Louise Labé, Sonnets, XIIII - Tant que mes yeux pourront larmes épandre…

Entraide scolaire

11 réponses

Bescherelle · L'essentielBac français 2027Fiches bac françaisBrevet 2027
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Bonjour,

Je suis en train de travailler sur un sonnet de Louise Labé.
(Je mets le texte puisque ce sonnet n'a pas de titre et qu'il existe un recueil intitulé Sonnets).
Tant que mes yeux pourront larmes épandre
A l'heur passé avec toi regretter :
Et qu'aux sanglots et aux soupirs résister
Pourra ma voix, et un peu faire entendre :

Tant que ma main pourra les cordes tendre
Du mignard Luth, pour tes grâces chanter :
Tant que l'esprit se voudra contenter
Ce ne vouloir rien fors que toi comprendre :

Je ne souhaite encore point mourir.
Mais quand mes yeux je sentirai tarir,
Ma voix cassée, et ma main impuissante,

Et mon esprit en ce mortel séjour
Ne pouvant plus montrer signe d'amante :
Prierai la Mort noircir mon plus clair jour.
Question à l'oral : montrez que ce poème repose sur un paradoxe.

Quelqu'un peut-il me montrer ce paradoxe ? J'ai beau relire le poème, je ne le vois pas… Est-ce l'opposition entre les deux quatrains qui font allusion à la vie, à l'amour et au lyrisme et les deux tercets qui évoquent la mort, la douleur et le désespoir ?
Si c'est cela quel plan est-il possible de faire ? Un plan en deux partie qui suit l'ordre sur texte (I les quatrains, II les tercets) est-il envisageable ?

Merci 🙂

Estelle.
Bonsoir Estelle,

Tu devrais relever ce que la poétesse appelle "signe d'amante" (sanglots, larmes, soupirs, etc.) et chercher si, pour elle, ils sont "signes" de désespoir ? Le paradoxe est sans doute que c'est leur absence qui la ferait réclamer la Mort… (Elle lie "souffrances" et "état amoureux".)

Muriel
Merci de ta réponse, Muriel 🙂

Estelle.
Bonjour Estelle,

Si tu vas plus loin dans l'analyse de ce poème, tu t'apercevras que sans ces souffrances, la poétesse ne "chanterait" pas, ne jouerait pas de la lyre… Ses larmes sont des notes et des mots… En leur absence, l'écriture poétique serait compromise, voire morte…

Muriel
Bonjour,

Effectivement, mais lorsqu'elle ne sera justement plus capable d'exprimer sa souffrance, elle fera appel à la mort, et peut-être mettra elle-même fin à ses jours.

D'une part elle souffre, ce qui engendre l'écriture et d'autre part lorsqu'elle ne sera plus capable d'écriture ni d'exprimer sa détresse, elle mourra. Donc les deux "possbilités" sont souffrir et écrire ou bien ne plus souffrir et mourir. Est-ce bien cela le paradoxe ?

Merci 🙂

Estelle.
Tiens, lis cette courte biographie de Wikipédia, tu comprendras mieux…

Je ne sais pas si elle irait jusqu'au suicide… je pense plutôt qu'elle appellerait la Mort pour qu'elle lui apporte encore son lot de souffrances.
La poétesse dit bien "noircir mon plus clair jour" (appel de déception amoureuse ? d'un deuil ?).
Je ne pense pas qu'elle parle de sa propre mort. Je pense plutôt à la mort de sa poésie par des "jours" (sa vie) trop clairs (heureux).

Muriel
Je ne comprends pas le rapport entre cette biographie et Louise Labé… ?

Estelle.
C'est normal… il n'y en a pas !!! Mets cela sur le compte d'une mauvaise nuit ! 🙂

Voici la bonne biographie, ici, sur Wikipédia

Muriel
Merci pour la biographie 🙂

"Prierai la Mort noircir mon plus clair jour" : est-ce que cela ne signifie pas qu'elle demanderai à la Mort de noircir ses jours, c'est à dire qu'elle demandera à la Mort de la tuer ?

Estelle.
Pourquoi pas ? Plusieurs interprétations sont possibles…
Voila j'ai un commentaire moi aussi a faire sur le sonnet 2 de Louise Labé! Jorais voulu savoir ce que vous inspirait ce poème et surtout comment s'explique l'attente amoureuse? Merci!
Ô beaux yeux bruns, ô regards détournés,
Ô chauds soupirs, ô larmes épandues,
Ô noires nuits vainement attendues,
Ô jours luisants vainement retournés !

Ô tristes plaints, ô désirs obstinés,
Ô temps perdu, ô peines dépendues,
Ô mille morts en mille rets tendues,
Ô pires maux contre moi destinés !

Ô ris, ô front, cheveux, bras, mains et doigts !
Ô luth plaintif viole, archet et voix !
Tant de flambeaux pour ardre une femelle !

De toi me plains, que tant de feux portant,
En tant d'endroits d'iceux mon coeur tâtant,
N'en est sur toi volé quelque étincelle.