Bonjour à tous, j'ai un devoir à rendre dans peu de temps, mais le problème est que je n'y arrive pas du tout. Le texte étudié est intitulé
Sganarelle, et a été écrit pas Molière. C'est plus précisément la scène 17 qui est choisie et la tirade de Sganarelle (qui parle seul).
Mon devoir est: Rédiger un dialogue théâtrale entre un dramaturge et un acteur en ce référant à cette scène. C'est la première fois que je dois rédiger un sujet comme celui ci et je suis un peu perdue. Pourriez vous m'aider s'il vous plait? Merci d'avance! 🙂
Le texte:Sganarelle ou le Cocu imaginaire est la pièce la plus jouée du vivant de Molière. Dans la scène 17, le personnage principal Sganarelle, convaincu de l'infidélité de sa femme, délibère sur la conduite à tenir.
SGANARELLE, seul.
Voyez quelle bonté de vouloir me venger:
En effet, son courroux qu'excite ma disgrâce
M'enseigne hautement ce qu'il faut que je fasse,
Et l'on ne doit jamais souffrir sans dire mot
De semblables affronts à moins qu'être un vrai sot.
Courons donc le chercher cependant qui m'affronte,
Montrons notre courage à venger notre honte.
Vous apprendrez, maroufle, à rire à vos dépens
Et sans aucun respect faire cocus les gens.
(Il se retourne ayant fait trois ou quatre pas).
Doucement, s'il vous plaît, cet homme a bien la mine
D'avoir le sang bouillant et l'âme un peu mutine,
Il pourrait bien mettant affront dessus affront
Charger de bois mon dos, comme il a fait mon front.
Je hais de tous mon cœur les esprits colériques,
Et porte grand amour aux hommes pacifiques:
Je ne suis point battant de peur d'être battu
Et l'humeur débonnaire est ma grande vertu.
Mais mon honneur me dit que d'une telle offense
Il faut absolument que je prenne vengeance.
Ma foi, laissons-le dire autant qu'il lui plaira,
Au diantre qui pourtant rien du tout en fera:
Quand j'aurai fait le brave, et qu'un fer pour ma peine
M'aura d'un vilain coup transpercé la bedaine,
Que par la ville ira le bruit de mon trépas,
Dites-moi, mon honneur, en serez-vous plus gras?
MOLIERE, Sganarelle, Scène 17, 1660.
Que le Ciel la préserve à jamais de danger.
Voyez quelle bonté de vouloir me venger :
En effet, son courroux qu’excite ma disgrâce
M’enseigne hautement ce qu’il faut que je fasse,
Et l’on ne doit jamais souffrir sans dire mot
De semblables affronts à moins qu’être un vrai sot.
Courons donc le chercher cependant qui m’affronte,
Montrons notre courage à venger notre honte.
Vous apprendrez, maroufle, à rire à nos dépens
Et sans aucun respect faire cocus les gens.
Doucement, s’il vous plaît, cet homme a bien la mine
D’avoir le sang bouillant et l’âme un peu mutine,
Il pourrait bien mettant affront dessus affront
Charger de bois mon dos, comme il a fait mon front.
Je hais de tout mon cœur les esprits colériques,
Et porte grand amour aux hommes pacifiques :
Je ne suis point battant de peur d’être battu
Et l’humeur débonnaire est ma grande vertu.
Mais mon honneur me dit que d’une telle offense
Il faut absolument que je prenne vengeance.
Ma foi, laissons-le dire autant qu’il lui plaira,
Au diantre qui pourtant rien du tout en fera :
Quand j’aurai fait le brave, et qu’un fer pour ma peine
M’aura d’un vilain coup transpercé la bedaine,
Que par la ville ira le bruit de mon trépas,
Dites-moi mon honneur en serez-vous plus gras ?
La bière est un séjour par trop mélancolique
Et trop malsain pour ceux qui craignent la colique,
Et quant à moi je trouve, ayant tout compassé,
Qu’il vaut mieux être encor cocu que trépassé :
Quel mal cela fait-il ? La jambe en devient-elle
Plus tortue après tout, et la taille moins belle.
Peste soit qui premier trouva l’invention
De s’affliger l’esprit de cette vision,
Et d’attacher l’honneur de l’homme le plus sage
Aux choses que peut faire une femme volage ;
Puisqu’on tient à bon droit tout crime personnel
Que fait là notre honneur pour être criminel,
Des actions d’autrui l’on nous donne le blâme,
Si nos femmes sans nous ont un commerce infâme,
Il faut que tout le mal tombe sur notre dos,
Elles font la sottise, et nous sommes les sots,
C’est un vilain abus et les gens de police
Nous devraient bien régler une telle injustice.
N’avons-nous pas assez des autres accidents
Qui nous viennent happer en dépit de nos dents,
Les querelles, procès, faim, soif, et maladie,
Troublent-ils pas assez le repos de la vie
Sans s’aller de surcroît aviser sottement
De se faire un chagrin qui n’a nul fondement.
Moquons-nous de cela, méprisons les alarmes,
Et mettons sous nos pieds les soupirs et les larmes,
Si ma femme a failli, qu’elle pleure bien fort ;
Mais pourquoi moi pleurer puisque je n’ai point tort :
CocuImaginaire-4En tout cas ce qui peut m’ôter ma fâcherie,
C’est que je ne suis pas seul de ma confrérie,
Voir cajoler sa femme et n’en témoigner rien
Se pratique aujourd’hui par force gens de bien :
N’allons donc point chercher à faire une querelle
Pour un affront qui n’est que pure bagatelle.
L’on m’appellera sot de ne me venger pas ;
Mais je le serais fort de courir au trépas.
Je me sens là, pourtant remuer une bile
Qui veut me conseiller quelque action virile :
Oui le courroux me prend, c’est trop être poltron,
Je veux résolûment me venger du larron :
Déjà pour commencer dans l’ardeur qui m’enflamme,
Je vais dire partout qu’il couche avec ma femme.
Sganarelle ou le cocu imaginaire, Molière
(Sganarelle, scène 17)
Le metteur en scène : Votre tirade est longue mais … c'est l'occasion de ménager quelques effets comiques.
Le comédien : Pourtant le pauvre Sganarelle croit vraiment être trompé. Toutes les apparences sont là. Faut-il jouer la scène sur le registre pathétique ?
Le metteur en scène : Le faux registre pathétique. C'est une vraie comédie et Sganarelle a les traits du valet de comédie. Le public, lu,i connaît la vérité. Alors il va rire des élans de courage vite effondrés. Donc, on respire. Il faut ménager des pauses. Le temps d'apprécier toutes les postures de Sganarelle qui veut jouer le rôle de l'offensé. on joue sur la voix, sur le geste, on recule …
Merci ca me donne quelques idées mais en fait je ne comprend ce que "théâtral" signifie. Cela me bloque un peu est ce que je doit utiliser la même manière de parler que celle de Sganarelle?
C'est un dialogue entre le metteur en scène et le comédien.
Ah c'est tout? Moi je pensais que le langage utilisé devait être plus compliqué, imiter celui du théâtre en fait. Mais du coup je peux rédiger en utilisant un langage "normal" c'est bien ca?
Par "dialogue théâtral", j'ai traduit : des répliques disposées comme celles d'une pièce de théâtre (éventuellement avec des didascalies) mais je peux me tromper.
Rédiger un dialogue théâtrale entre un dramaturge et un acteur en ce référant à cette scène.
Attention, apachat, le dramaturge est celui qui a écrit la pièce. C'est l'auteur.
Ah d'accord! Merci beaucoup c'est un peu plus clair maintenant 😉
Gabiana a raison pour dramaturge mais je trouve que cela complique le sujet. Donc Molière parle au comédien Molière. 🙂
Je trouve aussi que cela rend le sujet compliqué. Mais l'auteur est peut-être plus fondé encore que le metteur en scène à faire des remarques sur l'interprétation de son oeuvre.
mais Molière a joué Sganarelle …
D'accord, mais comment tu fais le dialogue. Molière fait un dialogue avec lui-même ?
Laoshi a écrit :Je trouve aussi que cela rend le sujet compliqué. Mais l'auteur est peut-être plus fondé encore que le metteur en scène à faire des remarques sur l'interprétation de son oeuvre.
Désolée mais je ne comprend pas vraiment ce que vous voulez dire.
D'habitude quand un professeur donne ce type de sujet, on fait imaginer un dialogue entre le metteur en scène d'une pièce et l'acteur qui doit jouer le rôle. Ils ne sont pas d'accord sur la façon dont il faut jouer cette scène. Ils s'interrogent (l'acteur doit-il se déplacer ? Sur quel ton doit-il dire cette phrase ? Quelle expression doit-il prendre ? Doit-il être plutôt comique ou pathétique ?…). Cela forme une sorte de débat entre eux sur la façon de jouer une pièce qui a été écrite dans le passé par un dramaturge (par exemple : molière a écrit une pièce ; un metteur en scène du XXIème siècle débat avec un acteur du XXIème siècle pour savoir comment jouer la scène)
Mes camarades qui aiment bien taquiner 😉 plaisantent car dans ce cas ça pose un problème : Molière était le dramaturge (créateur), le metteur en scène et l'acteur de ses pièces !
Bon, les sourires semblent montrer que tu as compris. Donc, je n'insiste pas.Bon travail !
Oui je pense que je peux me débrouiller. Merci à tous pour votre aide! 🙂