Bonjour à tous,
Je suis face un dilemme quant à l'orientation de mes études.
Après une longue et angoissante hésitation, j'ai décidé d'opter pour la khâgne histoire-géo. Je pense regretter aujourd'hui de ne pas avoir pris la spécialité philosophie.
En effet, deux domaines me passionnent: D'une part la philosophie, la littérature, l'art, de l'autre, le monde contemporain, l'économie, l'histoire, la géopolitique.
L'un étant plus intemporel, pur, véritable, tandis que l'autre m'apparait plus conjoncturel, plus contingent.
Ce qui me plait c'est écrire, essayer de réfléchir.
Idéalement, j'aimerais faire une thèse, si j'en ai les compétences. Là où j'hésite, c'est sur la voie à suivre: géopolitique ou littérature/philo ? Cela demande de la patience, de la détermination, de la passion et les capacités. Or je ne me rends pas bien compte de ce que peuvent être les attentes, les exigences. J'ai du mal à déterminer dans quel domaine je serais le plus à l'aise pour la faire.
Je me vois mal être dans un métier où je ne pourrais pas produire de la pensée, avoir à réfléchir, de façon originale.
Pourtant, quelque chose me repousse dans la perspective de prolonger des études en philosophie: n'est-ce pas devoir analyser, à la virgule près, les différences entre la préface de la première et de la deuxième édition de la Critique de la Raison pure de Kant ? Ce n'est pas la philosophie telle que je la conçois, je l'imagine plutôt vivante, en continuelle évolution, comme un cheminement spirituel et intellectuel infini, à raffiner au fil des expériences de la vie. Mais faire une licence, une thèse, une agrégation de philosophie, pour finir bloqué dans un lycée de banlieue ne m'apparaît pas être la plus réjouissante ni la plus vivante des perspectives.
Une autre solution m'était apparue. Je suis assez curieux, et essaye de m'intéresser à peu près à tout. J'ai plaisir à découvrir et conjecturer sur le monde contemporain, alliant l'économie, la politique, l'histoire et la géographie.
C'est dans cette optique que j'ai pris la spécialité histoire-géo pour la khâgne plutôt que philo. L'idée était d'intégrer Sciences po Lyon (concours que je compte passer cette année) afin d'y apprendre le chinois, d'effectuer l'année de mobilité en Chine, puis de faire le master recherche sur l'Asie orientale contemporaine, pouvoir continuer en thèse (si possible) pour finir comme fonctionnaire international, idéalement à l'UNESCO. Le tableau semblait parfait, métier intéressant, expérience internationale, une petite famille, un bon salaire, what else? comme dirait l'autre.
Sauf que plus je réfléchi moins ce schéma me parait réalisable. Je ne me rends pas compte des attentes ni des exigences pour effectuer une thèse de géopolitique/socio sur la Chine/l'Asie, en ai-je seulement les capacités ? À quoi bon essayer si c'est pour finir commercial ou un quelconque autre job à la teneur en exigence intellectuelle originale quasi-nulle ? J'aurais le sentiment d'être passé à coté de l'essentiel. N'est-ce pas le piège, être enfermé dans un travail qui n'est pas toujours passionnant au détriment de la pensée, de l'écriture ? En étant prof, j'aurais au moins du temps à consacrer à l'écriture.
En y réfléchissant, je pense me sentir plus à l'aise avec le premier domaine. Je m'imagine avoir moins de mal à faire une thèse sur la question du plaisir comme fuite face à la conscience de la nihilité de l'existence chez Céline, plutôt que sur le problème de l'eau au coeur des relations sino-tibétaines pendant la période denguiste.
Dans le doute, je passe quand même sciences po, mais j'envisage de plus en plus de poursuivre en fac de lettre moderne/philo, puis d'être, dans l'idéal mettre de conf, sinon agrégé (ce qui est difficile) ou, à défaut, passer le capes.
Toutefois, me retrouver prof de français pour la classe de 5ème du lycée professionnel de Roubaix, pour un salaire faible me réjouit bien moins qu'un métier que pourrait m'offrir sciences po, même si ce n'est pas de la recherche, je peux toujours espérer trouver un truc sympa, à l'international, dont l'inintérêt relatif serait compensé par la perspective d'évoluer professionnellement.
Si parmi vous certain avaient des conseils, des avis, de part leurs expériences, leurs thèses, leurs réussites et leurs échecs, je vous en serais sincèrement reconnaissant.
Je suis face un dilemme quant à l'orientation de mes études.
Après une longue et angoissante hésitation, j'ai décidé d'opter pour la khâgne histoire-géo. Je pense regretter aujourd'hui de ne pas avoir pris la spécialité philosophie.
En effet, deux domaines me passionnent: D'une part la philosophie, la littérature, l'art, de l'autre, le monde contemporain, l'économie, l'histoire, la géopolitique.
L'un étant plus intemporel, pur, véritable, tandis que l'autre m'apparait plus conjoncturel, plus contingent.
Ce qui me plait c'est écrire, essayer de réfléchir.
Idéalement, j'aimerais faire une thèse, si j'en ai les compétences. Là où j'hésite, c'est sur la voie à suivre: géopolitique ou littérature/philo ? Cela demande de la patience, de la détermination, de la passion et les capacités. Or je ne me rends pas bien compte de ce que peuvent être les attentes, les exigences. J'ai du mal à déterminer dans quel domaine je serais le plus à l'aise pour la faire.
Je me vois mal être dans un métier où je ne pourrais pas produire de la pensée, avoir à réfléchir, de façon originale.
Pourtant, quelque chose me repousse dans la perspective de prolonger des études en philosophie: n'est-ce pas devoir analyser, à la virgule près, les différences entre la préface de la première et de la deuxième édition de la Critique de la Raison pure de Kant ? Ce n'est pas la philosophie telle que je la conçois, je l'imagine plutôt vivante, en continuelle évolution, comme un cheminement spirituel et intellectuel infini, à raffiner au fil des expériences de la vie. Mais faire une licence, une thèse, une agrégation de philosophie, pour finir bloqué dans un lycée de banlieue ne m'apparaît pas être la plus réjouissante ni la plus vivante des perspectives.
Une autre solution m'était apparue. Je suis assez curieux, et essaye de m'intéresser à peu près à tout. J'ai plaisir à découvrir et conjecturer sur le monde contemporain, alliant l'économie, la politique, l'histoire et la géographie.
C'est dans cette optique que j'ai pris la spécialité histoire-géo pour la khâgne plutôt que philo. L'idée était d'intégrer Sciences po Lyon (concours que je compte passer cette année) afin d'y apprendre le chinois, d'effectuer l'année de mobilité en Chine, puis de faire le master recherche sur l'Asie orientale contemporaine, pouvoir continuer en thèse (si possible) pour finir comme fonctionnaire international, idéalement à l'UNESCO. Le tableau semblait parfait, métier intéressant, expérience internationale, une petite famille, un bon salaire, what else? comme dirait l'autre.
Sauf que plus je réfléchi moins ce schéma me parait réalisable. Je ne me rends pas compte des attentes ni des exigences pour effectuer une thèse de géopolitique/socio sur la Chine/l'Asie, en ai-je seulement les capacités ? À quoi bon essayer si c'est pour finir commercial ou un quelconque autre job à la teneur en exigence intellectuelle originale quasi-nulle ? J'aurais le sentiment d'être passé à coté de l'essentiel. N'est-ce pas le piège, être enfermé dans un travail qui n'est pas toujours passionnant au détriment de la pensée, de l'écriture ? En étant prof, j'aurais au moins du temps à consacrer à l'écriture.
En y réfléchissant, je pense me sentir plus à l'aise avec le premier domaine. Je m'imagine avoir moins de mal à faire une thèse sur la question du plaisir comme fuite face à la conscience de la nihilité de l'existence chez Céline, plutôt que sur le problème de l'eau au coeur des relations sino-tibétaines pendant la période denguiste.
Dans le doute, je passe quand même sciences po, mais j'envisage de plus en plus de poursuivre en fac de lettre moderne/philo, puis d'être, dans l'idéal mettre de conf, sinon agrégé (ce qui est difficile) ou, à défaut, passer le capes.
Toutefois, me retrouver prof de français pour la classe de 5ème du lycée professionnel de Roubaix, pour un salaire faible me réjouit bien moins qu'un métier que pourrait m'offrir sciences po, même si ce n'est pas de la recherche, je peux toujours espérer trouver un truc sympa, à l'international, dont l'inintérêt relatif serait compensé par la perspective d'évoluer professionnellement.
Si parmi vous certain avaient des conseils, des avis, de part leurs expériences, leurs thèses, leurs réussites et leurs échecs, je vous en serais sincèrement reconnaissant.



