Relations entre passions et honneur, et définition(s) de celui-ci

Entraide scolaire

3 réponses

Bescherelle · L'essentielBac français 2027Fiches bac françaisBrevet 2027
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Bonjour,
J'ai hésité à posté ici ne sachant pas si mes interrogations sont suffisement "philosophiques" pour poster dans le coin des khâgneux, bref. Pour poser rapidement le contexte, le programme étudié cette année (pour les prépas scientifiques) est celui des passions avec La cousine Bette, Dissertation sur les passions (Hume) et Andromaque. Il est il me semble fréquent d'évoque la notion "d'honneur" quand on parle de passions, et c'est le cas par exemple dans de nombreux passages de La cousine Bette. Après rapide renseignement, la définition commune de l'honneur est étroitement lié à la "réputation", reconnaissance sociale, à ce que pense les autres de nous, à la dignité etc.

Cependant, je pense que l'honneur peut avoir une définition assez différente (mais peut-être cela porte-t-il un autre nom, c'est d'ailleurs une de mes questions). Je veux parler de l'honneur sur le plan personnel, en faisant abstraction de la reconnaissance sociale etc. Par exemple quelqu'un qui se dévoue pour quelque chose qu'il juge bonne, et qui se pense un "homme d'honneur" en dépit des critiques. Je préfère éviter de citer des cas précis car le but n'est pas de discuter d'une polémique, mais je pense qu'il existe de nombreux cas de personnes ayant agit avec honneur et qui pour X raisons ont été méprisées par la société (parce que la majorité n'a pas forcément raison, ou parce que les apparences peuvent être trompeuses, ou parce que cela dépend de la culture en question etc.)

Dans quel cadre cet "honneur" peut-il s'inscrire dans les passions ? Car pour moi il s'agit bien d'une passion, car capable de pousser un individu à des actes pouvant quelquefois être contraires à ses intérêts. Je cite quand même un exemple pour illustrer l'idée, celui du générale Challe (leader du putsh des généraux pendant la guerre d'Algérie), qui écrivit : "Il n'y a pas de raison d'Etat, il n'y a pas de loi au monde qui puissent obliger un homme à faire du parjure son pain quotidien. Que ceux qui ne sont pas de cet avis n'aillent pas plus avant, ce n'est pas pour eux que j'ai écris." Je pense que cette citation illustre parfaitement ce que je voulais dire dans le sens ou pour lui, ce à quoi il a agit d'après cet idéal (n'avoir qu'une parole si j'ose dire), qui l'a poussé à faire ce qu'il a fait, ce qui n'a pas été dans son intérêt dans la suite c'est le cas de le dire. Je pense que l'on peut qualifier cela de passion, qu'en pensez-vous ? Peut-être pas sous le terme "d'honneur", peut-être cela peut-il être associé à une sorte de stoïcisme (par le fait que c'est sa propre idée de soi qui compte, pas celle des autres) etc. …

Merci d'avoir lu jusqu'au bout 😀
Bonsoir,

Dans le terme de passion il y a quelque chose de déraisonnable, d'impulsif.
De ce fait l'honneur ne peut se confondre avec la passion.
Aller au bout de ce que l'on croit n'est pas le fruit d'une décision ou d'une pulsion irrationnelle, mais plutôt le résultat d'un sacrifice bien soupesé. L'honneur demande du courage, de la persévérance, de la lucidité, du caractère.
L'honneur est plutôt du côté de l'idéal, du style de vie, de l'éthique.
Mais comme toute conception humaine, l'honneur peut connaître aussi ses excès et ses perversions : pense aux duels, au refus de pratiquer certaines activités, à la mise en danger d'autrui, à la perte du sens du bien commun…
En effet, je l'avais attribué à une passion du fait de son "excès" (plus ou moins justifié selon les cas), mais c'est comme vous dites un excès provenant d'un raisonnement ou d'une conception humaine et non de l'impulsivité (échapant à la raison) qui définit la passion telle que nous l'entendons. Le mot idéal (et par extrapolation éthique, et sans doute morale aussi) est en effet beaucoup plus juste.

Mais ne peut-on pas aller plus loin en disant par exemple que suivant le milieux socio-culturel (qui a son influence sur les passions je crois), une personne peut ressentir de véritables impulsions "naturelles" (dans le sens où elle n'attend pas de raisonnement avant d'agir) notament issues de la sensibilité. Par exemple le fait de vouloir sauver un animal en difficulter. Je prend l'exemple de l'animal pour éliminer le facteur de "ce qu'en pense la société", vu que son action ne le concernenera que lui et qu'il peut ressentir un véritable bonheur à cela. (Quoique l'on peut ce demander si certaines personnes ne sont pas totalement dépourvu de cela ou plutôt qu'ils l'ont peut-être totalement perdu, mais c'est une autre question). A plus forte raison vis à vis d'autres humains, on pourrait généraliser cela à "l'esprit chevaleresque" (ex. le naufrage du Titanic), ou la notion de patrie etc. Et même à propos de l'amour, la notion fidélité ne pourrait-elle pas être considérée comme inhérente à la culture ? (même si là c'est quand même d'origine très naturelle).

Tout ça pour dire, à force de croire en un idéal etc. ou d'avoir évolué dans tel ou tel milieu socio-culturel fait que l'idéal ne se contente pas de rester une ligne de conduite raisonnée mais devient naturelle.

Ou pour prendre des termes plus crus (j'ai peur de m'emmêler ^^ ), cela peut devenir des "impulsions viscérales" que peuvent éprouver certaines personnes (en fonction du tempérament et du milieu). Ce qui n'empêche pas d'utiliser sa raison et de "souppeser le sacrifice", mais cela pour satisfaire une envie "corporelle" (dans le sens où il ne s'agit pas d'une pure invention de l'intelligence mais de quelque chose qui c'est implanté dans la nature même de cet homme).

EDIT: J'ai oublié le plus important. Je rajoute que cela se différencie totalement des "excès" dus au facteur "ce qu'en pense la société". Par exemple les crimes dits d'honneur, je ne pense pas qu'une père ou un frère va lapider sa fille/soeur suivant une impulsion naturelle, mais surtout pour satisfaire la volonté publique (conserver l'estime de son milieu socio-culturel). Ce qui n'a rien à voir avec conserver sa propre estime de soi comme dans le cas précédent (opposé on va dire). Je classerai le duel à peu près dans la même catégorie car il s'agit surtout de "laver une raputation". Dans ces deux derneirs exemples je ne qualifierai pas ça de passion en effet.