Vous n'avez dégagé aucune problématique, vous avez reformulé le sujet… sans voir ce qu'il avait de problématique : monde éloigné/réalité proche.
En tout cas, le sujet est compris. On voit bien déjà de quoi il retourne, non, Delia ?
En quoi l'évocation d'un monde très éloigné du sien permet-elle à l'homme de réfléchir sur la réalité qui l'entoure ?
Je n'en peux plus, sincèrement je n'en peux plus, mais vous ne pouvez savoir à quel point, de voir ces malheureux élèves s'escrimer à trouver une problématique dont on leur dit sans cesse qu'elle n'en est pas une.
Pour en revenir au sujet, je suppose, Keos, que des textes ont été étudiés, des textes des siècles passés ou se déroulant dans des univers de fiction très éloignés de la société dans laquelle tu vis. Comment ces textes qui paraissent si vieux, si loin de toi peuvent-ils te ramener au monde dans lequel tu vis ?
Il faut se référer à ces textes.
Je ne sais ce que tu as lu.
Il peut s'agir des chapitres de Rabelais consacrés à l'éducation de Gargantua ou à l'abbaye de Thélème, de
L'Histoire comique des États et Empires de la Lune de Cyrano de Bergerac (1650) et
des États et Empires du soleil (du même Cyrano ; il peut s'agir des fables de La Fontaine, des comédies de Molière, de
Micromégas, de
Candide de Voltaire, du
meilleur de mondes d'Aldous Huxley (un peu moins éloigné, mais tout aussi éloquent)
Prends par exemple ce texte de fiction de Cyrano extrait du royaume des oiseaux (second ouvrage cité)
"C’est une imagination de vous autres hommes qui, à cause que vous laissez commander aux plus grands, aux plus forts et aux plus cruels de vos compagnons, avez sottement cru, jugeant de toutes choses par vous, que l’aigle nous devait commander. Mais notre politique est bien autre ; car nous ne choisissons pour nos rois que les plus faibles, les plus doux, et les plus pacifiques ; encore les changeons-nous tous les six mois, et nous les prenons faibles, afin que le moindre à qui ils auraient fait quelque tort, se pût venger de lui. Nous le choisissons doux, afin qu’il ne haïsse ni ne se fasse haïr de personne, et nous voulons qu’il soit d’une humeur pacifique, pour éviter la guerre, le canal de toutes les injustices."
Ce texte écrit entre 1650 et 1655 ne porte-t-il pas à une réflexion politique ?
Les textes sont certes ancrés dans leur époque : Rabelais nous parle de l'homme idéal abime de science de la Renaissance, Molière nous parle de femmes savantes ou du grand seigneur méchant homme, Voltaire de l'inquisition et de réalités qui nous paraissent parfois bien lointaines // mais ils portent à la réflexion sur l'homme et sur la société, l'un et l'autre toujours considérés comme imparfaits aujourd'hui comme ils l'étaient autrefois.