographe qu’il semble difficile d’enseigner en relation avec du sens et que nous - élèves et professeur qui sommes dans le cadre pédagogique singulier d’une classe- ressentons le besoin, non d’exclure, mais au contraire d’éclaircir méthodiquement.
https://www.cahiers-pedagogiques.com/Francais-en-college-peut-on-encore-faire-de-l-orthographe-dans-les-sequences
Jinying, ce sont là des exemples à ne pas imiter.
on trouve effectivement "autoriser à ce que"
En fait il s'agit dans l'exemple que tu donnes de s'autoriser à faire quelque chose.
Est-ce incorrect ?
Je pose la question.
La question est : pouvait-on l'écrire autrement ?
Si j'écris par exemple Ce serait admettre que les textes, étudiés par ailleurs… ai-je vraiment exprimé la même idée ? Je n'en suis pas convaincu.
Ce n'est pas la même idée.
Ici, s'autoriser à est le contraire de s'interdire de :
Ce serait s’autoriser à ce que les textes, étudiés par ailleurs véritablement pour eux-mêmes en séance de lecture, deviennent de temps à autre en séances de langue effectivement - et sans culpabilité !- des prétextes...

=
Ce serait ne pas s'interdire que les textes, étudiés par ailleurs véritablement pour eux-mêmes en séance de lecture, deviennent de temps à autre en séances de langue effectivement - et sans culpabilité !- des prétextes
Laoshi a écrit :
on trouve effectivement "autoriser à ce que"
En fait il s'agit dans l'exemple que tu donnes de s'autoriser à faire quelque chose.
Est-ce incorrect ?
Je pose la question.
Oui, j'avais vu cela et je me suis aussi posé la question. Mais à la réflexion, les constructions de "s'autoriser" ne m'avaient pas paru plus larges que celles de "autoriser" citées par Delia. Elles sont mêmes en fait moins nombreuses, d'après l'Académie :
★II. V. pron.
☆1. S'autoriser à, se donner le droit, la permission de. Il justifiait leur conduite pour s'autoriser à les limiter. De temps à autre il s'autorise une plaisanterie. Il ne s'autorise aucun répit.
☆2. S'autoriser de, prendre prétexte de ; s'appuyer sur. Il s'autorise de votre exemple pour agir ainsi. Il s'autorisa d'un entretien avec moi pour se dire mon ami.
On peut être surpris que dans une même première définition, on range une construction directe (il s'autorise une plaisanterie) avec une construction qui semble indirecte (s'autoriser à les limiter) à moins de voir dans le "à" un indicateur d'infinitif.
En tout état de cause, la construction avec "à" est du même type que celle qui existe pour "autoriser" employer non pronominalement "il autorise qq'un à faire qqchose".
Je ne vois donc pas pourquoi la construction "s'autoriser à ce que" serait plus licite que "autoriser à ce que".
Je crois que la seule complétive possible est "s'autoriser que" de même que pour le verbe non pronominal, on a "autoriser que". Mais force est de reconnaître que les exemples d'une telle proposition avec "que" sont très rares, probablement parce que la phrase n'a peut être pas beaucoup de sens : comme se donne-t-on une autorisation à soi-même sur quelque chose qui semble dépendre de l'extérieur.
La phrase "Ce serait s’autoriser à ce que les textes, étudiés par ailleurs véritablement pour eux-mêmes en séance de lecture, deviennent de temps à autre…"
serait donc grammaticalement meilleure ainsi :
"Ce serait s’autoriser que les textes, étudiés par ailleurs véritablement pour eux-mêmes en séance de lecture, deviennent de temps à autre…"
mais encore bien meilleure à mon avis en supprimant le pronominal :
"Ce serait autoriser que les textes, étudiés par ailleurs véritablement pour eux-mêmes en séance de lecture, deviennent de temps à autre…"
LE TLFi ne semble pas prévoir davantage la tournure (avec ou sans pronominal) autoriser que ou interdire que. Si c'est le cas, pourquoi ne pas écrire :
Ce serait autoriser les textes, étudiés par ailleurs véritablement pour eux-mêmes en séance de lecture, à devenir de temps à autre en séances de langue effectivement - et sans culpabilité !- des prétextes…"
Problème : donner une autorisation à un texte et non à son auteur a t-il un sens ?
LE TLFi ne semble pas prévoir davantage la tournure (avec ou sans pronominal) autoriser que ou interdire que.
"interdire que" est bien présent dans le TLF :
− Interdire que + subj.Le premier Consul reçoit (…) le droit de choisir lui-même son successeur (août 1802). Quoiqu'il n'eût pas d'enfant, rien n'interdisait que ce successeur fût son fils, s'il en avait un (Bainville, Hist. Fr., t. 2, 1924, p. 109).
En revanche, c'est vrai, "autoriser que" n'y est pas et de fait, on trouve très peu d'exemples anciens de cette tournure. Même le généreux Hanse ne la cite pas dans les constructions possibles. Je crois pourtant qu'elle est aujourd'hui très utilisée et elle me paraît structurellement admissible.