Le nombre - Média
14 réponses
Singulier ou pluriel, faux-ami?
J'ai souvent songé à l'utilisation du mot 'média' en français (1965 de "mass media" en anglais probablement américain).
Mon problème de compréhension est double:
- en latin medium (sing.) donne media (pl.). Pour les anglais la presse est UN medium. la presse + la télévision sont des 'media'.
- en français, on écrit un média au singulier et les médias au pluriel.
Ne s'agit-il pas de noyer le poisson?
Dans la même lignée, un confettI (normalement en italien: un confetto), ou encore des opéraS (en italien: delle opere, au féminin).
Bonjour…
Il faut savoir que la langue récupère parfois des termes étrangers dans leur forme plurielle pour en faire des singuliers (notamment quand leur orthographe d'origine ne nous évoque pas un pluriel).
Par exemple, << spaghetti >> et << brocoli >> sont des termes pluriels en Italien. Ils sont devenus des singuliers en Français. En effet, on écrit << brocolis >> au pluriel et on n'écrit pas << brocolo >> au singulier.
<< Média >>, peut donc être considéré en Français comme un simple singulier pour désigner la presse, la télévision, etc, et << média >>, comme son pluriel.
Certes, on pourrait dire qu'il serait plus << joli >> et plus << puriste >> que d'utiliser les formes originelles des mots empruntés à l'étranger, mais direz-vous vraiment << indices >> (prononcé << in-di-cesse >>) pour pluriel d' << index >>? Les exemples sont multiples… Plusieurs ouvrages parlent de << pédantisme superflu >>, << contraire à la logique >>…
De façon générale, la règle à retenir est que les termes empruntés à l'étranger doivent être traités en français selon les règles de notre langue et pas selon celle de leur langue d'origine…
Ai-je répondu à votre question?
Bonjour Bâ et merci.
En tant qu'immigrant, je me dois d'accepter "De façon générale, la règle à retenir est que les termes empruntés à l'étranger doivent être traités en français selon les règles de notre langue et pas selon celle de leur langue d'origine…"
Il est rare que je mange un spaghetto; es-tu au régime?
Le mot opéra ne me dérange pas autant que média, car
1. l'oeuvre en question est une combinaison de multiples formes de l'Art
2. il s'agit aussi du nom du batîment ou je me dirige
3. il s'agit d'un genre.
Par contre on dit bien d'une oeuvre d'un compositeur: Opus 32.
Après tout ce temps, je n'insiste pas non plus sur 'Soprani', mais à l'opéra, on peut toujours. 'Sopranos' est donc rentré dans mon répertoire!
Tiens! mon 'donc' joignât une proposition et sa conséquence. dans votre propos je ne vois pas que "<< Média >>, peut donc être considéré en Français comme un simple singulier pour désigner la presse, la télévision, etc, et << média >>, comme son pluriel" découle de la phrase précédente….
Aussi aurais-j'été moins interloqué par 'médiums' (même avec son accent aigu) que 'médias'. Je suppose que l'on puisse imaginer UN multimédia et des multimédias…..non, non; je plaisante.
Tiens! et si le critère n'était pas esthétique! si c'était l'estime et le respect que l'on porte au pays d'origine?
Les anglais et allemands disent 'London, Paris, Calais, & Dover. Les français disent Londres, Paris, Calais et Douvres. Étrange, isn't it?
Aviez-vous répondu à ma question? Presque! Telles distorsions, sont-elles ce que l'on nomme des faux-amis?
Sythilia, concernant l'origine de confetti: dans le XIXème s. (un) confetti décrivait LES boulettes de plâtre lancées lors du carnaval de Nice. Une douche pourrait bien avoir multiples petit jets d'eau.
D'accord, mais ce que je veux dire avec les confettis, c'est que justement un confetti designe un ensemble de confettis (alors qu'en italien, la terminaison I designe le pluriel alros que le O designe le singulier). Un confetto est donc une pluie de confetti? Je comprends de moins en moins… 😜
Bonsoir…
J'indiquais simplement que le hasard de l'évolution de la langue fait que les mots récupérés de l'étranger peuvent tantôt être des pluriels dans leur langue d'origine, tantôt des singuliers, et cetera, mais qu'il est préférable de les << décliner >> ensuite en français selon nos règles et non selon les règles des autres langues.
Il ne s'agit pas de sympathie ou d'antipathie à l'égard de ces langues-là! Mais, s'il est facile d'être pédant en mangeant un broccolo, essayez-donc de parler des températures maximae du mois de décembre, et cetera! Nous utilisons des formes qui viennent de langues étrangères (vivantes ou mortes) très variées, et il nous serait impossible, tout simplement, d'exercer ce pédantisme lorsque les mots en question viennent du russe, du roumain, ou autres langues que (pour une majorité d'entre nous) nous ne connaissons pas! De plus, il n'y a pas de logique à cela: c'est contraire à l'esprit même d'une langue.
Je ne comprends pas très bien votre question: << Telles distorsions, sont-elles ce que l'on nomme des faux-amis? >>… Comment cela?
MÉDIA
Selon le Petit Robert 2007, le mot (nom) vient (1965) de l’anglais américain mass media (moyens de communication de masse).
Au singulier, il signifie en bref : moyen de diffusion de signaux porteurs de messages écrits, sonores ou visuels.
Corrélats : communication, information.
Le mot est plus courant au pluriel : les médias.
Corrélat : multimédia (nom et adjectif) ; pluriel : multimédias.
Le nom américain a donc été francisé : accent aigu et troncation ; c’est ce que font les lexicographes (entre autres), avec raison, pour conserver au français sa physionomie.
Il ne serait pas inutile, en effet, de mettre de l’ordre : soprano a pour pluriel soprani (à l’italienne), mais le Petit Robert précise qu’on dit parfois sopranos. J’applaudis à ceci.
Quant à lied, il a pour pluriel lieder à l’allemande. Pourquoi pas lieds ? Il est vrai que le mot est du domaine des spécialistes de la musique et qu’il ne se trouve pas beaucoup de gens pour réclamer sa francisation.
Bonsoir, Édy!
Qu'entendez-vous, s'il-vous-plaît, par << Il ne serait pas inutile, en effet, de mettre de l’ordre >> ?
Sythiliah a écrit :Un confetto est donc une pluie de confetti? Je comprends de moins en moins… 😜
Un confetto est un bonbon, notamment du type dragée. 'Far mangiare i confetti' est un synonyme de 'fêter un mariage'.
Par extension et distorsion on fête les mariages en jetant nos confetti!
Bâ a écrit :Bonsoir…
1. Il ne s'agit pas de sympathie ou d'antipathie à l'égard de ces langues-là!
2. il nous serait impossible, tout simplement, d'exercer ce pédantisme lorsque les mots en question viennent du russe, du roumain, ou autres langues que (pour une majorité d'entre nous) nous ne connaissons pas!
3. De plus, il n'y a pas de logique à cela: c'est contraire à l'esprit même d'une langue.
4. Je ne comprends pas très bien votre question: << Telles distorsions, sont-elles ce que l'on nomme des faux-amis? >>… Comment cela?
1. J'aurais dû oublier un smiley. il est vrai que l'humour du 2nd degré n'est pas toujours évident à reconnaître :/
2. …..surtout avec des caractères crylliques par exemple!
3. presque toutes mes contributions démontre le manque de logique dans la langue française. Mais c'est normal. En anglais il y a 7 ou 8 prononciations différentes possibles pour 'ou'.
Pour moi la grammaire nous aide à créer et la linguistique nous aide à classifier une langue. Mais alors, quelle étude ou discipline nous définit son esprit?
Bonsoir, Bâ !
Je veux dire que beaucoup de noms importés mériteraient d'être francisés, y compris quant à la forme du pluriel. Plusieurs exemples ont été donnés ici ; j'ai moi-même parlé des pluriels soprani et lieder. On y gagnerait d'ailleurs en simplicité.
Ce n'est pas toujours possible : à supposer qu'on puisse trouver l'équivalent exact de "prime time", comment le faire accepter, alors que ce xénisme (sic) est accepté - et dans sa prononciation anglaise - par la plupart des téléspectateurs et figure d'ailleurs dans le Petit Robert ?
Il a été question ailleurs de mail ; je suis partisan de courriel (= courrier électronique). Mais je crains de rester minoritaire.
Rien n'empêche cependant d'oeuvrer "à la défense et à l'illustration de la langue française", dans le sillage de Du Bellay.
Quant aux noms propres, je suis partisan du nom étranger, à moins qu'un long usage n'en ait décidé autrement : Rome, Londres, Moscou, Frédéric II, Frédéric Barberousse, Aix-la-Chapelle, le Rhin, Jean-Sébastien Bach, etc.
Dans cet esprit, j'estime pour le moins mesquin qu'en Flandre (partie néerlandophone de la Belgique), la ville française de Lille soit, sur les panneaux directionnels, mentionnée sous le nom flamand de Rijsel. Il est vrai qu'il fut un temps où elle faisait partie de la Flandre… Moi, je sais. Mais les voyageurs et les touristes ?
Rebonsoir…
Je crois que l'usage a déjà francisé et francise toujours les substaantifs empruntés à l'étranger. Seul un certain << pédantisme >> et une réflexion consciente peuvent amener à dire << indices >> pour pluriel d' << indice >>.
Pour << soprano >>, << soprane >> existe en français… L'usage du premier nom n'est donc pas un emprunt mais plutôt un usage véritable de l'italien… Dans ce cas, pourquoi ne pas dire << soprani >> au pluriel si vraiment on veut utiliser l'italien? Mais, en français, c'est << soprane >>…
Où est le pédantisme ? Je ne comprends pas.
Le pluriel de index, c'est index, et non indices comme en latin ; celui de indice, c'est indices.
Index et indice, venus du latin, sont attestés au XVe siècle.
Ce ne sont pas des emprunts à l'étranger.
Ce qui est pédant, c'est d'étaler toute sa culture en montrant que l'on maîtrise les langues étrangères (vivantes ou mortes) en utilisant les pluriels de ces langues-là pour les mots qu'elles ont donné en français.
Ceux qui le sont diront aussi bien << indices >> pour pluriel d' << indice >> que << soprani >> pour pluriel de << soprano >>, et cetera.
Utiliser des pluriels italiens, allemands, ou autres, ne se justifie par rien et est contraire à l'esprit même d'une langue. C'est ce que j'ai pu lire dans plusieurs ouvrages, dont le Grévisse. Cela apparait logique! Toutes les langues empruntent des mots à l'étranger! Et, encore une fois, utiliserez-vous les pluriels russes ou japonais lorsque l'occasion s'en présentera?