Décrire un lieu inquiétant (XIXe siècle)

Entraide scolaire

14 réponses

Bescherelle · L'essentielBac français 2027Fiches bac françaisBrevet 2027
Livres sur Amazon
Bonjour,
J'ai une rédaction à faire en Français ou je dois décrire un lieu inquiétant avec des personnages et l'action doit se situer a XIX ème siècle.
Vous pensez que je dois prendre quoi comme lieu ?
Il y a quoi comme lieu du XIX ème siècle ?
Comment est la vie au XIX ème siècle pour pouvoir décrire… ?
Merci ..
Bonjour,

Tu peux retenir les faubourgs de la grande ville.
Regarde Les Misérables de Victor Hugo où Les Mystères de Paris d'Eugène Sue.
merci
Pourriez vous m'indiquer quelque truc pour m'aider ??
Car je n'y arrive pas du tous…
titi70 a écrit :Il y a quoi comme lieu du XIX ème siècle ?
Au XIX[sup]e[/sup] siècle, il y a les mêmes lieux qu'aujourd'hui ! (à éviter tout de même : les autoroutes, les cybercafés et les centrales nucléaires… 😀 )

Le côté inquiétant est un pur produit de l'imagination : une vieille église, la clairière d'une forêt, une voie ferrée au clair de lune, une grange, une ruelle mal éclairé ou une simple cave feront tout aussi bien l'affaire. La question est plutôt d'en extraire des détails descriptifs qui évoquent de sombres histoires ou des cauchemars…
Un exemple : la cour des miracles
Victor Hugo dans son roman Notre Dame de Paris :
« Le pauvre poète jeta les yeux autour de lui. Il était en effet dans cette redoutable Cour des Miracles, où jamais honnête homme n’avait pénétré à pareille heure ; cercle magique où les officiers du Châtelet et les sergents de la prévôté qui s’y aventuraient disparaissaient en miettes ; cité des voleurs, hideuse verrue à la face de Paris ; égout d’où s’échappait chaque matin, et où revenait croupir chaque nuit ce ruisseau de vices, de mendicité et de vagabondage toujours débordé dans les rues des capitales ; ruche monstrueuse où rentraient le soir avec leur butin tous les frelons de l’ordre social ; hôpital menteur où le bohémien, le moine défroqué, l’écolier perdu, les vauriens de toutes les nations, espagnols, italiens, allemands, de toutes les religions, juifs, chrétiens, mahométans, idolâtres, couverts de plaies fardées, mendiants le jour, se transfiguraient la nuit en brigands ; immense vestiaire, en un mot, où s’habillaient et se déshabillaient à cette époque tous les acteurs de cette comédie éternelle que le vol, la prostitution et le meurtre jouent sur le pavé de Paris »
Il n'y a qu'à recopier cet extrait. Le professeur n'y verra que du feu. 😀
Oh !!!!!

Et si l'élève comprend au premier degré ? 🙂
Je plaisantais… Les bons profs font les bons élèves, non ? 😉
(et probablement réciproquement, un peu, aussi…)
Je sais bien que c'est une plaisanterie mais que comprend l'élève ? Là, je suis toujours surprise. 🙂 🙂 🙂
Les bons profs font les bons élèves, non ?
Non.
Ah. 😞

De temps en temps, il y en a quand-même un bon qui sort du lot et qui rend hommage à l'un de ses professeurs… 🙂
Oui, mais il est bon, parce qu'il est bon. L'influence qu'un professeur peut avoir sur un élève est à mon avis exagérée.
Par contre, je trouve que l'inverse est assez vrai. De bons élèves font de bons profs. 🙂
Tiens, voilà une suggestion pour notre ami qui cherche à « décrire un lieu inquiétant » : une salle de classe ! 😂
[quote ]Le narrateur - un jeune collégien du XIXème siècle - est puni. Il est enfermé dans une salle d'étude vide. Pour s'occuper, il explore les lieux.
J’ai été puni un jour : c’est, je crois, pour avoir roulé sous la poussée d’un grand, entre les jambes d’un petit pion qui passait par là, et qui est tombé derrière par-dessus tête ! Il s’est fait une bosse affreuse, et il a cassé une fiole qui était dans sa poche de côté ; c’est une topette de cognac dont il boit – en cachette, à petits coups, en tournant les yeux. On l’a vu : il semblait faire une prière, et il se frottait délicieusement l’estomac. – Je suis cause de la topette cassée, de la bosse qui gonfle… Le pion s’est fâché.
Il m’a mis aux arrêts ; – il m’a enfermé lui-même dans une étude vide, a tourné la clef, et me voilà seul entre les murailles sales, devant une carte de géographie qui a la jaunisse, et un grand tableau noir où il y a des ronds blancs et la binette du censeur.
Je vais d’un pupitre à l’autre : ils sont vides – on doit nettoyer la place, et les élèves ont déménagé.
Rien, une règle, des plumes rouillées, un bout de ficelle, un petit jeu de dames, le cadavre d’un lézard, une agate perdue.
Dans une fente, un livre : j’en vois le dos, je m’écorche les ongles à essayer de le retirer. Enfin, avec l’aide de la règle, en cassant un pupitre, j’y arrive ; je tiens le volume et je regarde le titre :

ROBINSON CRUSOÉ

Il est nuit.
Je m’en aperçois tout d’un coup. Combien y a-t-il de temps que je suis dans ce livre ? – quelle heure est-il ?
Je ne sais pas, mais voyons si je puis lire encore ! Je frotte mes yeux, je tends mon regard, les lettres s’effacent ; les lignes se mêlent, je saisis encore le coin d’un mot, puis plus rien.
J’ai le cou brisé, la nuque qui me fait mal, la poitrine creuse : je suis resté penché sur les chapitres sans lever la tête, sans entendre rien, dévoré par la curiosité, collé aux flancs de Robinson, pris d’une émotion immense, remué jusqu’au fond de la cervelle et jusqu’au fond du cœur ; et en ce moment où la lune montre là-bas un bout de corne, je fais passer dans le ciel tous les oiseaux de l’île, et je vois se profiler la tête longue d’un peuplier comme le mât du navire de Crusoé ! Je peuple l’espace vide de mes pensées, tout comme il peuplait l’horizon de ses craintes ; debout contre cette fenêtre, je rêve à l’éternelle solitude et je me demande où je ferai pousser du pain…
La faim me vient : j’ai très faim.
Vais-je être réduit à manger ces rats que j’entends dans la cale de l’étude ? Comment faire du feu ? J’ai soif aussi. Pas de bananes ! Ah ! lui, il avait des limons frais ! Justement j’adore la limonade !

Clic, clac ! on farfouille dans la serrure.
Est-ce Vendredi ? Sont-ce des sauvages ?

C’est le petit pion qui s’est souvenu, en se levant, qu’il m’avait oublié, et qui vient voir si j’ai été dévoré par les rats, ou si c’est moi qui les ai mangés.

Jules Vallès L' Enfant 1878