Dans le poème LXXXVI, Catulle loue la venustas de Lesbia au dépens des autres femmes et notamment de Quinta (qui était formosa multis). Quoique n'importe quel discours amoureux soit toujours tendencieu (autrement n'obtiendrait-il pas ses objectifs 🙂 ), il me paraît que Catulle expose une idée que l'on retrouve aussi dans Lucrèce :
Quintia formosa est multis. mihi candida, longa,Ces deux phrases - la première plutôt rationale et avisée - en particulier m'ont fait penser au célèbre passage de Lucrèce qui serait plus tard repris par Molière. Je n'en citerai qu'un petit peu morceau (IV, 1153-1156, 1160) ; en effet, cetera de genere hoc longum est si dicere coner :
recta est: haec ego sic singula confiteor.
totum illud formosa nego: nam nulla venustas,
nulla in tam magno est corpore mica salis.
Lesbia formosa est, quae cum pulcerrima tota est,
tum omnibus una omnis surripuit Veneres.
nam faciunt homines plerumque cupidine caeciQu'en pensez-vous ? La tradition se perpétue-t-elle ?
et tribuunt ea quae non sunt his (= puellis) commoda uere.
multimodis igitur prauas turpisque uidemus
esse in deliciis summoque in honore uigere.
(…) nigra melichrus est, immunda et fetida acosmos (…)



