Theodor Adorno, Notes sur la littérature

Entraide scolaire

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Bescherelle · L'essentielBac français 2027Fiches bac françaisBrevet 2027
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Bonjour.
Je suis en MASTER 1 MEEF 2nd degré parcours Lettres à l'ESPE de Polynésie Française, et j'ai un compte-rendu critique et un exposé de 25 à 30 minutes à faire le 03/11/15 sur Notes sur la littérature de Theodor ADORNO dans le cadre de mon cours "Esthétique et théorie de la littérature".

Je sollicite les étudiants et spécialistes qui passent aux alentours, car je trouve que c'est un livre TRES difficile à lire. En effet, même en lisant à haute voix le texte, je comprends très peu de choses, et j'arrive à comprendre 7 pages en 1 heure seulement. Or, le livre fait 437 pages; je dois faire un exposé de 25 à 30 minutes dans 3 semaines en ayant rendu le compte-rendu critique quelques jours avant; et j'ai également un mini-mémoire de recherche, un partiel de composition française et une explication de texte à préparer également dans les prochaines semaines. Je ne peux donc pas consacrer tout mon temps de travail à ses pages indigestes pour lesquels je comprends 1 page toutes les 10 minutes.

J'ai deux de mes amies qui ont eu à travailler respectivement sur L'Ancien et le Nouveau de Marthe Robert et un livre de Jean-Marie Schaeffer dont je ne me souviens plus du titre. Elles ont trouvé ces ouvrages très difficiles et ont en fait des nuits blanches. Ainsi, personnellement je remets en question la place de la matière d'"Esthétique et théorie de la littérature" que j'aie dans ma maquette. Certes nous préparons le CAPES, mais je n'arrive pas à croire que je ne comprenne goutte aux pages d'Adorno même en lisant à haute voix. J'ai vraiment un problème! Je n'ai pas de problème particulier en cours de composition française sur la poésie ou le théâtre, mais esthétique et théorie de la littérature, si! Mon professeur a argumenté qu'en dissertation de CAPES, on peut mobiliser des textes théoriques. Cependant, il ne faut pas que le devoir ne soit que composés de références théoriques. De plus, lire des extraits plutôt que l'oeuvre entière, en retenir des citations et savoir de quoi parle précisément l'extrait est entièrement suffisant. bref…
Je trouve que même si nous sommes à un niveau CAPES, lire des oeuvres critiques entières avec un tel niveau d'abstraction est impensable. Dans les autres cours de préparation à la composition française, on nous donne des extraits d'oeuvres critiques, et c'est le professeur qui les explique. J'ai également à ma disposition Littérature: 150 textes théoriques et critiques de J. VASSEVIERE et N. TOURSEL. Il n'y a que des textes critiques dedans EXPLIQUES et COMMENTES par les auteurs. En étudiant ce livre, j'ai déjà commencé par la lecture d'un extrait de Barthes. Indigeste pour moi. Fort heureusement, l'explication de l'extrait était en haut de la page, et Barthes était tout d'un coup devenu plus clair pour moi. Malheureusement, il n'y a pas de Theodor Adorno. C'est dommage. En résumé, Barthes, Jauss et toute la joyeuse clique de théoricien sont indigestes pour moi sans aide du prof ou du manuel… Ils utilisent des images absconnes dont je ne vois pas le rapport avec la choucroute… On dirait qu'ils font exprès d'exprimer leur théorie de manière mystérieuse afin que personne ne comprenne (enfin, c'est mon jugement après avoir passé 1h en ayant compris pas grand chose).

Voici les quelques notes que j'ai prises (oui, ma stratégie était de lire un certain nombre de pages par jour pour chaque chapitre - je divise le nombre de pages contenus dans un chapitre par le nombre de jour que je dois consacrer - à savoir 13) :
L’ESSAI COMME FORME
Essai = genre pas bien défini.
Philo = universel & originel. Représentation ancrée.
Adam et Eve. Essai = amusette.
Essai = mauvaise presse <= prône 1 liberté intellect qui ne s’est jms développée jusqu’à présent <= prône en fait une volonté de se soumettre à des règles définitoires.
Essai = « loisir propre à l’enfance » (p.6)
La règle formelle de l’essai : l’hérésie.


LA NAÏVETE EPIQUE
mythe = « l’éternellement semblable » (p.31)
télos du récit = « ce qui est différent » (p.31)
l’épique = la sonorité renouvelée des vagues sur la côte rocheuse.

LA SITUATION DU NARRATEUR DANS LE ROMAN CONTEMPORAIN
Situat° actuelle du roman = situat° du narrateur.
Pb : on ne peut plus narrer, alors que l’essence même du roman est bien la narration.
Roman à ses débuts est toujours de nature réaliste.
Même 1 roman de science-fiction comporte des aspects réalistes.
19ème siècle : remise en question <= subjectivisme ne tolère plus d’élémt qui ne soit transformé « sapant ainsi la loi épique de l’objectivité » (p 37).
Ecrire dans un registre réaliste est de mauvaise presse (« tomber dans le kitsch insupportable de l’art régionaliste »).


DISCOURS SUR LA POESIE LYRIQUE
ET LA SOCIETE
réflex° sociologiq / poésie lyriq s’appliquant à tout objet
Hegel se permettait de juger « l’autorité formelle ».
Analyser les conditions qui ont produit des textes et celle de leurs effets permet de remplacer l’expérience (càd la lecture ?)
Etudier la sphère de l’expression dont l’essence = ne pas reconnaître la puissance de la socialisat°+ surmonter par le pathos de la distanciation.
Peut-on parler de lyrisme et de la scté si l’on n’est pas dépourvu de sensibilité artistique ?
Normalement, lyrisme # sociologie. Pourtant, leur relat° dévoile qqch qui leur sont essentiel.


LE SURREALISME
L’art ne se comprend pas elle-même => incompatibilité ac la réussite. Ms en fait, « acte de trahison envers le conformisme » (p 64)
Le rêve fait partie des procédés surréalistes.


LECTURE DE BALZAC
Balzac incarne « les forces de product° de la bourgeoisie à la veille de l’apogée du capitalisme ».

LES ECARTS DE VALERY
Les phantasmes compensateurs d’homme ignorant du monde touchent la réalité de ce monde plus exactement que le réalisme de ses œuvres.
« A l’apogée du capitalisme, les hommes sont des masques de caractère. » (p. 84).
illusions perdues = expé de l’abîme qui sépare les hommes et leur fonction sociale.
Balzac a exprimé le caractère totalitaire de la scté à travers son œuvre.
Ce sont les premières pages de ces chapitres… faites en plus d'une heure. Si quelqu'un a lu l'oeuvre ou si quelqu'un a des conseils méthodologiques pour lire un livre d'une telle exigence… Aidez-moi !!!

Cordialement.

Encre-et-soupirs.
Bonjour,

L'ouvrage d'Adorno n'est effectivement pas des plus simples, mais cela n'a pas beaucoup de sens d'en conclure immédiatement :
On dirait qu'ils font exprès d'exprimer leur théorie de manière mystérieuse afin que personne ne comprenne
Si tu as du mal à comprendre les textes, je ne pense pas qu'une lecture "au kilomètre" te soit très utile. Mieux vaudrait combiner deux types d'approches :
- avoir un bon aperçu général de l'ouvrage en examinant de près la table des matières, pour essayer de voir quels textes ont été réunis là et quelles tendances générales s'en dégagent.
- approfondir la lecture de quelques textes-clés. Je te conseille en priorité ceux qui ont une portée très générale. Mais je n'ai pas ici la version française du livre, donc je ne sais pas comment les titres ont été traduits. Disons que je te recommande surtout ceux qui portent sur les différents genres littéraires.
Lorsqu'il est question d'écrivains précis, cela ne te sera immédiatement utile que si tu as déjà une idée claire de l'oeuvre des auteurs en question (sinon, c'est utile et intéressant aussi, mais il faut déjà que tu te sois bien familiarisée avec le style d'Adorno).
Si les notes telles que tu les as prises te sont utiles, pourquoi pas ! (j'ai un peu de mal à m'y retrouver mais on sait que les notes de lecture sont de toutes façons très personnelles, chacun note ce qui est important pour lui et l'aidera à mémoriser). Pour chaque essai important, il faudrait que tu sois capable de résumer en quelques phrases le sens général et d'en tirer une ou deux formules-clés. En fin de paragraphe et/ou en transition, Adorno fait souvent des mini-synthèses au cours de sa réflexion, dans des phrases assez denses et parlantes.
Bonne lecture et bon courage ! 🙂
Bonjour Tropic.

Merci beaucoup pour vos conseils méthodologiques pour aborder ce livre ardu.
Si vous pouviez savoir comme cela fait du bien de se faire aider dans ce travail gargantuesque !

Voici les titres des chapitres en français :
L'essai comme forme (page 5)
La naïveté épique (page 31)
La situation du narrateur dans le roman contemporain (page 37)
Discours sur la poésie lyrique et la société (page 45)
Le surréalisme : une étude rétrospective (page 65)
La fonction vicariante du funambule (page 71)
Lecture de Balzac (page 83)
Les écarts de Valéry (page 101)
Petits commentaires de Proust (page 141)
Traces de Bloch (page 153)
Une réconciliation extorquée (page 171)
Pour comprendre Fin de partie (page 201)
Titres (page 239)
Caprices bibliographiques (page 249)
Un étrange réaliste : Siegfried Kracauer (page 263)
Engagement (page 285)
Parataxe (page 307)
A propos du classicisme de Goethe dans Iphigénie (page 351)
George (page 371)
L'anse, le pichet et la première rencontre (page 385)
Introduction aux Ecrits de Benjamin (page 397)
Walter Benjamin épistolier (page 413)
Lettre ouverte à Rolf Hochhuth (page 421)
L'art est-il gai? (page 429)
Notes éditoriales (page 437).
J'ai mis en gras les chapitres qui parlent de textes précis. J'ai hésité à mettre en gras "Lecture de Balzac" et "Les écarts de Valéry", car cela fait plutôt référence à des auteurs plutôt que leur texte, bien que dans "Lecture de Balzac", l'auteur évoque des titres précis d'oeuvres (?) Dans l'analyse des tendances que je ferai des textes réunis, faut-il que je prenne en compte ceux qui sont évoqués dans le corps du texte, mais pas dans le titre?

J'ai mis en vert les textes qui parlent de genres généraux, tels que l'essai (encore fusse-t-il que cela soit un genre à part entière?) Je rajouterais peut-être d'autres… Enfin, dans votre approximation, vous parlez de grands genres littéraires… Intuitivement, je mettrais en vert les mouvements littéraires et ce qui compose ces genres (comme le lyrisme de la poésie). Par grand genre littéraire, je ne vois que le roman, le théâtre, la poésie et l'essai (enfin, l'essai, je suis moins sûr…)

Cordialement.

Encre-et-soupirs.
Merci pour les titres en français ! 🙂
Je manque un peu de temps cet après-midi pour me replonger dans tout cela, mais je précise ma pensée : je parlais de "genres littéraires" car il y a quelques passages importants sur la poésie, le roman, etc. Mais en réalité, je voulais parler de tout ce qui aurait une portée générale et ne se limite pas à un seul auteur (même si justement, j'ai bien l'impression que l'idée essentielle chez Adorno, c'est que l'individuel a portée générale… cf. l'essai "Discours sur la poésie lyrique et la société" !). S'il y a des réflexions sur des motifs littéraires récurrents, cela peut être intéressant aussi, par exemple la scène de la première rencontre, pour voir le parallèle avec J. Rousset. Mais je ne crois pas avoir lu l'essai intitulé "L'anse, le pichet…" donc je serais bien incapable de t'en dire plus.
Disons que les deux essais qui me paraissent centraux dans la liste, ce sont "Discours sur la poésie lyrique et la société" et "Engagement". Mais c'est peut-être un choix très subjectif car ce sont ceux que je connais le mieux et qui m'ont le plus "parlé". Le premier est loin de porter uniquement sur la "poésie lyrique", il s'intéresse surtout à l'ancrage de toute oeuvre littéraire dans son temps et tente de dépasser le clivage entre "littérature engagée" d'un côté, "tour d'ivoire" de l'autre. est une discussion importante dans l'Allemagne des années 1950, avec les deux pôles antagonistes Brecht / Benn : Bertolt Brecht d'un côté avec l'engagement "direct", Gottfried Benn de l'autre, partisan de l'"Art pour l'Art". Adorno propose une synthèse de ces deux tendances a priori incompatibles en montrant que l'engagement le subversif et le plus efficace, ce ne sera justement pas l'expression "directe" d'idées politiques ou sociales, mais ce sera une parole plus subtile, plus cryptée, par exemple l'expression subjective qui ne peut être détournée et instrumentalisée par le pouvoir. Le danger de la parole directe, c'est qu'elle risque d'être récupérée, cf. la propagande nazie.
Il y a quelques belles formules à ce sujet, mais là encore, je ne sais pas comment elles ont été traduites en français. J'essaierai de reparcourir le texte ce soir pour t'indiquer où se situent (selon moi) les passages-clés.
J'espère que déjà ces quelques pistes t'aideront à avancer. 🙂
Bonjour !

Aujourd'hui, j'ai lu "Discours sur la poésie lyrique et la société". Je ne suis pas arrivé jusqu'au bout. Actuellement, je suis en train de lire un long article sur Adorno sur Encyclopaedia Universalis. Mon but est d'espérer mieux comprendre le livre que je dois étudier en étudiant ses théories expliquées par des spécialistes (mais c'est seulement un peu plus facile).

réflex° sociologiq sur la poésie lyriq s’appliquant à tout objet

Hegel se permettait de juger « l’autorité formelle ».

Analyser les conditions qui ont produit des textes et celle de leurs effets permet de remplacer l’expérience.

Etudier la sphère de l’expression dont l’essence est de ne pas reconnaître la puissance de la socialisat°+ surmonter par le pathos de la distanciation.

Peut-on parler de lyrisme et de la société si l’on n’est pas dépourvu de sensibilité artistique ?


Normalement, lyrisme n'est pas de la sociologie. Pourtant, leur relation dévoile qqch qui leur sont essentiel.

Poème n'est pas l'expression d’émot° individuelles seulement. C'est une accession à l’universel avec « spécificat° de leur mise en forme esthétique ».

Le caractère universel du contenu poétique est social. Pour comprendre le poème, il faut comprendre « la voix de son humanité » (p. 46).

Idéologie = non-vérité, conscience-fausse, mensonge.
Œuvres ratées = pas touchées par l’idéologie
Œuvres réussies = touchées par l’idéologie que les critiques critiquent.

Dire que la poésie est individuelle et différente de la praxis et qu’elle s’oppose donc au social est social en lui-même.


Hétéronome = qui constitue entièrement selon sa loi propre.
La personnalité est une forme de transposition La domination des marchandises sur les hommes (= monde matériel)
Culte des choses = monde matériel qui entre dans le monde magiq de cette idiosyncrasie

Un texte qui résiste.
Une société


L’essence sociale du lyrisme est tout à fait moderne (p. 48)
Les traces du lyrisme sont éparses et peu nombreuses dans les époques anciennes. (p. 49). Les grands poètes du passé ont une conception du lyrisme très éloignée de celle qui est du temps d’Adorno (« pas ce caractère d’immédiateté, d’immatérialité que nous avons pris l’habitude, à tort ou à raison, de considérer comme le critère du lyrisme »).

Adorno réfute la concept° du lyrisme que la mémoire commune a.

Lyrisme n'est pas le contenu de l’universalité et de la totalité.


Rapport poésie lyrique & scté sublimé. (p 51)
Ce que la poésie a de non-social est devenu social. (p 51)

On ne doit pas déduire de la poésie lyriq de la scté.
Selon Hegel, l’individuel est médiatisé par l’universel & inversement.

Le langage médiatise au niveau le + profond le lyrisme et la société. C’est pourquoi la poésie est vraiment sociale quand le sujet est en accord avec le langage.
Mais il ne faudrait pas faire du langage un absolu contre le sujet lyrique.


Monade : Chez Leibniz, substance simple qui exprime l'univers dans la totalité, et qui est en relation avec toutes les autres monades, dont l'ensemble tout entier constitue l'univers.
Tu m'avais écrit que cet essai parle plutôt de l'inscription de tout genre littéraire dans la société. Or, dans le texte, le lyrisme est évoqué à de très nombreuses reprises.
Pour mes notes, le texte était tellement abscon pour moi que j'ai en fait pris des bouts de sens… J'ai des difficultés à voir les idées principales…

Ainsi, pour toi, les textes d'Adorno qui te paraissent être les textes-clés sont "Discours sur la poésie lyrique et la société", ainsi que "Engagement". Ce serait un jugement subjectif de ta part… Cependant, là où j'en suis, je suis prêt à prendre toutes les stratégies pour comprendre beaucoup en lisant le moins possible.

Tu me conseilles de ne lire que les essais à portée générale. Cependant, tu as bien l'impression que c'est plutôt l'individuel qui l'emporte chez Adorno. Kézako?


Si je ne lis que les essais à portée générale, cela ne me fera que 13 chapitres au lieu de 24 à lire. En revanche, si je ne lis que les essais des auteurs, je n'aurai que 11 chapitres à lire… Les autres, ce serait un très grand survol du bout des yeux, lol (je sais, je suis désespéré…). Ceci dit, que cela soit 11 ou 13 chapitres, la difficulté de compréhension restera toujours la même… à moins qu'à l'issue de ma lecture d'Universalis, cela sera un tout petit plus clair. Mais un tout petit peu seulement?

Bonjour.

J'aimerais que tu me dises des choses ou donnes des pistes (ou des liens carrément) sur la réception de Notes sur la littérature, ainsi que sur sa contextualisation (où il se situe dans le champ de la discussion savante). Ce sont deux rubriques que je dois traiter dans mon compte-rendu critique, à savoir "Un aperçu rapide de la réception qu’a connue l’ouvrage et, le cas échéant, des débats qu’il a suscité" et "contextualisation de l'ouvrage".J'ai tapé sur Google "notes sur la littérature réception" mais je n'ai aucun résultat, et je ne sais pas quels mots-clés chercher pour trouver des informations sur le sujet.

Je me dis aussi qu'en lisant des articles de synthèse sur les théories d'Adorno et en attaquant ces deux rubriques, je serai plus armé pour comprendre…

Cordialement.

Encre-et-soupirs.