Bonjour,
Je dois réaliser une anthologie qui doit reprendre au moins 3 courants et genres littéraires différents sur le thème de l'Amérique.
J'ai fais des recherches mais je ne trouve pas de courants littéraires comme le romantisme, le naturalisme, le réalisme… qui parle de l'Amérique. Merci de m'aider si vous en connaissez.
Bonsoir.
Donc des poésies, mais aussi des textes de prose.
Et pour l'Amérique, peu importe, j'imagine, que ce soit celle du Nord ou celle du Sud.
Pour la poésie, tu as par exemple Les Conquérants, de José-Maria de Heredia.
Cherche aussi parmi les poèmes de Supervielle.
Pour la prose, peut-être des passages d'Atala, de Chateaubriand ?
Oui je dois avoir toute sorte de textes que ce soit des extraits de romans, des nouvelles, des contes… Merci beaucoup pour votre aide!
Combien de textes te demande-t-on ?
J'aime New York. J'ai appris à l'aimer. Je me suis habitué à ses ensembles massifs, à ses grandes perspectives. Mes regards ne s'attardent plus sur les façades, en quête d'une maison qui, par impossible, ne serait pas identique aux autres maisons. Ils filent tout de suite à l'horizon chercher les buildings perdus dans la brume, qui ne sont plus rien que des volumes, plus rien que l'encadrement austère du ciel. Quand on sait regarder les deux rangées d'immeubles qui, comme des falaises, bordent une grande artère, on est récompensé : leur mission s'achève là-bas, au bout de l'avenue, en de simples lignes harmonieuses, un lambeau de ciel flotte entre elles.
New York ne se révèle qu'à une certaine hauteur, à une certaine distance, à une certaine vitesse : ce ne sont ni la hauteur, ni la distance, ni la vitesse du piéton. Cette ville ressemble étonnamment aux grandes plaines andalouses : monotone quand on la parcourt à pied, superbe et changeante quand on la traverse en voiture.
J'ai appris à aimer son ciel. Dans les villes d'Europe, où les toits sont bas, le ciel rampe au ras du sol et semble apprivoisé. Le ciel de New York est beau parce que les gratte- ciel le repoussent très loin au-dessus de nos têtes. Solitaire et pur comme une bête sauvage, il monte la garde et veille sur la cité. Et ce n'est pas seulement une protection locale : on sent qu'il s'étale au loin sur toute l'Amérique ; c'est le ciel du monde entier.
J'ai appris à aimer les avenues de Manhattan. Ce ne sont pas de graves petites promenades encloses entre des maisons : ce sont des routes nationales. Dès que vous mettez le pied sur l'une d'elles, vous comprenez qu'il faut qu'elle file jusqu'à Boston ou Chicago. Elle s'évanouit hors de la ville et l'œil peut presque la suivre dans la campagne. Un ciel sauvage au- dessus de grands rails parallèles : voilà ce qu'est New York, avant tout. Au cœur de la cité, vous êtes au cœur de la nature.
Il m'a fallu que je m'y habitue, mais, à présent que c'est chose faite, nulle part je ne me sens plus libre qu'au sein des foules new-yorkaises. Cette ville légère, éphémère, qui semble chaque matin, chaque soir, sous les rayons lumineux du soleil, la simple juxtaposition de parallélépipèdes rectangles, jamais n'opprime ni ne déprime. Ici, l'on peut connaître l'angoisse de la solitude, non celle de l'écrasement.
Jean-Paul Sartre >Situation III, 2
Pour une surprise, c'en fut une. À travers la brume, c'était tellement étonnant ce qu'on découvrait soudain que nous nous refusâmes d'abord à y croire et puis tout de même quand nous fûmes en plein devant les choses, tout galérien qu'on était on s'est mis à bien rigoler, en voyant ça, droit devant nous…
Figurez-vous qu'elle était debout leur ville, absolument droite. New York c'est une ville debout. On en avait déjà vu nous des villes bien sûr, et des belles encore, et des ports et des fameux mêmes. Mais chez nous, n'est-ce pas, elles sont couchées les villes, au bord de la mer ou sur les fleuves, elles s'allongent sur le paysage, elles attendent le voyageur, tandis que celle-là l'Américaine, elle ne se pâmait pas, non, elle se tenait bien raide, là, pas baisante du tout, raide à faire peur.
On en a donc rigolé comme des cornichons. Ça fait drôle forcément, une ville bâtie en raideur. Mais on n'en pouvait rigoler nous du spectacle qu'à partir du cou, à cause du froid qui venait du large pendant ce temps-là à travers une grosse brume grise et rose. et rapide et piquante à l'assaut de nos pantalons et des crevasses de cette muraille, les rues de la ville, où les nuages s'engouffraient aussi à la charge du vent. Notre galère tenait son mince sillon juste au ras des jetées, là où venait finir une eau caca, toute barbotante d'une kyrielle de petits bachots et remorqueurs avides et cornards.
Pour un miteux, il n'est jamais bien commode de débarquer de nulle part mais pour un galérien c'est encore bien pire, surtout que les gens d'Amérique n'aiment pas du tout les galériens qui viennent d'Europe. C'est tous des anarchistes » qu'ils disent. Ils ne veulent recevoir chez eux en somme que les curieux qui leur apportent du pognon, parce que tous les argents d'Europe, c'est des fils à Dollar.
J'aurais peut-être pu essayer, comme d'autres l'avait déjà réussi, de traverser le port à la nage et de me mettre à crier : « Vive Dollar ! Vive Dollar ! » C'est un truc. Y a bien des gens qui sont débarqués de cette façon-là et qui après ça on fait des fortunes. C'est pas sûr, ça se raconte seulement. Il en arrive dans les rêves des biens pires encore. Moi j'avais une autre combinaison en tête, en même temps que la fièvre .
Céline, Voyage au bout de la nuit
Amérique
à Carlos de Radzistky
(fragment)
Toute mon enfance a rêvé dans les atlas aux cartes hospitalières
J’y ai imaginé le dernier Mohican près de la case de l’Oncle Tom
J’ai vu les placers du Sacramento et les saloons où les femmes
crachent par terre
Et les cow-boys qui sucent en selle leur dernière goutte de rhum
Les chutes du Niagara, les abattoirs de Chicago, le pont suspendu
de Brooklyn
La lune de Chateaubriand sur les forêts bleues du Meschacebé
Les visages pâles au crépuscule couleur de crime et d’aubergine
Les cliquetis d’éperons quelque part dans l’Arkansas derrière des
troupeaux emballés
Les Indiens avec des plumes à effeuiller comme les marguerites
Les Indiens manieurs de tomahawk et chasseurs de têtes
Les forêts impénétrables de Gustave Aymard et de Mayne-Reid
Les Quakers barbus dans les villages tristes du Massachusetts
Les filles de milliardaires qu’on appelle Barbara ou bien Margaret
Les séquoias des montagnes rocheuses débités à la dynamite.
Rien de tout cela mon enfance et toi où étais-tu où étais-tu
Et les yeux du premier communiant et le sang rose de tes lèvres
Et les ramures de tes mains aux branches encore dans la sève
Vie infinitésimale confiée à quel aïeul inconnu !
Où étais-je qui donc portait mon devenir étais-je
Comme le chêne tout entier vit déjà dans le moindre gland
Comme un peu de pollen contient des saules pour mille ans
Comme les nuages charrient déjà la blancheur éclatante des
neiges
Et toi ma mère au cœur si doux tu n’avais pas encore de cœur
Nous n’étions pas encore mais pourtant nous étions déjà au
monde
De siècle en siècle, d’heure en heure, de femme brune en femme
blonde
Nous fûmes ensemble et peut-être un doux vieillard aux mains de
labeur
Dans quelque village au bord du soir portait déjà nos cheveux
blancs.
Robert GOFFIN, Patrie de la poésie, (L’Arbre, Montréal)
L'Amérique, chantée par Joe Dassin.
On m'en demande 10 Jehan.
Merci a tous pour votre aide!