Anthologie poétique sur le thème du souvenir

Entraide scolaire

7 réponses

Bescherelle · L'essentielBac français 2027Fiches bac françaisBrevet 2027
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Bonjour à tous je suis élève en première ES et je dois créer une anthologie poétique. J'ai choisi comme thème le souvenir, car je trouvais que le sujet sur la fuite du temps était trop répandu. 😞 J'ai déjà fait une présélection des poèmes à traiter:
-Nevermore de Voltaire
-Bien souvent je revois… de Théodore de Banville
-Le pont Mirabeau d'Apollinaire
-Le Cygne ou le crépuscule du matin de Baudelaire
-Je vous envoie un bouquet de Ronsard
Je me demandais aussi si le poème strophes pour se souvenir de Louis Aragon n'était pas intéressant à intégrer mais j'ai peur d'être hors sujet. Je pensais aussi insérer comme oeuvre la chanson de Paul- Jean Toulet "Aimez-vous le passé"…

Pourriez vous m'aider à y voir plus clair? Et si vous aviez une idée de comment aborder la préface de cette anthologie ce serait super, j'avoue être un peu perdue :/ De même si vous avez des idées d’œuvres, d'images de peintures sur le thème du souvenir je suis toute ouïe 😀

Merci d'avance 🙂
Nevermore de Voltaire, c'est original. 😉
Quant au Pont Mirabeau, on y trouve quand même le thème de la fuite du temps que tu veux éviter.
Même chose avec "Je vous envoie un bouquet…"
Mais avec le thème du souvenir, tu risques d'être souvent confrontée à ce problème.
J'ai plus de souvenirs que si j'avais mille ans…
d'accord merci 🙂 et avez vous des idées d'oeuvres relatant du souvenir ?
Des idées d'oeuvres… Il faut chercher.
Poète : Albert Samain (1858-1900)
Recueil : Au jardin de l'infante (1893).

Ton Souvenir est comme un livre bien aimé,
Qu'on lit sans cesse, et qui jamais n'est refermé,
Un livre où l'on vit mieux sa vie, et qui vous hante
D'un rêve nostalgique, où l'âme se tourmente.


Je voudrais, convoitant l'impossible en mes vœux,
Enfermer dans un vers l'odeur de tes cheveux ;
Ciseler avec l'art patient des orfèvres
Une phrase infléchie au contour de tes lèvres ;


Emprisonner ce trouble et ces ondes d'émoi
Qu'en tombant de ton âme, un mot propage en moi ;
Dire quelle mer chante en vagues d'élégie
Au golfe de tes seins où je me réfugie ;
Dire, oh surtout ! tes yeux doux et tièdes parfois
Comme une après-midi d'automne dans les bois ;
De l'heure la plus chère enchâsser la relique,
Et, sur le piano, tel soir mélancolique,
Ressusciter l'écho presque religieux
D'un ancien baiser attardé sur tes yeux.
Poète : Charles Baudelaire (1821-1867)
Recueil : Les fleurs du mal (1857).

J'aime le souvenir de ces époques nues,
Dont Phoebus se plaisait à dorer les statues.
Alors l'homme et la femme en leur agilité
Jouissaient sans mensonge et sans anxiété,
Et, le ciel amoureux leur caressant l'échine,
Exerçaient la santé de leur noble machine.
Cybèle alors, fertile en produits généreux,
Ne trouvait point ses fils un poids trop onéreux,
Mais, louve au coeur gonflé de tendresses communes,
Abreuvait l'univers à ses tétines brunes.
L'homme, élégant, robuste et fort, avait le droit
D'être fier des beautés qui le nommaient leur roi ;
Fruits purs de tout outrage et vierges de gerçures,
Dont la chair lisse et ferme appelait les morsures !


Le Poète aujourd'hui, quand il veut concevoir
Ces natives grandeurs, aux lieux où se font voir
La nudité de l'homme et celle de la femme,
Sent un froid ténébreux envelopper son âme
Devant ce noir tableau plein d'épouvantement.
Ô monstruosités pleurant leur vêtement !
Ô ridicules troncs ! torses dignes des masques !
Ô pauvres corps tordus, maigres, ventrus ou flasques,
Que le dieu de l'Utile, implacable et serein,
Enfants, emmaillota dans ses langes d'airain !
Et vous, femmes, hélas ! pâles comme des cierges,
Que ronge et que nourrit la débauche, et vous, vierges,
Du vice maternel traînant l'hérédité
Et toutes les hideurs de la fécondité !


Nous avons, il est vrai, nations corrompues,
Aux peuples anciens des beautés inconnues :
Des visages rongés par les chancres du coeur,
Et comme qui dirait des beautés de langueur ;
Mais ces inventions de nos muses tardives
N'empêcheront jamais les races maladives
De rendre à la jeunesse un hommage profonde,
- A la sainte jeunesse, à l'air simple, au doux front,
A l'oeil limpide et clair ainsi qu'une eau courante,
Et qui va répandant sur tout, insouciante
Comme l'azur du ciel, les oiseaux et les fleurs,
Ses parfums, ses chansons et ses douces chaleurs !
……………………………
Extrait de: Romances (183o) Marceline Desbordes-Valmore


Souvenir

Ô délire d'une heure auprès de lui passée,
Reste dans ma pensée !
Par toi tout le bonheur que m'offre l'avenir
Est dans mon souvenir.


Je ne m'expose plus à le voir, à l'entendre,
Je n'ose plus l'attendre,
Et si je puis encor supporter l'avenir,
C'est par le souvenir.


Le temps ne viendra pas pour guérir ma souffrance,
Je n'ai plus d'espérance ;
Mais je ne voudrais pas, pour tout mon avenir,
Perdre le souvenir !
……………………
Poète : Louise Colet (1810-1876)

Recueil : Penserosa (1839).
Souviens-toi de moi.

Pars, puisque la gloire t'appelle !
Mais lorsque tu t'enivres d'elle,
Oh ! du moins, souviens-toi de moi !
Quand la louange autour de toi
Se répand douce à ton oreille,
Ah ! que mon image s'éveille
Dans ton cœur, souviens-toi de moi !


D'autres femmes te seront chères.
D'autres bras pourront t'enlacer,
Et tous les biens que tu préfères
Sur tes pas viendront se presser ;
Mais si celles que ton cœur aime
Sont heureuses auprès de toi,
En goûtant le bonheur suprême,
Oh ! toujours souviens-toi de moi !


La nuit, quand ta vue est charmée
Par ton étoile bien-aimée,
Alors, oh ! souviens-toi de moi.
Pense qu'elle brilla sur toi
Un soir où nous étions ensemble ;
Et quand sur ton front elle tremble,
Oh ! toujours souviens-toi de moi.


Lorsque dans l'été tu reposes
Tes yeux sur les mourantes roses
Que nous aimions tant autrefois,
Lorsque leur parfum t'environne,
Songe à cette heure où sous mes doigts
Je t'en formais une couronne
Puis les effeuillais avec toi ;
Et toujours souviens-toi de moi.


Puis, quand le vent du nord résonne,
Et que les feuilles de l'automne
Glissent éparses près de toi,
Alors, oh ! souviens-toi de moi.
Lorsque tu contemples dans l'âtre
La flamme ondoyante et bleuâtre,
Oh ! toujours souviens-toi de moi !


Si des chants de mélancolie
Tout à coup viennent te frapper,
Si tu sens ton âme amollie
Dans une larme s'échapper ;
Si ton souvenir te murmure
L'harmonie enivrante et pure
Que j'entendais auprès de toi,
Oh ! pleure, et souviens-toi de moi !
super ! merci beaucoup 🙂 on doit associer une œuvre d'art (sculpture peinture dessin gravure …) pour reprendre le thème global au début de l'anthologie .. ça m'embête de remettre une peinture car j'en ai déjà associés à 2 des poèmes présentés … Auriez vous une idée de sculpture , photo, gravure , dessin…. qui relate du souvenir ? 😀
Merci de ne pas envoyer de message privé pour demander de l'aide.
Fiche méthode pour rédiger une préface d'anthologie : https://www.etudes-litteraires.com/fiches-methode/preface
En illustration : le myosotis.(Dans le langage des fleurs : "Ne m'oublie pas".

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